Publié le 31 Janvier 2023

Qui est le plus utile au pays : Arnault ou Mélenchon ? La question peut se poser puisque Mélenchon a traité Bernard Arnault de parasite n'ayant rien inventé. C'est vrai que Mélenchon a inventé des partis et des discours, mais quelle est son utilité ? Il a certes été un peu plus de deux ans "ministre délégué à l'enseignement professionnel" dans le gouvernement Jospin où ses actions ont pu avoir un impact, mais en dehors de cette période il a surtout vécu pendant des décennies aux crochets de la République, tout en demandant aux autres de dégager. On voit bien en quoi il peut s'avérer nocif, mais quand a-t-il été utile au pays ? A-t-il été l'auteur d'une invention bénéfique à la société ? A-t-il exercé un métier utile chaque jour aux autres ou fabriqué quelque chose ? A-t-il été à l'origine de réformes décisives ? A-t-il créé des emplois ? A-t-il rapporté des devises à la France ? A-t-il versé des millions au fisc au profit de la collectivité ? Qui est le plus parasite des deux ? Si les politiques sont nécessaires à la marche d'une démocratie, le mépris ou la haine des personnes de la société civile ne fait pas partie de leurs attributions. Dans sa fougue d'imprécateur, Mélenchon joint le trotskysme au christianisme dans sa forme catholique en lançant  le 28 janvier dernier à ses fidèles rassemblés : "Nous avons dans notre pays la pire des offenses : le premier milliardaire du monde. Oui, les riches sont responsables du malheur des pauvres. Accumuler de l'argent est immoral, puisque ce qui est accumulé, c'est ce qu'on a pris aux autres." L'Insoumis maximo est peut-être éclairé par la foi, mais pas par la science économique. Illustration : André Martins de Barros

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Publié le 28 Janvier 2023

En France, les troupes théâtrales de la politique montent ces dernières années des spectacles de qualité médiocre avec des acteurs de moins en moins convaincants et dont le jeu frise souvent le ridicule.

A commencer par la troupe officielle des macroniens qui se cantonne dans le classique convenu et ennuyeux, son comédien principal ayant un goût immodéré pour les longs monologues déclamés sur le devant de la scène, sa troupe à l’arrière se contentant de faire de la figuration.

La petite troupe de fauristes, manifestement décadente, fait plutôt dans la farce avec des comédiens de seconde zone, et passe en seconde partie des spectacles montés par d’autres après avoir jadis connu la gloire.

Ce qui reste de la troupe des républicains est à la recherche d’un répertoire, et ne sait plus sur quel pied danser depuis sa dernière chute sur la scène nationale.

La troupe privée de la famille Le Pen a réussi à mettre ses méchants et ses vilains derrière le décor et joue des scènes à la Tartuffe qui peuvent séduire, d’autant plus qu’elle a pour faire-valoir le croquemitaine zémmourien .

La troupe des staliniens repentis (à peine) joue encore un répertoire démodé dans des arrière-salles communales.

Les comédiens de l’écologie ont un répertoire aussi dispersé que leur troupe, parlent plus de sexe que d’écologie et quand elle s’en occupe, c’est pour faire trop souvent du clownesque dans le cirque médiatique.

Reste la troupe des mélenchoniens encore appelée « les insoumis », titre ronflant et usurpé, elle donne encore des spectacles qui font recette en raison des outrances avec lesquelles elle joue la tragi-comédie. Sa vedette fait même dans l’imprécation en maudissant son concurrent et a des envolées lyriques qui fascinent ses admirateurs mais rendent perplexes les spectateurs. Les comédiens de cette troupe sortent parfois des répliques dont on ne sait pas trop s’il faut en rire ou en pleurer.

Le théâtre politique étant devenu médiocre, il n’est pas étonnant de voir les spectateurs descendre dans la rue pour jouer eux-mêmes une pièce de leur choix, mais c’est toujours la même, réclamant que l’on remplisse leur corbeille, et sa répétition va finir par lasser ceux restés aux balcons.

Illustration : H. Daumier « Mélodrame »

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Publié le 25 Janvier 2023

Le smartphone étant devenu un organe supplémentaire prolongeant le corps comme le montre le nombre de personnes marchant le téléphone dans la main et les troubles quasiment physiques provoqués par sa suppression que les amputés du smartphone considèrent comme intolérables, les entreprises de l’informatique utilisent cet organe artificiel et permanent pour y placer les capteurs de surveillance de la santé et se servir de toutes les facultés de l’objet : caméra, haut-parleur, microphone etc. Plus de 350.000 applications de santé numériques seraient ainsi disponibles !!!

Cette surveillance permanente des données de santé et leur transmission éventuelle à un professionnel de la santé peut aller très loin et il faut rendre hommage à l’astuce des inventeurs :

- électrocardiogramme, rythme cardiaque, pression artérielle (à l’étude) et même auscultation du coeur

- fréquence respiratoire, saturation en oxygène du sang

- dépistage de l’apnée obstructive du sommeil, en écoutant la respiration et les ronflements

- dépistage des maladies oculaires du diabétique

- analyse de la voix pour évaluer la santé mentale (notamment l’anxiété et la dépression) etc…

Evidemment pour un médecin qui n'a longtemps utilisé que ses sens et quelques instruments pour faire son métier, de tels progrès sont époustouflants et viennent s’ajouter à l’imagerie qui rend quasiment obsolète l’examen clinique. Toutefois, cette surveillance continue de son intimité me laisse perplexe. Mise à part la possibilité du piratage de ces données Ô combien personnelles, sans sous-estimer l’intérêt d’une telle surveillance pour un malade en permettant dans le meilleur des cas une intervention rapide des soignants, je vois deux inconvénients :

D’abord, l’anxiété permanente provoquée par une surveillance continue.

Ensuite, les conséquences des faux positifs et des faux négatifs dont la survenue est certaine. Les premiers provoquant l’affolement, les seconds donnant une impression de sécurité pouvant être fatale. Les deux augmenteront les coûts de la santé, les premiers en exigeant un contrôle médical superflu et les seconds en retardant le diagnostic.

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Publié le 21 Janvier 2023

De plus en plus de gens interrogent le robot IA crée par OpenAI dénommé ChatGPT capable, justement, de répondre à toutes les questions qu’on lui pose, et même dans le style qui lui est demandé. Nicolas Carreau de Marianne a demandé à cette intelligence artificielle ce qu’elle pensait d’elle-même en lui posant la question : « quels sont les dangers de ChatGPT ? ». On ne peut que saluer la « sincérité » de la machine puisqu’elle a répondu : « En effet, ChatGPT et d’autres algorithmes similaires peuvent avoir des conséquences néfastes pour l’économie…L’impact de l’IA sur l’éducation est également préoccupant ». Ces affirmations étant bien sûr développées et sur un ton ironique si on le lui demande. Il était donc intéressant d’interroger ChatGPT sur la médecine. Son interview a été réalisée par Frédéric Haroche et publié dans le Journal International de Médecine (JIM). J’en rapporte quelques extraits :

JIM : ChatGPT, pouvez-vous me donner un aperçu de vos connaissances en médecine en vous exerçant sur ce cas simple. Vous êtes médecin généraliste, un jeune homme de 18 ans, accompagné de ses parents, vient à votre consultation. Il est inquiet. Il dit « entendre une voix agressive dans sa tête » qui l'insulte et lui demande de « casser la gueule » à ses camarades de classe. Ses parents ont noté un retrait social avec l'apparition d'une "phobie scolaire" et une dégradation des résultats scolaires. Que pensez-vous de ce cas ?

ChatGPT : Il est possible que ce jeune homme souffre de troubles psychotiques, tels qu'une schizophrénie ou un trouble bipolaire. (…) En tant que médecin généraliste, je recommande de réaliser un bilan médical complet pour écarter toute autre cause médicale pouvant expliquer les symptômes décrits par le patient. Il est important de réaliser un entretien clinique approfondi avec le patient et ses parents pour recueillir des informations sur l'histoire médicale, les antécédents familiaux et les symptômes actuels. Il est également recommandé de réaliser des tests psychologiques pour évaluer les fonctions cognitives et émotionnelles du patient. Sur la base des résultats de l'examen médical et psychologique, il est possible d'établir un diagnostic de troubles psychotiques tels que la schizophrénie ou le trouble bipolaire.Il est important de mettre en place un traitement adapté, qui peut inclure des médicaments antipsychotiques, des stabilisateurs d'humeur et/ou des thérapies comportementales et cognitives. Il est également important de soutenir le patient et sa famille dans ce processus et de les orienter vers des ressources de soutien appropriées.

JIM : Très bien ChatGPT ! Tu es bluffant. Penses-tu pouvoir représenter une aide au diagnostic et une aide aux choix thérapeutiques pour les professionnels de santé ?

ChatGPT : Je suis un outil d'IA qui peut aider les professionnels de santé en leur fournissant des informations et des suggestions basées sur les données disponibles dans ma base de connaissances. Cependant, il est important de noter que je ne suis pas un médecin et que mes réponses ne doivent pas être utilisées pour remplacer l'avis d'un professionnel de santé qualifié. (…) Je peux être utilisé comme une aide à la décision pour les professionnels de santé mais ils ont la responsabilité de prendre les décisions finales concernant le diagnostic et le traitement des patients.

JIM : Vous êtes trop modeste ! En quoi ChatGPT pourrait modifier la relation médecin patient ? Que se passera-t-il quand un patient dira à son médecin "vous vous trompez, vous ne dites pas la même chose que l'IA !" ?

ChatGPT : Il est possible que les patients puissent utiliser des outils d'IA pour rechercher des informations sur leur état de santé et poser des questions à leur médecin. Il est important que les professionnels de santé soient préparés à cela et qu'ils soient en mesure de communiquer clairement et de manière transparente avec leurs patients sur l'utilisation de l'IA dans les soins médicaux. Il est également important de maintenir une communication ouverte et transparente avec les patients et de prendre en compte leurs préoccupations et leurs questions.

JIM : A terme, pensez-vous que l'IA pourra complétement remplacer les médecins pour le diagnostic et le choix thérapeutique ?

ChatGPT : Il est peu probable que l'IA remplace complètement les médecins pour le diagnostic et le choix thérapeutique à court ou moyen terme. Les professionnels de santé ont une expertise et une expérience qui ne peut être remplacée par une IA. Les professionnels de santé sont formés pour interagir avec les patients, comprendre les facteurs sociaux et émotionnels qui peuvent influencer la santé d'une personne, et prendre en compte les contextes uniques de chaque patient. Il est plus probable que l'IA sera utilisée comme un outil d'aide à la décision pour les professionnels de santé, en leur fournissant des informations et des suggestions basées sur les données disponibles. (…) Cependant, il est important de maintenir un équilibre entre l'utilisation de l'IA et l'expertise clinique des professionnels de santé et de s'assurer que les patients continuent à recevoir des soins de qualité qui prennent en compte leurs besoins uniques.

JIM : Vous parlez de court et moyen terme...Et à long terme ? Une "IA forte*" pourrait-elle remplacer le corps médical ?

ChatGPT : Il est difficile de prédire exactement comment l'IA évoluera à long terme, et il est possible que les avancées technologiques puissent entraîner de nouvelles opportunités pour l'utilisation de l'IA dans les soins médicaux. Cependant, il est important de noter que l'IA ne peut pas remplacer complètement les médecins et les professionnels de santé. (…) La capacité de l'IA à prendre en compte les facteurs sociaux et émotionnels qui peuvent influencer la santé d'une personne est encore limitée. Les professionnels de santé sont également formés pour interagir avec les patients, comprendre leurs besoins et prendre en compte les contextes uniques de chaque patient.

JIM : Dans ce contexte, le médecin de demain sera-t-il une "super assistante sociale" ?

ChatGPT : Il est possible que l'utilisation de l'IA en médecine puisse amener les médecins à jouer un rôle plus important dans la prise en compte des facteurs sociaux et émotionnels qui peuvent influencer la santé des patients.

JIM : Vous restez très politiquement correct !

ChatGPT : En tant que modèle informatique, je suis programmé pour fournir des informations précises et objectives basées sur les données disponibles dans ma base de connaissances. Je suis conçu pour aider les utilisateurs à comprendre les sujets complexes et je m'efforce de fournir des réponses complètes et équilibrées.

JIM : En quoi l'intelligence artificielle pourra-t-il participer à résoudre le problème des déserts médicaux ?

ChatGPT : L'IA peut jouer un rôle important dans la résolution du problème des déserts médicaux. (…) Voici quelques exemples :

  • L'IA peut être utilisée pour diagnostiquer des maladies à distance en utilisant des images médicales et des données de santé. Cela peut aider les professionnels de santé des zones rurales à diagnostiquer les patients sans avoir à les envoyer dans des centres de soins de santé plus éloignés.
  • L'IA peut également être utilisée pour améliorer la gestion des rendez-vous médicaux et pour optimiser les parcours de soins pour les patients. Cela peut aider à réduire les temps d'attente pour les rendez-vous médicaux et à améliorer l'accès aux soins de santé pour les populations des zones rurales.
  • L'IA peut aider à améliorer la prise en charge à distance, c'est à dire une consultation à distance avec un médecin ou un spécialiste via une vidéoconférence. Cela peut aider à réduire les coûts et les déplacements pour les patients des zones rurales et les personnes âgées ou à mobilité réduite.
  • Enfin, l'IA peut aider à améliorer la gestion des données de santé, en permettant aux professionnels de santé de mieux comprendre les besoins de santé de leur communauté et de mieux cibler les interventions pour améliorer la santé des populations.

JIM : Que pensez-vous d'augmenter le tarif de base de la consultation médicale en France ?

Chat GPT : En tant que modèle informatique, je ne suis pas habilité à donner mon avis sur les politiques publiques.

JIM : Pour finir une question plus polissonne : pouvez-vous improviser une chanson paillarde de salle de garde ?

Chat GPT : Je suis désolé, mais en tant que modèle informatique, je suis programmé pour respecter les normes de contenu approprié et je ne suis pas capable de générer des contenus vulgaires ou offensants.

Je conclus de cette interview que dans l'avenir l'intellect des médecins risque de rouiller et que leur métier deviendra moins intéressant et peut-être même ennuyeux. Si ce robot "conversationnel" est programmé pour dire ce que l'on veut entendre en utilisant une "langue de bois", il parait capable de poser un diagnostic correct et peut-être plus facilement qu'un médecin pour certains cas difficiles en raison de sa mémoire gigantesque, jusqu'au jour on lui demandera de prendre une décision. Toutefois, si l'interprétation fine de l'imagerie est déjà à la portée de l'informatique, le recueil des données purement cliniques nécessite encore un médecin. Mais dans l'avenir, il n'est pas exclu que l'on demande à la machine d'interroger directement le patient en se dispensant de l'intervention humaine, palliant ainsi au manque de médecins, en laissant cependant à ceux-ci le soin d'apporter au patient une touche conviviale.

Illustration : Salvador Dali :"Le cabinet anthropomorphique"

435. Le cabinet anthropomorphique

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 20 Janvier 2023

Nique les Parques !Admirables lycéens. Ils ont bien compris que vivre, ce n’est pas agir mais prévoir. Prévoir d’être encore en vie dans un demi-siècle, et prévoir comment finir sa vie avant de l’avoir vraiment commencée. Bravo les mômes ! Illustration : Bryant Lacey : "Les Parques"

Nique les Parques !

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Publié le 18 Janvier 2023

Pendant que les manifestants envahissaient la plaine, je suis monté sur la butte pour prendre de la hauteur. Je me suis mêlé aux touristes, dont des Italiens qui en attendant de partir à la retraite à 67 ans profitaient de l'air de Paris tant qu'il reste respirable.

Lors de ma ballade de retraité montré du doigt par les actifs, j'ai relevé trois images : 

D'abord la juxtaposition de cette pancarte et de l'arrière de la basilique du Sacré-Coeur. La rue à la mémoire d'une victime de l'intolérance religieuse ceinturant un édifice religieux comme un reproche mort. Le chevalier de La Barre fut le dernier torturé et exécuté pour blasphème alors que ce châtiment avait été supprimé un siècle plus tôt, et que ce jeune homme de 20 ans n'était probablement pas coupable de la plupart des faits ayant conduit à son exécution. J'ai relevé dans Wikipedia ce que Voltaire avait écrit dans l'article "Torture" du Dictionnaire philosophique :« Lorsque le chevalier de La Barre, petit-fils d'un lieutenant général des armées, jeune homme de beaucoup d'esprit et d'une grande espérance, mais ayant toute l'étourderie d'une jeunesse effrénée, fut convaincu d'avoir chanté des chansons impies, et même d'avoir passé devant une procession de capucins sans avoir ôté son chapeau, les juges d'Abbeville, gens comparables aux sénateurs romains, ordonnèrent, non seulement qu'on lui arrachât la langue, qu'on lui coupât la main20, et qu'on brûlât son corps à petit feu ; mais ils l'appliquèrent encore à la torture pour savoir combien de chansons il avait chantées, et combien de processions il avait vu passer, le chapeau sur la tête. ».

Et c'est de cette façon monstrueuse et stupide qu'un débauché est passé à la postérité, que des rues portent son nom, et qu'il a sa statue devant la basilique du Sacré-Coeur.

Rester couvert au passage d'une procession religieuse ressemble bigrement aux mèches de cheveux dépassant du voile d'une Iranienne. Mais le christianisme a tout de même plusieurs siècles d'avance sur les intégristes de l'islam pour ce qui concerne l'abolition de la bêtise criminelle.

Je n'avais pas l'habitude jusqu'à présent d'emprunter la rue Gabrielle pour descendre de la butte. Cette fois je l'ai empruntée après avoir descendu des escaliers latéraux au Sacré-Coeur et j'ai été surpris par la découverte de cette oeuvre murale :

Etonnant.

En descendant la rue Ravignan qui va de la place Emile Goudeau, où se situait le fameux Bateau- Lavoir, à la rue des Abbesses, j'ai remarqué pour la première fois une boutique de cadeaux situé au 9 de la rue :

Pour que cela porte bonheur, il faut mettre le pied gauche dans la boutique, ce que je n'ai pas fait. Mais peut-être sommes-nous entièrement dedans à voir ce qui se passe dans la plaine.

 

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 17 Janvier 2023

La laideur est toujours à la modeDepuis des années, je vois des jeunes et parfois des moins jeunes porter des jeans troués ou déchiquetés : c’est laid, c’est se moquer des pauvres (qui eux ne mettent pas de jeans en lambeaux), le seul intérêt est de rafraîchir le contenu du slip en hiver.

La laideur est toujours à la modeLa mode des tatouages, elle, semble s’être installée définitivement. Mais la pratique est très ancienne, elle a seulement pris de l’ampleur en touchant beaucoup de monde. Je crois qu’au moins un tiers des adultes sont marqués par au moins un tatouage, d’autant plus que des précautions et des instructions ont été prises pour en limiter les complications allergiques ou infectieuses. Non pas que les tatouages eux-mêmes soient laids, bien au contraire, mais je préfèrerais les voir sur une toile ou sur le papier que sur la peau où ils ressemblent plus à une dermatose inclassable qu’à une œuvre d’art. Je n’ai pas encore vu ce que deviennent ces dessins colorés chez le vieillard où la peau se plisse et pend, la transformant en un terrain vallonné ponctué de taches brunes qui risque de gondoler ces chefs-d’œuvre et les mettre en péril.

La laideur est toujours à la modeQuant au piercing, il continue à défigurer les jeunes femmes. Ces jours-ci, nous avons déjeuné dans un restaurant du quartier et j'ai été frappé par la beauté de la serveuse, mais quand elle est  venue à notre table je ne voyais plus que l'anneau qui lui perforait la cloison nasale faisant penser à la mouchette que l'on met aux naseaux des boeufs pour les mener avec une longe sans qu'ils puissent se rebeller.

La laideur est toujours à la modeSi la barbe confirmée est revenue à la mode, la barbe de trois jours, le visage mal rasé, n’a pas quitté nos lucarnes. Cette mode qui perdure touche des hommes mûrs. Ils auraient pourtant intérêt à raser de près leurs éventuels poils blancs qui les rendent plus vieux encore et un peu négligés. Il y a d’autres façons de paraître rebelle, surtout quand on a passé l’âge de l’être. J’ignore ce que Manuel Bompart, coordinateur national de LFI élu par ceux qu’il avait nommé pour le faire, recherche avec ses poils de  barbe, mais quand on le voit, on a envie de lui donner la pièce pour qu’il puisse manger et ne pas dormir dehors.

Remarquons d’ailleurs que ces modes : jean en lambeaux (associé souvent à un haut de prix), tatouages (parfois sur de larges surfaces), clous dans la peau, et visages mal rasés veulent sans doute manifester de la part de leurs porteurs un anticonformisme, une apparence de rébellion contre la société, chez des personnes qui, en général, ne manquent de rien. Ils s’en veulent peut-être de ne pas avoir de motif personnel de révolte. Une révolte qui peut cependant prendre corps pour certains contre l’ordre établi accusé d’être responsable de la catastrophe écologique future.

 

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Publié le 17 Janvier 2023

Les choses n’allaient pas bien. Aussi décida-t-on de réunir un « Grenelle » de la Vie en faisant appel à des experts venus de tous horizons et même au-delà : des philosophes (il faut bien que la philosophie serve à quelque chose), des démographes nantis de leurs courbes, des économistes (pour faire les calculs, pas pour des prévisions), des politiques (dont Balladur, Rocard et Lang), des syndicats représentatifs (de quoi ?), des représentants de la société civile (dont Hallyday), des communicants (il y en a partout, pourquoi pas là) des astrologues (on ne sait jamais), et quatre ratons laveurs (qui peut le plus peut le moins).

Cette docte assemblée constata des évidences (c’est souvent le cas) :

Dès que les jeunes prennent conscience d’eux-mêmes, beaucoup (nous ne parlons pas des marginaux qui acquièrent rapidement une indépendance aux dépens des autres) passent l’essentiel de leur temps enfermés dans des établissements austères, à étudier, même chez eux, à préparer des examens ou des concours, à apprendre un métier, à chercher un poste ou à faire des petits boulots s’ils n’en trouvent pas ou s'ils ont été licenciés.

Plus tard, dans le meilleur des cas, les gens se marient, doivent élever des enfants, divorcer, payer une pension, enterrer leurs parents et gravir péniblement les échelons d’une éventuelle carrière.

A la fin, lorsqu’ils sont plus ou moins satisfaits de leur situation (je parle des meilleurs cas), ils partent à la retraite ou sont obligés de la prendre (je ne parle pas des politiciens que l’on est parfois amené à abattre pour ne plus les voir). Et que se passe-t-il alors ? Ils ne font plus grand-chose, certains s’ennuient et regardent leur corps dépérir au point de se suicider.

Cette docte assemblée constata donc que la jeunesse qui possède tous les atouts pour jouir de la vie, perdait beaucoup de temps à ne pas en jouir, alors qu’au-delà de la maturité on avait le temps d’en jouir mais pas toujours les possibilités mentales et physiques pour le faire.

Le « Grenelle » de la Vie proposa donc d’inverser le processus : laisser tout le temps aux jeunes pour s’éclater et demander, dès la maturité, aux anciens, tant qu’ils en sont capables, d’étudier et de travailler jusqu’à ce que mort s’ensuive.

C’est ainsi que les jeunes entretenus par leurs aînés furent heureux et eurent beaucoup d’enfants qu’ils confièrent aux vieux, parfois contents d’entendre leurs rires et le plus souvent satisfaits d’être utiles.

 

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Publié le 16 Janvier 2023

S’il est envisagé de porter l’âge légal du départ en retraite à 64 ans, le projet comporte des dérogations qui permettraient un départ anticipé. Le critère de pénibilité prêtera évidemment à discussion, nombre de professions se considèreront comme pénibles jusqu’à celles où l’on ne fait pas grand-chose mais où l’ennui qui en résulte pourrait être considéré comme un facteur psychologique de pénibilité.

La réforme a ajouté un critère d’usure en rendant obligatoire à l’âge de 61 ans une visite médicale pour juger du degré d’usure provoquée par l’activité professionnelle. Je souhaite bien du plaisir aux médecins du travail qui seront amenés à juger de la chose et à permettre éventuellement un départ anticipé à la retraite.

Je propose donc de privilégier un autre critère essentiellement économique : déterminer l’âge de départ à la retraite en fonction de l’espérance de vie. En effet, plus l’espérance de vie est longue plus le retraité coûtera cher à la collectivité. Certes, la question est de juger de l’espérance de vie. Le recours aux cartomanciennes et aux lignes de la main pourrait être contesté en raison de leur manque de crédibilité, aussi je propose de compléter ou même de remplacer vers la cinquantaine la visite médicale des 61 ans par une mesure des télomères, appendices terminaux de nos chromosomes car plus ils sont longs, mieux c’est.

Je cède la parole à l’INSERM : « Au bout des chromosomes il y a les télomères. Ces séquences d’ADN répétitives ne contiennent pas de gènes : elles sont là pour préserver l’intégrité de notre patrimoine génétique. Mais à chaque fois qu’une cellule recopie son ADN avant de se diviser, elle perd un petit bout de télomère, comme une photocopieuse qui rogne les marges du document original. Tant et si bien que ces protections finissent par s’user… La cellule arrête alors de se diviser et de fonctionner normalement. Les chercheurs parlent de cellules « sénescentes », dont l’accumulation contribue au vieillissement de l’organisme. ».

Admirez l'image : vieillir, c'est perdre progressivement des petits bouts.

La mesure des télomères pourrait permettre d’envisager le maintien des octogénaires dans une professions intellectuelle ou artisanale (ce qui se fait déjà), mais pour ce qui concerne les travaux publics, il faudrait être nantis de télomères en béton.

Illustration : Le Caravage « Diseuse »

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Publié le 13 Janvier 2023

Le péché originelCe n’est pas celui d’avoir croqué le fruit défendu de l’arbre de connaissance, c’est celui d’avoir effeuillé la rose de la méconnaissance. Si le crâne des cadavres semble avoir un rictus, celui de Mitterrand doit se décrocher la mâchoire. En 1982, ignorant la démographie, ignorant l’allongement de la durée de vie, et la future légion des retraités, l’homme à la rose entre les dents et aux promesses faciles pour arriver au pouvoir a fait à ses successeurs un cadeau empoisonné : l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans. Depuis ce péché originel, tous les gouvernants sont accablés et rament à contre-courant pour réparer les conséquences de ce péché originel commis par un politicien amoureux du pouvoir, plus soucieux de son présent que de l’avenir du pays. Un avenir que la gauche d’aujourd’hui, plus préoccupée des minorités et du sexe que du travail, volontiers confié aux émigrés, voit comme un vaste parc de loisirs où les Français pourront enfin se consacrer à plein temps aux réseaux sociaux et aux jeux en ligne. Illustration : Van Gogh

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Publié le 12 Janvier 2023

Et on continue en Iran à pendre des jeunes gens

pendus par de vieux barbus un pied dans la tombe

qu’ils tapissent de corps d'enfants

et pourquoi les pendent-ils ?

parce qu’ils ont offensé Dieu disent-ils

les mollahs

agrippés à leur misérable pouvoir ici-bas

que savent-ils de Dieu, ces misérables barbons ?

comment osent-ils parler en Son Nom ?

clique de prêtres blasphémateurs

ils imposent la prière et le voile et offrent la terreur

en se prétendant les oracles du Dieu

miséricordieux

en prétendant savoir ce qu’Il pense

en prétendant savoir ce que Dieu veut

ce qu’Il condamne, ce qu’Il récompense

outrageante hypocrisie

se servir de Dieu comme alibi

pour se goinfrer de pouvoir et d’argent

et se cacher derrière Lui

pour mettre la main aux fesses des enfants

ou de leurs mères

ou la corde à leur cou,

ou tranché au cimeterre

 

les bûchers se sont éteints sous nos cieux

mais que Dieu nous garde des fous

ils marchent, haineux, parmi nous

ils rêvent de nous découper chacun

leur couteau de boucher à la main

au nom du Dieu miséricordieux

 

Paul Obraska

Bernard Buffet : « Les pendus » (Horreurs de la guerre)

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 10 Janvier 2023

A un de mes visiteurs avec lequel j’ai des échanges courtois malgré nos désaccords sur nombre de points - ce qui est l’essence même d’un débat - j’ai reproché son manque d’objectivité, c’est à dire de ne pas prendre en compte des faits sans les déformer ou les sélectionner. Leur interprétation, par contre, est par définition subjective. Je me permets (et j’espère qu’il n’y verra pas d’inconvénient et qu’il me corrigera si j’ai mal interprété sa pensée) de rapporter une partie de sa réponse : « je n'ai jamais prétendu à une quelconque objectivité : j'expose mes convictions, mes opinions et j'essaie éventuellement de les justifier (même si ce n'est pas le terme que je trouve le plus juste).  Qui, sur quel blog peut se prévaloir, de faire autre chose ? « Celui qui se croit objectif doit déjà être au moins à moitié ivre ». ~ Lu Xun ». Il a raison dans le sens où l’objectivité est difficile à atteindre avec ou sans boisson alcoolisée, on tente seulement de le faire, encore faut-il le vouloir. J’écris ce petit billet car étant pris par « l’esprit de l’escalier » je n’ai noté qu’après ma réponse que mon visiteur, qui ne prétend honnêtement à aucune objectivité, placent les convictions avant les justifications alors que les preuves devraient en principe précéder l’opinion. On se forge une opinion après l’examen des faits et non a priori. La démarche scientifique peut être différente, la recherche de preuves succède à une hypothèse mais celle-ci est émise après l'observation des faits.

Les convictions morales n’exigent pas de preuves. Ce sont des impératifs, qu’on leur attribue une origine divine ou pas, que la société impose pour éviter de s’entretuer. On comprend leur existence, l’être humain étant un animal autodestructeur, les guerres sont là pour le prouver en étant les manifestations d’une autodestruction industrialisée de masse. Les convictions morales n’étant pas basées sur des preuves, elles subissent de fâcheuses fluctuations et sont souvent transgressées par ceux- là mêmes qui, au nom de Dieu ou d'un intérêt supérieur, prétendent en être les garants.

En politique, on se vante aisément d’avoir des convictions en demandant aux autres de les respecter. Ces convictions sont respectables si elles ressortent de l’examen des faits. Mais le paradoxe est que si une conviction est basée sur les faits, celui qui se vante d’en avoir une devrait en changer au cours du temps car les faits changent également. Cela s’appelle du pragmatisme, ce qui est très mal vu. Changer de conviction est considéré comme une trahison, bien que sensé et honnête si la situation n'est plus la même. Comme le disait Edgar Faure ; « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ».

Les convictions qui ne tiennent pas compte des faits ou seulement de certains d’entre eux sont du domaine de la religion, de l’idéologie ou du complotisme :

Avoir la conviction que Jésus de Nazareth est Dieu et non pas un simple prophète, comme l’a décidé un Concile, n’exige aucune preuve ni dans un sens ni dans l'autre, c’est une croyance.

Croire que le communisme ou ses avatars est le régime qui donnera le bonheur à l’Humanité est une conviction insensée car les preuves du contraire n’ont cessé de s’accumuler au cours du temps, ce qui n’empêche pas des personnes apparemment saines d’esprit d’y croire, puisque nous avons toujours des communistes et fiers de l’être, se pensant dans le camp du Bien, alors qu'ils sont assis sur de monstrueux charniers en provenance de tous les horizons et garnis des peuples les plus divers.

Croire que l’on a mis une puce dans les vaccins contre la COVID-19 pour faire de nous des zombis ne repose évidemment sur aucune preuve mais c’est une conviction, peut-être pour donner un justificatif à sa peur ou par calcul politique.

Avoir des convictions n’est donc pas aussi valorisant qu’on veut bien le dire. En changer si les faits changent n'est pas si condamnable. Non forgées par des preuves, elles risquent de tourner en croyances dont beaucoup se servent pour justifier pire.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 9 Janvier 2023

 

"… Des quatre coins de l'Hexagone, on entend monter les mêmes récriminations, les mêmes peurs, les mêmes constats : la France se disloque, elle se meurt, elle se décompose comme un fruit pourri de l'intérieur. Hormis une caste de privilégiés, c'est partout la même misère, de ces gens qui ne s'en sortent pas et sont condamnés à vivre des existences au rabais.

Le spectacle donné par la France, vu de l'étranger, donne à voir un paysage apocalyptique, une sorte de navire à la dérive qui prendrait l'eau de toutes parts. Voilà un pays où, semble-t-il, on a peur de tout. Peur du chômage, peur des pannes de courant, peur de manquer de produits de première nécessité, peur de ne pas s'en sortir, peur du lendemain, peur de la guerre, peur de l'immigration, peur de la mondialisation, peur de son voisin, peur du déclassement, peur d'avoir peur, peur de tout et de rien, une angoisse généralisée qui se répand dans toutes les couches de la société.

Comme si la France avait perdu toute confiance en sa capacité à affronter les défis de demain. Qu'elle ne croyait plus en son génie collectif. Une sorte de déclin inexorable qui entraînerait le pays à désespérer de tout. Vu de loin, tout semble gris en France. Et infiniment triste. Un pays sans joie, sans ressort, où hormis à travers les exploits de ses sportifs, on ne vibre plus pour rien si ce n'est pour exulter une colère qui s'adresse tout autant aux médias qu'aux politiques, à ces élites divorcées du réel.

En France, tout est toujours sur le point d'exploser. Chaque rentrée, chaque début d'année s'accompagne d'un flot de prévisions catastrophiques qu'on égrène d'une voix blafarde sur les plateaux de télévision. On dirait un catalogue de prophéties bibliques dignes des meilleurs épisodes de l'Ancien Testament. La France va être plongée dans le noir, le pain viendra à manquer, les hôpitaux s'écrouleront, les universités dépériront, les eaux de la Seine se changeront en marais putrides… personne n'en réchappera. Tremblez, tremblez pauvres Français, l'heure du jugement dernier approche !

Comparée à la France, l’Ukraine semble être un pays où il fait bon vivre. La France a perdu les clés du bonheur, de la joie de vivre, de la légèreté d'exister. La moindre contrariété prend des allures de catastrophe nationale. À la première difficulté rencontrée, c'est tout le pays qui s'embrase, et alors chacun regarde l'autre comme si c'était le diable en personne. On ne s'accorde sur rien, on en veut à la Terre entière, et dans cette déréliction qui saisit le pays tout entier, on promet de régler par la violence ou le désordre ce que la loi avait essayé d'imposer.

Probablement faut-il voir dans cette apoplexie de la peur le réflexe d'une population qui, à force d'être secourue par l’Etat providence, a perdu le sens des réalités. Il faut avoir vécu quelque temps à l'étranger pour s'apercevoir à quel point en France, l'État, dans toutes ses déclinaisons administratives, veille au bien-être de sa population. Comment il a le souci constant de la protéger, de lui venir en aide, d'essayer d'atténuer par tous les moyens possibles la rudesse de l'existence. Non qu'il y parvienne pour tout le monde, mais au moins a-t-il l'ambition de n'abandonner personne sur le bas-côté.

Sauf qu'à la longue, comme ces médicaments pris si régulièrement qu'on finit par ne plus en percevoir leurs effets, les Français n'ont plus conscience de ces largesses. Ce qui est de l'ordre de l'exceptionnel (les études à peu de frais, la santé gratuite, les aides à foison, le rôle protecteur des amortisseurs sociaux…) relève chez eux de l'ordinaire, du normal, de l'acquis. Si bien que, pris dans un engrenage pervers, il leur faut plus, toujours plus. Et quand l'État, par les limites conférées par ses rentrées d'argent, ne parvient plus à répondre aux attentes des uns et des autres, alors naît ce ressentiment, cette amertume teintée de colère, d'en être oublié. Qu'est-ce que le malheur français si ce n'est la conviction d'être moins bien loti que son voisin, qu'il habite sur son palier ou de l'autre côté de la frontière ? Un mélange d'ignorance, de jalousie, de sentiment de persécution qui, porté à son paroxysme, finit par jeter une partie de la population dans les bras des populistes de tous bords. C'est quand on ne croit plus à rien qu'on finit par croire aux bobards des promesses impossibles à tenir. Il suffit de voir à quel état en est rendu l’Angleterre pour s'en convaincre…"

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 7 Janvier 2023

Des visiteurs de ce blog pourraient s’étonner qu’en tant que médecin de ne pas avoir fait jusqu’à présent le moindre commentaire sur les remous qui agitent en ce moment le personnel soignant aussi bien en ville qu’à l’hôpital. Il y a à cela deux raisons.

La première est que j’ai quitté la scène voilà bien des années, et porter un jugement sur une situation qui n’est plus vécue est discutable. J’ai exercé mon métier de façon satisfaisante aussi bien en ville qu’à l’hôpital, même si l’on sentait déjà les prémisses d’une crise du service de santé, ne serait-ce que par le début de l’invasion administrative. A voir ce qui se passe, la situation a bien changé, et je ne la connais pas de l’intérieur. Je ne perçois que les échos de soignants débordés, démissionnaires, et de surcroît régulièrement agressés, ce qui était inconcevable à mon époque.

La seconde raison est que je ne sais pas ce qu’il faudrait faire, le système de santé étant très complexe, touchant beaucoup de monde dont les statuts sont différents et parfois opposés, et où toute réforme met des années pour juger de son efficacité comme pour la levée du numerus clausus des études médicales dont l’effet ne pourra être jugé que dans une dizaine d’années. En attendant, les déserts médicaux s’accroissent en liaison avec la désertification administrative et structurelle des zones rurales.

Lors de ses vœux au corps de santé, Emmanuel Macron a effectué une prestation dont il a le secret, farcie de généralités et de « il faut ». Il est vrai qu’il s’agissait des vœux. J’ai néanmoins retenu la tendance générale d’un retour en arrière. Retour aux services qui avaient été regroupés en grands machins, administrateur associé à un médecin à la tête des hôpitaux, ce couple existait à mon époque avec le directeur et le président de la commission médicale. A noter que Macron envisage de renforcer le personnel administratif (déjà pléthorique) en espérant ainsi libérer du temps médical. Surtout il est prévu d’abandonner la tarification à l’activité (T2A) qui avait remplacé les budgets plus ou moins fixes qui pouvaient conduire à une certaine inertie de la part des hôpitaux. Le T2A a eu l’inconvénient de transformer les hôpitaux publics en entreprises quasiment concurrentielles. Or l’hôpital public est tout sauf une entreprise. Il ne produit rien, il ne gagne rien puisque l’argent qui lui est versé provient de la collectivité. En matière économique, l’hôpital est un organisme par essence totalement déficitaire, il ne fait que dépenser l’argent de la collectivité pour la soigner. On connaît les effets pervers de la tarification à l’activité qui pousse l’hôpital à privilégier des activités chèrement remboursées par l’assurance maladie en négligeant celles qui sont moins « rentables » pour le budget hospitalier mais tout aussi nobles. Le T2A devrait donc disparaître, mais on ne sait pas de quelle façon les budgets seront établis. Ce serait, a déclaré Macron, un bidule mixte tenant compte de missions ou d’objectifs de santé publique. Plus vague tu meurs. L’hôpital a toujours eu une mission majeure de santé publique : soigner les gens hospitalisés, le président de la République vient de l’inventer.

Quant à la demande du doublement du tarif de la consultation, Je ne sais que dire. Il est certain que consulter un médecin (bac + 6 à + 10) pour un prix inférieur à celui d’une coupe de cheveux (il est préférable de taire la comparaison avec la consultation d’un plombier) n’est pas très valorisant, mais tout dépend du temps passé et de la difficulté du cas. Il y a des consultations qui ne méritent pas plus de 25 € (qui pourraient être déléguées d’après Macron, ce qui n'est pas inconcevable)) et d’autres qui en mériteraient 100. Quant à transformer les médecins en fonctionnaires, ce que nombre d’entre eux n’hésitent pas à faire excédés par l’activité libérale, on voit ce que cela donne en Grande-Bretagne. Le chef de l’Etat résout le problème en demandant plus d’efforts aux médecins libéraux déjà débordés : « Nous allons mieux rémunérer les médecins qui assurent la permanence des soins et ceux qui prennent en charge de nouveaux patients ». Voilà, c’est simple : travailler encore plus jusqu’au « burn out » pour gagner plus. Cela pourrait aussi s'appeler de l'exploitation.

Illustration : Jan Steen : « Le docteur et son patient »

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 5 Janvier 2023

Les préférences des Français devraient-elles être paritaires ?Ci-contre la liste des 20 personnalités préférées des Français en 2022 (JDD). Ce sont les représentants du monde du spectacle, évidemment les plus connus du grand public, qui dominent avec 8 chanteurs, dont un qui ne chante plus mais toujours en tête du palmarès depuis 12 ans, et 5 footballeurs, favorisés par la récente coupe du monde. Ce qui m’étonne est qu’il n’y a que 2 acteurs (ne me paraissant pas être parmi les meilleurs, et aucun comédien de théâtre) autant que de chefs cuisiniers et un seul animateur de TV également agent immobilier (à vrai dire je ne connaissais pas ce Plaza qui semble être un couteau suisse mais il se paie tout de même la 16ème place !). Aucun scientifique, Pesquet à la 2ème place étant surtout connu pour ses prestations médiatiques. Aucun écrivain ou philosophe, aucun homme politique, (Macron, le mieux classé, étant à la 35ème place du top 50). La première femme est à la dernière place et c’est la seule humoriste de ce top 20, à croire que les Français préfère chanter plutôt que rire. Il n’y a que 15 femmes dans le top 50 alors que le directeur du pôle opinion de l’IFOP affirme qu’une « stricte parité a présidé à la constitution de la liste des personnalités testées auprès des Français ». J'ignore si l'IFOP a fait figurer des transgenres dans sa liste. Il semblerait par ailleurs que les femmes choisissent également plus volontiers les hommes que les femmes. On sent venir un vent de protestation. Que fait la police ?!

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 4 Janvier 2023

De la paille et du grainOn se moque à juste titre d’un maire socialiste qui fait passer les politiques pour des pantins en décidant que la ville dont il est l’édile s’appellera pour un an Pantine au lieu de Pantin, décision qui veut être en faveur de l’égalité homme-femme mais c'est une façon ridicule de la promouvoir. Remarquons que la naissance d’une telle élucubration vient en droite ligne de l’application de l’écriture inclusive qui a été introduite officiellement dans les documents. L’écriture inclusive est une écriture désintégrée, inapplicable en littérature qui reste le support indispensable d’une langue, elle provoque en outre une dissociation entre la langue écrite et la langue parlée, puisqu’en oral la langue inclusive devient une langue bégayée. Les langues évoluent, mais elles ne doivent pas être manipulées pour des raisons politiques, idéologiques ou démagogiques. Les autocraties touchent toujours au langage, essentiellement pour faire passer le faux pour le vrai, c’est l’essence même de la propagande. Il serait souhaitable que les démocraties libérales ne suivent pas le même chemin, même pour ce qui est considéré comme une bonne cause, changer le langage c’est offrir de la paille pour du grain en démocratie, et c’est mettre de la paille dans les têtes dans les dictatures.

De la paille et du grainOlivia Hussey et Leonard Whiting qui ne sont pourtant pas sur la paille cherchent manifestement du grain à moudre en réclamant au studio Paramount Pictures plusieurs centaines de millions de dollars. Ils avaient respectivement 15 et 16 ans, en 1968, lors du tournage de l'adaptation cinématographique de Roméo et Juliette par Franco Zeffirelli qui leur avait demandé de montrer fesses et seins pour les besoins du film, ils en ont d’ailleurs été récompensés chacun par un Golden Globe. Estimant à l’âge de la retraite que cette scène de nudité n’était pas consentie et qu’ils avaient été des mineurs exploités sexuellement en violation des lois régulant la décence, les pauvres affirment avoir souffert d'angoisses et de détresse émotionnelle au cours des plus de cinq décennies ayant suivi le film. On voit encore là que la lutte contre la pédophilie permet de telles extravagances et que la paille risque de recouvrir le grain. Reste à interdire les tableaux représentant des anges batifolant fesses nues, voire même Jésus enfant (Francia : "Marie avec l’enfant et deux anges") ou Dieu accolé à cinq bambins dans le tableau du Dominiquin "la réprimande". Les censeurs ayant l'esprit mal tourné, tout est possible. 

De la paille et du grain

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 3 Janvier 2023

Les pieds de PeléEn ce moment se déroulent les funérailles de Pelé. Funérailles grandioses, le Brésil en pleurs, trois jours de deuil national. Le défunt était un footballeur admiré pour son maniement d’un ballon avec ses pieds et sa tête. C’était un amuseur doué qui a donné du plaisir à son public, c’est incontestable. Mais qu’a-t-il laissé en héritage au monde. Rien. En France nous avons eu aussi des funérailles grandioses et disproportionnées pour le chanteur Johnny Hallyday qui n’avait rien créé, qui n’était pas irréprochable, mais hurlait avec beaucoup d’énergie et de conviction les chansons des autres. Pourquoi lui et pas des chanteurs comme Brassens, Brel, Barbara pour ne citer que les grands B qui étaient des poètes et des créateurs ? Les plus grands esprits, les personnes qui ont laissé un héritage d’importance au monde ont souvent eu des funérailles modestes. Albert Einstein qui avait bouleversé notre conception de l’univers fut – selon sa volonté – incinéré en 1955 et se cendres dispersées dans un lieu tenu secret. C’est contre sa volonté que son cerveau fut prélevé pour tenter de découvrir l’origine de son génie. J’espère que l'on a laissé en paix les pieds de Pelé. Illustration : Magritte.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 1 Janvier 2023

Le monument que je ne visiterai pasParmi les livres qui m’ont été offerts à Noël, l’un s’intitule « Voyages en train », il regroupe des textes, nouvelles ou extraits, de quatorze auteurs qui ont écrit sur le thème du train. J’ai lu aisément et avec plaisir treize d’entre eux. Le quatorzième est Marcel Proust, il s’agit de la troisième partie de « Du côté de chez Swann : « Nom de pays : le nom ». Et je dois me rendre à l’évidence : j’ai au moins une tare, celle de ne pas pouvoir entrer pleinement dans le monument de Proust. C’est le seul auteur parmi les quatorze que j’ai lu en pensant à autre chose, je m’y ennuyais ferme. Je sais, c’est une tare. Je connais des gens qui se délecte de sa prose, pourquoi pas moi ? Pourquoi ai-je été privé de ce plaisir partagé par d’innombrables lecteurs. J’ai pourtant franchi la porte à plusieurs reprises. Certes, j’ai traversé quelques passages, mais je suis sorti le plus souvent rapidement par la première issue de secours. C’est un monument que je ne pourrai jamais visiter complètement, je n’y ai fait que des visites en courant. J’ai renoncé à y rester, insensible à sa beauté, ennuyé par ses digressions. Impardonnable. Illustration Giuseppe Arcimboldo « Le bibliothécaire »

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Rédigé par Dr WO

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