23 Septembre 2014
A propos de la déclaration de « l’Etat islamique » appelant les musulmans à assassiner les « sales Français » où qu’ils se trouvent et par tous les moyens (y compris en les écrasant avec leur voiture), le chroniqueur Bernard Guetta a réagi ce matin sur France Inter en affirmant que ce groupe armé qui fait régner la terreur sur un vaste territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak n’a rien à voir avec l’Islam, comme l’inquisition n’avait rien à voir avec l’Evangile. Il me semble que ce parallèle est sujet à caution.
Si les violences commises dans le passé par les Chrétiens n’avaient, en effet, rien à voir avec l’Evangile dont l’enseignement est l’amour du prochain et le rejet de la vengeance et du meurtre en proposant de tendre plutôt l’autre joue, l’histoire guerrière de la fondation de l’Islam comme ses textes fondateurs, qu’il s’agisse du Coran, de la Sunna ou du droit islamique, ne me semblent pas avoir été écrits dans le même esprit.
Bien sûr, on peut trouver de tout dans les textes fondateurs de l’Islam, mais les violents y trouvent aisément une belle brochette de passages violents et répressifs pour justifier violence et interdits, ce qui leur permet de prétendre être les seuls à suivre intégralement leur enseignement.
La plupart des musulmans réprouvent certainement la barbarie de ces groupes intégristes, d’autant plus que ce sont les musulmans eux-mêmes qui en sont les premières victimes, et on peut espérer que la plupart resteront insensibles à cet appel au meurtre visant à étendre la guerre de religion à tous les continents.
On aimerait cependant les entendre davantage. On a vu récemment, à propos du conflit israélo-palestinien, qu’ils sont capables de se faire entendre. Il est vrai que pendant ces manifestations, certains brandissaient le drapeau de « l’Etat islamique ».
L’Islam étant la deuxième religion de France, on comprend fort bien les précautions oratoires des médias, et leur tentative pour « christianiser » l’Islam (amour et tolérance) par crainte que l’appel des intégristes ne soit entendu par des musulmans susceptibles, s’ils se sentaient rejetés et assimilés à ces extrémistes. D’où cette distinction entre le « faux Islam » et le « vrai Islam » que l’on peut aisément trouver en Arabie saoudite, à Bahreïn, dans les Emirats du Golfe, en Iran, au Pakistan, en Afghanistan…Des modèles.