Michel-Ange a sculpté trois Pietà. La plus belle se trouve dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Œuvre suffisamment belle pour qu’un déséquilibré ait tenté de la massacrer à coup de marteau en brisant le nez de la Vierge, ce qui a conduit à l’éloigner du public par une paroi de verre qui ne permet plus à ses admirateurs d’en faire le tour.
Cette sculpture taillée dans un seul bloc de marbre présente au moins trois « défauts », mais volontaires de la part du génie de la Renaissance.
D’abord la disproportion de taille entre la mère et le fils. La mère servant de socle au fils étant plus imposante.
Ensuite, ce que l’on pourrait appeler par extension un anachronisme, puisque la mère parait aussi jeune, sinon plus que son fils. Représentation volontaire de la part de Michel-Ange qui la justifiait par la virginité de Marie à l’origine de la conservation de sa jeunesse, l’absence de « tache » mettant à l’abri du vieillissement. Ce génie était aussi un fervent catholique.
Enfin, lorsque l’on peut voir son visage de près, le Christ a 33 dents ! Il a une mésiodens (dent surnuméraire) entre les deux incisives centrales supérieures. Ce que l’on observe, parait-il, dans de nombreuses œuvres de la Renaissance, et notamment dans celles de Michel-Ange. L’implantation de cette mésiodens étant probablement volontaire alors qu’elle détruit la symétrie et que le sculpteur connaissait parfaitement l’anatomie.
Les historiens de l’art se sont donc posé la question. Marco Bussagli s’en est étonné dans « la Stampa », d’autant plus que «dans le monde chrétien, la présence d'une mésiodens représente la violence, la bestialité ou la luxure». Pourquoi Michel-Ange, fervent croyant et fin anatomiste, aurait-il mis « la dent du mal » dans la bouche du Christ ? En prenant forme humaine aurait-Il opté pour celle d’un porteur de mésiodens (moins de 1% de la population) ? Mais il serait miraculeux que Michel-Ange en ait eu connaissance, puisque nous n’avons de Jésus de Nazareth aucune représentation de l’époque.
Pour Marco Bussagli, le plus probable est que Michel-Ange voulait représenter le corps du sauveur en accord avec la doctrine selon laquelle le Christ a accumulé tout le mal du monde en lui. Dans une seule dent !