La campagne de vaccinations contre la COVID-19 « organisée » par les autorités françaises ressemble de plus en plus à l’agitation moléculaire aléatoire du mouvement brownien. Pour avoir un rendez-vous, les vieux passent leur temps à s’agiter d’un centre de vaccinations à un autre, et pour les habitants des métropoles, de la ville à la banlieue, la plupart des centres annonçant leur indisponibilité, mais des projets d’avenir. Et lorsqu’ils trouvent une disponibilité sur un site internet (car il est inutile d’en chercher un par téléphone), il leur échappe souvent le temps de passer de l’horaire choisi à la prise effective du rendez-vous. Les vieux étant tous à l’affût dans l’ombre électronique, il faut cliquer plus vite que son ombre. Je crains que ces personnes considérées comme fragiles soumises à l’agitation, au stress, à l’impuissance, et au dépit finissent par claquer d’un accident cardiovasculaire avant d’attraper la COVID ou d’utiliser une dose vaccinale. Ce serait un complot que cela ne m’étonnerait pas. Illustration : Goya « Le temps et les vieilles »