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    La neige tombe

    Samedi matin, sur une chaîne TV, la présentatrice annonce : « la neige tombe et enflamme les réseaux sociaux ». Une déclaration sans doute destinée à nous réchauffer. Ainsi il ne suffit plus de délivrer une information : « la neige tombe », mais il faut simultanément se poser la question : Que disent les réseaux sociaux ? En l’occurrence, samedi matin, les réseaux disent que la neige tombe, ce qui vient conforter l’information puisque des internautes ont pris la peine, après avoir regardé par leur fenêtre et de constater que la neige tombe, de se précipiter sur leur ordinateur pour annoncer au monde entier que chez eux la neige tombe. Nous voilà rassurés, l’information est véridique car « la neige tombe » circule à profusion sur les réseaux sociaux au point de les enflammer.

    Cela jette un froid : ce matin sur France info la  déclaration d'une employée de la Croix Rouge en "tournée" dans le 9ème de Paris face à des personnes couchées dans la rue par ce froid : "ça leur permet de libérer la parole". Paroles...paroles...paroles...

    Igor Grabar : "Matin d'hiver"


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  • IA

    IA

    J'ai lu récemment un roman de science-fiction (cela faisait une éternité que je n’en avais pas lu un) écrit par l’américain Walter Tevis, et intitulé « L’oiseau d’Amérique » sur le thème rabattu des robots. Dans ce livre paru en 1980 (4 ans avant la mort de l’auteur), les humains avaient confié dans le passé l’essentiel des activités aux robots, y compris celle d’organiser et de diriger. Ce transfert de pouvoir étant justifié par le désir de promouvoir la paix et de permettre à l’humain futur, libéré de toutes les tâches, de ne songer qu’à lui-même en réduisant au minimum les contacts avec ses congénères pour éviter toute friction, source de violence. Le résultat – vous vous en doutez -  ne fut guère fameux, marqué par la disparition progressive des enfants et des vagues de suicide collectif : le retour de la violence, mais sur soi-même.

    Ce roman est une illustration de ce que l'on peut craindre. Je trouve, comme d’autres, que l’intelligence artificielle dont on parle beaucoup, et avec enthousiasme, n’est pas un progrès séduisant mais une chose plutôt effrayante.

    Mon smartphone et mon ordinateur me demandent parfois avec une voix tentatrice ce que je veux et je leur rabats toujours le caquet (mon téléphone n’a plus de clapet). L’IA, après avoir envahi les transports, va sûrement permettre ceux de la libido : le robot baiseu-r-se (là, il faut faire dans l’inclusif) nanti-e de tous les atouts pour cette fonction est proche de l’accouchement.

    J’étais dans ma jeunesse un modeste joueur d’échecs et j’avoue avoir été dépité, il y a déjà pas mal d’années, lorsqu’une machine, même si elle avait été programmée par d’autres humains, triompha du champion du monde, démontrant ainsi qu’une bonne partie de l’intelligence n’est basée que sur la mémoire. Puisque le champion du monde d’échecs se faisait battre par un ordinateur, je n’avais plus de dépit à prendre une déculottée face à la machine, j’avais intégré ma défaite.

    Toutefois, je commence à me sentir personnellement visé en apprenant que le robot chinois Xiao Yi ("petit médecin") a aisément réussi l’épreuve écrite du concours national chinois d’entrée en médecine avec 456 points sur 600 (sans recourir à internet). Un candidat humain a heureusement sauvé l’honneur en obtenant 553 points (il a toute ma sympathie) alors que les ingénieurs de l'Université Tsinghua de Pékin, avait fait ingurgité à la machine pas moins d'un million d'images, 53 000 ouvrages, deux millions de dossiers ainsi que 400 000 documents et rapports médicaux.

    Les bras m’en tombent.

    Un défi que les humains ne pourront jamais relever. Pourquoi encombrer notre mémoire puisque la machine de ce point de vue est bien supérieure, nous ne faisons plus l'effort de retenir, et une amputation de la mémoire conduira peut-être à un déficit de la pensée, car celle-ci est aussi faite de rapprochements que l'ordinateur effectuent plus vite et mieux que nous. Il ne restera plus aux humains, qu’à intégrer leur défaite…Ou de briser les machines sophistiquées et présentes dans tous les domaines, concurrentes dangereuses car elles pourront peut-être un jour se fabriquer elles-mêmes.

    Ainsi dans ma vie j’ai lu des romans d’anticipation qui me paraissaient à l’époque totalement imaginaires pour voir finalement l’imaginaire se réaliser sous mes yeux.


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  • « L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament étudie le cas de 14 patients décédés alors qu'ils prenaient du Levothyrox. Ce mercredi 29 novembre, l'hebdomadaire Ebdo a révélé que les morts de plusieurs personnes avaient été enregistrées dans la banque nationale de données recensant les effets secondaires des médicaments. » (Huffpost)

    Ce journal Ebdo* titre carrément : « Les 13 morts du Levothyrox cachées par les autorités françaises ».

    Un titre particulièrement « lourd », pour ne pas dire inepte. D’abord il affirme que les 13 morts ont été provoquées par le Lévothyrox (pris par 3 millions de personnes) et ensuite que les autorités françaises cachent délibérément la survenue de ces décès. Si après ça les patients ne sont pas paniqués, c’est qu’ils ont les nerfs solides.

    Si le titre est racoleur et nuisible, dans l’article même la « journaliste » est un peu plus prudente quant à la relation de cause à effet qui reste à démontrer entre la prise du médicament et le décès. Et je me demande pour ma part ce qui pourrait bien tuer dans la nouvelle formule qui ne comporte que deux excipients nouveaux (mannitol et acide citrique anhydre qui se trouvent dans beaucoup de produits que l’on ingère) par rapport à l’ancienne formule, substances qui paraissent tout de même anodines (voir également : « 251. Quand une hormone file les glandes »).

    En dehors de l’atteinte thyroïdienne, le journal ne mentionne aucunement la possibilité de pathologies graves associées mais signale tout de même que l’une des femmes décédées avait 87 ans et l’autre 85 et admet que le traitement pouvait comporter d’autres médicaments. L’article laisse par ailleurs soupçonner que des morts fœtales seraient également à mettre sur le compte de la nouvelle formule sans la moindre référence statistique comparative.

    Ainsi parmi les centaines de personnes (sur 3 millions) qui ont signalé des effets secondaires, même si elles sont âgées, même si elles ont d’autres maladies éventuellement graves, même si elles prennent d’autres médicaments, c’est le Lévothyrox qui serait a priori responsable de la survenue de leur décès.

    La science journalistique a ses propres théorèmes, le premier étant celui d’attirer l’acheteur et plus ça fait peur, plus ça attire.

    Reste l’accusation de cacher la « vérité » à la population (ce qui est très vendeur). Bien sûr, les morts sont enregistrées dans la banque nationale de données recensant les effets secondaires des médicaments : c'est un de ses buts. Mais cela ne veut pas dire que le médicament surveillé est à l’origine du décès. Si cette banque nationale des données de pharmacovigilance devait avertir le public de tous les décès survenus dans la population traitée par des médicaments dont les effets secondaires sont relevés, les journaux auraient de quoi publier.

    * Si ce nouveau journal a cherché à se faire connaître de cette façon, c'est réussi : on évitera à l'avenir de le consulter.


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  • La guerre des sexes aura-t-elle lieu ?« En cas de harcèlement sexuel, c’est à l'auteur des faits de démontrer devant la justice qu’il n’y a pas eu harcèlement. Le Défenseur des droits soutient les victimes et enquête pour les aider à gagner » http://bit.ly/2hkr2TL  18:01 - 25 nov. 2017

    Ce gazouillis provient du Défenseur des droits, un certain Toubon recasé là par Hollande qui, dans un éclair de génie, efface en 140 caractères la présomption d’innocence et fait de l’accusé un présumé coupable, ouvrant ainsi la voie à toutes les vengeances ou toutes les perversions, car en l’absence de témoins comment l’accusé pourrait-il démontrer son innocence ? La plainte pouvant être unique, à moins de recruter les copines.

    Quant au « délit d’outrage sexiste » inventé par Macron, c’est un excellent module de communication mais pratiquement inapplicable, sauf dans les rares cas où un agent assermenté assiste à l’outrage. Quant à l’outrage, ses contours seront bien difficiles à déterminer : un compliment un peu lourd est-il un outrage ? Outrage pour l’une et pas pour l’autre qui en sera peut-être flattée.

    Autant la prise de conscience de la situation des femmes (voir Femmes) et d’assurer leur défense sont des nécessités, autant la création permanente de nouveaux délits soumis à un appareil policier et judiciaire débordé, et le déferlement accusatoire auquel on assiste risquent fort de dépasser son but, de ressembler à une chasse à l’homme et de transformer les relations entre hommes et femmes, quand « le désir devient un délit », en une guerre des sexes nourrie de méfiance, poursuivant ainsi l'américanisation de la société européenne.


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  • Depuis le 6 novembre des milliers d’entre eux ont bloqué un pont autoroutier donnant accès à Islamabad. Pourquoi manifestaient-ils ? Pour demander la démission du ministre de la Justice. Elle a été obtenue ce jour au prix de sept morts et de deux cents blessés.

    Ce ministre, dans un amendement à la loi sur le blasphème, avait en effet omis de préciser dans sa formulation que les candidats aux élections devaient explicitement reconnaître que Mahomet est le dernier des prophètes.

    Or c’est bien évident qu’il l’est. Imaginez aujourd’hui qu’un homme (il est moins probable qu’il pourrait s’agir d’une femme) proclame que Dieu lui envoie régulièrement des messages directement ou par l’intermédiaire de l’archange Gabriel, que pensez-vous qu’il se passerait ? Où pensez-vous qu’il trouverait asile ?

    Depuis l’an 610 après la venue du second prophète (qui, lui, n’a pas eu besoin de l’archange Gabriel comme intermédiaire), il y eut des prophètes et des Messies autoproclamés, mais les uns se sont révélés des escrocs à forte tendance libidineuse et les autres, sincères, ont été accueillis en milieu spécialisé.

    Ces islamistes pakistanais ont donc parfaitement raison : Abū al-Qāsim Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim est bien le dernier prophète du monothéisme à avoir été pris au sérieux, et avec un recul de 1400 ans.

    Et que Dieu, dans sa miséricorde, nous préserve d’un quatrième.

    Les islamistes pakistanais ont raison


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  • AUX FEMMES 

    Femmes exposées nues à chaque coin de rue

    Femmes rendues honteuses au corps masqué

    Femmes épousées de force par des inconnus

    Femmes abandonnées une fois engrossées

    Fillettes au sexe mutilé pour ne pas jouir

    Filles coupables d’avoir été violées

    Femmes contaminées sans pouvoir rien dire

    Femmes battues pour une soupe en retard

    Femmes tuées dans des relents d’alcool

    Filles impubères vendues aux vieillards

    Fillettes assassinées après l’école

    Femmes prostituées que l’on met au pas

    Filles esclaves de gens sans parole

    Femmes-bétail juste bonnes à mettre bas 

    Femmes cachées, forcées, répudiées, vendues

    Femmes, exploitées, prostituées, battues

    Femmes violées, mutilées

    Au nom des hommes demeurés

    Au nom des hommes sans nom

    Je vous demande pardon
     

    Paul Obraska

    Félix Nussbaum : "Les perles"


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  • Les arbres en automne réussissent un spectacle dont on ne se lasse jamais. Ce mercredi, ce fut une apothéose.

    Paris s’était coiffé d’un ciel bleu sans le moindre nuage.

    Le soleil déjà bas l’après-midi envoyait ses rayons obliques faire flamboyer les dorures des arbres avant qu’elles ne tombent à nos pieds.

    Et nos pieds faisaient craquer les feuilles jaunes avec un bruit feutré.

    Et les feuilles mortes pourrissantes exhalaient leur parfum de foin coupé, seuls cadavres qui sentent bon.

    Les arbres en automne nous donnent le spectacle annuel d’une mort théâtrale dont ils se relèveront.

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  • Dans le monde politique, les convictions proclamées n’empêchent aucunement d’aller à la soupe et de toucher sans vergogne son salaire chez l’ennemi.

    J’avoue que cette incohérence et cette malhonnêteté intellectuelle me surprennent toujours, ce qui prouve que, malgré mon âge, il me reste un fond indécrottable de naïveté.

    Pourtant, je devrais savoir que l’argent n’a pas d’odeur et que dès qu’il vous parvient sa provenance importe peu. Il retrouve sa pureté une fois qu’il est entre vos mains alors qu’il est passé de mains en mains, et peut-être que le billet que vous manipulez provient-t-il d’un crime.

    D’une autre nature est d’aller ouvertement toucher votre salaire chez votre ennemi, chez celui que vous insultez chaque jour, chez celui dont vous souhaitez paradoxalement et bêtement la disparition alors qu'il remplit votre gamelle.

    Il me vient à l’esprit deux cas de cette malhonnêteté intéressée, mais ils sont probablement nombreux.

    Celui des souverainistes qui militent pour la disparition plus ou moins complète de l’Union européenne mais se font élire pour être membres de son assemblée et toucher sans état d’âme les indemnités correspondantes en s’arrangeant, bien sûr, pour en faire le moins possible.

    Autre exemple, dont j’ai récemment pris connaissance (Canard enchaîné du 15/11/17), celui de Houria Bouteldja, la porte-parole du bien nommé PIR (Parti des Indigènes de la République), raciste, antisémite et homophobe, cette féministe à la manière islamique a trouvé un filon inépuisable : le post-colonialisme qui permet de demander des comptes à la France sans date de péremption, en estimant qu’il est aussi à l’origine du terrorisme islamique pour lequel elle ne cache pas une certaine sympathie postcoloniale.

    Néanmoins, elle ne rechigne pas, en victime perpétuelle, à être entretenue par les post-colons, ses ennemis proclamés et coupables jusqu'à la nième génération : 

    Les cracheurs dans la soupe


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  • Un vent vertueux souffle sur le monde. Des documents révèlent que des gens très bien cherchent à éviter de payer des impôts en toute légalité, et leurs noms circulent sur les vecteurs de délation généralisée. Et les envieux s’indignent. Pourtant si l’on donnait le choix à ces envieux : préférez-vous payer des impôts ou ne pas en payer sans pour autant frauder, quel choix feraient-ils ?  

    Un vent vertueux souffle sur le monde. Il est venu des femmes qui, à juste titre, ne veulent plus être l’objet des assauts masculins non désirés jusqu’à en devenir criminels*. Un vent de délation souffle sur les réseaux sociaux : chaque jour des porcs sont balancés dans l’auge médiatique. Parfois ce ne sont que des porcelets qui avaient l'intolérable, l'irrespectueuse et grossière tendance, mais sans aller plus loin, à flatter les fesses des dames qui leur plaisaient (bien que Jane Birkin disait jadis – mais c’était avant – que ça lui remontait le moral). Une fois dans l’auge on en sort définitivement sali par la rumeur avant toute enquête, et les acteurs accusés se voient retirés des affiches, des films ou des séries, et les gens connus écartés comme des pestiférés avant tout jugement.

    La tristesse de la vertuUn vent vertueux pénètre dans les salles de garde des hôpitaux dont les murs sont parfois ornés de fresques très grivoises que des personnes scandalisées par leur existence voudraient faire repeindre, alors que l’accès de ces salles de garde n’est réservé qu’aux internes. J’en ai connu de très belles, dont une réalisée par Chaval avec un panneau intitulé « Mon Dieu, prothèsez-nous » et l’on devine de quelle prothèse il s’agit. Il paraît que ces fresques heurtent (qui ?) : elles seraient (bien modestement) pornographiques, alors que la pornographie autrement plus « hard » sort par tous les pores de nos écrans, et surtout sexistes car l’univers médical était dans le passé presque entièrement masculin. J’ignore quelle est l’opinion des internes féminines devant cet environnement plus phallique que vaginal.

    Pour paraphraser Aragon : l’avenir de l’homme, ce n’est pas la femme, mais le délateur et la délatrice en charge de la surveillance de la vertu placée au-dessous de la ceinture ou dans le compte bancaire.

    Aussi devant la montée de cette vertu triste et qui n'est pas sans danger, je tiens à rendre hommage à ce pilote de l’armée de l’air américaine qui fit preuve de résistance en dessinant avec habileté une verge céleste.

    La tristesse de la vertu

    Devant les protestations outrées, notamment féminines, ses supérieurs ont affirmé par la suite que le dessin d’un phallus dans le ciel ne faisait pas partie de l’entraînement des pilotes et ils se sont excusés auprès de la population, car « tout le monde était sous le choc » devant ce phallus géant et provocateur flottant au-dessus de leurs têtes.

    * En retour les hommes peuvent devenir des objets de haine de la part des femmes (féministes et/ou lesbiennes). Voir "La douceur féminine n'est plus ce qu'elle était".


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  • Une journaliste particulièrement utile

    C’est vrai que l’islamisme n’est pas une chose grave en soi. Ce fut également le cas du fascisme, du nazisme ou du communisme, chacune de ces idéologies n’était pas grave EN SOI, elles ne l’ont été que POUR LES AUTRES lorsqu’elles furent appliquées.

    Cette péronnelle parle de racisme d’Etat à l’égard des musulmans (en admettant que l'islam est devenu une race). Qu'elle aille réviser ses cours d’histoire (et on se demande même si elle en a suivis) pour savoir ce qu'est un véritable racisme d’Etat. Je lui conseille de consulter la période de la Seconde Guerre Mondiale en Europe et notamment en France où le régime de Vichy avait organisé "un système généralisé de racisme d'Etat" autrement plus mortifère que de demander que les lois de la République passent avant les lois religieuses, que de respecter la laïcité dans l'espace public, que d'interdire aux femmes de se masquer le visage, tout en permettant à des sympathisants de l'islamisme, inspirateur sans gravité des assassinats terroristes, d'intégrer l'enseignement ou les forces de l'ordre.


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