• Quand on déclenche un scandale en voulant bien faire

    L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament avait demandé au laboratoire Merck d’accroître la stabilité dans le temps de la lévothyroxine sodique, hormone de synthèse vendue sous le nom de Lévothyrox pour pallier le déficit ou l’absence de sécrétion de la glande thyroïde. Soulignons que l’absence de stabilité du produit était inconnue des patients et des médecins et aurait dû logiquement provoquer à un moment donné un déficit hormonal et par conséquent des signes d’hypothyroïdie chez les patients.

    Il n’en fut rien. Personne ne s’était plaint de quoi que ce soit : le Lévothyrox considéré à présent comme instable, prescrit depuis une éternité satisfaisait tout le monde.

    Par contre, le changement de formule (associé à un changement de conditionnement) en passant de < L-thyroxine + lactose > à < L-thyroxine + mannitol + acide citrique anhydre > (les autres excipients étant inchangés) vient de provoquer ce que l’on a appelé de suite un scandale sanitaire en raison des effets secondaires signalés qui se sont accumulés comme une petite avalanche (9000 sur 3 millions de patients, soit 0,3 % !) mais en faisant grand bruit car amplifiée par la caisse de résonnance des réseaux sociaux, les pétitions et les médias. Nous en sommes au stade juridique et à quelques dizaines de plaintes quasiment pour crime, mettant sur le même plan le scandale authentique du médiator et l’introduction de la nouvelle formule du Lévothyrox.

    Pourquoi ces effets secondaires ?

    Le laboratoire affirme que l’hormone elle-même est identique et les excipients ont été peu modifiés, mais les patients se plaignent et il faut les écouter.

    - L’équivalence entre l’ancienne et la nouvelle formule est-elle identique ? En moyenne, elle semble l’être d’après ceux qui se sont penchés sur la question. Par contre il est plus difficile de savoir si elle l’est pour une personne donnée. C’est la raison pour laquelle il a été demandé de faire un contrôle des taux sanguins au bout d’un mois environ. Si la dose donnée n’est pas parfaitement adaptée à la personne, ce déséquilibre du traitement peut expliquer certains troubles liés soit à un excès d’hormone soit à un déficit et il est simple d’y remédier en adaptant la dose. Par contre nombre d’effets secondaires signalés ne correspondent pas à un dysfonctionnement thyroïdien et il y a toutes les chances qu’ils persistent après réadaptation si les patients ont consulté leur médecin pour la faire.

    - Le changement d’excipient peut-il jouer un rôle ? Ce serait étonnant car le mannitol est largement utilisé dans l’industrie alimentaire (E 421) comme édulcorant et il n’a un effet laxatif (comme le sorbitol) qu’à forte dose, en outre la quantité utilisée dans chaque comprimé de Lévothyrox est minime.

    - S’agit-il pour beaucoup d’un effet nocebo ? Le signalement d’effets secondaires possibles largement amplifiés par les réseaux sociaux a probablement entrainé leur perception chez les patients qui craignaient leur survenue. Effet de panique. Sans compter que les gens n'hésitent pas à attribuer des troubles anciens à un phénomène nouveau.

    - Reste le soupçon complotiste vis à vis du laboratoire, mais on ne voit vraiment pas son intérêt. L’ancienne formule du Lévothyrox lui convenait très bien si l’ANSM ne s’en était pas mêlée.

    La démocratie sanitaire en action

    La ministre de la Santé a finalement cédé aux pressions et a demandé au laboratoire Merck de mettre en circulation ce qui lui reste de l’ancienne formule du Lévothyrox pour calmer les esprits. Mais pour un période transitoire, aussi la ministre compte demander à d’autres laboratoires de mettre à disposition des patientes (85% de femmes) de la thyroxine afin que celles-ci puissent choisir la formule qui leur convient comme sur l’étal d’un marché.

    Il reste pour améliorer cette démocratie sanitaire à élire les médecins parmi les patients. D’ailleurs cela commence à se faire avec les « malades experts ».


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  • 250. Est-il utile de s’astreindre à manger 5 fruits et légumes par jour et à bouger ?

    Ce message (pas celui du chat) largement diffusé s’adresse à l’ensemble de la population et vise à changer nos comportements : modifier notre alimentation, quels que soient nos goûts, et pratiquer un sport ou une activité physique, quelles que soient nos réticences.

    La question est évidemment de savoir si cette astreinte, qui peut être mal vécue, est efficace en permettant de prévenir ou même simplement de retarder nettement la survenue des maladies cardiovasculaires, ce qui est le but de ce message.

    Cette prévention est sûrement efficace pour ceux qui sont déjà atteints d’une de ces maladies (prévention secondaire) ou qui ont des prédispositions à en être atteint (facteurs de risque comme le diabète, l’hypertension artérielle, une nette élévation de certaines fractions du cholestérol, tabagisme qu’il est préférable d’arrêter plutôt que de suivre le message).

    Mais ces conseils hygiéno-diététiques s’adressent à toute la population, c’est à dire à une majorité de gens en bonne santé ou en tous cas exempts de maladies cardiovasculaires ou de facteurs de risque élevé. C’est ce qu’on appelle la prévention primaire que les politiques mettent en avant en priorité à chaque fois qu’on leur demande le contenu de leur programme de santé publique (cela n’a pas manqué avec Macron, présentant la prévention primaire[1] comme une avancée originale alors qu’il suit en cela tous ses prédécesseurs).

    Pour répondre à la question il a été demandé[2] à une « équipe d’épidémiologistes de Portland (Oregon, Etats-Unis) de faire une revue systématique des données concernant les bénéfices et les risques de conseils donnés par les médecins pour changer les comportements en prévention primaire des maladies cardiovasculaires chez les adultes sans facteur de risque cardiovasculaire. »[3]

    Les données ont été tirées de 88 études randomisées. Les auteurs ont constaté de 6 à 12 mois après le début du changement comportemental une diminution minime de la pression artérielle, du LDL cholestérol (athérogène), du cholestérol total et du poids.

    Mais il n’y a eu aucune différence entre les groupes (avec ou sans changement de comportement) pour ce qui concerne la qualité de vie en relation avec la santé, la mortalité globale, la morbidité et la mortalité cardiovasculaire. Mais le changement comportemental s’il peut être rasoir, ne comporte – et c’est heureux -  aucun risque.

    Bref, à l’échelle d’une population (celle que vise l’Etat), s’astreindre aux « 5 légumes et fruits par jour et à bouger » ne sert pratiquement à rien. Mais nous sommes dans la statistique, et cela ne veut pas dire qu’une personne donnée ne tire pas un bénéfice d’un changement de comportement conseillé par son médecin à titre individuel, mais en faire l’alpha et l’oméga de la politique de santé semble discutable, sinon abusif.

    Autres articles de ce blog concernant la prévention :

    De la persuasion au chantage

    Propos sur la prévention

    La prévention est-elle source d’économies ?

    L’échec de la véritable prévention

    ROSP

    Normalisation

    La révolution culturelle de Macron

     

    [1] Elle n’est pas discutable pour la lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme et les maladies infectieuses, notamment par les vaccinations.

    [2] Par l’US Preventive Services Task Force

    [3] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28697259


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  • Notre ministre de l'intérieur vient de découvrir le transfert de responsabilité. Il propose, en effet, que les psychiatres aident la police à dépister les individus susceptibles d'adopter les thèses de l'islam radical au point de vouloir passer aux actes terroristes, en avançant que le recours à la médecine est justifié par la fréquence (1/3) des troubles psychologiques constatés chez les individus qui font l'objet d'une surveillance dans le cadre d'une prévention des méfaits de l'islamisme.

    Ce sont probablement les personnes « bien connues des services de police » et qui deviennent bien connues de tout le monde au lendemain des assassinats qu'elles commettent ou qu’elles tentent de commettre.

    Cette notion de « troubles psychologiques » est d'ailleurs assez ambiguë. Peut-on considérer le fanatisme comme un « trouble psychologique » ? Croire posséder l'unique vérité et vouloir l'imposer à tout le monde, au besoin pas la force, me paraît plus tenir du délire que de l'équilibre mental. Mais, inversement, considérer que ceux qui adoptent une idéologie extrêmiste ressortent tous de la psychiatrie, c'est en quelque sorte nier la force de l'idéologie elle-même, et vouloir ainsi se rassurer : ce sont des « fous », il ne reste plus qu’à les dépister et à les soigner. Ce qui conduirait - le comble - à mettre en cause leur responsabilité !

    Quoi qu'il en soit, demander aux psychiatres de prévoir un passage possible à l'acte est illusoire, sauf s'il s'agit d'un débile profond avouant plus ou moins son désir de tuer. On sait qu'après un attentat les voisins et  l'entourage font souvent part avec étonnement de la douceur, de la gentillesse, de la réserve dont faisait preuve l'assassin de masse.

    Par contre, si l'on peut douter de l'efficacité de la démarche médico-policière, on ne doute pas de son intérêt politique puisque si une surveillance est relâchée avec l'aval du psychiatre, la responsabilité d'un passage à l'acte incomberait autant au psychiatre qu'à la police ou à la justice. Ce cas de figure est largement illustré par les récidives criminelles non prévues après examen psychiatrique (voir « Le mal mâle »).

    On ne s'étonne donc pas des réactions négatives des psychiatres qui se sont exprimés, outre le rappel du secret médical par le Conseil de l'Ordre (qui peut cependant être levé en cas de danger). Par ailleurs, on peut se demander comment la chose serait organisée : examen psychiatrique de tous les fichés S ? Assorti peut -être de soins dévoués mais néanmoins attentifs ? Et dans le cas où l'individu parait dangereux : surveillance accrue (dont on connait les aléas) ou internement ? Ce dernier dispositif sécuritaire étant très mal vu dans un Etat de droit pour un présumé innocent.

    Une réaction des psychiatres à laquelle il fallait s'attendre est la dénonciation de l'amalgame*. L’amalgame est de nos jours une valeur sûre. Comment ! Il est scandaleux de rapprocher maladie mentale et terrorisme ! C'est stigmatiser la maladie mentale, la stigmatisation étant le corollaire de l'amalgame. Donc, il ne faut pas dire que certains islamistes sont manifstement déséquilibrés. Curieux, si l'on trouve des troubles psychologiques chez un certain nombre de terroristes, cela ne veut pas dire que les malades mentaux sont  dangereux et prêts à organiser des actes terroristes. La crainte de l'amalgame encourage le déni. Lorsque deux groupes humains ont un point commun cela ne veut pas dire que si l'un des groupes est dangereux, l'autre l'est automatiquement. Cette crainte de l’amalgame conduit à vouloir interdire de signaler le point commun qui, en soi, n’est pas condamnable mais dont il faut tenir compte.

    * Aujourd'hui, "l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques a vivement réagi en regrettant cet « amalgame » entre terroristes et personnes atteintes de troubles mentaux."


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  • En consultant lepoint.fr (18/08/17), je suis tombé sur ce titre et de ma chaise :

    « Cancer : les "médecines alternatives" augmentent le risque de décès

    Selon des chercheurs de l'université Yale, les remèdes alternatifs seuls ne suffisent pas pour soigner un cancer, et font augmenter le risque de mourir. »

    Vous lisez bien : les remèdes alternatifs - il s’agit d’homéopathie, plantes, qi gong, yoga, naturopathie, acupuncture, diètes, méditation, prières... – ne suffisent pas seuls pour soigner un cancer.

    Parce que certains se posent réellement la question, dont apparemment les chercheurs de Yale à l’origine de l’étude.

    Ce qui est intéressant à noter est que « le groupe ayant eu recours aux médecines alternatives était en meilleure santé au départ, plus jeune, jouissait d'un meilleur niveau d'éducation et de revenus plus élevés ». Ce qui veut dire que les plus modestes sont les moins cons.

    Pour les détails, je vous renvoie à l’article, en soulignant que l’étude ne porte que sur la période initiale de la maladie, la différence serait probablement plus catastrophique sur une période plus longue et d'autant plus grande que l'on dispose pour un cancer donné d'un traitement standard efficace. Par ailleurs, il existe des biais, notamment le recours au traitement standard après une phase « alternative ».

    Je suis tombé de ma chaise


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  • 247. Quand la bouffe nous bouffe

    Les gens deviennent de plus en plus vigilants et de plus en plus méfiants sur ce qu’ils mangent. Certains se sentent même victimes de complots et s’estiment perspicaces en soupçonnant un empoisonnement. Tout vient alimenter la vigilance et la méfiance des consommateurs :

    Les médecins d’abord, qui, par leurs conseils diététiques pour lutter contre l’obésité, l’hypercholestérolémie, le diabète, l’hypertension artérielle etc… ont fini par condamner plus ou moins le gras, le sucre, le sel, les viandes rouges en privilégiant notre côté herbivore. Des médecins – ils en portent le titre - ou même des amateurs se sont engouffrés dans ce créneau porteur et rémunérateur en proposant des régimes plus ou moins farfelus et parfois dangereux censés nous éviter des tas de maladies et notamment les cancers, en nous promettant une longue vie si l’on obéit à leurs conseils sans la moindre preuve sérieuse de leur validité.

    Les écologistes ensuite, qui, à juste titre, se sont élevés contre la pléthore et le danger de produits chimiques utilisés en agriculture et dans l’industrie alimentaire risquant d’avoir un effet nocif sur notre santé et notre environnement.

    L’intervention des pouvoirs publics, enfin, qui, en imposant certaines mesures, étiquetage, interdictions ou autres, vient authentifier la menace alimentaire.

    A cela, il faut ajouter la masse énorme d’informations contradictoires drainées par internet qui vient nourrir l’angoisse alimentaire et le complot des multinationales.

    "Nous vivons une mutation culturelle de l'alimentation qui nous amène à douter fondamentalement de ce que nous mangeons à cause de l'éloignement du producteur et du consommateur, de la délégation du contrôle par le consommateur à des institutions lointaines, des crises alimentaires..." (Patrick Denoux, AFP).

    Pour beaucoup, et notamment pour les nouvelles générations, se nourrir peut devenir une préoccupation pour ne pas dire une hantise, et le choix des aliments lors de leur achat et lors des repas, un véritable parcours du combattant. Un de mes petits-fils, qui n’a fait aucune étude pour devenir médecin, biologiste ou chimiste, connaît tous les produits chimiques (dont je suis incapable de retenir le nom) susceptibles d’être ajoutés aux aliments ou aux friandises, il connaît ceux qui en contiennent (sans regarder leur composition) et, bien sûr, leurs effets possibles sur l’organisme.

    Choisir une nourriture la plus saine possible n’est évidemment pas un défaut, mais la vigilance et la méfiance peuvent parfois tourner à l’obsession jusqu’à devenir dangereuses. Il arrive ainsi que le plaisir de manger se transforme en peur alimentaire et que l’obsession de la santé finit par rendre malade.

    L’orthorexie est une attitude vis à vis de l’alimentation qui toucherait 2 à 3% des Français, notamment dans les classes dites supérieures, attitude qui pousserait par ex. à "Manger un fruit uniquement s'il a été cueilli il y a moins d'une minute, faire des mini repas assortis de compléments alimentaires... », et à devenir crudivore et frugivore jusqu’à refuser de manger toute protéine animale (vegan). Des régimes sources de carences multiples et de maladies risquant de ternir la pureté recherchée et d’abréger l’immortalité promise par une sélection alimentaire déraisonnable.

     


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  • L'intervention de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à la conférence internationale du sida a été perturbée par des militants scandant "Shame on Macron". Pourquoi ? Trois associations de lutte contre le sida (Coalition Plus, Act-Up Paris et Aides) ont regretté l'absence d’Emmanuel Macron à cette conférence, alors qu’elle se déroule à Paris jusqu’au 26 juillet. Elle est le signe, selon elles, d'un "désengagement de la France", "comparable à celui de Donald Trump".

    Il faut avouer que les associations de lutte contre le sida foisonnent, et le fait que la maladie a préférentiellement touché les homosexuels masculins n’est pas étranger à cette émergence, d’autant plus qu’elle les touchent encore largement puisque la prévalence de la séropositivité dans cette population atteint presque les 15% !

    Ces associations ont toujours été très politisées, parfois à mauvais escient. Lorsque la maladie est apparue et qu’à l’époque elle était toujours mortelle et ne touchait pratiquement que les HSH (les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes), on interdisait aux médecins de rechercher une contamination éventuelle sans avoir la permission du patient afin d’éviter toute stigmatisation. Cette décision politique stupide sous la pression des associations d’homosexuels a évidemment contribué à étendre la maladie.

    Si Macron devait assister à toutes les conférences médicales pour prouver qu’il ne se désintéresse pas de la maladie concernée (il reçoit cependant des délégations concernant le sida et son absence à la conférence ne prouve aucunement le "désengagement de la France"), il a du pain sur la planche. On doit tout de même faire remarquer à ces associations de lutte contre le sida qui semblent très susceptibles, que l’on meurt aujourd’hui bien plus souvent du cancer ou de maladies cardiovasculaires que du sida, et que les participants aux conférences sur le cancer ou le cœur n’exigent pas à chaque fois la présence du président de la République.

    Pour changer de président, dimanche dernier, la conférence a appelé le président américain à maintenir les aides du pays. En prévenant que si les Etats-Unis réduisaient leurs aides en faveur de la recherche pour le sida, « cela se traduirait par des morts et des nouvelles contaminations supplémentaires ».

    Je suis évidemment partisan de maintenir ou d’augmenter les crédits pour la recherche médicale et ce, quelle que soit la maladie. Mais en matière de sida, on peut se demander pourquoi la réduction des crédits pour la recherche conduirait obligatoirement à plus de morts et de contaminations. Certes, trouver un vaccin serait l’idéal, mais en son absence, aujourd’hui, le traitement existe (même s'il peut être amélioré et mieux diffusé) et a permis de transformer une maladie toujours mortelle en une maladie chronique contrôlée.

    Et si l’on parle de nouvelles contaminations, autant que des crédits ne faudrait-il pas aussi parler du comportement des populations le plus souvent touchées par le VIH ? La façon de vivre sa sexualité est le principal facteur en matière de contamination, la multiplicité des partenaires, le type de rapports et l’abandon du préservatif, en sont les premières causes. Un changement de comportement, dont ne semble pas vouloir nombre de jeunes, serait bien plus efficace que tous les crédits du monde, mais il ne semble pas pour demain depuis que l’on a montré que la prise préventive d’antirétroviraux (fort onéreuse) diminue nettement les risques de contamination et conduira peut-être à ne plus prendre de précautions pour ceux qui ne veulent mettre aucun frein à leur sexualité et demande à la société de le leur permettre.*

    Voir aussi : "192. Comment jouir sans entrave aux frais du contribuable"

    *Actuellement, à l'AP-HP, 2500 personnes bénéficient de la prévention PrEp (préexposition) en prenant du Truvada (association d'anti-rétroviraux) de façon quotidienne ou ponctuelle.


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  • Si certains territoires sont dépourvus de médecins, c’est tout simplement parce qu’ils ne veulent pas y vivre et rarement en raison de la difficulté d’y exercer leur métier. Ils ne veulent pas y vivre parce que les infrastructures peuvent manquer, parce qu’ils seraient isolés, parce que leur famille aux habitudes citadines ne veut pas se résoudre à devenir campagnarde, que le conjoint ne veut pas abandonner son activité professionnelle lorsqu’il ne peut pas l’exercer dans ces territoires désertés.

    J’ai toujours pensé qu’une des solutions possibles est de demander aux médecins d’assurer une consultation hebdomadaire dans ces « déserts médicaux ». Il suffit de leur donner quelques avantages pour rendre ces déplacements attractifs, la France étant finalement un petit pays, les distances à parcourir ne sont pas élevées et sortir du train-train ne devrait pas être désagréable et plutôt formateur. Pour ce qui me concerne, je n'aurais pas hésité à le faire.

    Aussi ai-je été agréablement surpris par les propositions dans ce domaine de la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn (Le Parisien) :

    « Dans les zones rurales, il faut être ingénieux ! Prenez le cas d'une ville avec un ou plusieurs hôpitaux. Une à deux fois par semaine, certains médecins pourraient être 'détachés' pour aller donner une consultation dans les endroits en désertification, sans avoir l'obligation d'y vivre. Idem pour les médecins libéraux. Dans un rayon de 30 km à 50 km, ils pourraient faire une consultation temporaire".

    Elle ajoute, à juste titre, que la télémédecine peut rendre des services et elle cite le cas de la dermatologie qui se prête effectivement bien à ce mode de consultation. Le diagnostic étant d’abord basé sur la vue des lésions, la transmission des images à un spécialiste est aujourd’hui aisée.

    245. Pâturage et vapotagePar contre en déclarant : « Le vapotage permet de réduire sa consommation mais pas l'arrêt complet du tabac. Or, c'est ce qui compte pour prévenir les cancers et les maladies cardiovasculairesOn ne reviendra donc pas sur l'interdiction de vapoter mise en place le 1er octobre prochain dans certains lieux publics », la nouvelle ministre tombe dans le même contresens que Mme Touraine : considérer que la e-cigarette est avant tout une méthode de sevrage du tabagisme. Elle l’est, bien sûr, mais elle n’a pas, comme les autres méthodes (patchs de nicotine), une efficacité absolue, tout en permettant tout de même de réduire la consommation, ce qui n’est déjà pas si mal.

    Ce qui compte est de ne pas inhaler la fumée toxique du tabac et de ne pas la faire inhaler aux autres, c’est elle qui favorise cancers et maladies cardiovasculaires, ce qui n’est pas le cas de la vapeur d’eau dégagée par le vapotage. Il faut favoriser, si on ne peut pas arrêter de fumer, le remplacement d’une fumée toxique par une qui ne l’est pas, même si le vapotage délivre de la nicotine (dont on peut diminuer progressivement la dose).

    Pour moi, la e-cigarette est avant un substitut au tabac et sous prétexte qu’elle ne permet pas toujours son arrêt total, on dresse des obstacles qui poussent les vapoteurs à sortir en plein air et à se mêler aux fumeurs de tabac, ce qui risque fort de les conduire à reprendre la cigarette qu’ils avaient abandonnée. C'est probablement la raison pour laquelle on constate la baisse actuelle de l’utilisation de la e-cigarette et c'est dommage.

    Dessin de Philippe Geluck


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  • 244. Le retour de Dracula

    Au XIIe siècle, les conciles (Clermont, Latran, Tours) interdirent aux membres du clergé la pratique de la médecine et surtout de la chirurgie en vertu du principe : « Ecclesia abhorret a sanguine ». En 1492, le Pape Innocent VII, gravement malade, aurait dû s'en souvenir quand son médecin lui proposa la première transfusion sanguine humaine connue avec le sang de trois enfants. Les quatre en moururent. Le Pape aurait pu supporter la transfusion si son groupe sanguin avait été celui du « receveur universel », mais le monde est mal fait et ce groupe est le plus rare des quatre principaux découverts par l'autrichien Karl Landsteiner en 1901. La chance que les enfants soient tous trois des « donneurs universels » était également mince.

    Les histoires de vampires alimentent les légendes et les spectacles, où l’on met en scène la jouissance vampirique de boire du sang ou de se baigner dedans. Du sang provenant de préférence du cou gracile et bien tentant de jolies jeunes femmes dont l'éventuelle virginité lui apporte un supplément de qualité.

    Les vertus soi-disant rajeunissantes du sang juvénile viennent d’être remis à la mode par Jess Karmazin physicien de 32 ans, diplômé de l’université de Stanford qui a fondé une start-up dénommée Ambrosia. Il aurait déjà une centaine clients. Ils doivent être au moins âgés de 35 ans, sans doute pour que l’efficacité de la cure ne les transforme pas en nourrisson, l’autre condition étant de débourser 8000 dollars pour en bénéficier.

    L’opération sera probablement très rentable car le promoteur se fournit comme tout un chacun dans les banques de sang (dont les « donneurs » sont rémunérés aux USA, ce qui assure leur plein succès) sans avoir à recruter des jeunes gens pour en faire couler le sang comme ce fut le cas du pape Innocent VII.

    Henry Fuseli "Le cauchemar"


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  • 243. Le bon exempleMarlène Schiappa, âgée de 34 ans, est la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes. Cette jeune femme est entrée dans la notoriété et dans le gouvernement actuel par la porte des réseaux sociaux. Blogueuse, elle a fondé le réseau "Maman travaille » et est l'auteur de plusieurs guides.

    Dans son "Guide de grossesse", publié en 2014, elle donne le bon exemple en livrant 10 conseils pour se faire prescrire un arrêt de travail par son médecin. Conseils tirés de sa propre expérience après son accouchement et au terme de son congé maternité qu’elle trouvait un peu juste pour résoudre les problèmes du post-partum. C’est une sage-femme qui lui a fourni quelques "conseils à mettre en œuvre en cas de contrôle de la CPAM, ou en cas de prolongation de l'arrêt".

    Conseils que notre future secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes n'hésite pas à partager avec les futures ou jeunes mamans lors d’une consultation chez le médecin :

     - Se "faire moche""Une queue de cheval mal attachée, la peau nue, un t-shirt blanc crado et un jean douteux seront du meilleur effet. Ne vous lavez pas et ne vous parfumez pas".

    - "Pendant que vous parlez, toussez, touchez-vous le visage, rongez-vous les ongles, mettez la main devant la bouche pour couvrir des nausées... Ayez l'air traumatisée. Ne pas hésiter à simuler une douleur en "fermant les yeux et en grimaçant" Regardez par la fenêtre, demandez un verre d'eau, faites répéter les phrases au médecin." Surtout, ne pas sourire. Ou bien arborer un "petit sourire triste".

    - Venir avec le bébé à l'heure du repas pour faire plus "misérable", jouer la carte du "sans famille" et pleurer si possible. "Exagérez tout""Vous avez eu un étourdissement ? Dites que vous êtes tombée dans les pommes. Vous avez eu des nausées ? Dites que vous avez vomi pendant une heure."

    - Mme Schiappa, afin d'inquiéter davantage le médecin, fournit à ses lectrices une liste de "questions idiotes et flippantes" à poser, telle "le foetus peut-il parler à travers le ventre de sa mère ?".,

    « Et surtout ne pas jubiler quand le généraliste attendri aura enfin cédé en délivrant le précieux sésame ». Cela va de soi si l’on veut obtenir une prolongation ultérieure.

    Reste à Marlène Schiappa, la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, à éditer un guide de simulation pour les hommes afin d’obtenir un arrêt de travail auprès de leur médecin lorsqu’ils l’estiment nécessaire.

    Source : Egora.fr Je n'ai donc pas lu directement les phrases transcrites, je les ai tirées de cette source habituellement sérieuse. Je n'ai pas retrouvé le texte original, explications ci-dessous :

    Posté par webmaster d'Egora le lun, 22/05/2017 - 16:03 

    "La photo des pages en question tourne sur les réseaux sociaux. Et nous avons retrouvé le post d'origine -supprimé depuis- sur son blog, grâce au site <a href="https://archive.org/web/" target="_blank" rel="nofollow">Way back machine</a>."


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  • Alors qu’aux USA on considère officiellement (depuis peu) que ne pas mentionner sur l’emballage des produits homéopathiques à la vente qu’« Il n’y a aucune preuve scientifique de l’efficacité de ce produit » et que dans le cas où un laboratoire ne le ferait pas, il pourrait être poursuivi pour publicité mensongère (voir « Enfin ! »), en Ontario, une province du Canada, les homéopathes peuvent à présent traiter des patients atteints de cancer ! Il existe même un Ordre des homéopathes. Ce qui est amusant, si j’ose dire, est qu’un responsable de cet Ordre a déclaré : "Notre travail, c’est de s’assurer que les gens aient accès à des homéopathes compétents et qualifiés".

    On peut rassurer les malades : que l’homéopathe soit compétent ou pas, cela ne changera rien à l’évolution de leur cancer, sauf qu’en l’absence de traitement efficace associé, ils mourront plus rapidement.

    Dans l’article que j’ai consulté, il est signalé qu’en 2016, dans une ville de l’Ouest du Canada un garçon est décédé des suites d’une infection streptococcique, car sa mère a préféré le soigner avec des remèdes homéopathiques.

    Je suis déçu, je pensais les Canadiens plus sensés. Mais pourquoi le seraient-ils plus que les homéopathes ?

    NB. Ce petit billet est la preuve de mon overdose des élections présidentielles qui traînent depuis des mois et qui continuent à monopoliser les ondes et les écrans. Il faut faire quelque chose, cela devient insupportable. C’est dans ce domaine que l’on pourrait utiliser à bon escient un traitement homéopathique.


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