Ce qui soulèvent de leur part des protestations véhémentes jusqu’à la menace de mort d’autant plus facile à proférer qu’elle est véhiculée par le canal anonyme des réseaux sociaux, ainsi nommés car ils donnent une image fidèle de la part fangeuse de notre société. Alors la personne sincère, quel que soit le jugement que l’on peut porter sur sa déclaration, doit faire contrition, elle doit s’excuser prétendument sincèrement pour la phrase malheureuse, mais le plus souvent sortie de son contexte ou un dessin moqueur (la profession de dessinateur humoristique étant devenue une profession à risque) que tolère mal le groupe visé rendu très fragile par une sensibilité à fleur de peau et un cerveau urticarien. La personne montrée du tweet ou de la pétition doit faire contrition, non pour avoir offensé Dieu, mais pour avoir offensé des cons incapables d'humour ou d'autodérision, qui, sinon, la poursuivront en meute jusqu’à sa mort sociale. Mais la contrition a pris de nos jours une ampleur planétaire, elle s’applique également à des pans de la société qui n’ont eux-mêmes rien à se reprocher, sinon d’être les descendants d’ancêtres (blancs occidentaux, à l’exclusion des autres) qui auraient commis des fautes à l’égard des ancêtres dont les descendants, victimes par procuration, exigent des excuses. Une intrusion du passé dans le présent, un passé revisité, révisé, expurgé, pour satisfaire les revendications de personnes qui s’estiment avoir acquis le statut envié et respectable de victimes perpétuelles, et qu’elles veulent conserver quelle que soit leur situation présente. ADDENDA : c'est le dessin ci-dessous qui a conduit "Le
Monde" à se séparer du dessinateur Xavier Gorce, la foule en réseau l'ayant accusé de se moquer ainsi de l'inceste et des transgenres.