Le viol est un crime et souvent un drame dont se remet mal la victime. Cependant, il n’y a pas un jour sans qu'une femme, une actrice dans la plupart des cas, ne signale dans les médias qu’elle aussi a subi un viol qui remonte parfois à 20 ou 30 ans. Ceci prouve d’abord que, même sous nos climats, le viol est fréquent, et le violeur souvent en position socialement dominante.
Pourtant ces déclarations, aussi bien d'attouchements que de viol, qui se multiplient dans la presse de la part de personnalités du spectacle provoque chez moi un vague malaise. Je ne peux m’empêcher de me demander si ces déclarations médiatiques de personnes du show-biz concernant des évènements anciens sont faites pour faire avancer la cause des femmes ou si c’est pour se rappeler au bon souvenir du public. Certes, je ne suis pas un grand connaisseur du monde du spectacle mais le plus souvent la victime qui révèle son traumatisme des décennies après l'avoir subi m’était le plus souvent complètement inconnue avant la révélation du forfait.

Si la révélation d’un viol, quelles que soient les motivations qui conduisent à le révéler, est une délation justifiée, les réseaux sociaux permettent d’autres délations en tous genres qui atteignent rapidement le niveau de la rumeur puis de la calomnie que Bazille se serait fait un plaisir de chanter. C’est ainsi qu’est apparu le hashtag #BalanceTonMédecin qui va encourager le corps médical à se dévouer pour leurs patients. On aura bientôt #BalanceTonPompier et pourquoi pas : #BalanceTonPèreOuTaMère car la psychanalyse a bien montré que les parents sont des salauds et les romans qui illustrent la chose envahissent d’ailleurs les rayons des librairies. Quant au hashtag #BalanceTonConOuTaConne, il risquerait de saturer Twitter.