Le smartphone étant devenu un organe supplémentaire prolongeant le corps comme le montre le nombre de personnes marchant le téléphone dans la main et les troubles quasiment physiques provoqués par sa suppression que les amputés du smartphone considèrent comme intolérables, les entreprises de l’informatique utilisent cet organe artificiel et permanent pour y placer les capteurs de surveillance de la santé et se servir de toutes les facultés de l’objet : caméra, haut-parleur, microphone etc. Plus de 350.000 applications de santé numériques seraient ainsi disponibles !!!
Cette surveillance permanente des données de santé et leur transmission éventuelle à un professionnel de la santé peut aller très loin et il faut rendre hommage à l’astuce des inventeurs :
- électrocardiogramme, rythme cardiaque, pression artérielle (à l’étude) et même auscultation du coeur
- fréquence respiratoire, saturation en oxygène du sang
- dépistage de l’apnée obstructive du sommeil, en écoutant la respiration et les ronflements
- dépistage des maladies oculaires du diabétique
- analyse de la voix pour évaluer la santé mentale (notamment l’anxiété et la dépression) etc…
Evidemment pour un médecin qui n'a longtemps utilisé que ses sens et quelques instruments pour faire son métier, de tels progrès sont époustouflants et viennent s’ajouter à l’imagerie qui rend quasiment obsolète l’examen clinique. Toutefois, cette surveillance continue de son intimité me laisse perplexe. Mise à part la possibilité du piratage de ces données Ô combien personnelles, sans sous-estimer l’intérêt d’une telle surveillance pour un malade en permettant dans le meilleur des cas une intervention rapide des soignants, je vois deux inconvénients :
D’abord, l’anxiété permanente provoquée par une surveillance continue.
Ensuite, les conséquences des faux positifs et des faux négatifs dont la survenue est certaine. Les premiers provoquant l’affolement, les seconds donnant une impression de sécurité pouvant être fatale. Les deux augmenteront les coûts de la santé, les premiers en exigeant un contrôle médical superflu et les seconds en retardant le diagnostic.