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Analyse pour les nuls

 

Le journal en ligne Slate.fr fait état d’un article paru dans le New York Times et dont l’auteur est un certain Slavoj Zizek qui serait à la fois philosophe et psychanalyste. Il se livre avec témérité à l’analyse à distance (et on comprend pourquoi) des motivations, de l’état d’esprit, et de la psychologie profonde des milliers de membres de « l’Etat islamique » dont la gestation et l’accouchement à cheval sur la Syrie et l’Irak se révèlent particulièrement sanglants.

Pour Zizek «Les soit-disant fondamentalistes de l'EI sont une insulte au véritable fondamentalisme ». Les « vrais fondamentalistes », comme les bouddhistes tibétains ou les Amish aux Etats-Unis, éprouvent «une absence de ressentiment et d’envie, une profonde indifférence envers le mode de vie des non-croyants» et bien entendu aucune violence à leur égard. Le vrai fondamentalisme serait pour le philosophe-psychanalyste l’indice d’une foi religieuse profonde barrage à toute agressivité envers les autres.

Il me semble que le fondamentalisme n’est ni vrai, ni faux : tous les fidèles d’une religion, quelle que soit la profondeur de leur foi, sont fondamentalistes. Ils se réfèrent à des textes fondamentaux qu’ils considèrent comme sacrés. Ils sont par essence conservateurs, mais ils ne sont pas tous intégristes, c’est à dire opposés à toute évolution, partisans de l’application intégrale des textes fondamentaux alors qu’ils sont le reflet d’une époque ancienne, et persuadés d’être les détenteurs de la seule vérité. Dire que les « vrais fondamentalistes » de la plupart des religions ne cherchent pas ou n’ont pas cherché à convertir les autres, au besoin par la force, me semble d’une grande naïveté ou d’une méconnaissance de l’histoire.

Zizek, révèle sa face de psychanalyste en déclarant : «Les terroristes pseudo-fondamentalistes sont profondément dérangés, intrigués et fascinés par la vie de péché des non-croyants. On voit bien que lorsqu'ils luttent contre l’Autre dépravé, c'est en fait contre leur propre tentation qu'ils luttent».

Pour le philosophe-psychanalyste, la violence extrême de l’Etat islamique est le signe d’une sorte de complexe d’infériorité par rapport à une certaine image occidentale de la réussite, qui comprend le luxe, le consumérisme (illustré par la photo du leader de l’EI portant une montre suisse clinquante), les femmes et le pouvoir. Un manque de sérénité du à l’absence de foi véritable, une instabilité, une susceptibilité qui conduiraient les membres de l’EI à la violence. Bref, ils sont « mal dans leur peau » et jaloux.

Une analyse un peu superficielle du haut de la supériorité occidentale, mais qui n’est peut-être pas fausse pour nombre de recrues ne trouvant pas leur place dans la société occidentale, et qui, en se raccrochant à ces bandes armées, acquièrent un mode de vie ou de mort, même s’ils connaissent mal cette religion pour laquelle ils vont tuer ou être tués, comme le montre l’arrestation récente de deux candidats au djihad de nationalité anglaise qui, avant d’aller se battre en Syrie, avaient commandé L’Islam pour les nuls et le Coran pour les nuls.

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D
Le point commun de tous ces fanatiques est, en effet, la haine de tout ce qui n'est pas eux, des autres monothéismes (les croisés et les juifs) et des athées. J'ignore ce qu'ils pensent (façon de parler) des bouddhistes et des hindouistes (un gros morceau à avaler), mais ils n'échappent sans doute pas à leur haine (destruction du bouddha en Afghanistan, et projet d'un farfelu de détruire les ouvrages de l'Egypte ancienne lorsque les Frères musulmans étaient au pouvoir). 
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N
Grosso-modo c'est ça. J'ajouterai que, de toute manière, ces djihadistes ont tous un point commun : ils veulent la peau de l'Occident Chrétien et luttent, avec plus ou moins de lucidité, pour l'instauration d'un califat mondial. Il s'agit donc d'animaux féroces à éliminer de toute urgence, pour nous c'est une question de vie ou de mort.<br /> Amitiés.
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D
Oui, il parait difficile de faire le portrait psychologique de plusieurs milliers de dingues, dont bon nombre en devenant éventuellement martyrs espèrent bénéficier des avantages du paradis décrit dans le Coran.
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B
On dirait qu'il y a du vrai là-dedans. D'ailleurs, les récentes réflexions de Nicolas Henin corroborent cet aspect lorsqu'il parle de l'ego surdimensionné et de la frustration de son ex-tortionnaire. Mais n'oublions pas que chacun est différent et que tous les fondamentalismes n'ont pas la même origine, ne portent pas les mêmes préceptes ni n'amènent aux mêmes actions. Allah est grand et miséricordieux.
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D
Cela dépend de ce qu'on entend par "déboussolé". Je ne pense pas que ces recrues soient désorientées, ne sachant plus où aller et que faire. Ils savent très bien que rejoindre ces bandes armées est une occasion pour eux d'exprimer leur violence, de tuer et de donner libre cours, en effet, à leur psychopathie.
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C
Vous êtes trop tolérant, Doc. Moi je persiste à croire qu'un djihadiste est un dangereux psychopathe.<br /> Le dernier exemple en date : l'un d'entre eux, un Australien, s'est fait photographier en Syrie en compagnie de son fils de 7 ans tenant à bout de bras la tête d'un  soldat décapité.
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D
CARLUS et ZAZA. La sexualité comme moteur géopolitique (voir la chanson de Souchon "sous les jupes des filles"). Cependant les jeunes générations d'origine arabe ou africaine effectuent un retour volontaire vers l'Islam. Elles s'emparent de la religion et sont emparées par elle, alors qu'en Occident elles ont le choix de ne pas le faire. C'est ainsi que les jeunes filles portent de plus en plus le voile malgré (ou à cause) les atrocités commises par les islamistes et que les garçons se radicalisent.<br /> Une de mes voisines, Egyptienne, qui se comportait en femme libre depuis de nombreuses années, a revêtu, du jour au lendemain, la burqa et a refusé de me serrer la main. Quand on choisit son monde en l'absence de contrainte, il n'est pas sûr que l'on soit déboussolé.
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Z
Une analyse qui n'est pas totalement dénuée de sens Doc. Je relève et approuve la remarque de Carlus "Je crois qu'un certain nombre de jeunes musulmans nés en Europe ont un peu le même problème, de façon exacerbée. Entre le fantasme de la vierge soumise voilée intouchable et intouchée et la fille moderne qu'il admire, qu'il craint et qu'il méprise en même temps parce qu'elle couche, il a beau être Français, Belge ou Suédois, il est complétement déboussolé." Bonne soirée. ZAZA
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C
Moi aussi, je crois qu'il y a un peu de vrai, dans cette analyse. Les jeux amoureux entre garçons et filles tels qu'ils sont pratiqués en occident font fantasmer les jeunesses du monde entier (filles et garçons) dans un curieux  mélange d'attirance et de répulsion.<br /> Quand j'étais étudiant ( il y a donc très longtemps) je me souviens que le gouvernement japonais avait commandé une étude pour savoir pourquoi le taux de suicide chez ses étudiants expatriés en Europe était supérieur à la moyenne. L'étude avait conclu que c'était dû, pour partie,  à la difficulté culturelle qu'avaient ces jeunes japonais à s'intégrer à la légèreté des moeurs de la jeunesse européenne, malgré leur désir de les adopter.  Je pense qu'aujourd'hui ce malaise a disparu.<br /> Je crois qu'un certain nombre de jeunes musulmans  nés en Europe ont un peu le même problème, de façon exacerbée. Entre le fantasme  de la vierge soumise voilée intouchable et intouchée  et  la fille moderne qu'il admire, qu'il craint et qu'il méprise en même temps parce qu'elle couche, il a beau être Français, Belge ou Suédois, il est complétement déboussolé.<br /> Et depuis Freud, on sait à quelles dérives peuvent mener des frustrations sexuelles.<br /> (je me permets de préciser que je ne parle jamais DES musulmans en général)
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D
La religion musulmane impose une frustration sexuelle plus aigue que dans les autres religions jusqu'au mariage et la polygamie  (bonne façon de lutter contre l'adultère). La frustration est non la cause de l'attitude envers les femmes, mais la conséquence des interdits religieux qui imposent cette attitude. Cette frustration n'existe pas pour les recrues venant de l'Occident.
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P
Quand les textes fondamentaux prônent la guerre et l'assassinat des mécréants, le comportement des fondamentalistes est cohérent avec leur foi. Mais je pense qu'une partie de la thèse de ce monsieur n'est pas fausse. Je ne peux m'empêcher de penser que l'attitude de nombre de musulmans envers les femmes a des racines dans une frustration sexuelle.
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