On se souvient de la réflexion d’Edouard Herriot : « La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop. » et de la sortie de Chirac lors d’une diner-débat du RPR en 1991 parlant des populations d’origine africaine : « Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. »
Et bien un laboratoire de psychologie suédois[1] dont les chercheurs cherchaient un objet de recherche, objectif principal de certains chercheurs, ont soumis 160 personnes à des questionnaires. « Le premier interrogeait leur conception sociale, fiscale et morale, le deuxième recueillait leur avis sur des citations de candidats aux élections présidentielles américaines et le dernier, évaluait leur degré d’aversion envers différentes odeurs humaines. » (Journal international de Médecine).
Au terme de cette étude, un tantinet limitée tout de même, l’équipe suédoise a conclu dans un article paru dans la revue Royal Society Open Science que la répugnance pour les odeurs de sueurs, d’urines, de selles et d’autres du même acabit est corrélée à l’inclinaison pour l'autoritarisme, aux idées de droite et au soutien à Donald Trump, en affirmant que « La chimio-signalisation » était « un système primitif pour réguler le contact interpersonnel et l'évitement des maladies, caractéristiques essentielles de l'autoritarisme ». Les « attitudes sociales » serait ainsi enracinées dans des fonctions sensorielles primitives…
Est-ce à dire que le « peuple de gauche » a le nez bouché ? Car l'éventuelle tolérance aux odeurs "fortes" ne semble pas liée à de mauvaises conditions d'habitat, le "peuple de gauche" ne correspondant plus pour une grande partie à celui de la pauvreté. Par ailleurs la gauche a connu et connait encore une floraison de régimes et de militants autoritaires.
Illustration : Magritte
[1] Tullio Liuzza M et coll. : Body odour disgust sensitivity predicts authoritarian attitudes. R. Soc. open sci. 2018 5 171091; DOI: 10.1098/rsos.171091. Published 28 February 2018