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465. Un conflit permanent

Il fut un temps où le principal ennemi de la science était la religion. En Europe, l’Eglise s’était opposée à nombre de découvertes scientifiques lorsqu’elles étaient en contradiction avec sa conception du monde. Des savants courageux terminèrent leur vie sur le bûcher ou firent amende honorable en se rétractant comme Galilée. Une conception religieuse de l’univers d’une grande prétention plaçant la planète Terre en son centre, et il était inadmissible que le Soleil ne tournât pas autour du nombril de la création divine et notamment celle de l'Homme. Aujourd’hui, le christianisme semble avoir fait plus ou moins la paix avec la science, et la notion de big-bang à l’origine de l’univers ne lui déplait pas.

Récemment, il semble que ce soit la politique qui a pris la place de la religion comme adversaire de la science. Ce sont des politiques, avec la caution de quelques médecins égarés, qui mirent en doute, sans la moindre compétence, les données de la science lors de la pandémie de COVID – 19 en discutant de sa gravité contre toute évidence, en s’opposant aux vaccins, à l’aide de théories délirantes, et comme au bon temps de l’Eglise, allant jusqu’à menacer de mort les scientifiques qui s’efforçaient de lutter contre l’épidémie.

Plus la science progresse plus elle est mise en doute comme si elle suscitait une peur primitive, celle du savant fou, celle de la naissance de créatures concurrentes (l’intelligence artificielle est de celle-là, et à juste titre), la peur de sa propre transformation est apparue avec les vaccins à base d’ARN messager accusés de modifier l’ADN du noyau, c’est à dire notre propre code génétique. Des craintes déraisonnables que les interventions médicales dans la procréation et le genre ne contribuent pas à calmer.

Parallèlement à la mise en doute de la science, ce sont souvent les mêmes qui font confiance aux « médecines alternatives » dont la plupart tiennent du charlatanisme, d’un bon rapport, elles ne cessent de se multiplier, et des membres du gouvernement semblent vouloir les favoriser. (voir 459)

Illustration: Le procès de Galilée devant l'inquisition (1633). Anonyme italien

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C
C'est un des travers de la démocratie. Churchill disait qq chose comme "le meilleur argument CONTRE la démocratie est une discussion de 5 minutes avec un électeur". Les Gilets jaunes et les réseaux sociaux semblent lui donner raison. La haine politique est monomaniaque, obsessionnelle et prime sur tout : la raison, l'analyse, la science, l'évidence, la prudence. Le médecin qui soigne mon ennemi est un traitre et mérite la mort. La science développée sous son règne est satanique et à l'évidence destinée à nous tuer.<br /> La politique de la terre brûlée appliquée à la science et à la médecine, en quelque sorte.<br /> Demain , nos petits-enfants iront en Chine ou en Corée du sud pour  recouvrer la vue ou recommencer à marcher grâce aux cellules-souches ou d'autres domaines de la science qui auront été interdits chez nous. Parce que c'est écrit dans la Torah, la Bible, le Coran ou dans le dernier pamphlet de Zemmour ou dans le dernier brûlot de Mélenchon.
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P
Contre la pensée scientifique, il y a la pensée magique combien plus séduisante. Le fait d'être médecin n'empêche pas d'être séduit par cette forme de pensée. On peut être médecin et religieux par exemple. Mais il n'y a aucun danger (ou presque) si la limite est claire et infranchissable. Hélas! ce n'est pas toujours le cas. Quand certains médecins ont commencé à parler d'"accouchement sans douleur" (je voudrais bien les y voir), combien d'autres se sont opposés au nom de l'Ecriture et du "tu accoucheras dans la douleur"?<br /> Petite chose amusante: un médcin qui m'a suivi et soigné (bien) pendant quelques années, croyait dur comme fer aux magnétiseurs qui "ôtaient le feu".
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B
C'est normal, logique et même souhaitable...<br /> La Science (en général et la médecine en particulier -même si je n'ai qu'un regard profane sur le sujet) a subi en quelques années plus de mutations qu'au cours des derniers siècles, et des dizaines de paramètres sont à considérer dans chaque domaine et un scientifique, aussi doué, probe, compétent, consciencieux et télégénique soit-il, ne saurait tous les maîtriser, à chaque instant, et à chaque nouvelle avancée. Le tout est de savoir si les scientifiques "sceptiques" ou "dissidents" (par rapport à quoi et à qui ?) sont tous des imposteurs, des incapables, des charlatans, des conspirationnistes ou en mal de publicité, ou si ils peuvent réfléchir différemment en incluant d'autres critères et en tirer d'autres conclusions... A force de les stigmatiser (c'est le mot à la mode) tous systématiquement, je conçois qu'ils fassent figure de victimes ou de martyrs au yeux du populo et/ou qu'ils aient tendance à une radicalisation de leur comportement. "Pas d'amalgame OVER ?"  <br />  <br /> D'autre part "...Il fut un temps où le principal ennemi de la science était la religion"... "Aujourd’hui, le christianisme semble avoir fait plus ou moins la paix avec la science"… la christianophobie tranquille :  Il me semble, mais c'est peut-être un préjugé, que l'islam (deuxième religion de l’Hexagone, mais première par les charivaris qu'elle instaure ) pose infiniment plus de problèmes tant à la médecine de ville qu'aux services hospitaliers (impression à vérifier auprès des intéressés) ?
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L
Il y a quand même des "créations" qui font un peur comme l'IA par exemple, que donnera-t-elle si elle est mal employée et elle le sera, il y aura toujours des gens malveillants pour le faire !
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S
Ces querelles et prétentions rivales s'inscrivent, peut-être, dans la théorie Schumpeterienne de "la destruction créatrice" qui fait progresser la science ?<br />
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