Les pétromonarchies du Golfe, que l'on pourrait également appeler les monarchies fossiles, sont toutes prises d'une frénésie muséale étonnante en voulant imiter sur leur sol imprégné de gaz et/ou de pétrole les musées ancestraux occidentaux et notamment européens. Assises sur d’abondantes ressources d'énergie, elles espèrent attirer ainsi les touristes une fois la transition écologique accomplie au dépens du pétrole.
En fait, ce qui pourrait attirer le touriste occidental ce ne sont pas les contenus de ces musées sortis du sable, car il a le loisir d'en visiter de bien plus riches près de chez lui, mais les bâtiments eux-mêmes réalisés par des architectes mécréants, mais néanmoins talentueux, qui peuvent s'exprimer pleinement dans la péninsule arabique car l'argent n'y manque pas depuis que leurs habitants ont été mis au courant qu'ils étaient assis sur un pactole sans le savoir.
Les images que nous avons des expositions, par exemple du « Louvre » d'Abu Dhabi, montrent plutôt une sobriété artistique. Je suppose que les statues et les tableaux exposés tiennent compte de la pudeur islamique. Il me semblait par ailleurs que la représentation humaine était interdite en islam, mais il est vrai que les œuvres exposées furent réalisées par des mécréants.
Cependant, les vestiges les plus remarquables du passé ne se trouvent pas dans les vitrines, sur les murs ou sur des piédestaux, mais dans les allées comme le montre la photo reproduite au début de l'article : si vous ouvrez la tête de ces trois visiteurs, vous y trouverez des vestiges parfaitement conservés du VIIème siècle.
PS. En fait, je suis mauvaise langue, la salle d'exposition ci-dessous montre des statues nues, mais d'hommes.