Publié le 31 Janvier 2021

364. Une campagne brownienneLa campagne de vaccinations contre la COVID-19 « organisée » par les autorités françaises ressemble de plus en plus à l’agitation moléculaire aléatoire du mouvement brownien. Pour avoir un rendez-vous, les vieux passent leur temps à s’agiter d’un centre de vaccinations à un autre, et pour les habitants des métropoles, de la ville à la banlieue, la plupart des centres annonçant leur indisponibilité, mais des projets d’avenir. Et lorsqu’ils trouvent une disponibilité sur un site internet (car il est inutile d’en chercher un par téléphone), il leur échappe souvent le temps de passer de l’horaire choisi à la prise effective du rendez-vous. Les vieux étant tous à l’affût dans l’ombre électronique, il faut cliquer plus vite que son ombre. Je crains que ces personnes considérées comme fragiles soumises à l’agitation, au stress, à l’impuissance, et au dépit finissent par claquer d’un accident cardiovasculaire avant d’attraper la COVID ou d’utiliser une dose vaccinale. Ce serait un complot que cela ne m’étonnerait pas. Illustration : Goya « Le temps et les vieilles »

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Publié le 29 Janvier 2021

Quand l’offre du savoir est soumise à la demande des ignorantsCette coupe élimine quelques chefs-d’œuvre de la littérature médiévale comme les « Contes de Canterbury » de Chaucer (le premier texte écrit en langue anglaise) et il est heureux que Shakespeare ne soit pas passé à la casserole, mais de justesse puisqu’il est né en 1564. La raison du remaniement est la baisse de compétitivité de cette université : le nombre de ses étudiants baisserait de 4% par an avec une chute dans le classement des universités britanniques et elle rencontre de grandes difficultés financières, ce qui l’amène à licencier son personnel. Pour rester « compétitif au niveau mondial » comme l’annonce son président, cet honorable établissement doit répondre à la demande des étudiants, et quelle est-elle ?  La création de modules « extrêmement innovants », sur « la race, l'ethnicité, la sexualité et la diversité », soit « un programme décolonisé ». Bref une stratégie démagogique qui consiste à remplacer une culture qui a traversé les siècles par la « culture woke » soumise au politiquement correct du moment : remplacer le savoir par la politique et l’esprit par le sexe et la peau, c’est à dire par les modalités d’obtention de l’orgasme et la vision dermatologique du monde dont on espérait pouvoir se débarrasser et que les descendants de ceux qui en ont le plus souffert tiennent à rétablir pleinement.    

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Publié le 27 Janvier 2021

363.Il est assez curieux de personnaliser ainsi une microsphère de protéines qui utilise la machinerie cytoplasmique des cellules animales pour se multiplier. Jusqu’à preuve du contraire ce coronavirus n’a ni conscience, ni volonté, ni projet d’avenir. Il a un génome, donc une programmation qui permet sa réplication (avec des erreurs qui peuvent lui être favorables) en utilisant les capacités cellulaires d’êtres vivants évolués qu’il parasite et qu’il rencontre par hasard comme une graine qui trouve une terre pour éclore. Le Pr Delfraissy est un peu revenu sur ses positions, mais il n’est pas certain qu’il ait tort. J’ai entendu un jeune médecin, spécialiste de santé publique, devant le troisième « confinement » proposé par le Pr Delfraissy, déclarer avec élégance qu’il fallait le « débrancher » en affirmant que sa précipitation ne reposait sur aucune certitude. Mais je ne sais pas qui, aujourd’hui, pourrait avoir des certitudes. Quoi qu’il en soit dans d’autres pays, comme aux Pays-Bas, une partie de la population se soulève contre couvre-feu ou confinement et on parle à ce propos « d’acceptabilité » par la population des mesures restrictives. C’est curieux comme la tendance est d’utiliser les mots en changeant leur sens, surtout lorsque le mot utilisé paraît plus savant. Justement, on parle d’acceptabilité d’une phrase en matière grammaticale, dans le cas qui nous occupe, il faut tout simplement parler « d’acceptation » ou de degré d’acceptation des mesures. Reste que la crise sanitaire dure et que l’on n’en voit pas le bout, que l’on se pose des questions sur l’immunité acquise et sur son efficacité ultérieure, sur la production des vaccins et l’organisation de la vaccination. Des voix s’élèvent donc (comme celle de Comte-Sponville ou de Closets, eux-mêmes âgés) pour protester contre le sacrifice d’une génération de jeunes peu menacés par la covid pour sauver les vieux qui, lorsqu’ils sont atteints, ont une mortalité élevée et encombrent les hôpitaux alors que leur espérance de vie est limitée. Je suis dans la catégorie des vieux cons qui s’accrochent, mais j’avoue que sur le plan pragmatique, et en écartant l’éthique, cette vision froide des choses n’est pas dénuée de bon sens. Tout ce que j’espère est que l’on ne m’enfermera pas en raison de mon âge surtout quand arrivera le printemps. J’aime bien le printemps, et le dernier fut gâché, mais je crains qu’il en soit de même du prochain.

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Publié le 24 Janvier 2021

J.C.Attention ! Je ne connais pas Mr Jean Castex, il est peut-être remarquable puisqu’il fut choisi, bien que, j’en conviens, on peut être choisi sans être remarquable, mais encore faut-il être remarqué pour être choisi. Ce qui montre que choisir n’est pas simple mais Jean Castex fut choisi après avoir été remarqué pour avoir raté le « déconfinement » dont il avait la responsabilité. Il a sûrement d’autres qualités, et il fait peut-être remarquablement son travail, encore que, quoi qu’il fasse, il lui suffit de baisser la tête pour qu’Emmanuel prenne tout dans la tronche. Alors, me direz-vous, pourquoi vouloir un autre Premier ministre ? Pour une raison futile : je n’arrive pas à le prendre au sérieux. Pourtant je devrais au contraire lui rendre hommage puisqu’il est capable de me faire sourire lorsqu’il annonce des catastrophes, mais comme il me fait sourire, je ne l’écoute plus, ce qui n’est pas sérieux. Lorsqu’il apparaît on n’a pas envie de rire, mais ça se gâte quand il parle. Sa diction est parfaite, il parle lentement en détachant bien les mots avec un bel accent du terroir, mais je commence à sourire quand il ponctue ses phrases définitives par des oscillations de la tête en donnant l’impression de s’adresser à des enfants avec ce phrasé digne de Guignol lançant un avertissement au public enfantin : « faites attention ! ». Ce qui donne envie de faire l'école buissonnière.

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Publié le 23 Janvier 2021

362. Propagande Pour le public actuellement prioritaire la situation est plutôt chaotique avec des centres de vaccination ouverts mais qui n’ont pas de vaccins, et des centres fièrement annoncés sur internet mais qui ne sont pas ouverts. Ainsi, voyant sur internet dans une belle présentation l’existence de trois centres de vaccination dans une mairie proche, je m’y suis rendu pour me heurter à une affiche me signalant qu’ils n’étaient pas ouverts et que l’on en était désolé. C’était donc un effet d’annonce. Celui-ci a pris sa pleine ampleur avec celle du ministre de la santé Olivier Véran, qui après avoir déclaré devant la commission des lois du Sénat le 21janvier dans l’après-midi que l’on pouvait espérer la vaccination de 15 millions de personnes avant l’été, nous a fait le soir même sur TF1 un numéro de prestidigitateur en déroulant devant nos yeux médusés un programme où il promettait la vaccination de 70 millions de personnes d’ici fin août prochain si les doses commandées étaient  livrées : "4 millions fin février, 9 millions au mois de mars, 20 millions à la fin d'avril, 30 millions à la fin mai, 43 millions à la fin du mois de juin, 57 millions à la fin du moins de juillet et 70 millions, c'est-à-dire la totalité de la population française, d'ici à la fin août". Rappelons au ministre de la Santé que la population française est de 67,4 millions au 1er janvier 2021 et je suppose que dans son élan irrésistible il n’a pas l’intention de vacciner les fœtus dans le ventre de leurs mères. On se demande en outre pourquoi il serait nécessaire de vacciner toute la population du nouveau-né au vieillard. Tout ceci a un parfum de propagande un peu stupide. Illustration : Bosch « L'escamoteur »

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Publié le 22 Janvier 2021

Le « complotiste » est un flatteurBien entendu, les complots existent, l’Histoire en est pleine, mais ce sont des complots à visée locale ou à la rigueur pour déclencher une guerre ente deux pays. Le vrai « complotiste » voit grand. Pour lui, le complot ne peut être que mondial, c’est un enfant des services secrets russes diffusant un faux « protocole des sages de Sion ». C’est aussi un enfant des « James Bond » où un homme seul (en dehors des gadgets dont il est armé) défait une organisation aux ramifications multiples dont l'ambition est de prendre possession du Monde, dirigée par un génie incarnant le Mal, mais qui finira par être vaincu par le Bien incarné par 007, le héros  qui se sert volontiers de son permis de tuer, en prenant tous les risques pour dévoiler et détruire le complot mondial. Le « complotiste » est un flatteur car ceux qui nous dirigent ont rarement une intelligence supérieure, leurs planifications sont presque toujours à court terme, et souvent elles ne dépassent pas les élections suivantes, ils commettent des erreurs qu’ils tentent de réparer plus ou moins bien. Les dirigeants sont habituellement dépassés par les évènements mais en essayant de persuader le bon peuple qu’ils contrôlent la situation. Les dirigeants du Monde devraient remercier les « complotistes » de la très bonne opinion qu’ils ont d’eux et qui n’a d’égale que celle qu’ils ont d’eux-mêmes. Illustration : Vladimir Kush "Geometry"

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Publié le 21 Janvier 2021

L’épreuve Joe Biden (je laisse couler le Robinette) bat Donald deux fois : d’abord, en ayant obtenu aux élections 7 millions de voix et 74 grands électeurs de plus et le rejet de 62 recours juridiques contestant l’évidence, et ensuite par l’âge, puisque que Joe a 4 ans de plus que Donald. Ils ont un point commun mais opposé : Donald a une chevelure qui s’avance en forme d’auvent alors que Joe a une chevelure qui se soulève à l’arrière comme un coffre mal fermé. La cérémonie s’est déroulée devant une foule de drapeaux plantés sur l’esplanade, agités par le vent mais pas par de mauvaises pensées. Etant donné l’âge du 46ème président des USA, j’étais fatigué pour lui. Un cérémonial qui devait être éprouvant avec une station debout prolongée, une épreuve destinée sans doute à tester la résistance du nouvel élu. Biden a tenu le coup et a fait un discours cohérent digne d’un révérend (catholique). Comme il est de coutume aux USA, Dieu fut sollicité. Il me semble que les minorités identitaires totalitaires et accusatrices qui règnent sur les campus universitaires en sortiront renforcées et j’ai toujours une réticence lorsqu’un dirigeant prétend représenter le Bien.  

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Publié le 18 Janvier 2021

Notre président de la République nous a asséné que nous étions en guerre contre la pandémie, mais je crains que notre état-major ait les mêmes capacités d’organisation que l’état-major qui sévissait à la tête de l’armée française lors de la débâcle de la guerre de 39-40. Certes, nous aurons moins de morts, mais combien vont mourir pour ne pas avoir été vacciné en raison de la « tactique progressive » adoptée par nos généraux. Cette lenteur initiale est déjà potentiellement mortifère et elle le sera davantage si l’on ne vaccine pas avant que des variantes du virus plus contagieuses se disséminent largement. On reste tout de même étonné par l’impréparation de nos gouvernants et par leur pusillanimité devant des oppositions minoritaires criant à la dictature lorsque des mesures sanitaires sont imposées. Certes, on peut discuter de l’efficacité de telle ou telle mesure, mais on ne doit pas s’offusquer sans cesse des entraves à la liberté quand il s’agit de la liberté de contaminer les autres et parfois de les tuer. Nous avons déjà ce débat sur l’opportunité d’un « passeport vaccinal » qui semble effaroucher gouvernants et gouvernés (une minorité d’ailleurs) et qui finira par s’imposer comme dans d’autres pays où l’on cherche plus à être efficace en temps de crise qu’à respecter des principes. Quant à l’impréparation, elle est tout de même phénoménal. Voilà des mois que l’on sait que les vaccins vont arriver et c’est seulement depuis peu que l’on commence à s’organiser. Je constate avec regret que le ministre de la Santé est surtout le ministre de la parole et des promesses. La campagne qui va « monter en puissance » est pour l’instant sur le mode riquiqui. Etant parmi ceux qui peuvent se faire vacciner, j’ai tenté de prendre un rendez-vous et sans résultat à de multiples reprises. J’ai constaté à cette occasion que les centres de vaccination étaient peu nombreux à Paris et surtout que chacun d’eux avec seulement 1 ou 2 personnes pour vacciner. Vous imaginez le rythme pour vacciner des millions de personnes d’autant plus qu’avec le vaccin Pfizer il faut un peu de temps pour préparer la seringue. Je ne comprends pas l’opposition de Véran aux « vaccinodromes » pour les remplacer par des centres confidentiels. Je rappelle à ce jeune homme que les grands espaces dévolus à la vaccination contre la grippe H1N1 organisés par Roselyne Bachelot avaient parfaitement fonctionné et avaient assuré la vaccination de 6 millions de personnes. Il se trouve simplement qu’en 2011 la grippe H1N1 s’est finalement révélée moins redoutable en France que l’on pouvait le craindre. Si rien ne change les mini-centres actuels vont être saturés pendant des semaines alors que le variant anglais aura envahi le territoire. Quand je pense qu’en Israël on peut se faire vacciner sans quitter sa voiture. Quel est l’avis de « Monsieur Vaccin » et du « collectif citoyen » dont on attend les résultats des « travaux » avec impatience ?

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Publié le 16 Janvier 2021

Le jargon sociologique est égal à lui-même : confus et hors réalité. Heureusement Le Point a interrogé une papesse du décolonialisme :

"Considérée comme l’une des théoriciennes du mouvement décolonial français, Nacira Guénif-Souilamas a accepté de répondre au Point. Sociologue et anthropologue, cette professeure à l’université Paris-8 est proche du Parti des indigènes de la République (PIR) et défend la nécessité de faire progresser le champ des études décoloniales à l’université. 

Le Point : Comment définissez-vous la pensée décoloniale ? 

Nacira Guénif-Souilamas : C’est un champ dans lequel la question est de savoir comment sortir de la colonialité du pouvoir, d’un ordre colonial, qui n’a pas disparu avec la fin des empires coloniaux, mais qui s’est reconfiguré et continue d’agir, notamment à travers l’ensemble des stratégies capitalistes extractivistes, qui conduisent à la surexploitation des humains, des ressources et au changement climatique. Il y a là une persistance de hiérarchies à la fois sociales et politiques fondées sur une assignation raciale des humains . La pensée décoloniale vise à articuler ces paramètres qui sont, dans la pensée occidentale, séparés. 

Le Point Le mouvement décolonial dénonce régulièrement le sexisme et le caractère patriarcal de la société… mais ne dénonce jamais les patriarcats imposés par les monothéismes. Cela ne vous semble-t-il pas paradoxal ?" 

A cette dernière question, la papesse a répondu d'une façon évasive. Les autres ce n'est pas son problème. On voit que sa définition de la pensée décoloniale, outre le galimatias et les néologismes, fait d'elle la pensée unique, on y trouve la persistance pour l'éternité du colonialisme, le capitalisme par les "stratégies capitalistes extractivistes" et bien sûr l'écologie qui ne saurait manquer dans une pensée dite progressiste. Quant à l'accusation d'assignation raciale des humains, elle ne manque pas de toupet puisque ce sont justement les décoloniaux qui proclament l'identité raciale. Un paradoxe qui ne semble pas effleurer cette universitaire.

Etudes pour victimes professionnellesSi bien que pour avoir la définition de la pensée décoloniale, je préfère me tourner vers un penseur lucide et sensé, Pierre-André Taguieff qui s'est également exprimé dans Le Point :

"La « pensée décoloniale », somme de pseudo-concepts, de clichés, de formules creuses et de cuistreries à la mode constituant un catéchisme « antiraciste » et une nouvelle langue de bois, repose sur douze piliers : 

1 Tout est « construction sociale ». 

2 Tout doit être « déconstruit ». 

3 Tout doit être « décolonisé ». 

4 Toutes les « sociétés blanches » sont racistes et tous les « Blancs » bénéficient du « privilège blanc ». 

5 Le racisme, qui est « systémique », est l’héritage de la traite atlantique, du colonialisme, du capitalisme et de l’impérialisme du monde dit « occidental » ou « blanc » (il s’ensuit que, par définition, le « racisme anti-Blancs » ne peut exister). 

6 « L’hégémonie blanche » va de pair avec l’« hétéro-patriarcat ». 

7 Le « paradigme de l’intersectionnalité » – construit par les afroféministes états-uniennes pour caractériser la situation de personnes qui, appartenant à des « minorités », sont censées subir simultanément plusieurs formes de discrimination (de race, de genre, de classe) dans une « société blanche » – permet une approche scientifique des phénomènes de pouvoir et de domination. 

8 Tout nationalisme, y compris le patriotisme républicain à la française, est porteur de racisme, donc de « discriminations systémiques ». 

9 Le sionisme, outre le fait qu’il est un colonialisme et un impérialisme, est une forme de racisme et de discrimination raciale, et Israël est un « État d’apartheid » qu’il faut démanteler. 

10 L’« antiracisme politique » se fonde sur les principes suivants : les races n’existent pas – ce qui n’empêche nullement que les Blancs soient tous racistes (activement ou passivement) –, et, en plus, elles sont toutes égales, sans compter qu’elles sont des « constructions sociales » qui, en tant que telles, sont indispensables pour critiquer le racisme. Il faut donc bien comprendre que, malgré les apparences, il n’est nullement contradictoire d’affirmer que les races n’existent pas et qu’elles existent. C’est là le dogme fondamental de la « théorie critique de la race », composante de la « théorie décoloniale ». Un autre dogme doit être bien compris, en dépit de son aspect paradoxal : c’est le racisme qui crée la race, mais c’est l’« usage critique de la race » qui permet de lutter contre le racisme. Ceux qui émettent des doutes sur ces deux dogmes sont des racistes à peine dissimulés. 

11 Fondé sur la « théorie critique de la race », qui suppose que la « race » est une « construction sociale » et que l’islamophobie est un « racisme antimusulman », l’« antiracisme politique » consiste avant tout à lutter contre l’islamophobie et la négrophobie (en France, on doit y ajouter la rromophobie). 

12 Ce que les « islamophobes » appellent « l’islamisme » n’existe pas : il n’y a que des musulmans qui souffrent de « discriminations systémiques ». Ceux d’entre eux qui osent courageusement se révolter contre la domination d’un Occident oppresseur et islamophobe en passant à la lutte armée, et que les Occidentaux appellent « islamistes », « djihadistes » ou « terroristes », doivent être considérés eux-mêmes comme des victimes de l’« hégémonie blanche » et du système oppressif qu’elle a mis en place"

 

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Publié le 14 Janvier 2021

Omelette surréaliste

Jérôme Bosch, à l'imagination fertile, n'a pas hésité à proposer ce concert dans un oeuf

Omelette surréaliste

Ce tableau est de Francisco Melzi, influencé par un tableau de Léonard de Vinci qui s'est perdu. La mythologie a sa place dans le surréalisme (à vrai dire comme toute religion). Léda dans la mythologie grecque est l’épouse du roi déchu de Sparte, Tyndare. Zeus avait la déplorable habitude de se transformer en animal pour suivre ses penchants libidineux, ici il prend la forme d’un cygne pour séduire Léda. Une fois leur étreinte terminée, le cygne disparaît et Hera se rendant compte de l'infidélité de Zeus, place deux gros œufs dans le corps de Léda d’où naîtront Hélène et Pollux, enfants de Zeus, dans l'un, et Clytemnestre et Castor, enfants de Tyndare, dans l'autre. Ainsi Hera a-t-elle transformé  Léda en poule, ce qui n'est guère aimable.

Omelette surréaliste

André Martins de Barros a une façon osée de rapprocher l'oeuf de la femme

Omelette surréaliste

Magritte anticipe l'avenir et donne à l'oeuf toute sa promesse. Magritte était un peintre optimiste.

Omelette surréaliste

Dali a beaucoup fait dans l'oeuf jusqu'à en mettre sur le mur d'enceinte de son théâtre musée de Figueras.

Omelette surréaliste

La tête de Narcisse est un oeuf dans sa métamorphose.

Omelette surréaliste

L'enfant géopolitique de Dali a du mal à sortir de l'oeuf-monde.

Omelette surréaliste

Ce tableau "Lever de soleil sur l'océan" a été peint par le peintre surréaliste russe Vladimir Kush en 1996, or il est régulièrement attribué à Dali sous l'appellation "L'oeuf de Dali". Des blogueurs racontant leur visite au musée de Figueras consacré à Dali auraient même vu ce tableau parmi les oeuvres exposées. Ce qui me rend perplexe sur la paternité du tableau ou sur leur visite à Figueras.

Quoi qu'il en soit, j'aime beaucoup le symbolisme de ce tableau. Il représente la vie.  Le soleil et l'embryon ne font qu'un : cause et conséquence réunis.

Omelette surréaliste

Et terminons par ce crâne d'oeuf d'un auteur inconnu

 

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Publié le 12 Janvier 2021

Je n’aurais donc pas à me prononcer sur « la stratégie vaccinale française contre le coronavirus », l’objectif des travaux de ce collectif est également de "nourrir le pouvoir exécutif et législatif" dans la conduite de la campagne de vaccination "et d'ajuster les réponses qui doivent être apportées aux Français". Objectifs déclarés par le Conseil économique, social et environnemental (Cese), cet autre bidule chargé d’accueillir les 35 sacrifiés sur l’autel de la communication pseudo démocratique. A noter que si la première réunion de ce groupe de travail aura lieu le 16 janvier, son premier bilan est attendu cet été, c’est à dire après la bataille, ce qui n’a strictement aucun inconvénient puisque ce collectif n’a aucune compétence et ne représente rien.

« Le panel formé respectera des critères d'âge, de genre, de région de résidence, de niveau de diplôme, de catégorie socioprofessionnelle et de type de domicile ». On voit par cette déclaration que nous sommes tous totalement fichés. J'admire ceux qui ont réussi à établir un équilibre correct de tous ces critères sur un panel de 35 personnes. Par les temps qui courent la précision du genre risque de poser problème, là nous sommes dans l’intime. Et qu’entend-on par type de domicile ? La distinction est-elle faite entre château, appartement, pavillon, caravane ou sans domicile fixe ? S’y ajoute la position à l’égard de la vaccination : "cette expression de leur position permettra de ­constituer a posteriori les équilibres au sein du collectif de citoyens, afin d'avoir des avis et des recommandations reflétant les positions en présence au sein de la société française". En quoi la vaccination qui est du domaine de la science doit-elle être soumise à une opinion conduisant à des recommandations.

Bien sûr si j’avais été tiré au sort j’aurais refusé de participer à cette pitrerie. Ceci pour dire que ce sont surtout les personnes intéressées par la question qui acceptent d’y participer, ce qui rend ce machin aucunement représentatif de la société civile censée être déjà représentée par le Conseil économique, social et environnemental dont personne n’a connaissance des travaux sans doute pertinents. Comme les poupées russes on met un bidule inutile dans un bidule inutile, mais les poupées sont plus amusantes que ces empilements dont la France a le secret et que le monde entier ne nous envie pas.

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Publié le 10 Janvier 2021

J’avais une inquiétude – sans doute infondée – depuis que Donald Trump s’est vu interdire les grandes plateformes des réseaux sociaux pour communiquer ses pensées percutantes et alternatives à ses millions de fans. Par ces temps tristes et confinés, le chant ininterrompu des gazouillis trumpiens était une des rares distractions qui nous restait. Certes, se dispenser pour un temps des élucubrations et encouragements à la violence du chef de la plus grande puissance du monde peut se comprendre de la part de la majorité de ses administrés qui attendent avec inquiétude la passation de pouvoir car elle ne s’avère pas aussi fluide que le Donald boiteux l’avait promise. Ces plateformes privées ont le droit de le faire bien qu’elles constituent des espaces publiques d’échanges. La crainte est celle d’un appel à l’insurrection, et les commentaires vont bon train sur l’opportunité ou non de la mesure de rétorsion des grandes firmes du web. Mon avis n’a aucun intérêt, mais je pense que l’on n'aurait pas dû lui couper le sifflet en fin de parcours, je pense qu’il se serait davantage enfoncé, qu’il s’agit là d’un précédent qui peut faire des petits, et qui montre, s’il en était nécessaire, que les firmes du web sont devenues plus puissantes que les Etats, du moins lorsque leur régime est démocratique.   

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Publié le 8 Janvier 2021

Trump la mortL’émission de téléréalité de Donald Trump touche à sa fin, mais il faut avouer que le dernier épisode fut un choc. On ne peut que féliciter le réalisateur pour la réussite de la prise d’assaut du Capitole de Washington par une foule à casquettes rouges où quelques acteurs se sont mis en valeur, notamment par leur costume, comme ce viking sur le retour à cornes de bison ou ce délicieux participant vêtu d’un T-shirt délicatement orné d’une tête de mort coiffée par l’inscription Auschwitz. Du beau monde pour ce dernier épisode. Les clous du spectacle, comme ceux du cercueil, furent incontestablement les cinq morts authentiques que le réalisateur a pu obtenir pour clore cette émission inimaginable où la réalité a dépassé l’affliction. Celui qui voulait grandir l'Amérique l'a mise au plus bas.

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Publié le 5 Janvier 2021

L’esprit est envahi par le politico-sanitaire. Plus sanitaire que politique puisque la politique n’est devenue depuis quelques mois que la gestion du sanitaire. Pas de plateau TV sans un de mes confrères, souvent deux. On se demande parfois si les chefs de service ne passent pas plus temps à commenter la crise sanitaire en damant le pion aux politiques, qu’à être dans leur service à soigner leurs malades. Le mot le plus souvent employé par le monde médiatique est : pédagogie souvent associée à transparence. La population française est devenue une immense classe soumise à la télé-éducation. Un enseignement à distance. Les médecins font de la pédagogie, en général pas trop mal, sauf qu’au fur et à mesure du déroulement de l’épidémie ils ont été amenés à changer le contenu de leurs cours devenus rapidement obsolètes. Les commentateurs tentent de faire de la pédagogie dans des domaines qu’ils ignorent ou découvrent. Mais surtout les invités sur les plateaux TV reprochent au gouvernement et de façon répétée de ne pas faire de pédagogie et de ne pas être transparent, pour ce dernier reproche, je crains qu’il le soit. Pourtant le gouvernement n’arrête pas de parler, parfois à tort et à travers, parfois en se contredisant, mais il ne ferait pas de pédagogie bien qu’il fournisse un flot explications mais dont la durée de vie est de plus en plus brève, et tenter de convaincre qu’un échec est une réussite n’est pas de la pédagogie, c’est du boniment. Curieux reproche, un gouvernement n’est-il pas fait pour agir ? Il ne faut pas prendre les gens pour des enfants en primaire. Si les actions sont prévues et donnent des résultats, cela n’échappera pas aux Français, pédagogie transparente ou pas.

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Publié le 1 Janvier 2021

Ce qui m’a toujours étonné car l’administration française ne manque sûrement pas de structures dédiées à la « chose ». En matière de santé nous avons un mille-feuilles d’agences et nous avons même un ministre de la santé. Alors pourquoi nommer un responsable venu de l’extérieur ? Pour lui attribuer un éventuel échec ? Ce qui est une erreur d’appréciation car l’échec sera attribué au gouvernement, mais la réussite au « Monsieur quelque chose ». Est-ce pour donner l'impression d'une décision énergique en passant par-dessus les lourdeurs administratives ? Je suppose, au contraire, que les structures administratives existantes étant nécessaires à l'accomplissement de la tâche, le responsable transitoire risque de se heurter à leur inertie.

Nous avons eu le « Monsieur retraites » qui s’est évanoui dans la nature en même temps que son travail. Nous avons eu le « Monsieur déconfinement » dont l’action ne fut pas une réussite et il en a été récompensé en étant promu Premier ministre. Nous avons à présent un « Monsieur vaccin, un médecin dont la compétence n’est pas discutée mais dont l’action est pitoyable, peut-être pas de son fait, mais il a été obligé de « noyer le poisson » avec un pauvre sourire quand il a été interrogé sur la lenteur ahurissante du démarrage de la campagne de vaccination en France par rapport aux autre pays européens placés dans les mêmes conditions ou Israël qui atteindra probablement une immunité collective en mars prochain. Alors peut-être que le « Monsieur quelque chose » est là pour communiquer l’incommunicable.

Le « Monsieur vaccin » doit sans doute tenir compte de la peur qui imprègne les Français et leurs dirigeants. Le Pr Alain Fischer avait d’ailleurs commencé par déclarer qu’il comprenait les réticences des Français à la vaccination. Certains ont considéré que ce préambule était habile, j’avais considéré pour ma part qu’il allait dans le mauvais sens, on aurait aimé un peu d’enthousiasme pour cette prouesse accomplie par les laboratoires et qui constitue la seule issue pour sortir le pays de la crise sanitaire.

Les dirigeants, eux, craignent des suites judiciaires. Chirac nous a laissé le cadeau empoisonné du « Principe de précaution » qui figure dans la Constitution (et Macron nous promet d’y mettre l’obligation écologique qui n’a rien à y faire, tout comme le Principe de précaution). Alors nous devons obtenir la consultation médicale préalable et le « consentement éclairé », ce qui est habituel, mais aussi attendre un délai de rétraction de 5 jours, plaçant la vaccination sur le même plan que l’achat d’un objet dans une grande surface.

S’il y a un problème de logistique, il faut le dire mais ce serait un aveu d’échec. Pour la stratégie vaccinale il n’a y pas besoin d’un « Monsieur vaccin ». Il faut vacciner tous ceux qui le veulent et s’ils viennent il n’est pas nécessaire de s’embarrasser d’une parade juridique superfétatoire. Ceux qui ne veulent pas, c’est leur problème (dans la mesure où nous ne savons pas encore si le vacciné protège les autres) et ils seront minoritaires avec le temps. Comme les doses sont limitées on est obligé de commencer par les personnes les plus à risque et on s’est enfin décidé à prévoir de vacciner les soignants ce qui aurait dû être fait de suite, à la fois pour les protéger et pour montrer l’exemple, évitant le ridicule du « Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation » du pauvre « Monsieur vaccin ». Ridicule ? Non dangereux, car chaque jour de retard se soldera par des malades et des morts.

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Rédigé par Dr WO

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