Notre président de la République nous a asséné que nous étions en guerre contre la pandémie, mais je crains que notre état-major ait les mêmes capacités d’organisation que l’état-major qui sévissait à la tête de l’armée française lors de la débâcle de la guerre de 39-40. Certes, nous aurons moins de morts, mais combien vont mourir pour ne pas avoir été vacciné en raison de la « tactique progressive » adoptée par nos généraux. Cette lenteur initiale est déjà potentiellement mortifère et elle le sera davantage si l’on ne vaccine pas avant que des variantes du virus plus contagieuses se disséminent largement. On reste tout de même étonné par l’impréparation de nos gouvernants et par leur pusillanimité devant des oppositions minoritaires criant à la dictature lorsque des mesures sanitaires sont imposées. Certes, on peut discuter de l’efficacité de telle ou telle mesure, mais on ne doit pas s’offusquer sans cesse des entraves à la liberté quand il s’agit de la liberté de contaminer les autres et parfois de les tuer. Nous avons déjà ce débat sur l’opportunité d’un « passeport vaccinal » qui semble effaroucher gouvernants et gouvernés (une minorité d’ailleurs) et qui finira par s’imposer comme dans d’autres pays où l’on cherche plus à être efficace en temps de crise qu’à respecter des principes. Quant à l’impréparation, elle est tout de même phénoménal. Voilà des mois que l’on sait que les vaccins vont arriver et c’est seulement depuis peu que l’on commence à s’organiser. Je constate avec regret que le ministre de la Santé est surtout le ministre de la parole et des promesses. La campagne qui va « monter en puissance » est pour l’instant sur le mode riquiqui. Etant parmi ceux qui peuvent se faire vacciner, j’ai tenté de prendre un rendez-vous et sans résultat à de multiples reprises. J’ai constaté à cette occasion que les centres de vaccination étaient peu nombreux à Paris et surtout que chacun d’eux avec seulement 1 ou 2 personnes pour vacciner. Vous imaginez le rythme pour vacciner des millions de personnes d’autant plus qu’avec le vaccin Pfizer il faut un peu de temps pour préparer la seringue. Je ne comprends pas l’opposition de Véran aux « vaccinodromes » pour les remplacer par des centres confidentiels. Je rappelle à ce jeune homme que les grands espaces dévolus à la vaccination contre la grippe H1N1 organisés par Roselyne Bachelot avaient parfaitement fonctionné et avaient assuré la vaccination de 6 millions de personnes. Il se trouve simplement qu’en 2011 la grippe H1N1 s’est finalement révélée moins redoutable en France que l’on pouvait le craindre. Si rien ne change les mini-centres actuels vont être saturés pendant des semaines alors que le variant anglais aura envahi le territoire. Quand je pense qu’en Israël on peut se faire vacciner sans quitter sa voiture. Quel est l’avis de « Monsieur Vaccin » et du « collectif citoyen » dont on attend les résultats des « travaux » avec impatience ?