En France, les troupes théâtrales de la politique montent ces dernières années des spectacles de qualité médiocre avec des acteurs de moins en moins convaincants et dont le jeu frise souvent le ridicule.
A commencer par la troupe officielle des macroniens qui se cantonne dans le classique convenu et ennuyeux, son comédien principal ayant un goût immodéré pour les longs monologues déclamés sur le devant de la scène, sa troupe à l’arrière se contentant de faire de la figuration.
La petite troupe de fauristes, manifestement décadente, fait plutôt dans la farce avec des comédiens de seconde zone, et passe en seconde partie des spectacles montés par d’autres après avoir jadis connu la gloire.
Ce qui reste de la troupe des républicains est à la recherche d’un répertoire, et ne sait plus sur quel pied danser depuis sa dernière chute sur la scène nationale.
La troupe privée de la famille Le Pen a réussi à mettre ses méchants et ses vilains derrière le décor et joue des scènes à la Tartuffe qui peuvent séduire, d’autant plus qu’elle a pour faire-valoir le croquemitaine zémmourien .
La troupe des staliniens repentis (à peine) joue encore un répertoire démodé dans des arrière-salles communales.
Les comédiens de l’écologie ont un répertoire aussi dispersé que leur troupe, parlent plus de sexe que d’écologie et quand elle s’en occupe, c’est pour faire trop souvent du clownesque dans le cirque médiatique.
Reste la troupe des mélenchoniens encore appelée « les insoumis », titre ronflant et usurpé, elle donne encore des spectacles qui font recette en raison des outrances avec lesquelles elle joue la tragi-comédie. Sa vedette fait même dans l’imprécation en maudissant son concurrent et a des envolées lyriques qui fascinent ses admirateurs mais rendent perplexes les spectateurs. Les comédiens de cette troupe sortent parfois des répliques dont on ne sait pas trop s’il faut en rire ou en pleurer.
Le théâtre politique étant devenu médiocre, il n’est pas étonnant de voir les spectateurs descendre dans la rue pour jouer eux-mêmes une pièce de leur choix, mais c’est toujours la même, réclamant que l’on remplisse leur corbeille, et sa répétition va finir par lasser ceux restés aux balcons.
Illustration : H. Daumier « Mélodrame »