Aujourd’hui, à Paris, il fait un peu frisquet mais le soleil réchauffe dans un ciel bleu à peine maculé de quelques petits nuages d’un beau blanc, exempts pour l’instant de menace. Le petit arbre derrière moi est toujours fleuri malgré le froid récent, la honte pour les grands arbres qui n’exhibent que des bourgeons à peine visibles.
Je lis paisiblement sur un banc lorsque des soldats apparaissent dans l’allée.
Exactement six. Pas moins. Trois sur chaque côté de l’allée. Ils marchent lentement, le béret basque sur la tête, lourdement chargés, l’arme automatique noir à la hanche dont le canon passe sous mon nez, le casque à la ceinture recouvert d’un camouflage, les multiples poches du torse aux chaussures pleines d’objets mystérieux dont la destinée m’échappe. Et bien qu’il fasse frisquet l’un des soldats, le visage concentré, essuie de sa main libre une goutte de sueur sur son front.
Ils passent d’un pas lourd, conscients de leur inutilité, mais peut-être servent-ils de cibles comme des paratonnerres ? Non, des décisions décisives ont sans doute été prises en haut lieu : la troupe a été envoyée au parc Monceau.
Ma voilà rassuré.