Il avait eu du succès de son vivant. Il est mort en 1964, à l'âge de 66 ans. Il était de ceux qui ont connu les deux guerres : gazé pendant la première et arrêté par la Gestapo pendant la seconde, mais libéré grâce à l'intervention de Jean Paulhan auprès d'un sculpteur allemand.
Je n'ai pas trop aimé les sculptures exposées (beaucoup de têtes). Sa peinture fait partie du style "informel" et du "tachisme" pour la dernière partie de son oeuvre, notamment la série des "objets" qui m'a laissé complètement froid. Réfugié dans un atelier proche du lieu ou les tortionnaires de la Gestapo et de la milice déposaient leurs victimes, Fautrier a peint une longue série de têtes d'otages, dont voici un exemple : Otage n° 3, tableau peint en 1945. Chair et souffrance y sont exprimées
Mais ce que j'ai aimé, ce sont ses premiers tableaux, ceux de sa période noire et grise :
Trois vieilles femmes (1923)
Tête de femme au bordel 1923
Andrée Pierson de dos à sa toilette. Son premier modèle et sa première compagne
Lac bleu I.
Fautrier connaissait bien la montagne. A bout de ressources après la crise de1929, il était devenu moniteur de ski pendant 5 ans et a même géré un hôtel.
J'ai été étonné par sa représentation des fleurs, inhabituelle par les couleurs sombres utilisées, mais que j'ai beaucoup aimée :
Bouquet de lys
Bouquet de fleurs noires
Forêt
Les grands arbres. Tableau plus tardif 1958, comme le suivant
Tourbe.
Les deux pichets. Une fin de visite qui s'arrose.