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Les permanents du spectacle

En France, les troupes théâtrales de la politique montent ces dernières années des spectacles de qualité médiocre avec des acteurs de moins en moins convaincants et dont le jeu frise souvent le ridicule.

A commencer par la troupe officielle des macroniens qui se cantonne dans le classique convenu et ennuyeux, son comédien principal ayant un goût immodéré pour les longs monologues déclamés sur le devant de la scène, sa troupe à l’arrière se contentant de faire de la figuration.

La petite troupe de fauristes, manifestement décadente, fait plutôt dans la farce avec des comédiens de seconde zone, et passe en seconde partie des spectacles montés par d’autres après avoir jadis connu la gloire.

Ce qui reste de la troupe des républicains est à la recherche d’un répertoire, et ne sait plus sur quel pied danser depuis sa dernière chute sur la scène nationale.

La troupe privée de la famille Le Pen a réussi à mettre ses méchants et ses vilains derrière le décor et joue des scènes à la Tartuffe qui peuvent séduire, d’autant plus qu’elle a pour faire-valoir le croquemitaine zémmourien .

La troupe des staliniens repentis (à peine) joue encore un répertoire démodé dans des arrière-salles communales.

Les comédiens de l’écologie ont un répertoire aussi dispersé que leur troupe, parlent plus de sexe que d’écologie et quand elle s’en occupe, c’est pour faire trop souvent du clownesque dans le cirque médiatique.

Reste la troupe des mélenchoniens encore appelée « les insoumis », titre ronflant et usurpé, elle donne encore des spectacles qui font recette en raison des outrances avec lesquelles elle joue la tragi-comédie. Sa vedette fait même dans l’imprécation en maudissant son concurrent et a des envolées lyriques qui fascinent ses admirateurs mais rendent perplexes les spectateurs. Les comédiens de cette troupe sortent parfois des répliques dont on ne sait pas trop s’il faut en rire ou en pleurer.

Le théâtre politique étant devenu médiocre, il n’est pas étonnant de voir les spectateurs descendre dans la rue pour jouer eux-mêmes une pièce de leur choix, mais c’est toujours la même, réclamant que l’on remplisse leur corbeille, et sa répétition va finir par lasser ceux restés aux balcons.

Illustration : H. Daumier « Mélodrame »

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C
Je pense qu'ils vous répondraient :<br /> Notre troupe faible et vaine, <br /> gentils spectateurs, ne la condamnez pas ;<br /> Nous ferons mieux, si vous pardonnez. <br /> Oui, foi d’honnête homme,<br /> si nous avons la chance imméritée<br /> d’échapper aujourd’hui à vos sifflets,<br /> nous ferons mieux avant longtemps.<br />  <br /> (Shakespeare : Epilogue de Songe d'une nuit d'été)<br />  
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P
La société du spectacle, disait Debord. Du mauvais spectacle, ajoutez-vous. On n'y croit plus à commencer par les comédiens eux-mêmes.
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B
Jolie illustration...<br /> Mais, sinon, est-ce que vous avez un auteur ou un metteur en scène préféré ?<br /> Moi,par défaut, ce serait plutôt le croque-mitaine . Mais vous le savez déjà...
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S
Votre description de théâtre politique aurait pu servir de préface au dernier livre de Christophe Guilluy, Les Dépossédés. Flammarion, oct. 2022.<br /> "L'impression est étrange. Les classes dominantes n'ont jamais autant concentré de pouvoirs, accumulé des richesses, verrouillé le narratif politico-médiatique et, dans le même temps, n'ont jamais paru aussi faibles, incompétentes et ridicules. De leur côté, les classes populaires, pourtant reléguées économiquement et culturellement, n'ont jamais autant inquiété."<br /> Bref, le narratif politico-médiatique, c'est celui des troupes que vous décrivez, leur théâtre (leur cirque dirais-je).
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