Embryon de 3 jours (8 cellules) que l'on ne veut pas stigmatiser
A de nombreuses reprises nous avons constaté que les députés français avaient pris des décisions importantes alors qu’ils n’étaient qu’une poignée pour les prendre. Parfois le résultat du vote ne convenant pas au gouvernement, ils ont été amenés à revoter. L’absentéisme et ce genre de manipulation ont pour conséquence de décrédibiliser l’Assemblée nationale, le rôle et le vote des députés censés représenter la nation.
Le député Modem et généticien Philippe Berta, lors de la révision des lois de bioéthique avait présenté un amendement permettant dans le cadre d’une fécondation in vitro, de proposer systématiquement un diagnostic pré-implantatoire (DPI). Mais le texte a été repoussé à la demande du gouvernement dans la crainte des dérives eugénistes.
L’amendement a été rejeté par 89 votes et les représentants de la nation sont au nombre de 577 !
Ce rejet de la part des députés présents (et du gouvernement) est lié à un contresens. Le DPI proposé dans cet amendement n’avait pas pour objectif de choisir un embryon particulier à implanter dans l’utérus mais à éliminer les embryons dont les anomalies chromosomiques risquaient fortement d’entraîner soit l’échec de l’implantation, soit des anomalies fœtales telles qu’elles conduiraient à un avortement provoqué. « Nombre d’embryons présentent des anomalies de nombre de chromosomes (aneuploïdies) qui sont la cause la plus fréquente soit d’échecs d’implantation, soit de fausses couches, soit mais dans une moindre mesure, d’anomalies viables qui amènent les couples à faire le choix difficile d’une interruption de grossesse ». Ces aneuploïdies embryonnaires sont fréquentes et d’autant plus que la femme est âgée (environ 2/3 des cas après 40 ans). Les dépister permettrait de réduire le nombre d’embryons à implanter, celui des grossesses multiples, et celui des tentatives souvent mal vécues pour en obtenir une. « Très clairement, il est difficile de concevoir qu’à l’heure des avancées scientifiques sur le sujet que nous connaissons, les équipes françaises n’ont que leurs doigts à croiser et peut être quelques prières pour essayer d’améliorer leurs résultats ». Car le choix de l’embryon à transférer dans la cavité utérine sur des critères purement morphologiques (au pifomètre) peut s’avérer totalement erroné. 89 députés sur 577, incompétents dans le domaine biomédical, ont donc pris une décision qui conduira de nombreuses femmes à continuer de « galérer » pour procréer.
Voir également : 155. L'eugénisme doux
L'oeuf de Magritte