• 243. Le bon exempleMarlène Schiappa, âgée de 34 ans, est la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes. Cette jeune femme est entrée dans la notoriété et dans le gouvernement actuel par la porte des réseaux sociaux. Blogueuse, elle a fondé le réseau "Maman travaille » et est l'auteur de plusieurs guides.

    Dans son "Guide de grossesse", publié en 2014, elle donne le bon exemple en livrant 10 conseils pour se faire prescrire un arrêt de travail par son médecin. Conseils tirés de sa propre expérience après son accouchement et au terme de son congé maternité qu’elle trouvait un peu juste pour résoudre les problèmes du post-partum. C’est une sage-femme qui lui a fourni quelques "conseils à mettre en œuvre en cas de contrôle de la CPAM, ou en cas de prolongation de l'arrêt".

    Conseils que notre future secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes n'hésite pas à partager avec les futures ou jeunes mamans lors d’une consultation chez le médecin :

     - Se "faire moche""Une queue de cheval mal attachée, la peau nue, un t-shirt blanc crado et un jean douteux seront du meilleur effet. Ne vous lavez pas et ne vous parfumez pas".

    - "Pendant que vous parlez, toussez, touchez-vous le visage, rongez-vous les ongles, mettez la main devant la bouche pour couvrir des nausées... Ayez l'air traumatisée. Ne pas hésiter à simuler une douleur en "fermant les yeux et en grimaçant" Regardez par la fenêtre, demandez un verre d'eau, faites répéter les phrases au médecin." Surtout, ne pas sourire. Ou bien arborer un "petit sourire triste".

    - Venir avec le bébé à l'heure du repas pour faire plus "misérable", jouer la carte du "sans famille" et pleurer si possible. "Exagérez tout""Vous avez eu un étourdissement ? Dites que vous êtes tombée dans les pommes. Vous avez eu des nausées ? Dites que vous avez vomi pendant une heure."

    - Mme Schiappa, afin d'inquiéter davantage le médecin, fournit à ses lectrices une liste de "questions idiotes et flippantes" à poser, telle "le foetus peut-il parler à travers le ventre de sa mère ?".,

    « Et surtout ne pas jubiler quand le généraliste attendri aura enfin cédé en délivrant le précieux sésame ». Cela va de soi si l’on veut obtenir une prolongation ultérieure.

    Reste à Marlène Schiappa, la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, à éditer un guide de simulation pour les hommes afin d’obtenir un arrêt de travail auprès de leur médecin lorsqu’ils l’estiment nécessaire.

    Source : Egora.fr Je n'ai donc pas lu directement les phrases transcrites, je les ai tirées de cette source habituellement sérieuse. Je n'ai pas retrouvé le texte original, explications ci-dessous :

    Posté par webmaster d'Egora le lun, 22/05/2017 - 16:03 

    "La photo des pages en question tourne sur les réseaux sociaux. Et nous avons retrouvé le post d'origine -supprimé depuis- sur son blog, grâce au site <a href="https://archive.org/web/" target="_blank" rel="nofollow">Way back machine</a>."


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  • Alors qu’aux USA on considère officiellement (depuis peu) que ne pas mentionner sur l’emballage des produits homéopathiques à la vente qu’« Il n’y a aucune preuve scientifique de l’efficacité de ce produit » et que dans le cas où un laboratoire ne le ferait pas, il pourrait être poursuivi pour publicité mensongère (voir « Enfin ! »), en Ontario, une province du Canada, les homéopathes peuvent à présent traiter des patients atteints de cancer ! Il existe même un Ordre des homéopathes. Ce qui est amusant, si j’ose dire, est qu’un responsable de cet Ordre a déclaré : "Notre travail, c’est de s’assurer que les gens aient accès à des homéopathes compétents et qualifiés".

    On peut rassurer les malades : que l’homéopathe soit compétent ou pas, cela ne changera rien à l’évolution de leur cancer, sauf qu’en l’absence de traitement efficace associé, ils mourront plus rapidement.

    Dans l’article que j’ai consulté, il est signalé qu’en 2016, dans une ville de l’Ouest du Canada un garçon est décédé des suites d’une infection streptococcique, car sa mère a préféré le soigner avec des remèdes homéopathiques.

    Je suis déçu, je pensais les Canadiens plus sensés. Mais pourquoi le seraient-ils plus que les homéopathes ?

    NB. Ce petit billet est la preuve de mon overdose des élections présidentielles qui traînent depuis des mois et qui continuent à monopoliser les ondes et les écrans. Il faut faire quelque chose, cela devient insupportable. C’est dans ce domaine que l’on pourrait utiliser à bon escient un traitement homéopathique.


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  • Dans le premier débat télévisé où se sont confrontés les cinq candidats en tête selon les sondages pour la présidentielle, Macron s’est déclaré à plusieurs reprises d’accord avec certains de ses concurrents. Ce constat n’a pas manqué de soulever quelque ironie. C’était inhabituel, mais cela n’avait rien d’étonnant compte tenu de la position qu’il a adopté sur l’échiquier politique, son rejet de toute idéologie et son projet de proposer des solutions provenant aussi bien de la droite que de la gauche.

    Néanmoins, des déclarations lors de sa campagne électorale font parfois penser au caméléon qui adopte pour sa protection la couleur du milieu dans lequel il se trouve. Pour Macron, c’est plus pour plaire et recueillir des voix que pour se défendre. C’est pour plaire aux Algériens qu’il a déclaré que la colonisation fut un « crime contre l’humanité ». Cette attitude me rappelle l’extraordinaire film de Woody Allen : « Zelig » où le héros adopte par mimétisme le caractère et même les traits physiques des gens qu’il fréquente, devenant obèse parmi les obèses ou noir parmi les noirs, afin d’être adopté par le milieu où il se trouve.

    Lors de sa visite à l’île de la Réunion, Emmanuel Macron a répondu à une question sur les médecines alternatives : "On n'a pas assez développé, à la fois la prévention, la médecine par les plantes, et les thérapies alternatives", en ajoutant : "Le Pr Joyeux qui fait un travail remarquable, est très connu à travers l'ensemble de l'Outre-mer. C'est une manière intelligente d'utiliser la biodiversité". Déclaration voulant sans doute plaire à celui qui avait posé la question et qui prétendait que l’on pouvait aisément traiter le diabète par la nutrition et les plantes plutôt que par les médicaments qui peuvent évidemment provoquer des effets secondaires.

    Pour séduire son interlocuteur, le candidat Macron n’a pas hésité à enfiler une brochette de bêtises :

    - Le travail remarquable du Pr Joyeux (cancérologue) a surtout consisté à s’opposer à la vaccination, ce qui lui a voulu quelques réactions de la part de l’Académie de médecine et du Conseil de l’ordre.*

    - Le développement de la prévention qui semble constituer l’essentiel de sa proposition de réforme de l’assurance maladie est en fait la tarte à la crème de tous les politiques depuis des décennies. Si son intérêt n’est pas discutable sur le plan médical, son intérêt sur le plan économique est sujet à caution (voir ICI).

    - La médecine par les plantes n’est pas sans intérêt, mais n’est pas sans effets secondaires (voir ICI)

    - Les thérapies alternatives (que l’on pourrait assimiler aux « faits alternatifs » de l’équipe de Trump) n’ont pas d’efficacité autre que celle du placebo (voir ICI). Il est prudent de réserver les médecines douces aux maladies douces qui guérissent spontanément. Les médecines parallèles sont surtout parallèles aux maladies et ne se rencontrent jamais.

    Macron a-t-il été influencé par les nombreuses émissions de TV consacrées à ces thérapies alternatives ?

    Leur liste a été établie par l’ASTEC (l’Association pour la science et la transmission de l’esprit critique), dont je cite, ci-dessous, un extrait de la lettre ouverte aux médiateurs des programmes de l’audiovisuel public :

    « On ne peut que constater l’importance du temps d’antenne voué à promouvoir ou à présenter sans esprit critique des dizaines de pseudosciences et de médecines non conventionnelles (…). Sans analyse critique, les allégations des pseudo-experts sont reçues comme des vérités validées par le service public et ajoutent un argument d’autorité "vu à la TV" dans l’arsenal de personnes incapables de prouver la justesse de leurs thèses et qui vivent donc de la crédulité des gens. À une époque où tout le monde déplore l’ère de la "post-vérité" les discours démagogiques, la radicalisation et les ravages de la pensée extrême, et où les pouvoirs publics déclarent régulièrement qu’il faut stimuler l’esprit critique, nous pensons que les journalistes (et j’ajouterais les politiques) devraient être parmi les premiers à se former pour comprendre la démarche scientifique et connaître les biais cognitifs qui leur font écrire des articles ou des reportages ». (https://www.esprit-critique.org/2017/03/06/traitement-pseudosciences-service-public/)

    * Cette sortie ayant provoqué de nombreuses réactions, il a été par la suite précisé par l'entourage d'Emmanuel Macron que celui-ci voulait parler, non pas du Pr Henri Joyeux opposé à la vaccination, mais du Dr Henri Joseph phytothérapeute. 


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  • 241. Nouvelles médicalesLe Texas est l’un des Etats des USA où la législation sur l’avortement est la plus sévère. Dernièrement, une loi est entrée en vigueur obligeant les femmes victimes d’une fausse couche ou ayant avorté à enterrer le fœtus, (voir « 233. L’arme fœtale »), ainsi la femme ayant eu recours à un avortement est quasiment mise dans une position de meurtrière.

    Une nouvelle loi dans cet Etat : le Senate Bill 25 donne aux médecins la liberté de révéler ou non à la future mère l’existence d’un handicap ou d’une malformation du fœtus qu’elle porte. Cette loi est subtile. Elle pourrait se justifier par une opposition à l’eugénisme, mais elle a surtout pour but de restreindre l’avortement lorsque le médecin est contre et de le protéger des plaintes éventuelles à la naissance d’un enfant malformé. A la famille d’assumer, mais sans avoir été informée au préalable.

    241. Nouvelles médicalesLa syphilis qui avait fait des ravages dans le passé (Voir : 29 bis « Dieu et les maladies ») était devenue rare. Elle devient de plus en plus fréquente touchant principalement les hommes homosexuels (dans 90% des cas). A cet égard la médecine s’était progressivement désarmée pour ce qui concerne le diagnostic biologique (auparavant systématique), avec la suppression de la déclaration obligatoire des syphilis en 2000 (la progression de la maladie a commencé dans les années 90) et l’arrêt de la fabrication de l’extencilline (qui a été semble-t-il reprise). Le nombre de cas est passé de 700 en 2012 à 1100 en 2014, dont 83% d’hommes homosexuels et 34% de co-infection avec le VIH.

    Avec les traitements dont nous disposons contre le SIDA, les comportements à risque se sont multipliés et le préservatif trop souvent abandonné. Il faut en outre souligner que la syphilis se transmet parfaitement par le sexe oral, qui, lui, est exceptionnellement protégé.

    241. Nouvelles médicalesLe préservatif étant la meilleure protection contre les maladies sexuellement transmissibles, ceux qui négligent de l’enfiler seront-ils séduits par le préservatif connecté ?

    l'I'Con (le bien nommé), vient d’être inventé par le fabricant britannique British Condoms sous le slogan : « le premier préservatif intelligent au monde » (70 €). C’est un anneau pénien connecté (placé sur le préservatif) pour mesurer les performances sexuelles. « Composé de nanopuces et de capteurs sensoriels, il permettra à ses utilisateurs de collecter des données comme la vitesse, la durée et la fréquence des rapports sexuels ». Tout en estimant le nombre de calories dépensées pendant l'acte et en assurant la détection des infections sexuellement transmissibles telles que la syphilis ou la Chlamydia.

    Et ce qui n’est pas négligeable, le partage des données pourra se faire grâce à une application avec la possibilité de les comparer à celles d'autres utilisateurs et même d’établir un classement entre eux.

    On n’arrête pas le progrès et  l’I Con nerie non plus. (E-Santé)


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  • 240. En marche sur ordonnanceIl est maintenant de notoriété publique qu’il est sain d’avoir une activité physique régulière. D’ailleurs ce conseil (« bouger ») est répété sur le bandeau inférieur des écrans de télévision lorsque ceux-ci font la publicité de nourritures dont l’abus peut conduire à l’obésité.

    L’activité physique la plus simple, la plus efficace et à la portée de toute personne autonome est la marche régulière et si possible la marche rapide ou la course légère.

    A présent, depuis le 1er mars les patients atteints d’une affection de longue durée (environ 10 millions) pourront marcher sur prescription médicale, mais à leur frais. Ce qui est logique, car rembourser la marche aurait soulevé trop de difficulté pour distinguer la marche nécessaire de la marche thérapeutique et certains fraudeurs auraient pu joindre l’utile à l’agréable.

    Mais si la marche régulière ne nécessite pas d’ordonnance, elle nécessite de la volonté et une discipline personnelle.

    La prescription, elle, permet de diriger le patient qui répugne à marcher seul vers un kinésithérapeute, un professeur de sport spécialisé ou ergothérapeute qui règlera son activité physique en fonction de ses moyens (physiques dans un premier temps, pécuniaires dans un second), et surtout le patient inclus dans un groupe pourra se faire des amis, en s’ennuyant moins, si l’ambiance est bonne, que s’il marchait seul.

    En définitive, on se demande pourquoi une ordonnance est nécessaire, il suffirait que le médecin indique le mentor adéquat et le lieu puisque cette activité se fait de toute façon aux frais du patient.

    Mais attention, nous sommes en France et le décret d’application précise les choses : non seulement le médecin doit faire une ordonnance (on se demande toujours pourquoi) sous forme d’un formulaire à remplir, évaluer l'état de santé du patient, et l'adresser à l'un des professionnels habilités à la prise en charge du sport sur ordonnance et « Avec l’accord des patients, l’intervenant transmet périodiquement un compte rendu sur le déroulement de l’activité physique adaptée au médecin prescripteur »

    Les médecins vont adorer cette nouvelle usine à gaz et le fardeau administratif supplémentaire dont l’intérêt m’échappe complètement.

    NB. Je suis heureux d’avoir pris ma retraite, je n’aurais pas supporté.

    Giacometti : "L'homme en marche"


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  • 239. Le Yin et le YangLa ministre de la santé du gouvernement de Thabo Mbeki, qui succéda à Nelson Mandela, le premier président noir de l’Afrique du Sud, soutenait en 2003 que pour lutter contre le sida il était plus sûr d’utiliser de l’ail, de l’huile d’olive et de l’oignon que des anti-rétroviraux. En 2008, à la fin de la présidence de Thabo Mbeki, 1 personne sur 5 en Afrique du Sud était séropositive.

    D’après les statistiques transmises par la Chine à l’ONU en 2015, il y aurait en Chine 501000 personnes atteintes du sida ou porteuses du virus fin 2014.

    Les autorités chinoises viennent de publier (le 5/02/17) leur plan quinquennal anti-sida. Un des objectifs est de doubler le nombre de patients atteints de sida traités par la médecine traditionnelle chinoise par rapport à 2015.

    Cette médecine traditionnelle comporte, entre autres, des médicaments à base de végétaux, des massages, de l’acupuncture ou encore le qigong (gymnastique traditionnelle).

    Il est certain que cette médecine traditionnelle, et ceci a été souligné par les autorités chinoises, est moins onéreuse et mieux supportée que les anti-rétroviraux. Mais on peut se demander quel effet pourraient avoir les massages, la gymnastique ou l’acupuncture sur le virus bien au chaud dans les cellules infectées. Probablement pas plus que l’ail, l’huile d’olive et l’oignon préconisés par l’ineffable ministre de la santé sud-africaine. Les Chinois sont-ils devenus fous en marchant sur ses traces ?

    Non, les Chinois sont des gens pragmatiques qui réussissent à allier les contraires complémentaires, le Yin et le Yang, le communisme et le capitalisme, la tradition et le modernisme.

    Le plan exhorte, en effet, les services de médecine traditionnelle à collaborer avec les organismes officiels de santé "pour trouver un schéma thérapeutique combinant la médecine traditionnelle chinoise et la médecine occidentale" (la trithérapie).

    On peut cependant remarquer que si l’on ampute une partie de la trithérapie au profit par ex. de la gymnastique, le traitement risque de devenir inefficace, et si l’on ajoute à la trithérapie la médecine traditionnelle, le traitement restera efficace mais en deviendrait plus onéreux (mais peut-être mieux supporté).

    L’intérêt ne serait-il pas de démontrer par ce couplage l’efficacité de la médecine traditionnelle chinoise en attribuant à cette dernière une part de l’efficacité démontrée de la trithérapie ? Ils sont malins ces Chinois : une thérapeutique mixte permettrait de promouvoir leur médecine traditionnelle mais en y mettant le prix. Dans le cas où l’on remplacerait la trithérapie ou une partie d’elle par la gymnastique ou l’acupuncture, le traitement serait plus économique, et avec l’intérêt supplémentaire de réduire la surpopulation, notamment dans sa partie homosexuelle.


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    Un problème cornélien

    Goya

    ARTICLE 7 (article r.4127-7 Du CSP)
    Le médecin doit écouter, examiner, conseiller ou soigner avec la même conscience toutes les personnes quels que soient leur origine, leurs mœurs et leur situation de famille, leur appartenance ou leur non-appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments qu’il peut éprouver à leur égard. Il doit leur apporter son concours en toutes circonstances. Il ne doit jamais se départir d’une attitude correcte et attentive envers la personne examinée.

    ARTICLE 9 (article r.4127-9 Du CSP)
    Tout médecin qui se trouve en présence d’un malade ou d’un blessé en péril ou, informé qu’un malade ou un blessé est en péril, doit lui porter assistance ou s’assurer qu’il reçoit les soins nécessaires. 

    Les visiteurs de ce blog doivent se demander pourquoi je leur inflige la lecture de ces deux articles du Code de déontologie médicale édité par le Conseil de l’Ordre des médecins car il est totalement improbable que Mme Marine Le Pen puisse se trouver parmi ces visiteurs, mais c’est peut-être dommage.

    Bien que ne figurant pas dans ses « 144 engagements présidentiels », elle a confirmé que les étrangers devront « assumer » s’ils sont malades. « Assumer » me paraît un euphémisme. Si Mme Le Pen arrive au pouvoir, les étrangers, même en situation régulière, devront subir un délai de carence de deux ans avant de bénéficier du remboursement des soins. Ce qui ne devrait poser aucun problème car il est bien connu que la plupart des immigrés viennent en France pour y dépenser leur fortune.

    Mais qu’en sera-t-il des clandestins ? La réponse de Marine est d’une simplicité biblique (si j’ose mêler la religion à cette épineuse question) :  "Normalement, il n'y a pas de clandestins dans un pays si la loi est appliquée".

    Elle est évidemment irritée par l'Aide médicale d'Etat[1] : "l'intégralité des soins sont pris en charge pour les clandestins, ce qui n'est pas le cas pour les Français. Ça, c'est terminé".

    Oui, mais comment ? Imaginez un pauvre hère, clandestin ou en situation régulière, qui gagne à peine de quoi survivre, arrivant aux urgences en train de crever, que devra faire le médecin ou le chirurgien ? Le personnel hospitalier devra-t-il le brancarder et le déposer sur le trottoir ? S’il arrive dans un cabinet médical, le praticien le soignera sûrement dans le respect du Code de déontologie, et s’il a des médicaments, il lui en donnera. Et s’il le fait sa salle d’attente sera prise d’assaut.

    Le médecin ne peut plus faire comme aux temps anciens où il soignait gratuitement les pauvres mais se rattrapait sur les riches.



    [1] « L'AME est attribuée sous conditions de résidence mais aussi avec un plafond de ressources : 8 653 euros annuels en France métropolitaine pour une personne. C'est le même plafond que celui de la CMU complémentaire, qui bénéficie aux Français ou aux personnes en situation régulière. » 

     


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  • Par ce froid, le ministre de l'Intérieur, Bruno Leroux a crânement déclaré : "Personne ne devra rester dans la rue… ». Fort bien, mais en dehors de ceux qui n’ont malheureusement pas de domicile fixe, qu’en est-il des prostituées dont beaucoup sont obligées de rester dans la rue ?

    La loi d'avril 2016 sur la prostitution, en pénalisant le client, n’a pas fait évidemment disparaître la prostitution, mais a raréfié les clients et a contribué à précariser les prostituées. (voir aussi : "Le client ne sera-t-il plus roi ?")

    Il est interdit aux propriétaires de leur louer un local car ce serait tirer profit de la prostitution, comme il est interdit aux prostituées de s’associer pour travailler en intérieur.

    "Grand froid ou pas, ceux ou celles qui payent 50 euros leur chambre d'hôtel devront quand même faire un ou deux clients pour dormir au chaud" (porte-parole du Strass).

    Si le proxénétisme et la prostitution obligée sont des horreurs, la prostitution plus ou moins indépendante existe, et aucune loi n’a jamais réussi à la faire disparaître. La législation ne devrait-elle pas essayer de la rendre moins précaire ?

    Pour le SIDA, une étude[1] portant sur 27 pays européens, publié en janvier par The Lancet HIV, montre que les politiques les plus prohibitionnistes en matière de prostitution sont aussi celles qui favoriseraient le plus les contaminations par le VIH.

    La prévalence moyenne de l’infection à VIH chez les prostituées, est de 4,02 % dans les pays où cette pratique est totalement interdite (10 pays) contre 0,5% pour les états qui ont au moins partiellement légalisé cette activité. Ainsi l’Allemagne qui est le pays où la prostitution est légale (avec en particulier des maisons closes) est aussi celui où le taux de contamination est le plus faible.

    Les lois qui criminalisent la vente et l’achat de rapports sexuels risquent de conduire à l’isolement des prostituées et à réduire l’accès aux soins et à la prévention.

    L’auteur de cette étude conclut : « Nos résultats sont concordants avec d’autres travaux qui montrent que le retrait des lois criminalisant cette activité protège les travailleurs du sexe, leur permet de bénéficier d’assurance sociale et de protection juridique. Une telle légalisation augmente le recours aux préservatifs, réduit le risque de violence et renforce le pouvoir de ces femmes pour imposer l’usage du préservatif. »

     

    237. La face obscure de la moralité

    Toulouse-Lautrec : « L’inspection »

     

    [1] Reeves A et coll.: National sex work policy and HIV prevalence among sex workers: an ecological regression analysis of 27 European countries. Lancet HIV 2017; publication avancée en ligne le 24 janvier (http://dx.doi.org/10.1016/S2352-3018(16)30217-X).

     


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  • 236. Quand dans le cochon sommeille un hommeDans la revue Cell des chercheurs américains ont publié les résultats de leurs travaux qui ont consisté à créer pendant 4 ans des embryons (1500) contenant à la fois des cellules souches humaines (en faible quantité tout de même) et porcines dans le but de former dans ces animaux des organes susceptibles d’être prélevés pour les greffer chez l’homme. La précocité de l’injection des cellules humaines dans les embryons porcins permettant d’éviter le rejet.

    "Le but ultime est de cultiver des tissus ou des organes humains (pancréas, foie, cœur...) chez des animaux comme des truies qui pourront être greffés sans rejet, mais nous en sommes encore loin" a regretté le principal auteur de ces travaux.

    Le développement des embryons a été interrompu réglementairement au bout de 4 semaines. Des porcs avec une touche humaine n’étant pas pour l’instant les bienvenus, il y a déjà trop d’humains avec une touche porcine.

    Mais ces chimères ne sont aucunement chimériques ; des chimères entre rat et souris ont déjà été réalisées avec succès en obtenant le développement d’un pancréas, d’un cœur et de yeux de rats dans des embryons de souris. Certes, rat et souris sont des animaux proches, mais il semble bien qu’il en est de même pour l’homme et le cochon.

    L’interdiction de consommer du porc chez les juifs et les musulmans est-elle liée à l’interdiction de l’anthropophagie ? Dieu seul le sait.


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  • Car vous risquez votre peau.

    Des études de l’université de Floride, confirmées par une étude israélienne auraient montré « que l'agressivité des patients pouvait être responsable de 40% des erreurs médicales ». L’impact de cette agressivité pourrait durer 24 heures, toucher l’ensemble de l’équipe soignante, et même être à l’origine d’erreurs commises sur d’autres patients « innocents ».

    Les erreurs médicales seraient à l’origine de 250.000 morts aux USA et 50.000 en France par an. Cette estimation me semble prêter à discussion en raison de l’incertitude dans la définition et le recueil des erreurs médicales, ainsi que dans la relation de cause à effet.

    Mais il est certain que les critiques acerbes, l’agressivité et la violence que peut subir une équipe médicale, et notamment le médecin responsable des soins, ne les laissent pas indifférents. Il ne faut pas s’imaginer que le soignant, tel un roc, conserve sa sérénité en toute circonstance. L’agressivité d’un patient va altérer les performances du médecin dans sa réflexion et même dans son objectivité et son intérêt pour le patient agressif.

    Si l’on se base sur les chiffres précédents, on devrait conclure que chaque année en France, 20000 patients meurent en raison de leur propre agressivité.

    Alors soyez gentil avec votre médecin, il y va de votre vie.


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