Il fut un temps où le principal ennemi de la science était la religion. En Europe, l’Eglise s’était opposée à nombre de découvertes scientifiques lorsqu’elles étaient en contradiction avec sa conception du monde. Des savants courageux terminèrent leur vie sur le bûcher ou firent amende honorable en se rétractant comme Galilée. Une conception religieuse de l’univers d’une grande prétention plaçant la planète Terre en son centre, et il était inadmissible que le Soleil ne tournât pas autour du nombril de la création divine et notamment celle de l'Homme. Aujourd’hui, le christianisme semble avoir fait plus ou moins la paix avec la science, et la notion de big-bang à l’origine de l’univers ne lui déplait pas.
Récemment, il semble que ce soit la politique qui a pris la place de la religion comme adversaire de la science. Ce sont des politiques, avec la caution de quelques médecins égarés, qui mirent en doute, sans la moindre compétence, les données de la science lors de la pandémie de COVID – 19 en discutant de sa gravité contre toute évidence, en s’opposant aux vaccins, à l’aide de théories délirantes, et comme au bon temps de l’Eglise, allant jusqu’à menacer de mort les scientifiques qui s’efforçaient de lutter contre l’épidémie.
Plus la science progresse plus elle est mise en doute comme si elle suscitait une peur primitive, celle du savant fou, celle de la naissance de créatures concurrentes (l’intelligence artificielle est de celle-là, et à juste titre), la peur de sa propre transformation est apparue avec les vaccins à base d’ARN messager accusés de modifier l’ADN du noyau, c’est à dire notre propre code génétique. Des craintes déraisonnables que les interventions médicales dans la procréation et le genre ne contribuent pas à calmer.
Parallèlement à la mise en doute de la science, ce sont souvent les mêmes qui font confiance aux « médecines alternatives » dont la plupart tiennent du charlatanisme, d’un bon rapport, elles ne cessent de se multiplier, et des membres du gouvernement semblent vouloir les favoriser. (voir 459)
Illustration: Le procès de Galilée devant l'inquisition (1633). Anonyme italien