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301. La santé ou son espoir peut avoir un sacré prix.

301. La santé ou son espoir peut avoir un sacré prix.Dans la dernière Revue du Praticien d’octobre (tome 69, n° 8) est paru un article du Pr Gilles Bouvenot (Hôpital St Marguerite, Marseille) traitant du prix des médicaments (article largement repris par Jean-Yves Nau dans Slate).

Nous savons que les médicaments nouveaux sont chers et que parfois leur prix est exorbitant. L’auteur en donne quelques exemples : le traitement de l’hépatite C par le sofosbuvir atteint 40000 € par patient pour 12 semaines, celui des rhumatismes inflammatoires coûte plus de 12000 € par an (alors qu’il était d'environ 1000 € auparavant), le coût annuel du traitement de cancers peut varier de 50000 à 100000 €, une injection unique de Yescarta (pour le lymphome à grandes cellules B) monte à 327000 €  et le prix provisoire (ATU, autorisation transitoire d’utilisation) de la thérapie génique de l’amyotrophie spinale par Zolgensma est de 1,945 million € ! Les thérapeutiques innovantes ne sont souvent plus du domaine de la chimie proprement dite, mais issues des domaines de l’immunologie et de la génétique. Il est à noter que les thérapeutiques les plus onéreuses s’adressent souvent à des maladies rares ou chroniques sans avoir toujours un espoir de guérison définitive, et c’est justement cette impasse thérapeutique fréquente, et l’espoir apporté par les innovations qui conduisent à l’inflation des prix.

Mais comment sont déterminés les prix des médicaments ? La première étape est la consultation de la commission de la Transparence (siégeant à la Haute Autorité de la Santé, HAS). Elle est indépendante et composée de professionnels de la santé, elle évalue l’intérêt médical du médicament, et détermine si le nouveau médicament constitue un progrès par rapport à l’existant. L’importance du progrès est quantifiée selon cinq niveaux (le niveau V étant l’absence de progrès et donc de service médical rendu). La commission de la Transparence donne un avis technique sans tenir compte de l’impact financier (en Grande-Bretagne, on détermine une limite supérieure à de pas dépasser pour le coût du traitement par an et par patient). Le prix, lui, est débattu avec le laboratoire par un comité interministériel, le Comité économique des produits de santé (CEPS) qui tient compte de la population ciblée, nombre et chronicité, et il est évident que plus la maladie est rare, plus le prix du médicament sera élevé, sinon les laboratoires cesseraient de tenter la moindre innovation dans ce domaine. Mais ce qui conduit à l’inflation des prix est le fait que si l’on estime que le nouveau médicament est un progrès par rapport aux médicaments existants, son prix sera automatiquement plus élevé que celui de ces derniers. Certains médicaments ne sont pas encore autorisés à être mis sur le marché (AMM), mais souvent pressés par les associations de malades et la rumeur des réseaux sociaux, les autorités permettent leur utilisation transitoire (ATU) alors que l’estimation risque/bénéfice est incomplète. Leur prix est souvent très élevé (mais il est susceptible d’être révisé ultérieurement) car il est fixé par le laboratoire, les patients en espèrent beaucoup à leurs risques et périls, et sans aucune certitude de leur efficacité.

Les médicaments à prix élevé concernent souvent des maladies prises en charge à 100%. Les progrès thérapeutiques permettent de prolonger la vie de patients atteints de maladies graves. Par contre, il n’est pas certain que la durée de vie de notre système d’Assurance maladie ne sera pas abrégée s'il continue à fonctionner avec la même générosité.

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S
Chacun sait que les laboratoires pharmaceutiques sont des grands satans. Qui ne pensent qu'à se remplir les poches. Ces médicaments hors de prix donnent des arguments. Sauf quand la maladie atteint un proche. Alors là, on est d'accord pour que la solidarité s'exerce. On est dans le phénomène nimby (not in my back yard) comme pour les éoliennes. Mais à l'envers. Pour le voisin, non, pour les miens, oui.<br /> Quand le chef de service d'un hôpital a une notoriété, ne peut-il pas faire bénéficier son malade de la gratuité d'un usage compassionnel ?<br /> On pourrait transférer à cet effet les économies réalisées sur la suppression de l'AME, 1 milliard/an, puissant appel d'air pour les malades du tiers monde, et des abus de la CMU ? C'est pas du Marine Le Pen, je crois qu'il y a un rapport de la Cour des Comptes sur la question. 
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C
Votre article m'a rappelé l'interview télé, il y a longtemps de cela, d'un vieux médecin français dans un hôpital de brousse en Afrique. Le journaliste lui dit " vous voulez dire qu'avec seulement 10 francs on pourrait permettre à une dizaine d'enfants recouvrer la vue...???"<br /> Le vieux médecin lui répond " oui en effet. Mais en achetant de la Javel avec la même somme, on pourrait aussi sauver la vie de dizaines de  malades dans cet hôpital". <br /> Quelque soit le budget disponible, il y aura toujours des choix douloureux à faire en matière de santé. 
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B
Comment (ou faut-il) trouver un "juste" équilibre entre empathie ou "acharnement thérapeutique" du médecin traitant, fierté légitime ou orgueil de thaumaturge du chercheur, progrès souhaitables de la science ou dangereuses dérives eugéniques ou bioéthiques, appât du gain ou équilibre financier des laboratoires, et coût de la santé ou prix de la vie humaine ?<br /> Moi... ch'sais pô....<br />  
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P
Ne pas soigner parce que c'est trop cher risque de ralentir la recherche sur des maladies jusqu'ici incurables.
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