Publié le 30 Septembre 2014

Le prix de l’humour en politique a été décerné à Alain Juppé. A ce propos je voulais écrire un billet, mais en parcourant la presse, je me suis aperçu que dans « Le Huffington post », Cyrille de Lasteyrie en avait rédigé un dans le même sens que celui que je voulais faire, et avec un talent que je n’aurais pu égaler. Aussi me suis-je permis (sans son autorisation) de le retranscrire.

Humour politique"En politique on n'est jamais fini ; regardez-moi" a dit Alain Juppé. Il a gagné un prix pour cela. Désolé mais ce n'est pas de l'humour. Au mieux c'est un constat. Au pire c'est du cynisme et de la provocation.

Ce serait comme remettre le prix de l'humour pédophile à Marc Dutroux. Ou celui de la meilleure blague d'envergure à Jérôme Kiervel. Comme un sentiment d'inapproprié. Le rire forcé devient le mouchoir qu'on met par-dessus nos déceptions, comme la cerise sur le râteau qu'on se prend chaque jour, bercés par les affaires et les petites magouilles entre amis. Humour et politique ne font plus bon ménage, car il faut du respect pour jouir de l'irrespect. Et du respect il n'y en a plus.

Allez, arrêtons de nous plaindre et essayons de rire quand même. Analysons cette saillie drolatique considérée par un jury de gens brillants comme la plus réussie de l'année et tentons de comprendre. Notons d'abord qu'étaient nominées des tirades beaucoup plus percutantes telles que le « Je crois à un retour de Nicolas Sarkozy... mais menotté » d'Arnaud Montebourg ou le « On a une recrudescence de violence... par exemple le vol des portables à l'arraché. Ca n'existait pas avant que les portables existent » de Nadine Morano. Comme ça, d'instinct et sans trop réfléchir, ces deux pochades auraient mérité de gagner ; dans le premier cas pour la finesse du trait, dans le deuxième pour sa lourdeur. Mais non. Le jury a opté pour une phrase pas drôle, lancée par le plus triste d'entre nous, le croque mort du plan retraite, le zombie de l'hémicycle, le type qui rit quand il se brûle.

"En politique on n'est jamais fini ; regardez-moi"

J'ai beau la relire dans tous les sens, non seulement je ne ris pas, mais en plus j'ai mes mycoses qui me reprennent. J'imagine que lui, Juppé, a sans doute esquissé un sourire en sortant sa tirade. Du genre "huhuhu, écoutez-moi, je suis vif et je parle en futures citations". Ce qu'il a voulu dire, si je décrypte bien, c'est quelque chose du genre "On me croyait mort, bah non, je vous la place profondément", comme on dit quand on est distingué. En d'autres termes, le peuple n'a pas de mémoire et avec le temps, va, tout s'en va.

Passé le sentiment de perplexité et d'agacement, je me suis mis à creuser. Et j'ai compris ! Le jury n'a pas choisi le drôle de la tournure, mais l'humour de la situation. Ce qui est drôle ce n'est pas la bonhommie vulgaire d'une Morano, ni l'attitude ridiculement aristocratique d'un Montebourg. Ce qui est drôle c'est de vivre dans un système où l'air vicié revoit fleurir des particules qu'on croyait mortes. C'est du cinéma muet avec Juppé en Buster Keaton qui trébuche mais se ressaisit, se prend une tarte à la crème, amuse les enfants et renaît en souriant. On l'aime bien Buster Juppé, c'est drôle de tomber et de se relever, c'est génial le cinéma muet : on ne meurt jamais... Au fond je suis persuadé que le jury a choisi de nous envoyer un message subliminal et volontaire qui nous dit : "Ne trouvez-vous pas comique qu'un Juppé revienne et qu'il en rit ouvertement sous nos yeux anesthésiés ? Ne trouvez-vous pas incroyablement drôle que nous soyons tous là à nous gausser ? Ne trouvez-vous pas risible que notre prochain Président puisse être celui qui a provoqué la plus grande paralysie du pays à la fin du XXème siècle ? ». C'est hilarant, ça mérite un Prix.

Derrière ce palmarès se cache un message résistant, un manifeste politique, un appel à la révolte. Allez les gars, arrêtons de rire, vous voyez qu'ils se moquent de nous... Vous le voyez, hein, qu'on rit à nos dépens ?

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 29 Septembre 2014

 

Adriaen Brouwer : "Potion amère"

Le droit à la santé met la maladie hors la loi. C'est une idée séduisante. De plus, elle est très flatteuse pour les médecins chargés de faire respecter ce droit et que l'on estime ainsi capables de rétablir la santé. Capacité ou obligation ?

Bien entendu, le droit à la santé est une idée farfelue. La santé ou l'absence de maladie déclarée est un souhait en dehors de toute législation ou de toute volonté politique. Cette expression souvent utilisée à tort évoque le droit aux soins qui, lui, est à la portée de la société.

Comment définir la santé ?

D'innombrables auteurs ont tenté de le faire. Malgré notre pratique, nous n'aurons pas la prétention d'esquisser l'ombre d'une définition. Avec la médicalisation de la société, le constat de Jules Romains dans Knock prend de la consistance : « La santé n'est qu'un mot, qu'il n'y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide ». Supprimer le problème est la façon la plus radicale d'en trouver la solution. Est-ce si absurde ? L'importance que l'on donne à la prévention fait de tout un chacun un malade potentiel, puisqu'on va jusqu'à donner un traitement à des gens qui ne se plaignent de rien pour conserver leur « capital santé ». Le « silence des organes » ne vous dispense plus des médecins.

Les médecins médicalisent la société.

Si des médecins résistent, les sociétés savantes leur rappellent leur devoir. Il faut aussi admettre que la société réclame cette médicalisation et c'est pour les politiques la seule façon de paraître efficaces sans être critiqués. L'Etat intervient de plus en plus, et légifère même pour vous obliger à vous maintenir en bonne santé ou pour ne pas influencer défavorablement la santé des autres, ce qui revient à vous infantiliser. Certaines entreprises aux USA ont instauré des mesures de rétorsion pour ceux et celles qui ne font pas d'efforts suffisants pour se maintenir en bonne santé. Plus que l'altruisme on peut surtout y voir un intérêt économique. Le monde est devenu une vaste clinique où l'on se massacre allègrement dans les couloirs en limitant les apports de cholestérol et de calories dans les chambres, lorsqu'on a la chance d'en disposer.

La médicalisation dans ses œuvres

La médicalisation la plus directe et la moins contestable est la vaccination : espérer provoquer chez un sujet sain une petite maladie pour lui en éviter éventuellement une grande.

La plus dogmatique est de faire cadrer une situation atypique avec les normes médicales. C'est ainsi que les femmes inuits accouchent vite et en sont fières. Le gouvernement canadien, dans les années 1980 et avec les meilleures intentions,  les fit transporter par avion dans le sud où l'intervention médicale imposée consistait le plus souvent à ralentir le déroulement de l'accouchement, considéré comme anormalement rapide.

La plus maligne est de transformer en maladie un état naturel comme la soi-disant andropause. Avec l'âge l'activité sexuelle de l'homme diminue et le taux de testostérone diminue progressivement. Ce qu'on appelle l'andropause peut correspondre à un déficit hormonal, mais il n'y a aucun phénomène physiologique équivalent à la ménopause : les testicules ne s'arrêtent jamais de sécréter et l'andropause n'existe pas. Le choix de ce mot, par  analogie , n'est pas exempt d'arrière-pensées : créer une fausse maladie pour susciter un faux besoin et faire de vrais bénéfices.

La plus lucrative est de faire prendre en comprimés ce qui se trouve habituellement dans votre assiette ou facile à se procurer à l'état naturel. Les organisations internationales avaient incité les mères jamaïcaines à se déplacer, parfois loin, avec leur enfant atteint de diarrhée pour se procurer des sels de réhydratation orale. Ce pseudo médicament, importé de Suisse, ne contenait en fait que du sel et du sucre et le sucre est la principale ressource de la Jamaïque.

La plus glamour est de mettre son art de guérir et son talent chirurgical au service de l'imperfection physique.

La plus sociale est de transformer un problème collectif en maladie individuelle comme les conséquences du stress professionnel.

La plus démagogique est de considérer une inégalité comme pathologique, tel l'échec scolaire.

La plus intime est celle de la procréation qui se fait à plusieurs et selon des modalités de plus en plus complexes, prise en charge en France par la collectivité et avec l'exigence probable dans l'avenir du bébé parfait.

La plus astucieuse est de modifier les critères qui séparent l'individu considéré comme sain de celui considéré comme malade ou risquant de l'être. Ils changent régulièrement et toujours dans le sens de la médicalisation. En abaissant les normes, le nombre de malades augmente d'un coup et du jour au lendemain. Les médecins vont plus loin et  suppriment les normes pour traiter des patients lorsqu'ils les estiment menacés, en considérant que « plus c'est bas, mieux c'est »[1]

La plus obsédante est celle qui modifie le choix alimentaire et le mode de vie en culpabilisant les réfractaires, voire même en les pénalisant. Avec les meilleures intentions et les meilleures justifications.

La plus insolite est de donner un traitement pour une maladie qui  n'existe pas encore, mais a une certaine probabilité d'apparaître dans l'avenir chez une personne qui ne se plaint de rien dans le présent. Démarche qui met le médecin dans une curieuse position : il peut par son intervention rendre malade une personne en bonne santé apparente en traitant les facteurs prédisposant à une maladie virtuelle, mais dont l'apparition dans le futur est incertaine. La maladie n'est pas une fatalité ; on peut mourir avant.

La plus systématique est de donner à toute la population ayant dépassé un certain âge une association de médicaments (la « polypill »)[2] dont l'efficacité relative a été prouvée dans la prévention de certaines maladies. Une vaccination pharmacologique en quelque sorte, mais à prendre chaque jour et dont l'effet est incertain sauf pour ce qui concerne le prix à payer.

La plus perverse est de prévoir l'apparition possible d'une maladie par des tests génétiques, et dont l'annonce à l'intéressé risque fort de le rendre  malade d'emblée. Prédire pour prévenir  ou terroriser en prévenant. « Le programme génétique remplace le fatalisme calviniste du salut par la grâce » (Ptr Skrabanek).

On peut se demander si le « droit à la santé » ne va pas finir pas nous rendre malades.

NB. Ce texte a été écrit il y a une dizaine d'années et fut déjà publié sur mon blog en 2008. Il semble bien que la tendance à la médicalisation de la société n'a fait que s'amplifier depuis.


[1] C'est en particulier vrai pour les chiffres de la tension artérielle et du taux de cholestérol sanguin

[2] Proposition faite en 2003 pour les affections cardio-vasculaires. L'âge retenu étant de 55 ans

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #Médicalisation, #prévention

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Publié le 27 Septembre 2014

Tableau prémonitoire

En regardant ce tableau du peintre normand Michel Larivière, j’ai pensé à l’avenir, pas le mien, celui de nos descendants. Tableau prémonitoire.

S’il n’y avait sur terre qu’un milliard d’être humains au début du XIX siècle, nous sommes aujourd’hui plus de 7 milliards, et selon une nouvelle estimation établie par une équipe de chercheurs de l’ONU conduite par le démographe français Patrick Gerland et publiée dans la revue Science, il ne faudrait pas s’attendre à une stabilisation de la démographie avant 2100 époque à laquelle la terre comptera autour de 11 milliards d’habitants.

Si l’Asie restera sans doute à la fin de ce siècle la région du monde la plus peuplée, l’Afrique devrait voir son nombre d’habitants passer de un milliard à environ 4,2 milliards de personnes. Les spécialistes constatent que contrairement à ce qui était longtemps envisagé, le taux de fécondité des femmes Africaines ne connaît pas un rythme de décroissance comparable à celui observé dans les années cinquante en Asie et en Amérique latine. Mais s’il n’est pas exclu que les comportements peuvent changer et modifier la trajectoire, les guerres et les épidémies ne seraient pas de taille à la modifier, à moins d’une catastrophe de grande amplitude.

Et regardez ce tableau, il y fait chaud, terriblement chaud.

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Publié le 23 Septembre 2014

 

A propos de la déclaration de « l’Etat islamique » appelant les musulmans à assassiner les « sales Français » où qu’ils se trouvent et par tous les moyens (y compris en les écrasant avec leur voiture), le chroniqueur Bernard Guetta a réagi ce matin sur France Inter en affirmant que ce groupe armé qui fait régner la terreur sur un vaste territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak n’a rien à voir avec l’Islam, comme l’inquisition n’avait rien à voir avec l’Evangile. Il me semble que ce parallèle est sujet à caution.

Si les violences commises dans le passé par les Chrétiens n’avaient, en effet, rien à voir avec l’Evangile dont l’enseignement est l’amour du prochain et le rejet de la vengeance et du meurtre en proposant de tendre plutôt l’autre joue, l’histoire guerrière de la fondation de l’Islam comme ses textes fondateurs, qu’il s’agisse du Coran, de la Sunna ou du droit islamique, ne me semblent pas avoir été écrits dans le même esprit.

Bien sûr, on peut trouver de tout dans les textes fondateurs de l’Islam, mais les violents y trouvent aisément une belle brochette de passages violents et répressifs pour justifier violence et interdits, ce qui leur permet de prétendre être les seuls à suivre intégralement leur enseignement.

La plupart des musulmans réprouvent certainement la barbarie de ces groupes intégristes, d’autant plus que ce sont les musulmans eux-mêmes qui en sont les premières victimes, et on peut espérer que la plupart resteront insensibles à cet appel au meurtre visant à étendre la guerre de religion à tous les continents.

On aimerait cependant les entendre davantage. On a vu récemment, à propos du conflit israélo-palestinien, qu’ils sont capables de se faire entendre. Il est vrai que pendant ces manifestations, certains brandissaient le drapeau de « l’Etat islamique ».

L’Islam étant la deuxième religion de France, on comprend fort bien les précautions oratoires des médias, et leur tentative pour « christianiser » l’Islam (amour et tolérance) par crainte que l’appel des intégristes ne soit entendu par des musulmans susceptibles, s’ils se sentaient rejetés et assimilés à ces extrémistes. D’où cette distinction entre le « faux Islam » et le « vrai Islam » que l’on peut aisément trouver en Arabie saoudite, à Bahreïn, dans les Emirats du Golfe, en Iran, au Pakistan, en Afghanistan…Des modèles.

Peur sur la ville

 

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Publié dans #Islam

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Publié le 22 Septembre 2014

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Publié le 20 Septembre 2014

Organisés depuis 1991 par le magazine scientifique et humoristique Les annales de la recherche improbable (Annals of Improbable research), les prix IgNobel récompensent des chercheurs qui font rire puis réfléchir.

Les "Anti-Nobel" ont été remis cette année aux gagnants par cinq vrais prix Nobel : Martin Chalfie (chimie, 2008), Carol Greider (physiologie ou médecine, 2009) Dudley Herschbach (chimie, 1986), Eric Maskin (économie, 2007), Rich Roberts (physiologie ou médecine, 1993), et Frank Wilczek (physique, 2004).Voici le palmarès:

L'IgNobel de médecine

Remis à une équipe indienne et nord-américaine, pour avoir découvert un moyen de traiter les saignements de nez incontrolables (chez les personnes souffrant de thrombasthénie de Glanzmann) en emballant le nez des patients avec des tranches de bacon. (Nasal Packing With Strips of Cured Pork as Treatment for Uncontrollable Epistaxis in a Patient with Glanzmann Thrombasthenia, I. Humphreys et coll. Annals of Otology, Rhinology and Laryngology, nov 2001)

 L'IgNobel de neurosciences

Décerné à une équipe sino-canadienne ayant cherché à comprendre ce qu'il se passe dans le cerveau des gens qui voient le visage de Jésus sur leur pain grillé. (Seeing Jesus in Toast: Neural and Behavioral Correlates of Face Pareidolia, J. Liu et coll. Cortex, avr. 2014)

 L'IgNobel de santé publique 

Attribué au chercheur tchèque Jaroslav Flegr pour plusieurs articles évaluant les risques, pour la santé mentale lorsque l'on possède un chat (Changes in personality profile of young women with latent toxoplasmosis, Jaroslav Flegr et coll. Folia Parasitologica, 1999 - Decreased level of psychobiological factor novelty seeking and lower intelligence in men latently infected with the protozoan parasite Toxoplasma gondii Dopamine, a missing link between schizophrenia and toxoplasmosis ?, Jaroslav Flegr et coll. Biological Psycholgy, 2003 -Describing the Relationship between Cat Bites and Human Depression Using Data from an Electronic Health Record, David Hanauer et coll. Plos ONE, août 2013.)

 L'IgNobel  de nutrition

Décerné à des chercheurs espagnols pour leurs travaux portant sur la possibilité d'utiliser les bactéries issues des selles des nouveaux-nés pour fabriquer des saucisses. (Characterization of Lactic Acid Bacteria Isolated from Infant Faeces as Potential Probiotic Starter Cultures for Fermented Sausages, R. Rubio et coll. Food Microbiology, 2014.)

 L'IgNobel  de psychologie 

Pour trois chercheurs américain, britannique et australien, ayant recueilli des données selon lesquelles les couche-tard ont une probabilité accrue d'être narcissiques, manipulateurs et psychopathes comparés aux lève-tôt. (Creatures of the Night: Chronotypes and the Dark Triad Traits, P.K. Jonason et coll. Personality and Individual Differences, sept 2013.)

 L'IgNobel de biologie 

Décerné à une équipe d'Allemagne, Zambie et République tchèque, ayant mené des travaux semblant démontrer que les chiens ont une forte tendance à faire leurs besoins en positionnant leur corps selon un axe nord-sud. (Dogs are sensitive to small variations of the Earth's magnetic field, V. Hart et coll, Frontiers in Zoology, 27 déc. 2013.)

L'IgNobel de physique

Pour une équipe japonaise ayant étudié la friction entre une peau de banane, une chaussure et le sol, quand quelqu'un marche sur la pelure. (Frictional Coefficient under Banana Skin, Kiyoshi Mabuchi, Kensei Tanaka, Daichi Uchijima and Rina Sakai,Tribology, 2012.)

L'IgNobel de science arctique

Attribué à des chercheurs allemand et norvégien pour avoir testé la réaction de rennes lorsqu'ils voient des êtres humains déguisés en ours polaires. (Response Behaviors of Svalbard Reindeer towards Humans and Humans Disguised as Polar Bears on Edgeøya, E. Reimers et coll. Arctic, Antarctic, and Alpine Research, 2012.)

L'IgNobel des arts 

Décerné à Marina de Tommaso, de l'université de Bari, Michele Sardaro et Paolo Livrea, qui ont mesuré la douleur ressentie par des personnes regardant une vilaine peinture, par rapport à ceux admirant une belle toile, quand on leur tire dans la main avec un rayon laser. (Aesthetic value of paintings affects pain thresholds, Marina de Tommaso, Michele Sardaro, and Paolo Livrea,Consciousness and Cognition, 2008.)

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 19 Septembre 2014

Hier, les députés ont adopté le projet de loi de « lutte contre le terrorisme » avec interdiction de sortie du territoire des ressortissants français, assortie d’une confiscation du passeport et de la carte d’identité pour toute personne soupçonnée de vouloir partir mener le djihad.

D’abord, il faut appeler les choses par leur nom, il ne s’agit pas d’une « lutte contre le terrorisme », mais d’une lutte contre l’islamisme. Les coupeurs de têtes font partie de l’Islam, ils s’en revendiquent avec une force suffisamment démonstrative pour leur concéder cette appartenance.

Ensuite, pourquoi ne pas les laisser partir ? Pourquoi s’opposer (certes, faiblement) au désir de ces néophytes de rejoindre le paradis des martyrs ? Il faut bien que jeunesse trépasse. Mais le drame est qu’ils ne pourront pas être tous élus. Beaucoup reviendront, soit un peu lassés de la monotonie du découpage de têtes, soit avec l’espoir de découper un jour des têtes dans les lieux de leur enfance dont ils ont, comme chacun, la nostalgie.

La question n’est pas de les laisser partir ou non, le problème est de les laisser revenir, ce qui leur permet de raconter leurs exploits autour d’eux en toute liberté, et de recruter d’autres adeptes fanatiques. L’islamisme ayant déclaré la guerre à tout ce qui n’est pas l’Islam, et même à la partie de l’Islam qui ne lui convient pas, ceux qui reviennent sont des ennemis de la République Française, et étant Français eux-mêmes ce sont des traîtres à la patrie. Quel est le sort que l’on réserve à ceux qui sont passés à l’ennemi en pleine guerre ?

Comme le déni est la forme habituelle de gouvernance, cette guerre est niée tout en envoyant pacifiquement nos avions bombarder les colonnes de l’ennemi qui comportent dans leurs effectifs de 1000 à 3000 ressortissants français.

Si ces traîtres ont la malchance de revenir, ils subiront la redoutable torture d’être surveillés de temps à autre. La récente loi montre bien que l’on ne plaisante pas avec ces choses.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 18 Septembre 2014

Pauvre Mélenchon

Images tirées du Point du 18/08/14

 

Pauvre Mélenchon réduit à s’acoquiner avec Jérôme Kerviel pour illustrer son anticapitalisme, jusqu’à comparer sa propre attitude à celle de Jaurès lors de l’affaire Dreyfus.

Pauvre Mélenchon faisant quasiment la bise à cet ancien trader mégalomane plus que douteux, faussaire et manipulateur, qui serait à l’origine d’une perte pour la collectivité de la bagatelle de 1,7 milliard d’euros.

Pauvre Mélenchon éprouvant le besoin d’inviter à la fête de l'Huma ce personnage suffisamment habile pour devenir médiatique en raison même de l’étendue de son échec, jouant au pseudo rebelle en réclamant une meilleure régulation de la finance alors qu’il a passé son temps à la contourner, coupable jouant à la victime, car s’il a lamentablement échoué dans ses prétentions, il aurait été pleinement heureux si son jeu avec l’argent des autres lui avait rapporté la prime qu’il espérait de la part de la Société générale.

Pauvre Mélenchon s’alignant sur l’Eglise pour pardonner au pécheur repenti son péché capital.

Pauvre justice qui se croit obligée de mettre à la cheville de Kerviel un bracelet électronique qui ne sert strictement à rien dans son cas, ses déplacements étant amplement médiatisés, et une fuite étant pour lui sans intérêt. Un bracelet qui n’empêcherait aucunement cet ancien trader de jouer avec l’argent des autres si ce jeu lui était à nouveau proposé.

 

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #anticapitalisme, #fête de l'humanité, #Kerviel, #Mélenchon

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Publié le 14 Septembre 2014

Si eux aussi nous quittent.En tant que Français, je suis vexé, je me sens même un peu méprisé. Voilà des années que l’on voit une coagulation d’Africains dans la ville de Calais, venant le plus souvent d’Erythrée. Ils ont traversé au péril de leur vie une partie de l’Afrique et la Méditerranée. Les survivants ont mis le pied en Europe, ils ont traversé notre beau pays en lui accordant à peine un regard (mais il n’est pas certain qu’ils aient eu le loisir de le regarder) pour aboutir enfin à Calais avec la volonté farouche de traverser la Manche et rejoindre l’Angleterre, multipliant les tentatives sans se lasser, et en prenant des risques à chaque fois.

Si eux aussi nous quittent.Pourquoi ce mépris pour la France alors que nous avons un Etat-Providence bien meilleur que celui d’Albion ? Pourquoi préférer les Anglais alors que nous sommes si sympathiques et que le climat est plus agréable en France qu’en Grande-Bretagne ? Il n’est pas beau notre pays avec ses 350 fromages ? Les allocations et l’assistance médicale d’Etat ne sont-elles pas suffisantes ? Mais non, ils sont constamment plus d’un millier à vouloir quitter notre sol en s’introduisant en catimini dans les transports en partance pour les îles britanniques. Souvent découverts et rejetés, ils recommenceront le lendemain, avec l’idée fixe de nous quitter à tout prix.

Vous ne trouvez pas ça vexant ? On va si mal que ça ?

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 12 Septembre 2014

Se vouer aux seins

Accusées d’avoir détérioré une cloche de Notre-Dame lors de leur prestation à l’intérieur de la cathédrale pour fêter à leur manière la démission de Benoît XVI, les Femen ont été relaxées le 10 septembre dernier en l’absence de certitude sur leur responsabilité (elles avaient pris soin d’entourer leurs bâtons de feutrine).

Comme d’habitude, ces féministes n’avaient pas hésité à utiliser leur arme favorite : leurs seins dénudés, supports de leurs slogans.

Une question se pose : pendant combien de temps ces femmes pourront-elles encore exhiber leurs seins sans faire fuir les spectateurs ? On sait, en effet, que la destinée du sein soumis à la pesanteur et à l’âge est de tomber. Ces dames amoureuses du naturel devront-elles se plier à la chirurgie esthétique ou recruter de nouvelles adeptes aux armes encore percutantes ?

Cependant, il existe un espoir pour le groupe actuel de conserver sa force de frappe, justement parce qu’il a une prédilection à se promener les seins nus.

Depuis 1997, le professeur Jean-Denis Rouillon, médecin du sport, a soumis plus de 300 femmes au test du triangle de Buffon (la distance entre les pointes des tétons et le nombril), avec et sans soutien-gorge et il a présenté ses conclusions, il quelques temps, lors d’un colloque à l'Université de Franche-Comté à Besançon. Je vous les livre :

"Le soutien-gorge fabrique ou aggrave la ptose, c'est-à-dire la chute du sein (physiologique avec l'âge). Les femmes qui ont arrêté de mettre un soutien-gorge ont constaté un bénéfice. Le sein a tendance à remonter sur la cage thoracique, à se raffermir et surtout l'angle des mamelons regarde plus vers le haut… contrairement à ce que l'on croit, les femmes ont le choix. Il n'est pas dangereux d'arrêter de mettre un soutien-gorge, bien au contraire, même pour les fortes poitrines ".

Les seins des Femen ont donc encore de beaux jours devant eux et continueront à orner leurs manifestations en répandant le lait de la discorde.

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #Femen, #Notre-Dame, #seins, #soutien-gorge

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Publié le 10 Septembre 2014

Phobie administrative

Mr Thévenoud, l’ex et fugace secrétaire d’Etat, socialiste dans l’âme (mais pas au niveau du portefeuille) a omis de déclarer ses revenus, et même pendant un temps de payer un loyer, en avouant pour sa défense être administratophobe. Comme on le voit, Mr Thévenoud n’a pas mâché ses mots, et n’a pas hésité à étaler ses convictions nauséabondes dans les médias. Alors, puisque les masques tombent, puisque les langues se libèrent, puisque de telles idées sournoises osent s’exprimer au grand jour, il serait temps de lutter contre cette administratophobie qui ne se cache plus, et qui risque, si l’on n’y prend pas garde, de se répandre dans la population comme une traînée de poudre à sécher.

Tout d’abord en prenant la mesure du phénomène en créant un observatoire de l’administratophobie, et ensuite en mettant sur pied un comité de lutte contre une telle dérive, car si cette phobie gagnait toutes les couches de la société, le tissu social risquerait de se déchirer, et le « vivre ensemble » deviendrait impossible.

Il serait à craindre que les administrés finissent par s’opposer violemment à l’administration, que dans leur folle phobie ils ne se livrent à un autodafé des formulaires, lettres, rappels, mises en demeure, convocations et autres billets doux. Des attentats ne seraient pas à exclure, les martyrs de l’administration pourraient faire exploser leur stylo dans les salles d’attente ou s’enchaîner aux grilles des guichets devant les fonctionnaires terrorisés, en bloquant la queue des administratophiles attendant amoureusement d’être baisés à leur tour.

Euh... Des administratophiles, ça existe ?

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 9 Septembre 2014

Nombre de médecins et de personnel infirmier ont été touchés et certains sont morts en donnant leurs soins aux malades atteints par le virus Ebola lors de l'épidémie actuelle qui sévit en Afrique de l'Ouest. L'histoire montre que confronté aux maladies infectieuses, le corps de santé n'a pas hésité à prendre des risques et parfois avec témérité

Lors des épidémies peu de médecins ont déserté.

« Un médecin consciencieux doit mourir avec le malade s’ils ne peuvent pas guérir ensemble » (Eugène Ionesco)[1]. En cas d’épidémie, Hippocrate conseillait de  fuir le plus tôt possible, aller le plus loin possible et revenir le plus tard possible. Boccace dans le Décaméron écrivait en 1352 pendant la deuxième  pandémie de peste « …le frère quittait le frère, l’oncle son neveu, souvent la femme son mari.[…] Même le père et la mère avaient peur de veiller leurs enfants. ». Les rois donnèrent l’exemple : Charles V et Henri III quittèrent Paris, François 1er s’enfuit d’Anjou. Bordeaux dût, pendant la peste de 1585, se dispenser de son maire, Montaigne, qui avait omis de rejoindre sa ville. Par contre la plupart des médecins, des apothicaires et des prêtres, firent face et subirent de lourdes pertes, encore que le célèbre Sydenham quitta Londres pendant la peste de 1665, expliquant qu’il suivait sa clientèle.

Beaucoup de médecins ont risqué leur vie pour sauver celle des autres.
 
Ce fût le cas de Joaquin Albarran. Cet urologue français était un Cubain qui avait fait ses études en Espagne. Bachelier à 13 ans, médecin à 17, il vient à Paris, apprend le français, recommence la médecine et 4 ans plus tard est major de l’Internat des hôpitaux. D’une trempe peu commune, Albarran sauve un enfant atteint par le croup en aspirant avec la bouche les membranes qui obstruent la canule trachéale ; il contracte la diphtérie et lors d’une autre garde, seul médecin, en proie à l’asphyxie, il se fait une trachéotomie devant une glace que tient un infirmier. Professeur d’urologie en 1906 il meurt de tuberculose six ans plus tard, à 51 ans.

Fais sur toi-même ce que tu ne veux pas faire aux autres.

Certains médecins ont recherché sur eux-mêmes la preuve de leurs hypothèses.
L’ apostrophe du plus grand chirurgien du XVIIIe siècle, l’Ecossais John Hunter, fondateur de la chirurgie expérimentale, à Jenner (découvreur du vaccin contre la variole), est restée célèbre : «  pourquoi penser ? Faites l’expérience». Appliquant son principe à lui-même, persuadé qu’un même organe ne pouvait être atteint par deux maladies, et donc qu’un homme présentant une urétrite ne pouvait avoir et la chaude-pisse et la vérole, il s’inocula du pus urétral d’un patient qui avait les deux, guérit de l’urétrite mais mourut d’un aortite syphilitique, convaincu d’avoir raison.
Certains eurent de la chance. Clot Bey s’inocula du sang puis du pus d’un bubon de pestiféré et n’eût pas la peste. Foy voulant prouver que le choléra n’était pas contagieux s’inocula du sang de malades, goûta de leur vomi et resta indemne.
L’Allemand Max von Pettenkoffer prétendit montrer en 1892 que le vibrion cholérique peut provoquer la maladie sans être suffisant, en avalant en public un ml d’une culture provenant des selles d’un malade mourant du choléra et il en resta presque indemne[2]. Il est vrai, comme le remarquent Petr Skrabanek et James McCormick[3] que cette auto-expérimentation révélait peut-être chez cet éminent épidémiologiste une pulsion de mort qui s’est concrétisée neuf ans après par son suicide.
Certains eurent moins de chance, même si en se rendant malades ils apportèrent la preuve de leur sagacité.
En 1885 l’étudiant en médecine Carrion mourût de la fièvre de Oroya (bartonellose) après s’être inoculé le broyat d’un nodule cutanée, démontrant par sa mort que la forme septicémique et la forme cutanée appartenaient à la même maladie
En 1900, à Cuba, les américains James Caroll et Jesse Lazear se font piquer par des moustiques vecteurs de la fièvre jaune, pour confirmer la découverte du cubain Carlos Finlay y de Barres. Caroll, sévèrement atteint, obtint la confirmation de la théorie du moustique alors qu’auparavant d’autres médecins avaient tenté en vain d’être malade en avalant des vomissements ou en s’inoculant du sérum ou de la salive.
En 1922, S. Koino ingère 2000 œufs d’ascaris embryonnés, eût une atteinte pulmonaire sévère et retrouva des larves dans sa salive. Le fils de P. Manson à Londres se fit piquer par des moustiques porteurs de paludisme qu’on lui avait fait parvenir de Rome et en fût atteint.
En 1933, à l’institut Pasteur de Tananarive, Georges Girard et J. Robic inventèrent un vaccin contre la peste utilisant un bacille vivant atténué , qu’ils essayèrent d’abord sur eux-mêmes et leur équipe, alors qu’il n’existait encore aucun traitement curatif de la maladie…
                                                                                
Peut-être était-ce plus la passion de la découverte et la passion de convaincre qu’un altruisme véritable qui poussaient ces médecins à prouver dangereusement sur eux-mêmes la véracité de leurs hypothèses. Freud « considérait la passion scientifique comme l’élaboration aboutie de la curiosité de l’enfant qui veut établir la vérité sur la différence entre les sexes et les mystères de la conception et de la naissance »[4]. A présent que cette vérité est révélée très tôt à l’enfant, la passion scientifique jusqu’à s’autodétruire a heureusement disparu.
 
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[1] La cantatrice chauve, scène I
[2] En fait, d’après François Delaporte (Dictionnaire de la pensée médicale) il avait déjà eu le choléra en 1854 et il ingéra la culture la plus ancienne et la moins virulente envoyée par Koch. Pettenkofer eut une récidive peu grave, mais son élève Emmerich qui participa à l’expérience faillit en mourir.
[3] Idées folles, idées fausses en médecine, éd Odile Jacob 1992
[4] Peter Gay, Freud, une vie, éd Hachette 1991.
 

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Publié dans #auto-expérimentation, #Ebola, #épidémies, #germes, #infections

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Publié le 7 Septembre 2014

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Publié le 5 Septembre 2014

 

Le journal en ligne Slate.fr fait état d’un article paru dans le New York Times et dont l’auteur est un certain Slavoj Zizek qui serait à la fois philosophe et psychanalyste. Il se livre avec témérité à l’analyse à distance (et on comprend pourquoi) des motivations, de l’état d’esprit, et de la psychologie profonde des milliers de membres de « l’Etat islamique » dont la gestation et l’accouchement à cheval sur la Syrie et l’Irak se révèlent particulièrement sanglants.

Pour Zizek «Les soit-disant fondamentalistes de l'EI sont une insulte au véritable fondamentalisme ». Les « vrais fondamentalistes », comme les bouddhistes tibétains ou les Amish aux Etats-Unis, éprouvent «une absence de ressentiment et d’envie, une profonde indifférence envers le mode de vie des non-croyants» et bien entendu aucune violence à leur égard. Le vrai fondamentalisme serait pour le philosophe-psychanalyste l’indice d’une foi religieuse profonde barrage à toute agressivité envers les autres.

Il me semble que le fondamentalisme n’est ni vrai, ni faux : tous les fidèles d’une religion, quelle que soit la profondeur de leur foi, sont fondamentalistes. Ils se réfèrent à des textes fondamentaux qu’ils considèrent comme sacrés. Ils sont par essence conservateurs, mais ils ne sont pas tous intégristes, c’est à dire opposés à toute évolution, partisans de l’application intégrale des textes fondamentaux alors qu’ils sont le reflet d’une époque ancienne, et persuadés d’être les détenteurs de la seule vérité. Dire que les « vrais fondamentalistes » de la plupart des religions ne cherchent pas ou n’ont pas cherché à convertir les autres, au besoin par la force, me semble d’une grande naïveté ou d’une méconnaissance de l’histoire.

Zizek, révèle sa face de psychanalyste en déclarant : «Les terroristes pseudo-fondamentalistes sont profondément dérangés, intrigués et fascinés par la vie de péché des non-croyants. On voit bien que lorsqu'ils luttent contre l’Autre dépravé, c'est en fait contre leur propre tentation qu'ils luttent».

Pour le philosophe-psychanalyste, la violence extrême de l’Etat islamique est le signe d’une sorte de complexe d’infériorité par rapport à une certaine image occidentale de la réussite, qui comprend le luxe, le consumérisme (illustré par la photo du leader de l’EI portant une montre suisse clinquante), les femmes et le pouvoir. Un manque de sérénité du à l’absence de foi véritable, une instabilité, une susceptibilité qui conduiraient les membres de l’EI à la violence. Bref, ils sont « mal dans leur peau » et jaloux.

Une analyse un peu superficielle du haut de la supériorité occidentale, mais qui n’est peut-être pas fausse pour nombre de recrues ne trouvant pas leur place dans la société occidentale, et qui, en se raccrochant à ces bandes armées, acquièrent un mode de vie ou de mort, même s’ils connaissent mal cette religion pour laquelle ils vont tuer ou être tués, comme le montre l’arrestation récente de deux candidats au djihad de nationalité anglaise qui, avant d’aller se battre en Syrie, avaient commandé L’Islam pour les nuls et le Coran pour les nuls.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 2 Septembre 2014

Ce tableau (David avec la tête de Goliath) exposé au Musée du Louvre a été peint, au début du XVIIème, par Guido Reni. Ce peintre aurait été un personnage compliqué à la fois pieux, mystique, et grand amateur des jeux de hasard. Il aurait eu quelques problèmes intimes et serait mort vierge (Marc Fumaroli).

Quoi qu'il en soit, je trouve ce tableau intriguant, un peu bizarre. David dans une attitude de dandy désinvolte, à peine intéressé par cette grosse tête qu'il tient par les cheveux. Attitude plutôt maniérée avec un souci d'élégance, et une esquisse de moue dédaigneuse en regardant cette monstrueuse tête de Goliath comme pour choisir l'étoffe d'un habit. 

Quel contraste avec le tableau du Titien !

Titien "David et Goliath"

 
DAVID, GOLIATH ET LE CIEL
 
Et David se tourna vers le ciel
Les deux mains en prière vers les nues
Et demanda à l’Eternel :
« L’ai-je bien descendu ? »
 
A cheval sur le bras puissant de Goliath
Colosse renversé à la tête tranchée
Au milieu d’une flaque écarlate
« L’ai-je bien décapité ? »
Demanda encore le berger
 
Et le ciel resta silencieux
Mais qui se tait consent
Alors David remercia les cieux
Faisant du Tout Puissant
Son allié victorieux
 
Il regarda la tête qui semblait dormir
Et le tronçon rouge du cou béant
Du ciel il avait accompli le désir
 
Le silence du peuple des cieux
Permet de lui faire dire
Tout ce que l’on veut


Paul Obraska

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 1 Septembre 2014

Le verbe

Dessin de Tom (Amsterdam)

Quand on lit les articles des journalistes étrangers et notamment ceux des pays européens ou lorsqu’on les écoute à propos de la vie politique française, ce qui semble les frapper le plus est l’importance donnée dans les débats à l’idéologie. Ils s’étonnent que le débat serve plus à s’affronter en restant sur des positions dogmatiques et inconciliables qu’à trouver des points d’accord permettant d’avancer et de sortir des situations difficiles.

Dans l’esprit des idéologues, le pragmatisme est un gros mot. Au lieu de tenter de sortir de la merde, beaucoup préfèrent y patauger pour rester dans la chaleur des idées toutes faites, ce qu’ils appellent des convictions, et peu importe si celles-ci sont inapplicables. L’idéologie peut même pousser l’idéologue à refuser de parler à l’autre, d’emblée considéré comme un ennemi puisqu’il n’a pas les mêmes idées que vous.

De ce fait, étiqueter devient plus important qu’agir. Dans une récente émission télévisée, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste a affirmé que « le Parti socialiste ne sera pas social-libéral ! » et a estimé que son parti avait "un problème de doctrine" et devait "inventer un nouveau progressisme". Donc apparemment, pour cet homme politique le problème essentiel n’est pas de réduire le chômage, de permettre de vivre décemment de son travail et en sécurité, mais de définir une idéologie et de porter une étiquette, clefs fondamentales des solutions.

De la même façon, l’étiquette appliquée à une personne est une marque indélébile qui peut la rendre d’emblée suspecte, et même condamnable, avant de pouvoir juger de ses actions. Le cas exemplaire est celui d’Emmanuel Macron, récemment nommé ministre de l’Economie dans le gouvernement socialiste, et considéré d’emblée comme un « social-traître » parce qu’il a travaillé dans une banque, et donc collaboré avec l’ennemi. On pourrait aussi logiquement penser que pour s’occuper d’économie, il est préférable de connaître la finance, et qu’un ancien cadre d’une banque (que l’on traite avec mépris de banquier comme si la banque lui appartenait) est probablement plus compétent que ces politiques dont la seule profession qu’ils connaissent est de faire de la politique, et qui, pour la plupart, n’ont jamais mis un pied dans une entreprise alors qu’ils prétendent réglementer son fonctionnement.

Si tout a commencé avec le verbe, en cas d’abus, tout risque également de finir avec lui.

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Rédigé par Dr WO

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