Notre ministre de l’Intérieur a déclaré à propos de l’assassin de Carcassonne et de Trèbes qui a tué aujourdhui au nom de son dieu : « il avait 26 ans et était connu pour des faits de petite délinquance et nous l'avions suivi et nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l'acte brusquement ». Cette déclaration amène à me poser quelques questions naïves
- J’aimerais d’abord que l’on me définisse ce qu’est la radicalisation – que l’on pourrait plus exactement appeler : fanatisme islamique – alors qu’il semble que ce petit délinquant devenu un grand assassin était d’après Le Parisien un homme "très actif sur les réseaux sociaux salafistes" qui "avait été incarcéré à Carcassonne en 2016" et était "soupçonné d'avoir effectué un voyage en Syrie". Si cette dernière affirmation est exacte, il s’agissait donc d’un voyage touristique en zone de guerre.
- Selon France info, L'assaillant était "inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT)". Dans ce cas en quoi consiste cette prévention qui paraît manifestement inopérante car on ne s'adresse pas à une maladie ?
- Avec ces antécédents, Collomb paraît surpris que le sus-pas nommé soit brusquement passé à l’acte. Parce qu’il est bien connu qu’un terroriste passe lentement, progressivement, à l’acte afin d’avertir les services de police dont il est bien connu.
- Enfin que veut exactement dire « suivi » car il est bien entendu impossible de mettre un policier derrière tout individu suspect, de surcroît un pseudo non radicalisé. Un suivi qui n’a pas empêché cet individu de s’armer et de tuer.
Cependant, il serait injuste de critiquer la compétence des services policiers qui ont montré leur efficacité par ailleurs dans des situations difficiles où les assassins cherchent à mourir, et en déjouant des attentats d'après ce qui nous a été annoncé. S'il existe une prévention, peut-être devrait-elle s'établir bien en amont, mais ce qui nécessiterait la modification d'une législation qui, en définitive, protège davantage les criminels potentiels que les futures victimes .
L'assassin d'aujourd'hui serait Marocain ou Franco-Marocain. Dans le premier cas en tant qu’étranger, on pouvait estimer qu’il était indésirable en France. En tant que Franco-Marocain, on regrette le tollé qui a suivi la proposition de Hollande de déchoir éventuellement de la nationalité française une personne ayant une double nationalité avec l’argument très discutable que l’on créerait ainsi une inégalité. Mais s’il existe une inégalité, elle est dans l’autre sens, en faveur des binationaux par rapport aux Français qui n’ont qu’une seule nationalité. Combien de binationaux en délicatesse avec la justice française sont partis se réfugier dans l’autre pays dont ils ont également la nationalité. Les Français qui ne sont que Français n’ont pas cet avantage. Où est l’inégalité ? D’autant plus qu’il me semble qu’il existe dans le code pénal la possibilité de déchoir de sa nationalité un Français qui n’en a qu’une, et si l'exil n'existe plus, on pourrait peut-être le remettre à la mode.