Publié le 27 Février 2021

 "Manifestations à Paris / aujourd'hui / à 13h au Métro Reuilly-Diderot et à 13h30 Place Saint-Michel. À noter que les Gilets Jaunes de Montreuil appellent à reprendre les ronds-points le 18 mars pour la Justice Sociale, Fiscale et Climatique et pour les 150 ans de la commune de Paris". Et rien pour l'élevage des ânes ?

 

 Une femme voilée faisant le point de presse à la Maison Blanche. Obama en avait rêvé, Biden l'a fait. On pourrait rétorquer que dans les instances officielles des Juifs pratiquants portent la kippa, mais ce couvre-chef est un signe de soumission à Dieu, alors que le voile de la femme musulmane est un signe de soumission à l'homme. Il est vrai que Sameera Fazili est une spécialiste des droits de l'homme

 

Foyer de COVID-19 dans l'équipe de N'importe quoi !France de rugby malgré le respect des distanciations physiques.

Chassez le virus de vos pensées, le bougre y revient toujours.

 

 

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Publié le 23 Février 2021

ADDENDA (26/02/21) : L’écrivain belge Bernard Quiriny a fait paraître un article dans Le Point sur la polémique soulevée par la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal pour avoir souligné l’influence de l’islamo-gauchisme qui "gangrène" l’Université. Plus que l’islamo-gauchisme, où la gauche extrême recherche désespérément une classe sociale à défendre, jusqu’à défendre un « opium du peuple », il s’agit en fait de tout un fatras d’études dominées par des minorités qu’elles soient sexuelles ou ethniques anciennement dominées et dans lesquelles on recherche en vain un semblant de science et de sérieux. Dans cet article Bernard Quiriny nous apprend l’intérêt de ces études dans lesquelles il retrouve une poésie comme le montre cet extrait : « Bien que les islamo-gauchistes et décoloniaux en tous genres ne m'inspirent a priori rien qui vaille, j'incline tout de même à leur reconnaître un mérite, celui d'avoir créé un jargon. Tous leurs textes sont écrits dans une espèce de charabia pédantesque et figé, plein d'expressions toutes faites et creuses, qui rappelle la logorrhée fanée des anciennes revues marxistes ; simplement, au lieu de parler en boucle de « rapports de classes », de « contradictions du capitalisme » et d'« appareils idéologiques d'État », ils parlent en boucle de « rapports de genres », d'« approche intersectionnelle » et de « personnes racisées ». Je ne sais pas ce que ça vaut scientifiquement, mais d'un point de vue littéraire, c'est enivrant. J'y découvre une forme insoupçonnée de poésie en prose, à mi-chemin entre l'écriture automatique des surréalistes et les exercices de style à la Queneau et Pour peu que ce soit écrit en inclusif, avec des points médians, ça devient presque sublime. C'est pourquoi je m'associe à ma manière aux protestations contre toute tentative d'étouffer ces recherches d'où sont issus d'après moi les plus beaux textes poétiques de la langue française écrits ces temps-ci. Que l'on démolisse les décolonialistes sur le fond, très bien, que l'on taille leurs sophismes en pièces, soit, mais, par pitié, que l'on ne les empêche pas d'écrire ». L'humour belge est toujours là...et plus qu'une fois.

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Publié le 21 Février 2021

Le premier exemple de cette culpabilité involontaire est le péché originel promu par le christianisme. Les Blancs chez qui l’on trouve la plupart des chrétiens peuvent avoir l’expérience de la culpabilité dès la naissance, mais ils ont en outre acquis depuis ces dernières années la culpabilité d’être les descendants des esclavagistes et des colons. Fait remarquable, cette culpabilité ne touche que les Blancs, épargnant les esclavagistes ou les colons d’une autre couleur de peau. Comme quoi le péché originel est une expérience marquante et source de contrition.

Si le concept « d’intersectionnalité » permet à un individu de cumuler plusieurs statuts de victime, il arrive qu’un même individu peut être à la fois coupable par naissance et victime par situation, c’est ainsi qu’une personne coupable d’être né blanc et d’en acquérir le privilège peut être en même temps la victime sociale des privilégiés en étant SDF.

En ce moment la pandémie vient enrichir la culpabilité : celle de ne pas respecter les gestes de prévention et celle de ne pas être vacciné, ce qui pour ma part est totalement involontaire. Il y aura les « vaccinocrates », comme les nomme Patrick Besson, qui, un jour ou l’autre, auront le passeport pour mener la belle vie et la valetaille non piquée qui restera condamnée au « click and collect » en langue globish. La pandémie est une bonne source de culpabilité, celle des dirigeants coupables par nature de prendre les mauvaises décisions, mais aussi en faisant surgir un séparatisme générationnel opposant les jeunes comme victimes, et les vieux comme coupables. Notons que devenir vieux est totalement involontaire, mais comme nous l’avons vu cela n’empêche pas la culpabilité. Ce sont des vieux, en somme des traîtres, qui accusent avec véhémence les autres vieux de ne pas mourir et de sacrifier les jeunes pour être maintenus en vie pour une durée qui n’en vaudrait pas la peine. Je note aussi qu’être en vie est également involontaire, si l’on n’est pas suicidaire, mais on risque de le devenir si l’on se sent coupable d’être encore là et d’empêcher les jeunes, plutôt résistants à la pandémie, de s’épanouir.

Le vieux François de Closets a argumenté férocement la culpabilité des autres vieux dans l'émission Le Point des idées ce dernier vendredi, diffusée sur LCI, en considérant que le sacrifice des jeunes est un « sacrifice indigne » pour une « génération indigne » celle des « boomers », qualifiée de « génération prédatrice ». « Ils avaient en main le plus beau pays du monde, comme le disaient les Américains […]. Ils ont fait en sorte que le pays se ruine […] et maintenant ils ont le culot de dire aux jeunes : Écoutez, il faut arrêter l'économie, vous sacrifier, car c'est grave, sinon on va mourir. Vous supportez tout ça. À un moment, il faut être décent ».

On voudrait que je me sente coupable d’être blanc en m’attribuant un bagage de méfaits qui ne sont pas les miens, j’assume mon sexe biologique et mon hétérosexualité par ringardise, je suis non vacciné par obligation, je détruis la planète et j’expire du CO2 par légèreté, me voilà en outre coupable d’être encore en vie par indignité. Un peu de patience, que diable !

Illustration : Edward Munch : « Cendres »

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Publié le 20 Février 2021

Le roi est nuEn ce moment les médias ne cessent de dire qu'Emmanuel Macron, qui n'est que président de la République encore française, décidera dans une dizaine de jours si ses sujets pourront avoir plus de liberté dans leurs activités sans aggraver l'état sanitaire. Manifestement l'état, c'est lui. Ne pourrait-on pas dire pour éviter une autre décapitation que c'est le gouvernement qui prendra cette décision et non pas un seul homme même s'agissant de Jupiter. Pour être honnête je ne sais pas trop si ce sont les médias qui personnalisent intégralement la gouvernance ou si cette tendance est favorisée avec une certaine gourmandise par la tête de l'Etat (voir ci-dessus).

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Publié le 19 Février 2021

Le brasseur de ventLe président Macron veut offrir généreusement aux Africains 3 à 5% des doses de vaccins que la France n'a pas. Si je ne trouve pas encore un centre de vaccination parisien disposant d'un vaccin pour me vacciner, c'est que je suis sûrement incapable d'en trouver un ou  que je ne consacre pas suffisamment de temps pour le chercher puisque les vaccins dont  on dispose en France déborderaient généreusement des réfrigérateurs si l'on en croit l'offre présidentielle. Le privilège blanc, et notamment français, est parfois celui de péter plus haut que son cul. Il faut avouer qu'Emmanuel Macron en prenant la posture Jupitérienne adéquate est passé maître dans cette délicate prestation.

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Publié le 17 Février 2021

Qui dira la solitude des tableaux pendus au gibet des murs

Le long des galeries sans fin des musées désertés

Qui dira leur lassitude de n’avoir comme seul horizon

Que les pendus de couleur alignés sur le mur opposé

Qui dira leur ennui de ne pouvoir regarder que les héros d’antan

Immortalisés sur la toile par des maîtres trépassés

Qui dira leur regret des visiteurs défilant devant eux

Avec l’espoir qu’ils s’arrêtent pour les contempler longuement

Et voir enfin leur image pétrifiée reprendre vie dans leurs yeux

Paul Obraska

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Publié le 16 Février 2021

Ci-dessus : le tableau de Pieter Bruegel : "La parabole des aveugles."Je ne suis pas l'auteur de la chronique qui suit parue aujourd'hui, mais je l'approuve. A vous d'en deviner l'auteur si vous ne l'avez pas déjà lue. 

"C'est une histoire extraordinaire.

Voilà un professeur de philosophie - Didier Lemaire, puisqu'il faut, désormais, le nommer - qui fait, depuis des années, à Trappes, son devoir de sentinelle de la République.

Un jour, il n'en peut plus.

Il dit qu'il prend son service, chaque matin, la peur au ventre.

Il explique qu'il n'y croit plus, que les incendiaires des esprits sont en train de gagner la partie.

Il confirme ce que l'on sait depuis le livre de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, La communauté : à savoir que sa ville, Trappes, n'est pas seulement le lieu de naissance de Jamel Debbouze et de sa success story exemplaire, mais que c'est l'une des communes de France où l'emprise des salafistes est la plus forte.

Il rappelle, au passage, un événement considérable, mais que notre mémoire de poisson rouge avait presque oublié : l'incendie, en octobre 2000, de la synagogue ; le cafouillage de l'enquête ; sa mise aux oubliettes ; les confessions, quinze ans plus tard, mais dans l'indifférence générale, d'un rappeur incriminant des jeunes qui s'étaient laissé « bourrer le cerveau » par des « islamistes en carton » ; les juifs de la ville qui, tout comme aujourd'hui ses musulmans modérés, s'en vont sur la pointe des pieds.

Et puis il souligne ce que j'ai moi-même pu vérifier, il y a un an, dans les prisons du Rojava : à savoir que c'est encore Trappes qui a fourni, en Irak puis en Syrie, le plus gros contingent de djihadistes français.

Bref, Didier Lemaire fait un bon travail de lanceur d'alerte .

Il nous prie d'ouvrir les yeux, avant, sur un désastre qu'il ne sera plus temps de pleurer après, le jour où, ce qu'à Dieu ne plaise, un autre Samuel Paty viendra à être ciblé.

Et comment croit-on que lui répondent alors les institutions dont il dépend, les commentateurs, l'opinion ?

On le traite de mytho.

De zozo.

On en fait des kilos sur les approximations de son témoignage.

Les menues confusions que l'on pardonne à n'importe quel journaliste deviennent, dans son cas, des suspicions, des charges.

On se moque de son allure et de sa coiffure.

On s'interroge sur son équilibre mental, on le psychiatrise.

Son proviseur parle de lui comme on le fait, d'habitude, pour le voisin sans histoire qui s'est radicalisé : poli, discret, jamais eu de souci avec lui, impliqué dans la vie associative de son lycée.

Le maire, l'autre, l'édile, celui qui était là pour l'écouter et le défendre, préfère le faire taire et défendre « sa » ville contre un mauvais Cassandre qui ne songerait qu'à exclure, reléguer, déconsidérer, salir : Monsieur le Maire ignore-t-il, ou feint-il d'ignorer, que c'est lui, Didier Lemaire, qui, pas depuis les municipales contestées de l'an dernier, mais depuis presque vingt ans, sert vraiment, et avec dévouement, les enfants perdus des quartiers ?

Le préfet, Jean-Jacques Brot, dont la résistance à l'islamisme s'est noyée, depuis longtemps, dans le clientélisme et qui n'avait, dans cette affaire, qu'une chose à faire, une seule, protéger le professeur courage, fustige, lui aussi, les « inexactitudes » de ses affirmations ; se montre assez irresponsable pour préciser qu'il n'est protégé pour l'heure, que par des patrouilles policières aléatoires  ; et geint que « Trappes est un terrain difficile et délicat », que lui et ses équipes font « dans la dentelle » (peut-on savoir ce que dentelle, en la circonstance, veut dire ?) et que « M. Lemaire », avec son « bulldozer » de mots, « saccage » tous ces efforts.

Et une partie des médias enfin, après l'avoir hissé sur le pavois de leur rituel quart d'heure warholien, baissent le pouce et orchestrent la sale petite musique, en deux temps et trois mouvements bien tempérés, du cynisme et du renoncement.

1. « Rien à voir » : oui, il y a des problèmes à Trappes - mais ça n'a rien à voir, rien de rien, avec le salafisme.

2. « Raison garder » : oui, il s'y trouve des islamistes - mais gare à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain et stigmatiser Trappes et les Trappistes.

3. « Ne pas mettre d'huile sur le feu » : la situation est déjà bien assez « explosive » - faut-il « en rajouter » ? et qui, de celui qui met le feu ou de celui qui le voit venir, est, à la fin, le vrai pyromane ?

4. Préserver le « vivre-ensemble » : même au prix de l'abdication de la République ? d'accommodements avec ceux qui, quelques kilomètres plus loin, à Poissy, hurlent qu'ils veulent tuer du flic ? même à ce prix, oui ! et gare aux « intégristes de la laïcité » qui défont la jolie dentelle du communautarisme à la française !

5. Et puis la palme, le maître argument, le fameux « pas de vagues » qui a servi de mantra aux autorités qui n'ont rien voulu voir venir du martyre de Samuel Paty : pas de vagues, non ; en dire le moins possible sur ce que l'on entend et pressent ; l'éternelle politique de l'autruche avec, face aux décoloniaux, islamistes plus ou moins radicaux et autres islamo-gauchistes, la bonne vieille technique des petits arrangements silencieux.

Je ne connais pas Didier Lemaire.

Mais face à cette alliance obscène du pas-de-vaguisme, du raison-gardisme, du pas-d'huile-sur-le-feuisme, du vivre-ensemblisme et de l'increvable rien-à-voirisme, face à la coalition de mesquineries et de lâchetés que l'on voit s'organiser contre lui et qu'il faut un système nerveux d'acier pour réussir à vaincre ou ignorer, je veux lui dire, ici, ma solidarité de philosophe et de citoyen."

 

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Publié le 14 Février 2021

367. Souvent virus varie, fol qui s’y fieVous avez sans doute remarqué que le virus SARS-CoV-2 original est à présent traité « d’ordinaire » avec un certain mépris par les journalistes, malgré qu’il ait fait ses preuves en tuant à ce jour près de 2500000 êtres humains dans le monde. Ce sont les variants qui ont pris la vedette, l’Angleterre a le sien, le Brésil et l’Afrique du Sud également, et si la France n’a pas encore le sien, pas de panique, elle est loin d’être la seule. Ces variants viennent heureusement alimenter et renouveler les débats sur les plateaux TV. Le cheptel médical, avec ses stars qui nous sont devenues familières, vient défiler pour dire ce qu’il en pense. A présent, les acteurs de la troupe connaissent bien leur rôle, les uns dans celui du pessimiste, les autres dans celui de l’optimiste, et les journalistes ont le plaisir de les opposer avec gourmandise mais en les appelant par leur prénom. Il faut se rendre à l’évidence, les journalistes finissent par en connaître autant que les médecins qu’ils interrogent, les uns comme les autres puisant aux mêmes sources, et leur discours varie autant que les variants au fur et à mesure que varient les connaissances. Et le public regarde ce petit monde vibrionner dans l’incertitude, ce qui alimente sa peur et/ou sa dépression, le poussant à courir après le vaccin souvent inaccessible dans les grandes villes et dont il n’est pas sûr qu’il le protègera longtemps. Nous avons l’impression de vivre dans une « réalité augmentée », l’image se substituant à la réalité par écran interposé. Le monde est devenu encore plus l’image que l’on nous en donne : réunions masquées, villes sans foule, nuits sans noctambules, concerts sans public, spectacles sans spectateurs, musées sans visiteurs où les tableaux et les statues se regardent les uns les autres dans leur solitude sans humains pour les admirer.

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Publié le 12 Février 2021

366. Les médecins parallèles Ces deux dames, une psychiatre et une gynécologue, c’est dire leur compétence en virologie et épidémiologie, sont intervenues dans le documentaire « Hold up » qui prêterait plutôt à rire s’il n’avait pas été pris au sérieux par autant de monde et rapporté (d’après les médias) autant d’argent à son producteur. Depuis l’apparition de l’informatique, la médecine est envahie par les algorithmes déroulant les conduites à tenir qui ne sont pas sans intérêt mais dont la profusion est l’indice d’une distorsion de la réflexion : la pensée tendant à imiter l’ordinateur en progressant de façon binaire par oui ou non. Le protocole proposé, pour faire sérieux, ne manque pas à la règle. Personne ne peut juger de l’efficacité ou non de la thérapeutique proposée par la « Coordination de santé libre » car aucune étude n’a été faite pour la juger, mais on peut constater que ses auteurs ont donné libre cours à leur imagination. On y trouve des médicaments sérieux, voire dangereux comme les anticoagulants, la prednisolone, l’ivermectine, l’azythromycine, la doxycycline et bien sûr l’hydroxychloroquine, certains étant d’ailleurs effectivement prescris dans la COVID-19 mais dans les formes graves et non pas comme traitement précoce. Ce qui n’a pas empêché Martine Wonner, d’interpeler Olivier Véran à l'Assemblée nationale au sujet de ces "traitements ambulatoires précoces" "qui fonctionnent". Mêlé à cette pharmacopée de poids et parfois dangereuse (surtout lorsque certains médicaments sont associés), nous avons des compléments alimentaires : cuivre, zinc, vitamines (l’intérêt de la vitamine D étant cependant discuté) et bien sûr les médecines parallèles : homéopathie, acupuncture, phyto-aromathérapie… Les médecins qui s’écartent de la doxa ont toujours existés dans l’histoire de la médecine, et parfois en s’en écartant, ils ont ouvert des voies décisives, mais la médecine a été longtemps empirique, sans appui scientifique ou statistique. L’expérience des médecins s’appuyait sur quelques observations mais qui avaient permis à certains des découvertes importantes. Aujourd’hui les choses ont profondément changé, nous pouvons agir dans l’intimité de la cellule et les avancées exigent des preuves. Mais cette médecine rigoureuse, surtout lorsqu’elle échoue, n’a aucunement fait disparaître les médecines dites parallèles ou alternatives et les charlatans. On a l’impression que pour certains médecins la science devient pesante, peut-être difficile à appréhender, et qu’un retour à l’empirisme, et par là même à un pouvoir perdu par l’omniprésence des recommandations des sociétés savantes ne leur déplairait pas. D’où leur goût pour les médecines dites douces, justement parce qu’il n’y a aucune preuve de leur efficacité et qu’ils n’en cherchent pas, se contentant d’une impression favorable. Beaucoup d’entre eux ont une sympathie pour le Pr Didier Raoult qui a pris dès le début de la pandémie une attitude de rebelle. Comme lui, ils sont insensibles à ses erreurs d’appréciation ou à ses contradictions ; en médecine nous en faisons tous, encore faut-il les reconnaître, ce qui n’est pas son cas. Je pense donc qu’ils liront avec plaisir son dernier ouvrage qui vient de sortir « Carnets de guerre » dans lesquels il estime que l’on assiste au "plus grand scandale sanitaire du XXIe siècle". D’après les extraits que j’ai pu en lire, outre l’éloge des réseaux sociaux, sans doute parce qu’ils lui ont été favorables, il en ressort surtout qu’il a beaucoup de mépris pour ceux qui ne sont pas d'accord avec lui et une très bonne opinion de sa personne en se présentant comme "une star des maladies infectieuses", ce que confirme le Canard enchaîné du 10/02/21 par cet entrefilet : « Le professeur Didier Raoult fait la promotion de son bouquin et de lui-même (Le Figaro 5/2) : « J’ai une confiance en moi et cela m’évite d’être paranoïaque. » On avait cru comprendre. ». A noter cependant que l’orgueil démesuré est un des signes de la paranoïa.

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Publié le 10 Février 2021

C'est inattendu, surprenant, inouï, incroyable, bouleversant, renversant, voire glissant : il fait froid en hiver, et ce qui est abracadabrant, il neige parfois. Mais Gustave Caillebotte l'avait déjà remarqué Boulevard Haussmann dans la deuxième moitié du XIXème siècle.

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Publié le 9 Février 2021

365. De l’intérêt des effets secondairesOn sait que les produits homéopathiques ne sont plus remboursés par l’Assurance-maladie. L’existence de ce remboursement était en quelque sorte le label officiel d’efficacité délivré par la Sécurité sociale car il est logique de penser que la société ne prend en charge le prix d’un médicament que si ses instances de contrôle l'estiment efficace. C’est une des raisons pour laquelle les laboratoires fabriquant les pilules homéopathiques et les homéopathes tenaient à ce remboursement. Alors comment obtenir un autre label après avoir perdu celui de l’Assurance-maladie ? En entendant depuis quelques temps une publicité vantant les mérites d’un produit homéopathique, j’ai constaté que les labos l’avaient trouvé : la publicité se termine toujours par « comme tout médicament, ce produit peut avoir des effets secondaires, consultez votre médecin (ou pharmacien)… ». Affirmation osée car, à ma connaissance, la pilule homéopathique n’en donne aucun, c’est d’ailleurs son intérêt et à l’origine de son succès. Vous me direz que les médicaments efficaces ne donnent habituellement pas d’effets indésirables, et c’est heureux, mais un médicament bien toléré à doses thérapeutiques s’avère souvent toxique, voire mortel à doses excessives. Ce qui revient à dire que pour être prise au sérieux, l’homéopathie devrait être capable de tuer un patient, ce qui serait un argument publicitaire peu engageant. Illustration : Brouwer « Potion amère »

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Publié le 8 Février 2021

Nouvelles du frontDans la guerre contre le SARS-CoV-2, il ne faut pas se masquer la face : nous sommes minables. Dans un parfum de guerre de cent ans, les Anglais hilares viennent d’enlever sous les yeux endormis et à la barbe de notre état-major, le bastion Valneva de Saint-Herblain, près de Nantes, alors que la garnison avait demandé de l’aide dès le 9 juin 2020 au ministère de l’industrie de guerre. Les Anglais ont donc fait main basse sur les armes vaccinales dont disposait la garnison pour les transporter en Ecosse. Cette défaite vient après celle consécutive au silence de l’Etat-major français à la proposition du sieur Stéphane Bancel en avril et novembre 2020 d’investir dans la production d’armes sophistiquées dans sa fabrique Moderna située au-delà des mers. Pour remonter le moral des troupes, il est bon de savoir que l’Etat-major est toujours aussi satisfait de lui-même, de ses anticipations, de ses choix et décisions. Les troupes sont néanmoins vaccinées contre l’incompétence avant d’attendre patiemment de l’être contre la COVD-19.                     Illustration : Denis Beaudet : La bataille d’Azincourt

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Publié le 6 Février 2021

RelativisonsDes voix s’élèvent de plus en plus contre le sacrifice des jeunes pour sauver des vieux, encore que des moins vieux meurent de la COVID-19. Le Marianne de cette semaine consacre même « la une » à cette question : « Enquête sur l’état de nos enfants, stress, anxiété, idées noires, difficultés d’apprentissage… » et dans son article, Emmanuel Todd propose : « Il faut rembourser les jeunes pour leur sacrifice ». Personne ne conteste que cette pandémie perturbe grandement l’activité habituelle des jeunes, qu’il s’agisse de l’enseignement, de la recherche d’un emploi (déjà difficile en période normale) ou des loisirs, mais la jeunesse actuelle n’est-elle pas atteinte d’une certaine fragilité ? Peut-être parce qu’elle n’a pas connu de véritable épreuve. C’est triste à dire, mais la jeunesse est régulièrement sacrifiée, et au regard de l’Histoire le sacrifice actuel n’est pas des pires. Lors de la Première Guerre mondiale, une bonne partie a été tuée entre deux tranchées, chair à canon, chair amputée ou chair défigurée. RelativisonsLors de la Seconde : une partie massacrée en raison de l’incurie des généraux, une autre prisonnière pendant des années, une autre dans les maquis et certains torturés, une autre exterminée dans des camps. Lors de la Guerre d’Algérie : 28 mois de service militaire, et trop souvent la mort dans les Aurès ou des blessures à vie. Alors, ne faut-il pas relativiser ?                   Illustration Otto Dix : "Flandre"

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Publié le 2 Février 2021

De l’usage de la contritionCe qui soulèvent de leur part des protestations véhémentes jusqu’à la menace de mort d’autant plus facile à proférer qu’elle est véhiculée par le canal anonyme des réseaux sociaux, ainsi nommés car ils donnent une image fidèle de la part fangeuse de notre société. Alors la personne sincère, quel que soit le jugement que l’on peut porter sur sa déclaration, doit faire contrition, elle doit s’excuser prétendument sincèrement pour la phrase malheureuse, mais le plus souvent sortie de son contexte ou un dessin moqueur (la profession de dessinateur humoristique étant devenue une profession à risque) que tolère mal le groupe visé rendu très fragile par une sensibilité à fleur de peau et un cerveau urticarien. La personne montrée du tweet ou de la pétition doit faire contrition, non pour avoir offensé Dieu, mais pour avoir offensé des cons incapables d'humour ou d'autodérision, qui, sinon, la poursuivront en meute jusqu’à sa mort sociale. Mais la contrition a pris de nos jours une ampleur planétaire, elle s’applique également à des pans de la société qui n’ont eux-mêmes rien à se reprocher, sinon d’être les descendants d’ancêtres (blancs occidentaux, à l’exclusion des autres) qui auraient commis des fautes à l’égard des ancêtres dont les descendants, victimes par procuration, exigent des excuses. Une intrusion du passé dans le présent, un passé revisité, révisé, expurgé, pour satisfaire les revendications de personnes qui s’estiment avoir acquis le statut envié et respectable de victimes perpétuelles, et qu’elles veulent conserver quelle que soit leur situation présente. ADDENDA : c'est le dessin ci-dessous qui a conduit "Le De l’usage de la contritionMonde" à se séparer du dessinateur Xavier Gorce, la foule en réseau l'ayant accusé de se moquer ainsi de l'inceste et des transgenres.

De l’usage de la contrition

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