Avant que le ciel nous tombe sur la tête, loin du fracas des bombes et des corps ensevelis sous les pierres que l’on imagine à travers les informations martelées au fil des heures, nous sommes allés déjeuner aux Halles sous le soleil printanier. Promenade dans le jardin Nelson Mandela. A vrai dire j’ignorais que ce jardin rénové des Halles était ainsi dénommé, c’est mon téléphone, bien plus cultivé que moi, qui me l’a appris en localisant les photos prises.
Les bouquets d’arbres fleurissent la majestueuse église Saint-Eustache où la pierre se sublime.
En passant devant la Bourse du Commerce qui sert à présent de musée sous l’égide du milliardaire François Pinault, amateur d’art contemporain, un cavalier monte la garde sur le parvis.
C’est une des œuvres du sculpteur américain Charles Ray actuellement exposées au Centre Pompidou et à la Bourse du Commerce. Je n’ai pas été voir ces expositions car l’hyperréalisme me met mal à l’aise. L’homme et le cheval sont en acier inoxydable. J’imagine que sont des êtres vivants que l’on a figés en les enrobant dans du métal. Cette sculpture me fait penser à la fin du film « Les visiteurs du soir » de Marcel Carné où, de dépit, le diable pétrifie en statues les amants enlacés mais dont les cœurs continuent à battre sous la pierre.