Publié le 30 Avril 2019

On rase bien les églises

Pendant que l’on attaque des églises un peu partout dans le monde, que des musulmans massacrent des chrétiens et les chassent de pays où ils vivaient depuis des siècles et bien avant que naisse l’islam, le pape a fortement réagi en conseillant aux coiffeurs (qu’il recevait) de ne pas colporter des potins lorsqu’ils font la conversation à leurs clients et d’exercer leur profession dans un style chrétien. Une tentation dont on ne peut contester la gravité. On se pose évidemment la question du style chrétien, mais que l’on se rassure, il ne s’agit pas de tonsure. Lorsqu’une joue est rasée, il faut tendre l’autre.

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Publié le 27 Avril 2019

Macron, Camus : même combat ?

La LICRA considère ce tweet comme « ignoble » et porte plainte. Sans doute peut-on le considérer comme tel. Il faut cependant noter, pour être objectif, que les plaintes de la LICRA sont plutôt sélectives. Les Français dans leur majorité sont régulièrement visés par des déclarations haineuses ou méprisantes de minorités « racisées » et/ou islamisées sans que la LICRA s’en émeuve.

Mais revenons à Renaud Camus. Avant toute chose, je tiens à préciser que je n’ai aucune sympathie pour lui, mais « ignoble » est-il le qualificatif qui convient pour juger l’ensemble de son tweet ?

A mon avis, il est surtout lucide quand il constate, comme l’a d’ailleurs fait Macron dans un de ses discours à propos de la situation de l’Afrique subsaharienne : l’absence de contrôle de la démographie est un obstacle, quelle que soit l’aide que l’on pourrait apporter aux pays africains en difficulté, à l’amélioration du sort des Africains. Ce sort est suffisamment précaire pour que de nombreux jeunes Africains risquent chaque jour leur vie pour rejoindre d’autres continents et notamment l’Europe qui est le plus proche, et quoi que l’on en dise, le plus accueillant.

Bien sûr, Renaud Camus l’exprime de façon abrupte et sans fioriture. Plus de contraception (comme l’ont fait la Chine et l’Inde) c’est moins de familles nombreuses, c’est moins de jeunes noirs dans la misère et moins de morts dans des voyages dangereux. Si l’on en reste là : Macron, Camus, même combat pour le bien des Africains. Voir "Est-ce raciste de dire qu'une société devrait faire moins d'enfants".

Renaud Camus, comme à son habitude, pousse le bouchon un peu loin lorsqu’il affirme les bénéfices hors de l’Afrique que l’on pourrait attendre si les Africains contrôlaient leur démographie avec ce côté méprisant de la distribution gratuite de préservatifs. Je pense que c’est là où la LICRA trouve ce tweet « ignoble ». Pourtant, ce qu’il dit n’est peut-être (car j’ignore sur quoi s’appuient ses affirmations) pas faux dans l’absolu pour ce qui concerne l’Europe, mais il ne parle que des désavantages de l'immigration et il vise spécifiquement les Africains, alors qu’il faudrait appliquer ces mêmes considérations à d’autres populations migratoires et à tous les pays dont la démographie est en expansion, notamment pour le climat.

Macron, Camus : même combat ?

Migrants au Maroc

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Publié le 25 Avril 2019

C’est du Gros

Ce dessin est paru dans le magazine Marianne (12/04/19) consacré à l’offensive des obsédés de la race, du sexe, du genre, et de l’identité.

Il exprime à lui seul la tendance de notre époque à ériger la victimisation en art, et la culpabilisation en idéologie. Un art qui commence par le langage et une idéologie qui se termine en haine.

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Publié le 24 Avril 2019

Le canon de Notre-Dame

J’ignore ce que Macron va dire demain, bien que des fuites sans doute savamment distribuées ont un peu défloré le contenu de ses futures déclarations. A moins, à moins que ces déclarations nous réservent, au contraire, des surprises, et nous prennent tous à contre-pied alors que nous pensions en connaître le contenu.

Car Macron est capable de nous surprendre.

Ne l’a-t-il pas fait tout récemment en nommant Jean-Louis Georgelin comme responsable de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame. Or, ce futur responsable de la reconstruction est un général d’armée, et il fut même chef d’état-major particulier de Jacques Chirac.

Moi, j’avais toujours pensé que l’on enseignait aux militaires l’art de bien détruire à l’aide d’obus ou de bombes, et qu’en général on félicitait un général d’avoir détruit correctement des bâtiments, de préférence habités par l’ennemi, bien que les civils puissent faire l’affaire, d’ailleurs dans les dernières guerres les militaires ont détruit bien plus de civils que de militaires, c’est plus facile et ça peut rapporter gros.

On peut penser que le général Georgelin va être surpris, peut-être mal à l’aise, de devoir construire, lui, qui jusqu’à présent, était plutôt programmé pour faire l’inverse.

Vous voyez que Macron peut être surprenant. Il s'est sans doute rendu compte que 5 ans c'est court pour reconstruire ND et qu'Il va falloir cravacher, qui mieux qu'un militaire pour le faire.

Henri Rousseau : « Les artilleurs »

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Publié le 23 Avril 2019

Pitié pour cette adolescenteCette enfant, Greta Thunberg, ne cesse d’être exhibée devant tous les gouvernements et toutes les assemblées. Récemment, elle a encore poussé son cri de désespoir en annonçant la catastrophe climatique imminente devant le Parlement européen. En lisant son texte en anglais (écrit par qui ?), elle a fini par verser quelques larmes sous les applaudissements des députés européens. Sans doute ces larmes étaient-elles sincères, ce qui augmente le doute sur la forme d’autisme dont elle serait atteinte (« Asperger », du nom du nazi qui a décrit ce comportement) dont la définition comporte l’absence totale d’empathie et la difficulté à communiquer (voir : "L'étendard à nattes"). Ou alors ces larmes sont peut-être la preuve de l’épuisement de cette adolescente, qui viendrait d’écrire un opuscule pour prévenir le monde de sa vision apocalyptique, et que ses parents comme les associations baladent comme une triste marionnette à travers l’Europe.

Pitié pour cette adolescente qui devrait à son âge connaître d’autres joies que ceux d’un mannequin sur les podiums. Foutez-lui la paix ! C’est de la maltraitance.

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Publié le 22 Avril 2019

Gouverner serait-il une farce ?Jadis notre sympathique et talentueux Coluche s’était présenté à l’élection présidentielle. Les sondages avaient montré qu’il aurait recueilli sur son nom suffisamment de voix pour faire peur aux politiques, et l’humoriste avait fini par renoncer à se présenter. La chose avait commencé comme une farce, puis elle fut prise au sérieux.

L’humoriste italien Beppe Grillo cofonda le « mouvement 5 étoiles » qui participe à présent au gouvernement de l’Italie. Bien que cofondé par un humoriste, ce mouvement n’a pas commencé comme une farce et ne semble pas le devenir.

Avec l’élection de l’humoriste Volodymyr Zelensky (VZ) comme président de l’Ukraine, on assiste à l’abolition étonnante de la frontière entre la fiction et la réalité puisque VZ jouait justement dans une série télé (« Serviteur du peuple ») le rôle d’un président proche du peuple et luttant contre la corruption. Les Ukrainiens ont donc logiquement pensé que puisqu’il jouait si bien un président idéal, il avait toutes les chances de jouer ce même rôle dans la réalité, bien que VZ se considère lui-même comme un clown.

On peut conclure de ce qui précède :

  1. Que le rire est une arme de séduction redoutable. Faire rire une femme est déjà la séduire à moitié. Faire rire un peuple permettrait sans doute de le séduire, mais à condition que les traits d’humour ne le visent pas, car le peuple d’en-bas ne manqueraient pas renvoyer durement ses flèches à l’humoriste d’en-haut.
  2. Que l’art de la politique devrait peut-être s’enrichir de l’art dramatique. Faire jouer à un futur président son rôle dans une fiction populaire pour tester son talent ne serait sans doute pas inutile.
  3. Que gouverner un peuple est avant tout une tragi-comédie.

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Publié le 20 Avril 2019

La pyromanie des révolutionnaires

Maximilien Luce : "Une rue de Paris en mai 1871"

A chaque manifestation hebdomadaire de ceux qui revêtent un gilet jaune qui vire souvent au noir en fin de journée, et qui manifestent pour manifester sans trop savoir pour quoi ils manifestent, sinon pour user du droit de manifester inhérent à toute démocratie libérale avec le risque que celle-ci disparaisse, des manifestants tentent de provoquer des incendies, ne serait-ce que celles des poubelles mais parfois avec des réussites plus glorieuses sans se soucier des conséquences mortelles possibles.

Les émeutiers adorent le feu purificateur et la destruction des biens d'autrui. Obnubilés par leurs idées, ils paraissent insensibles à la beauté des choses, elle semble même parfois les irriter, peut-être parce qu’ils n’ont pas les moyens de la posséder.

Le billet qui va suivre est largement inspiré d'un article d’Yvan Pandelé paru le 19-04-2019 dans Egora, avec Retronews, le site de presse de la BNF, relatant comment la cathédrale Notre-Dame a échappé de peu à sa destruction par le feu le 24 mai 1871 grâce à des internes de l'hôpital Hôtel-Dieu :

En Mai 1871, Paris dominé par la Commune est assiégé. Les troupes du gouvernement Thiers lancent l'assaut face à une dizaine de milliers de combattants communards. Devant l’avancée des troupes gouvernementales, le Comité de salut public, organe de direction de la Commune, ordonne de mettre le feu à Paris. Une mesure s’inspirant des paroles de Louise Michel : "Paris sera à nous ou n'existera plus". « Ordre est porté dans les rues de la capitale de réduire en cendres certains édifices emblématiques. Parmi eux, Notre-Dame de Paris, symbole d'une Église réputée acquise au pouvoir ».

"Dans la nuit de mardi à mercredi, je m'étais endormi sur un fauteuil de la salle de garde. Vers trois heures du matin, alors que je le jour commençait à poindre, je fus éveillé par des cris qui venaient de la rue", relate dans le Temps un certain Hanot, interne à l'Hôtel-Dieu. A la porte, un lieutenant de la garde nationale, entouré d'une vingtaine d'adolescents nageant sous leurs képis. Fusils au poing, ils sont venus réquisitionner du matériel au nom de la Commune ».

"Un des infirmiers chargés de satisfaire à ces ordres apprit de ces hommes qu'ils avaient mission d'incendier Notre-Dame", poursuit le jeune homme. "Nous nous approchâmes de l'officier pour lui faire remarquer que mettre le feu à la cathédrale c'était aussi compromettre, sacrifier même sûrement la vie de 900 malades ou blessés contenus dans l'hôpital : l'homme ne répondit que par des monosyllabes, réitéra ses ordres, nous ordonna de nous éloigner, et tourna les talons."

« À l'époque plus encore qu'aujourd'hui, ce sont les internes qui font tourner l'hôpital. En ces temps d'insurrection armée, l'Hôtel-Dieu ne compte même plus qu'un seul médecin agrégé : son directeur, le Pr Paul Brouardel, nommé par la Commune. Selon l'interne Hanot, il parvient à négocier un sursis auprès de l'officier, le temps d'évacuer les malades ».

« Mais plus tard dans la matinée, coup de théâtre : on signale un départ de feu à Notre-Dame. Prévenu par un ouvrier venu donner l'alerte à l'Hôtel-Dieu, un interne en pharmacie recrute quelques camarades pour se rendre sur les lieux. Ils constatent une colonne de fumée sortant par la lucarne et, rejoints par quelques voisins, les internes se font remettre les clés de la cathédrale. À l'intérieur, l'atmosphère est déjà irrespirable. »

Un immense brasier fut découvert au niveau du chœur, constitué de chaises et de meubles d'église. Ils parviennent à l'éteindre. Un autre est découvert près de l'autel. En explorant l'église à la recherche d'autres foyers, les sauveteurs du jour ne manquent pas de remarquer la "forêt de charpentes qui remontent à huit cents ans", se félicitant de "l'oubli ou l'ignorance" des incendiaires. Une forêt que nous avons vu flamber il y a quelques jours.

La catastrophe fut évitée de justesse grâce à quelques internes en pharmacie de l’Hôtel-Dieu aidés d’un pompier et de badauds et par la peur d'un mourant "Tout était préparé pour faire sauter l'édifice", révèle La Gazette nationale du 29 mai 1871" Mais l'homme qui avait été chargé de cacher sous le maître-hôtel cinq barils de poudre (…) a été blessé mortellement un instant après avoir commis le crime. Il a eu peur, il a demandé un prêtre qui a reçu sa révélation et a pu prévenir à temps l'officier qui commandait là."

Ce fut évidemment le Pr Brouardel, qui n’avait aucunement participé à l’extinction de l’incendie, ni apporté l'aide réclamée par ses subordonnés, qui reçut la Légion d’honneur pour avoir sauvé la cathédrale, recueillant, comme il se doit, les lauriers mérités par ses internes.

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Publié le 17 Avril 2019

Le quart d’heure de célébrité à la portée des imbéciles et des malfaisantsQuand Andy Warhol déclara en 1968 : « À l'avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale », il ne pensait sans doute pas que sa prédiction allait se réaliser aussi pleinement. Dans les années 60 du dernier siècle, la célébrité venait surtout après un acte ou une situation suffisamment exceptionnel pour intéresser les médias et être rapporté.

Aujourd’hui, avec la foule en réseaux, ce quart d’heure de célébrité est à la portée de tous. Enfin, non, pas de tous. Si quelqu’un gazouille quelque chose de sensé ou d’intelligent, il passera complètement inaperçu. Par contre, s’il met en ligne une connerie suffisamment dense pour que les cons s’efforcent de la diffuser, il a une bonne chance de devenir célèbre. C’est ainsi qu’un certain Maxime Nicolle, le paranoïaque de service, des complots débordant de sa musette, la tête si enflée qu’il ne peut plus retirer sa casquette pourtant mise à l’envers, a acquis une célébrité bien au-delà du quart d’heure, ce qui montre que la connerie est increvable et les cons multiples.

Une autre façon de se faire connaître avec certitude est de faire dans l’ignoble et/ou dans la provocation. Qui connaissait les deux personnes dont j’ai parlé dans l’article précédent et notamment cette vice-présidente de l’UNEF Lille ? Personne. A présent que cette dernière, qui peut faire des études (j’ignore, par contre, lesquelles) grâce aux avantages que l’Education Nationale met à la disposition des jeunes en France, elle a pu craché son venin contre le pays qui lui donne ces avantages, et manifester son mépris pour le délire des « petits blancs » émus par l’incendie de Notre-Dame de Paris. Elle a pu ainsi acquérir une notoriété bien méritée (qu'elle n'aurait sans doute pas pu acquérir au Maroc) dans la constellation des malfaisants aussi prétentieux que méprisants.*

* « Dans ce registre (des réactions affligeantes à l’incendie de Notre-Dame), Hafsa Askar, la vice-présidente de l'Unef à Lille, se classe sur le haut du podium. « Les gens ils vont pleurer pour des bouts de bois. Wallah vous aimez trop l'identité français alors qu'on s'en balek objectivement c'est votre délire de petits blancs. » Un peu plus tard, elle a enfoncé le clou : « Je m'en fiche de Notre-Dame car je m'en fiche de l'histoire de France » Celle-ci s'était déjà illustrée en 2017 par ce tweet affligeant : « On devrait gazer tous les blancs, cette sous-race. » (Extrait d’un article du Point le 17/04/19)) 

Dessin paru dans Marianne du 19/04/19

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Publié le 16 Avril 2019

Nous avons des étudiants que nous méritonsDeux étudiants (sic) faisant partie du bureau national de l’UNEF se sont distingués par leur indigence intellectuelle après l’incendie de Notre-Dame. En étalant de surcroît une haine de la France et de ses habitants.

« Je m’en fiche de Notre-Dame car je m’en fiche de l’histoire de France ». Ce message publié lundi soir sur Twitter par la vice-présidente de l’Unef Lille, Hafsa Askar (et oui, elle est vice-présidente), quelques heures après l’incendie de la cathédrale de Paris. En ajoutant pour faire bonne mesure et bien montrer « d’où elle parle » : « On s’en balek objectivement c’est votre délire de petits blancs »

Un autre responsable (sic) de l’Unef, Édouard Le Bert, qui se présente sur Twitter comme membre du bureau national du syndicat, a publié de son côté un message « moqueur et minimaliste » : « Ca y est drame national, une charpente de cathédrale brûle ». Lui, il est franchement con.

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Publié le 15 Avril 2019

Devine qui vient parler ce soir ?

La une du Spectator du 13 avril 2019. Perfide Albion !

Non, il ne parlera pas : NOTRE-DAME de Paris est en feu et c'est un désastre.

Devine qui vient parler ce soir ?

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Publié le 13 Avril 2019

Le comble de l'humoriste

James Ensor : "La Mort  et les masques" 1897

Déclencher par sa mort les rires de son public.

Cet exploit a été réalisé le 11/04/19 par l’humoriste anglais Ian Cognito sur une scène de Biscester, près d’Oxford. En évoquant un malade reprenant conscience après une crise cardiaque, il fit lui-même une mort subite et resta affalé sur une chaise. Le public trouva cette mort hilarante, sans doute frappé par l’authenticité du jeu du comédien. Il a fallu cinq minutes pour s’apercevoir qu’il ne jouait pas.

Quelle belle mort (oxymore) pour un humoriste que de s'éteindre sous les rires des spectateurs.

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Publié le 12 Avril 2019

Au siècle dernier, les corps de métier dont la fonction est de porter secours aux autres ou de rendre service à la population étaient respectés par tous, voire sacralisés. En dehors de gens ivres ou atteints d’une maladie mentale, qui ne respectait pas les médecins, les infirmières, les pompiers, la police lorsqu’elle venait vous protéger ou les enseignants chargés de sortir la jeunesse de son ignorance ? En France, tous ces corps de métier sont mis au service de la population le plus souvent plus ou moins gratuitement grâce aux impôts. On peut d’ailleurs se demander si l’état d’esprit de la population ne s’est pas modifié par le fait même que ces corps de métier sont à son service ce qui peut conduire certains à remplacer le respect par l’exigence.

J'ai eu la chance d’exercer mon métier de médecin pour sa plus grande partie au siècle (ou au millénaire) dernier et je suis donc effaré d’apprendre que les agressions de médecins se multiplient : 1126 en 2018, et ce chiffre ne concerne que celles qui ont été déclarées au Conseil de l’ordre. Seulement 46% des agressions sont suivies d’une plainte, les médecins hésitant à le faire dans la crainte de représailles.

288. La désacralisation des soignants

Ce sont surtout les médecins généralistes qui sont touchés (70%), un peu plus souvent en centre-ville (54%), mais elles sont également observées en milieu rural, c’est ainsi que le département du Nord a connu le plus grand nombre d’agressions (123), et que la Lozère se distingue par la plus forte proportion : 6 agressions pour 161 médecins en exercice.

Les deux tiers des agressions ne sont heureusement que verbales et quand elles sont physiques la panoplie des armes éventuellement utilisées est riche : couteau, cutter, canne, arme à feu (3 fois) ), bombe lacrymogène et une fois un caddy !

288. La désacralisation des soignants

Pourquoi tant de violence ? Les motifs d'agression sont toujours les mêmes : reproche relatif à la prise en charge, temps d'attente jugé excessif, mais le vol est en bonne place (18%) juste devant le refus de prescription (médicament, arrêt de travail) (16%) puis le refus d'établir un certificat de complaisance ou de falsifier une ordonnance (11%). "Lors d'une visite à domicile, une femme médecin a été séquestrée trois heures par le patient, qui réclamait son document".

Sans faire de parallèle, on observe une désacralisation des soignants dans les conflits récents. Jadis on ne tirait pas sur une ambulance, pendant la guerre de Syrie par ex. les cibles favorites furent, au contraire, les ambulances, les médecins portant secours aux ennemis et les hôpitaux susceptibles de les abriter d’autant plus facilement bombardés qu’ils étaient sans défense. Car quoi de plus démoralisant pour un combattant que de savoir qu’en cas de blessures personne ne pourra venir le secourir. Il est certain que le respect du blessé, du malade et de ceux qui les soignent est un concept plutôt judéo-chrétien.

Ne pas respecter la personne qui porte secours à un être humain, c’est ne pas respecter l’être humain lui-même et donc un indice de barbarie.

La sacralisation des soignants fait partie d’un système de valeurs universaliste qui semble reculer face à une autre échelle de valeurs basée sur l’assignation identitaire. Taper sur un soignant laisse les gens plus ou moins indifférents, taper sur un transgenre (ce qui est stupide), provoque un scandale et passe en boucle sur les médias.

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Publié le 10 Avril 2019

SoulagementQuel soulagement ! Eric Drouet - vous savez celui que Mélenchon admire comme il a admiré Castro, Chavez et aujourd’hui Maduro – Donc, Mr Drouet n’en veut pas au Sénat d’avoir annulé son audition prévue hier par les sénateurs, au sein d’une délégation de gilets jaunes évidemment non représentative du mouvement puisqu’il est impossible de le représenter.

Les sénateurs voulaient lui demander son avis éclairé sur le projet de privatisation des aéroports de Paris, la privatisation des autoroutes n’étant pas assez grosse comme bêtise, le gouvernement prévoit, en effet, d’en faire une plus grosse avec le groupe ADP. On n’arrête pas le progrès.

Il faut dire que le Sénat a mis du sien puisqu’il s’est excusé d'avoir posé un lapin à ce révolutionnaire des réseaux asociaux qui n'hésite pas à porter plainte auprès du commissariat de son domicile pour dégradation de sa voiture. Mr Drouet n’a pas de chance : il n’a pas pu entrer à l’Elysée à la tête de ses troupes et il espérait bien se rattraper avec le Sénat.

Quoi qu’il en soit, le Sénat s'est fait pipi dessus, et ce n’est pas la prostate probablement conséquente des sénateurs qui est responsable de leur inconséquence certaine.

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Publié le 9 Avril 2019

Parler pour ne rien direIl y a des jours où l’on n’a rien à dire. Cette déclaration préliminaire devrait susciter chez mes éventuels lecteurs deux questions :

La première : si l’on n’a rien à dire, pourquoi parler ? Question à laquelle je réponds : pour donner une preuve de vie.

La seconde exprime de l’étonnement : comment peut-on n’avoir rien à dire alors que nous sortons du grand débat ?

Justement, le grand débat (j’hésite à mettre ou non des majuscules), ce n’était qu’une thérapie de groupe au niveau national, et comme dans toute thérapie de groupe, l’essentiel n’est pas ce que l’on dit, l’essentiel est de parler, de s’exprimer devant les autres. Une parole qui libère, même si l'on n’a rien à dire.

Certes, des choses ont été dites, mais ces choses étaient déjà de notoriété publique, chacun les connaissait, et notamment ceux qui nous dirigent même s’ils feignaient par commodité de les ignorer.

Si l’on en croit Saint-Exupéry, « aimer ce n’est pas se regarder l’un l’autre mais regarder ensemble dans la même direction », on peut se demander en voyant les Français regarder dans toutes les directions s’ils aiment être ensemble.

Tout de même, il y a quelques points sur lesquels ils semblent d’accord : moins d’impôts et plus de services publics et de solidarité, plus d’autorité de la part de l’Etat et plus de démocratie participative (vue du citoyen) ou délibérative (vue de l’Etat), moins d’élus mais plus de disponibilité et d’écoute de leur part, des élus moins payés mais insensibles à la corruption.

Le consensus parfait se retrouvant dans le mécontentement. Celui des pauvres qui veulent l’être moins, celui des classes moyennes qui ne veulent pas s’appauvrir, celui des riches qui veulent le rester.    

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Publié le 5 Avril 2019

Vestiges du passé

Les pétromonarchies du Golfe, que l'on pourrait également appeler les monarchies fossiles, sont toutes prises d'une frénésie muséale étonnante en voulant imiter sur leur sol imprégné de gaz et/ou de pétrole les musées ancestraux occidentaux et notamment européens. Assises sur d’abondantes ressources d'énergie, elles espèrent attirer ainsi les touristes une fois la transition écologique accomplie au dépens du pétrole.

En fait, ce qui pourrait attirer le touriste occidental ce ne sont pas les contenus de ces musées sortis du sable, car il a le loisir d'en visiter de bien plus riches près de chez lui, mais les bâtiments eux-mêmes réalisés par des architectes mécréants, mais néanmoins talentueux, qui peuvent s'exprimer pleinement dans la péninsule arabique car l'argent n'y manque pas depuis que leurs habitants ont été mis au courant qu'ils étaient assis sur un pactole  sans le savoir.

Les images que nous avons des expositions, par exemple du « Louvre » d'Abu Dhabi, montrent plutôt une sobriété artistique. Je suppose que les statues et les tableaux exposés tiennent compte de la pudeur islamique. Il me semblait par ailleurs que la représentation humaine était interdite en islam, mais il est vrai que les œuvres exposées furent réalisées par des mécréants.

Cependant, les vestiges les plus remarquables du passé ne se trouvent pas dans les vitrines, sur les murs ou sur des piédestaux, mais dans les allées comme le montre la photo reproduite au début de l'article : si vous ouvrez la tête de ces trois visiteurs, vous y trouverez des vestiges parfaitement conservés du VIIème siècle.

PS. En fait, je suis mauvaise langue, la salle d'exposition ci-dessous montre des statues nues, mais d'hommes.

Vestiges du passé

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Publié le 3 Avril 2019

Les écologistes ont un goût prononcé pour tout ce qui peut ramener l’être humain à la nature et au naturel, une démarche sympathique lorsqu’elle est possible, à condition toutefois qu’elle ne devienne pas dangereuse et qu’elle ne verse pas dans l’ésotérisme (tendance Rabhi) ou dans la nostalgie naïve d’un paradis perdu qu’il suffit de retrouver pour résoudre les problèmes actuels de l’humanité. Cette attitude peut amener à négliger le réel et les données scientifiques ou même s’opposer à elles. Cet amour de la nature veut ignorer ce qu'elle peut avoir de cruelle - n’oublions pas les famines et les épidémies - et se double d’une hostilité à l’égard des artifices introduits par l’être humain, de ses découvertes qui lui ont permis de dominer son environnement, malheureusement au risque de le détruire, mais aussi de survivre en améliorant son sort, avec une longévité qui s’est progressivement accrue, particulièrement depuis un siècle avec les progrès médicaux et pharmacologiques. Des progrès que des écologistes n’hésitent pas à remettre en cause, en particulier parce que les médicaments sont fabriqués par des laboratoires qui en tirent bénéfice, d’où une appétence pour la phytothérapie qui n’est pourtant pas dénuée de dangers. Voir : « 44. Cette bonne nature ».

Michelle Rivasi n’est pas n’importe qui : elle est eurodéputée EELV et actuellement n°2 sur la liste verte aux futures élections européennes. Elle est connue pour ses positions anti-vaccins qui lui furent reprochées par la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Il semblerait que Rivasi envisage d’attaquer Buzyn en diffamation en arguant que ses enfants et elle-même sont vaccinés. J’ignore si ces vaccinations ont été faites avant que naissent les convictions de Rivasi ou si ses convictions n’ont pas fait obstacle à sa prudence.

Quoi qu’il en soit, on ne peut oublier que cette écologiste de pointe a cherché à diffuser le documentaire Vaxxed au parlement européen en février 2017, et que ce sont les protestations des députés britanniques qui ont conduit à l'annulation de cette projection. C’est encore une militante d’Europe Ecologie Les Verts, Martine Ferguson-André, qui a organisé des projections de Vaxxed dans notre pays à l'annonce en 2017 de l'augmentation du nombre de vaccins rendus obligatoires pour la petite enfance. Ce film n’est pas anodin, il a été réalisé par Andrew Wakefield à l’origine d'une publication « scientifique », ayant été par la suite réfutée pour fraude et falsification, tentant d’établir un lien entre le vaccin ROR et l’autisme. Ces écologistes, Rivasi en tête, ont donc eu à cœur de diffuser un « documentaire conspirationniste de propagande anti-vaccins ».

Mme Rivasi ne s’en tient pas là. Fidèle à l’hostilité répandue chez les écologistes vis à vis du chimique et des laboratoires pharmaceutiques, elle réclame que les médecines alternatives et notamment l’homéopathie soient enseignées à tous les étudiants en médecine. Peu importe que dans la plupart des pays les sociétés savantes (et récemment les Académies de Médecine et de Pharmacie en France) considèrent que les produits homéopathiques sont des placebos, que l’on peut, certes, utiliser, mais sans pour autant les rembourser et sans décerner un diplôme pour l’exercice de cette pratique afin de ne pas donner à l’homéopathie un label scientifique. Toutes les études sérieuses ont montré l’effet placebo de l’homéopathie, sauf une faite en Suisse en 2011-12 (à laquelle Rivasi se réfère volontiers), critiquée sur le plan méthodologique et qui contient cette remarque : « Si l’homéopathie est très susceptible d’être efficace, mais que cela ne peut pas être formellement prouvé dans des test cliniques, la question se pose de savoir quelles sont les conditions nécessaires pour que l’homéopathie puisse montrer son efficacité et réaliser son potentiel, et quelles conditions menacent de l’empêcher ».[1] Remarque illustrant ce que les homéopathes disent souvent pour leur défense : l’homéopathie est une thérapeutique si particulière que les protocoles appliqués à l’allopathie ne lui sont pas adaptés. Démarche scientifique inversée.

Mme Rivasi n’a pas froid aux yeux quant à l’intérêt des médecines alternatives et en premier lieu de l’homéopathie : « Je pense qu’on doit intégrer, dans la formation initiale des médecins, des qualifications, des certificats de médecines complémentaires qui soient obligatoires… Oui, il faut former les patients. Leur dire que plus on leur donne de médicaments, plus cela aura des effets secondaires. Et les informer de l’existence d’alternatives qui sont beaucoup moins chères. L’information circule aussi via l’entourage. Par exemple, pour les gens qui ont un cancer, c’est incroyable. Ils font confiance aux médecins qui les soignent, et en même temps ils savent qu’il y a autre chose à côté » (Interview sur le site Kaisen).

En effet, les médicaments efficaces peuvent donner des effets secondaires, personne ne le conteste, et il est certain que l’homéopathie n’en donne pas : quand on ne donne rien, il ne se passe rien. Et vous avez bien lu, ne pas faire confiance aux médecins pour soigner votre cancer alors que des médecines alternatives comme l’homéopathie ou l’acupuncture existent pour le traiter.

Ces gens sont dangereux. Je ne voterai pas pour eux.


[1] Gudrun Bornhöft and Peter Matthiessen (eds.) Homeopathy in healthcare: effectiveness, appropriateness, safety, costs. Springer, 2012.

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 1 Avril 2019

C’est par une brève allocution dans nos lucarnes matutinales que le président Emmanuel Macron annonça sa démission aujourd'hui.

Cette exceptionnelle brièveté de sa part étant à la mesure de cet évènement exceptionnel. Comme il se doit, le président du sénat fut chargé d'assurer l’intérim et celui-ci, surpris, avala de travers son copieux petit déjeuner ce qui le laissa sans voix pendant un bon moment.

Contrairement à son habitude, l’ex président de la République ne s’étala pas sur les motivations de sa décision : il déclara qu’il se pliait ainsi au désir réitéré d’une minorité agissante afin que l’ordre puisse être rétabli dans le pays tout en lui permettant de skier en paix sans avoir à rendre des comptes.

La minorité agissante s’empressa de revêtir un gilet jaune et fit ce qu’elle savait faire de mieux : manifester dans les rues en laissant à une frange « en marge du cortège » le soin d’allumer quelques feux de joie et de briser quelques vitrines. Les forces de l’ordre décidèrent de se reposer enfin, en suivant l’exemple venu d’en-haut, et de se servir à leur tour sur les étalages pour renouveler une terne garde-robe dont l’uniformité était devenue lassante par leur exposition hebdomadaire.

A l’annonce présidentielle, Mélenchon et Ruffin furent pris d’une agitation inquiétante, le premier déclara immédiatement qu’il était prêt à se sacrifier pour sauver la République en appliquant des décisions bolivariennes qui avaient fait leurs preuves ailleurs, le second hésitait entre faire un film ou un livre ou peut-être les deux pour fêter l’événement.

Marine Le Pen qui avait de bonnes chances de s’installer à l’Elysée se montra plus circonspecte. Elle était jusqu’à présent dans une position plutôt confortable en bénéficiant des subsides du système et de l’Europe tout en les vouant aux gémonies et sans provoquer la moindre déception dont elle avait déjà goûté l’amertume après son débat avec Macron.

Wauquiez hésita entre un gilet jaune ou sa parka rouge ne sachant toujours pas quelle position choisir pour éventuellement postuler et motiver ses troupes réticentes.

Quelques verts, pourtant pas mûrs pour gouverner, se dirent naturellement prêts à assurer la transition.

Parmi la gauche dispersée façon puzzle, Hamon et Faure virent une opportunité de manifester leur existence, mais personne ne demanda leur avis. Quant à Hollande, il le donna sans qu’on le lui demande en affirmant que tout ça, il l’avait prévu, en suggérant implicitement qu’il pourrait servir de recours, ce que fit également Ségolène Royal, toujours prête. Quant à Sarkozy, on vit son œil goguenard s’allumer sans même remuer les épaules.

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Rédigé par Dr WO

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