Ce n’est pas celui d’avoir croqué le fruit défendu de l’arbre de connaissance, c’est celui d’avoir effeuillé la rose de la méconnaissance. Si le crâne des cadavres semble avoir un rictus, celui de Mitterrand doit se décrocher la mâchoire. En 1982, ignorant la démographie, ignorant l’allongement de la durée de vie, et la future légion des retraités, l’homme à la rose entre les dents et aux promesses faciles pour arriver au pouvoir a fait à ses successeurs un cadeau empoisonné : l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans. Depuis ce péché originel, tous les gouvernants sont accablés et rament à contre-courant pour réparer les conséquences de ce péché originel commis par un politicien amoureux du pouvoir, plus soucieux de son présent que de l’avenir du pays. Un avenir que la gauche d’aujourd’hui, plus préoccupée des minorités et du sexe que du travail, volontiers confié aux émigrés, voit comme un vaste parc de loisirs où les Français pourront enfin se consacrer à plein temps aux réseaux sociaux et aux jeux en ligne. Illustration : Van Gogh