Sur de nombreux sites, en tête des articles, le temps de leur lecture est annoncé. Comme les gens lisent plus ou moins rapidement, ce temps est évidemment approximatif, mais quoi qu’il en soit, il donne une bonne idée de la longueur de l’article puisque celui-ci n’apparaît pas d’emblée comme c’est le cas pour les journaux imprimés.
Cela m’a permis de constater, avec honte, que ma paresse grandit avec le temps car j’ai tendance à éviter la lecture des textes longs alors que je lis volontiers (quand le sujet me convient) les articles dont la durée de lecture est estimée à 2 ou 3 minutes.
Aujourd’hui, j’ai ouvert courageusement un article paru dans Slate alors que la durée de lecture annoncée était de 8 minutes car le titre était accrocheur : « On peut apprécier l’œuvre d’un monstre, même s’il s’agit de Polanski », écrit par une certaine Bérengère de son prénom. Je n’ai aucun avis argumenté sur le cas de Roman Polanski et c’est à la justice et non aux médias de trancher. Quant au qualificatif de monstre, il me semble de toute façon excessif ou alors Bérengère ne sait pas ce qu’est un monstre.
J’ai donc lu cet article…enfin pas entièrement, car je me suis lassé de lire la même chose sous une forme ou sous une autre une bonne dizaine de fois. Et c’est souvent le cas pour la plupart des articles longs quand il ne s’agit pas d’articles (en particulier scientifiques) qui déroulent une démonstration argumentée ou exposent des faits. Habituellement, les articles ne contiennent au mieux que deux ou trois idées, qui pourraient être exposées avec bonheur sur une simple page. Mais les pisse-copies ne peuvent s’empêcher de répéter leur idée sans se lasser de la contempler sous tous les angles.
J’espère que je n’ai pas été trop long, mais je n'avais qu'une seule idée.
Illustration : Giovanni Boldini : « Vendeur de journaux »