On sait que la fièvre est officielle que lorsque la température corporelle est mesurée à l’aide d’un thermomètre, de là à penser que c’est le thermomètre qui donne de la fièvre, il n’y a qu’un pas.
Les médias sont les thermomètres d’une société. Dans les sociétés autocratiques il n’y a qu’un seul thermomètre et il ne donne qu’une seule température, celle imposée par le pouvoir. En autocratie, il est prudent que la population fasse semblant d’être en bonne santé et d'admettre que le pouvoir est sain.
Dans les sociétés libres, il existe de multiples thermomètres, ce qui ne veut pas dire que chacun d’eux donne la température exacte et que les thermomètres ne sont pas plus ou moins manipulés pour donner une température qui convient au pouvoir ou à la majorité ou aux idées dominantes. Mais le panel des thermomètres est le plus souvent assez large pour que l’on puisse se faire une idée correcte de la température ambiante.
Depuis quelques temps les thermomètres sont régulièrement accusés de créer la maladie dont on est atteint et de la fièvre qui vous consume.
Mélenchon parle régulièrement du « parti des médias » responsable de tout ce qui ne va pas pour lui. La webtélé « Le Média » qui lui est plus ou moins affiliée voit ses participants partir les uns après les autres (j’avais averti Mélenchon que, Miller, un des responsables de ce média, choisissait toujours le mauvais camp. Voir « un psychanalyste qui parle trop ») et bien sûr « les chefs de file du "Média" se défendent bec et ongles en dénonçant un "lynchage" de la part des médias mainstream » (Huffingtonpost.fr)
Après Fillon qui avait accusé la presse d'avoir révélé le côté argenté mais peu reluisant de sa personnalité, nous avons eu Wauquiez qui, après avoir dit ce qu’il pensait de ses petits camarades à des étudiants, a accusé les médias d'en avoir fait profiter tout le monde, comme on accuse un thermomètre de donner la température exacte ou le messager de la teneur du message. Il est vrai que Wauquiez a surtout accusé le thermomètre d’avoir pris sa température à son insu, ce qui peut s’avérer, en effet, assez désagréable.
Je pense que je ne prends aucun risque en disant que celui ou celle qui utilise sans cesse la malveillance des médias comme seul argument politique a toutes les chances d’être en mauvaise posture.