Qui dira la solitude des tableaux pendus au gibet des murs
Le long des galeries sans fin des musées désertés
Qui dira leur lassitude de n’avoir comme seul horizon
Que les pendus de couleur alignés sur le mur opposé
Qui dira leur ennui de ne pouvoir regarder que les héros d’antan
Immortalisés sur la toile par des maîtres trépassés
Qui dira leur regret des visiteurs défilant devant eux
Avec l’espoir qu’ils s’arrêtent pour les contempler longuement
Et voir enfin leur image pétrifiée reprendre vie dans leurs yeux
Paul Obraska