Mr Thévenoud, l’ex et fugace secrétaire d’Etat, socialiste dans l’âme (mais pas au niveau du portefeuille) a omis de déclarer ses revenus, et même pendant un temps de payer un loyer, en avouant pour sa défense être administratophobe. Comme on le voit, Mr Thévenoud n’a pas mâché ses mots, et n’a pas hésité à étaler ses convictions nauséabondes dans les médias. Alors, puisque les masques tombent, puisque les langues se libèrent, puisque de telles idées sournoises osent s’exprimer au grand jour, il serait temps de lutter contre cette administratophobie qui ne se cache plus, et qui risque, si l’on n’y prend pas garde, de se répandre dans la population comme une traînée de poudre à sécher.
Tout d’abord en prenant la mesure du phénomène en créant un observatoire de l’administratophobie, et ensuite en mettant sur pied un comité de lutte contre une telle dérive, car si cette phobie gagnait toutes les couches de la société, le tissu social risquerait de se déchirer, et le « vivre ensemble » deviendrait impossible.
Il serait à craindre que les administrés finissent par s’opposer violemment à l’administration, que dans leur folle phobie ils ne se livrent à un autodafé des formulaires, lettres, rappels, mises en demeure, convocations et autres billets doux. Des attentats ne seraient pas à exclure, les martyrs de l’administration pourraient faire exploser leur stylo dans les salles d’attente ou s’enchaîner aux grilles des guichets devant les fonctionnaires terrorisés, en bloquant la queue des administratophiles attendant amoureusement d’être baisés à leur tour.
Euh... Des administratophiles, ça existe ?