Le monde politique n’est pas toujours risible, mais là nous sommes servis. Nous avons même droit à un collectif d’amuseurs publics puisqu’ils sont 105 députés (aux dernières nouvelles) de La République en Marche titubante, cons et dangereux à la fois, à proposer une loi « visant à faire de la France une nation sportive » car il « ne s’écoule pas un jour sans qu’une publication témoigne des bienfaits de la pratique physique et sportive pour la cohésion sociale, le bien être, la santé, (…), pour lutter contre la sédentarité, participer au traitement de certaines maladies ». Et comment ? Mais en favorisant l’alcoolisation des amateurs de spectacles sportifs assis sur les bancs en leur permettant d’acheter des boissons alcoolisées dans l’enceinte du stade, ce que la loi Evin avait interdit jusqu’à présent. Des amuseurs « du nouveau monde » qui confondent allègrement la vue du sport et sa pratique.
On se demande évidemment quel est le côté sportif d’une bonne biture, à moins de considérer que l’agitation traumatisante qui peut s’ensuivre dans le stade ou dans les rues permet de lutter contre la sédentarité. Il est à craindre que cette proposition de loi vise à augmenter le taux d’alcoolémie de la nation plutôt que sa musculature.
Bien sûr, c’est un problème de fric, et les arguments fournis par les soutiens de la loi frisent la débilité, comme : il est préférable que les spectateurs se pintent en regardant les sportifs évoluer plutôt qu’arriver ivres dans le stade, ou, en faisant vibrer la corde de gauche, puisque que ceux qui se restaurent dans l’enceinte du stade ont droit d’accompagner leur repas d’une boisson alcoolisée, celle-ci devrait pouvoir couler partout dans un souci d’égalité. On voit là aussi que le principe d’égalité peut servir à toutes les sauces jusqu’à permettre n’importe quoi.