Il semble donc que ses pairs reprochent à Jérôme Rodrigues blessé par les forces de l’ordre lors de l’acte XI des gilets jaunes de trop montrer sur les écrans son bandeau sur l’œil, ce qui ne l’empêchait pas de parler et d’acquérir en tant que martyr une place de leader. Il a donc décidé de prendre du recul sous la pression de ceux que l’on ne montre pas et qui aimeraient peut-être être vus. A moins que cette décision d’effacement ait été favorisée par l’attention attirée par cette médiatisation sur ses antécédents révélés par Le Parisien du 31 janvier dernier, judiciaires (transport de drogue et vol) et professionnels (licenciement de son dernier emploi pour faute grave).
Si ce mouvement des GJ est hétéroclite, il semble que l’on y retrouve quelques invariants comme le goût de l’horizontalité et l’hostilité envers Macron qui revendique à l’opposé le goût de la verticalité. Le nivellement par la base est incontestablement un facteur d’égalité accessible, la médiocrité étant plus répandue que le talent.
Faut-il penser que le peuple français est un peuple d'envieux ? Les élites de tous bords sont donc conspuées, y compris celles susceptibles d’apparaître dans leurs rangs. La plupart des têtes qui dépassent du niveau horizontal sont coupées pour ne pas dire guillotinées. Cependant celle d’Éric Drouet est toujours sur ses épaules et on peut se demander s’il ne s’arrange pas pour éliminer la concurrence. Se proclamer champion de l’horizontalité est une bonne façon d’en sortir.
Illustration de Yue Minjun