Parmi les livres qui m’ont été offerts à Noël, l’un s’intitule « Voyages en train », il regroupe des textes, nouvelles ou extraits, de quatorze auteurs qui ont écrit sur le thème du train. J’ai lu aisément et avec plaisir treize d’entre eux. Le quatorzième est Marcel Proust, il s’agit de la troisième partie de « Du côté de chez Swann : « Nom de pays : le nom ». Et je dois me rendre à l’évidence : j’ai au moins une tare, celle de ne pas pouvoir entrer pleinement dans le monument de Proust. C’est le seul auteur parmi les quatorze que j’ai lu en pensant à autre chose, je m’y ennuyais ferme. Je sais, c’est une tare. Je connais des gens qui se délecte de sa prose, pourquoi pas moi ? Pourquoi ai-je été privé de ce plaisir partagé par d’innombrables lecteurs. J’ai pourtant franchi la porte à plusieurs reprises. Certes, j’ai traversé quelques passages, mais je suis sorti le plus souvent rapidement par la première issue de secours. C’est un monument que je ne pourrai jamais visiter complètement, je n’y ai fait que des visites en courant. J’ai renoncé à y rester, insensible à sa beauté, ennuyé par ses digressions. Impardonnable. Illustration Giuseppe Arcimboldo « Le bibliothécaire »