• En lisant un article d’Elodie Emery sur la prévention du Sida paru dans l’Express du 13/01/19, j’ai appris une nouvelle étonnante, ahurissante, bouleversante, effarante, étrange, inattendue, inconcevable, incroyable, renversante, stupéfiante, ébouriffante, époustouflante, mais surtout désopilante : le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) agit en pleine conscience et ses opinions sont pour le moins nauséabondes. D’après le "petit lexique à usage interne" de l'association « Paris sans sida » de la mairie de Paris, que L'Express a pu consulter, il est recommandé de dire que "le VIH est raciste, homophobe et transphobe" pour éviter de dire que "le VIH touche particulièrement les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) et les migrants". L'idée générale étant de "ne pas insister sur la responsabilité des individus".

    Il me semble que les adjectifs par lesquels j’ai pu qualifier cette information sont encore au-dessous de la vérité.

    A cela, il faut ajouter un maternage aveugle qui s’efforce de dégager de toute responsabilité les HSH dans leurs prises de risques. Si une majorité d’homosexuels masculins ont un comportement responsable en prenant toutes les précautions dans leur activité sexuelle pour éviter la contamination et la propagation de l’infection au VIH (« safer sex »), d’autres prennent, par leur comportement, des risques pour eux et les autres. Le préservatif est de plus en plus abandonné depuis l’introduction de la PrEP ("prophylaxie pré-exposition") par le Truvada (voir aussi 165 et 192), médicament onéreux (à présent remboursé par l’assurance-maladie) qui assure une prévention correcte en encadrant (traitement de 3 jours) la prise de risques et du TPE, ("traitement post-exposition") qui est un traitement plus lourd de quatre semaines à prendre en urgence après un rapport « à risque ».

    Il me semble qu’il est tout de même de la responsabilité des individus de prendre ou non des risques, comme de faire payer à la société leurs envies passagères s’ils se dispensent du préservatif.

    A noter que d’après l’article de l’Express, l’association « Paris sans sida » de la mairie de Paris met toutes les mesures préventives sur le même plan alors que si le préservatif est bon marché et assure une protection contre toutes les maladies sexuellement transmissibles, dont la syphilis qui fait un retour en force, les médicaments, eux, sont onéreux et ne protègent que contre l’infection par le VIH.


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  • Je lis en ce moment un livre (un de mes cadeaux pour Noël) de Yascha Mounk intitulé : Le peuple contre la démocratie. Il analyse avec beaucoup de clarté le processus qui peut conduire la volonté populaire à détruire la démocratie libérale, les cas où la démocratie poussée à l’extrême sous sa forme « populiste » avec sa haine des élites, et son adhésion aux solutions simples assorties de quelques boucs émissaires commodes, finit par détruire la part libérale d’un régime, c’est à dire le respect et la garantie institutionnelle des libertés individuelles. Un processus qui risque de conduire le peuple souverain à abdiquer sa souveraineté au profit d’un autocrate ou d’un dictateur.

    Dans mon billet : « 279. La primauté de la loi sur la science » j’avais noté que les juges prenaient facilement des décisions en établissant sans la moindre preuve scientifique un rapport de causalité entre deux évènements médicaux simplement en raison de leur succession chronologique.

    Nous savons tous que la politique intervient dans la science ne serait-ce que pour des raisons éthiques, mais dans les démocraties libérales les politiques tiennent en général compte des données scientifiques pour prendre leurs décisions.

    Il semble que les dirigeants dits « populistes », champions de la désinformation, ont tendance à se dispenser des preuves scientifiques si cela peut faire plaisir à une partie de la population. « La concurrence organisée par ces groupes politiques entre l’expertise scientifique et l’expertise populaire, au nom d’une prétendue égalité des opinions, ne peut qu’être redoutée par ceux qui fondent leur discours sur les preuves et refusent les raccourcis faciles. » (Aurélie Haroche, Journal International de Médecine).

    Donald Trump, qui manie les fausses nouvelles avec un culot qui force l’admiration n’hésite pas à le faire même pour la médecine et la science, en recommandant en outre aux membres du National Health Institute (NIH) de ne plus utiliser la formule "fondé sur les preuves". Ce que l’on peut reconnaître au Président américain, c’est sa franchise puisqu’il réclame le droit de dire n’importe quoi à visage découvert, en encourageant les autres, et même les scientifiques, à faire de même.

    En Italie, l’une des premières décisions du nouveau pouvoir que l’on peut considérer comme populiste a été de revenir sur l’obligation vaccinale qui avait été une réponse à l’affaiblissement de la couverture vaccinale des jeunes enfants. Admirons au passage l’expertise de Matteo Salvini, vice-président du Conseil, lorsqu’il a affirmé qu’il considérait « en tant que père » que les vaccins étaient « trop nombreux, inutiles et nocifs ». Ce qui a conduit des responsables de l’Institut supérieur de la santé (ISS) à démissionner. Ce qui conduira sans doute les autorités italiennes à choisir un personnel médical, non pas sur des critères de compétence, mais sur leur caractère politico-compatible (ce qui n’est pas une spécialité italienne). Le ministère italien de la Santé a d’ailleurs évoqué la possibilité de porter plainte contre ceux qui, par leurs critiques, « entachent l’honneur et la réputation des institutions ».


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  • En cette période agitée où les Français se plaignent beaucoup de leur sort, ils ont tout de même l’avantage d’avoir un système de santé qui reste encore performant malgré ses imperfections, où tous les soins sont gratuits pour plusieurs millions d’entre eux en raison de la faiblesse de leurs ressources, et peu onéreux pour les autres malgré le prix très élevé de certains actes dont ils peuvent bénéficier.

    Dans d’autres lieux, des patients sont pris en otages dans les hôpitaux dans lesquels ils ont été soignés, et ne peuvent en sortir que lorsque les factures des soins ont été réglées par la famille. Les patients peuvent ainsi être enchaînés derrière des portes verrouillées et gardées par des hommes en armes qui patrouillent dans les couloirs.

    C’est ce qui ressort d’une enquête publiée par l'agence de presse américaine Associated press (AP). Ces faits ont été observés dans une trentaine de pays. La pratique serait courante au Kenya et au Congo mais également signalée en Inde, en Chine, en Thaïlande, en Iran, en Bulgarie, en Lituanie et en Amérique latine. Des dizaines de femmes auraient été détenues à la maternité de Pumwani (Kenya) après la naissance de leur enfant. "Même la mort ne garantit pas la libération", relève AP. Les hôpitaux et les morgues kenyans retiennent des centaines de corps afin de forcer les familles à payer les factures.

    D’après le Dr Ashish Jha, directeur du Harvard Global Health Institute. "Ce sont probablement des centaines de milliers, voire des millions de personnes qui sont affectées dans le monde entier."

    Sources : Egora et  Apnews.com


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  • 280. Le retour de l’ArlésienneLa ministre de la Santé vient de relancer aujourd'hui le « dossier médical personnel ou partagé » (DMP). Sur ce blog, j’avais déjà écrit deux articles sur ce sujet en 2009 et 2010. En les relisant huit ans après, je n’ai pas l’impression qu’ils sont devenus obsolètes. En théorie l’idée n’est pas mauvaise, mais en pratique elle a des inconvénients, et notamment celui de conduire le médecin à passer plus de temps devant son ordinateur à chercher un renseignement dans le DMP (qui risque à la longue d’être monstrueux) ou à y introduire des données qu’à écouter et à examiner son patient.

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  • 279. La primauté de la loi sur la science

    Dans les années 80 du siècle dernier, il était imposé aux médecins de ne rechercher l’infection par le virus du Sida chez un patient qu’avec son autorisation afin de ne pas stigmatiser les homosexuels, alors que la maladie était à l’époque toujours mortelle. Le ministère de la Santé s’était passé de l’avis des médecins qui le plus souvent passaient outre ce principe politique et antiscientifique afin de protéger le personnel de santé d’une éventuelle contamination par le sang.

    Récemment, c’est aux députés de l’Assemblée nationale que fut demandé de décider si les homosexuels masculins, population la plus menacée et la plus atteinte par le VIH, pouvaient donner ou non leur sang sans restriction. Leur décision fut prudente bien que prise par des personnes qui – a priori – ne connaissaient rien à la question. On ne voit vraiment pas pourquoi cette décision devait être débattue à l’Assemblée nationale alors qu’il s’agit d’un problème purement médical dont la solution est du domaine, non des politiques, mais des responsables des banques de sang, des infectiologues ou de l’Académie nationale de médecine et sans nécessité d'une loi mais d'un simple règlement de  fonctionnement des banques de sang.

    A trois reprises les juges ont admis que les vaccins pouvaient entraîner l’apparition de maladies alors qu’aucune étude sérieuse n’a permis jusqu’à présent d’établir une relation de cause à effet entre une vaccination et l’apparition ultérieure d’une maladie.

    Ce fut le cas en décembre 2017 où la cour administrative d’appel de Nantes a condamné l’Etat à verser une indemnité de plus de 190000 € à une secrétaire médicale qui, obligée de se vacciner contre l’hépatite B, avait développé par la suite une atteinte musculaire (myofasciite à macrophages).

    En janvier 2018, à Bordeaux ce fut le tour du laboratoire Sanofi d’être tenu pour responsable de l’apparition d’une sclérose en plaques d’un homme vacciné contre l’hépatite B en 1996.

    La cour d’appel de Montpellier, en mars 2018, a condamné l’armée française à verser une pension à un ancien militaire atteint d’une sclérose en plaques 16 mois après une vaccination, en 2005, contre la fièvre jaune.

    On se demande évidemment sur quoi s’appuient les juges pour établir des liens de causalité entre deux évènements alors que les scientifiques ont été jusqu’à présent incapables de les établir. Ce qui ne veut pas dire que l’on peut affirmer avec certitude qu’ils n’existent pas, mais la preuve n’en a pas été apportée jusqu’à présent. Les juges sont en avance, ils écartent toute possibilité de coïncidence, il suffit que deux événements de nature semblable (médicale en l’occurrence) se succèdent pour établir une relation de cause à effet entre le premier et le second.

    La causalité juridique n’a donc rien à voir avec la causalité scientifique mais s’avère avoir la priorité dans les faits. De tels jugements ne sont évidemment pas sans conséquence sur l’adhésion de la population à la vaccination. Remarquons qu’il est étonnant qu’il n’y ait pas plus de procédures judiciaires étant donné le nombre de vaccinés et la probabilité de survenue chez certains d'entre eux d’une maladie quelconque dans la période post-vaccinale.

    Illustration : Gaston Mélingue « Le Dr Edward Jenner réalisant la première vaccination » (le 14 mai 1796)


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  • 278. On n’a pas de moyens, mais on a des idéesLe nombre de passages aux urgences hospitalières est passé de 7 millions en 1990 à 23 millions aujourd’hui. Inutile de dire qu’elles sont surchargées et que l’attente est longue. Les causes de cette surcharge sont multiples : fermeture des petits services d’urgence, car moins équipées, mais qui avaient l’intérêt de faire un premier tri, fermeture de lits en aval, et médecins généralistes eux-mêmes moins disponibles. Parmi ces millions de patients se présentant aux urgences, beaucoup ne nécessitent pas une intervention médicale rapide et si certains trouvent plus commode d’aller à l’hôpital pour leur bobo, d’autres ne peuvent pas faire autrement pour être soignés.

    Devant cette inflation de pseudo urgences qui encombrent les couloirs et les salles, le député LREM Olivier Véran et néanmoins médecin, considère qu’un quart des patients dans les services d’urgence relèvent en réalité de la médecine de proximité, d’où son idée lumineuse (qui semble intéresser la ministre de la Santé Agnès Buzyn) : pour désengorger les urgences, il suffit de renvoyer les patients, et récompenser par des primes les services qui le feraient. Se faire payer pour ne pas soigner, travailler moins pour gagner plus (pour l’hôpital).

    Des patients pourraient ainsi se trouver entre l’hôpital dont ils ont été renvoyés (même à juste titre) et une médecine de proximité pas toujours accessible (surtout dans les « déserts médicaux »).

    Mais la question n’est pas là : qui va décider qu’un patient ne nécessite pas de soins rapides et comment va-t-on pouvoir l’affirmer ? En dehors de quelques cas évidents comme une dermatose, un diagnostic de non gravité impose au moins un interrogatoire, souvent un examen physique et parfois des examens complémentaires biologiques et/ou radiologiques et on se retrouve devant la situation habituelle. A moins que l’infirmière ou le médecin juge « au pif » et bonjour les dégâts et les procès. 


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  • Le plan pour rénover notre système de santé a donc été dévoilé ces jours-ci. J’avoue que l’intitulé de ce plan m’a un peu irrité, sans préjuger de son contenu : « Ma santé 2022 ». Un intitulé qui cède à la mode du possessif imbécile au même titre que les jeans troués ou la barbe de trois jours. On ne met plus une chose à votre disposition mais on vous attribue « ma chose », mon espace, mon compte etc…Evidemment « Ma santé 2022 » ne veut rien dire, on serait bien en peine de la prévoir dans 4 ans, et il ne s’agit pas de ma santé mais de la réforme du système de santé destiné à toute la population. Bien sûr, c’est un procédé de communication pour montrer que ce plan est un cadeau qui m’est fait personnellement et pour lequel je devrais être reconnaissant.

    « Ma santé 2022 » rétablit ce qui existait lors de mon activité : hôpitaux de proximité (avec attribution d’un label), et retour de la place qu’avaient auparavant le service et la commission médicale d’établissement dans les hôpitaux. Outre le retour à l’ancien, « Ma santé 2022 » ne contient par rapport aux plans précédents instaurés ou prévus que deux innovations :

    D’abord, une réforme des premiers cycles des études des professions de santé avec en particulier la suppression prévue du numerus clausus pour la médecine mis en place par Simone Veil en 1971. Ce plafond limitant le nombre d’étudiants à poursuivre les études avait été instauré avec l’idée, tout de même un peu saugrenue, qu’en limitant l’offre on diminuerait la demande, mais il faut savoir qu’en limitant le nombre de médecins, on ne limite pas pour autant le nombre de malades (le même raisonnement a conduit à supprimer des lits dans les hôpitaux, or un lit vide mais disponible ne coûte rien). La conséquence de ce numerus clausus n’a aucunement limité les dépenses de santé mais a poussé des jeunes gens qui avaient la vocation à faire leurs études à l’étranger, et à encourager des médecins étrangers à s’installer en France. Reste que l’on ne sait pas par quoi remplacer le numerus clausus, et il est envisagé de remplacer le plafond par un plancher.

    La seconde innovation est l’introduction auprès des médecins de 4000 assistants médicaux pour les aider et notamment pour les débarrasser des tâches administratives afin qu’ils puissent se consacrer davantage aux malades et augmenter le nombre de consultations (bonjour le stakhanovisme). Là, on doit s’émerveiller de la chose car l’Etat par se plans successifs n’a pas cessé d’augmenter la paperasse à remplir par les médecins et à présent il est amené à créer ces postes (onéreux) d’assistants médicaux pour les aider. Notons tout de même que leur nombre est nettement inférieur au nombre de médecins, à moins de les destiner uniquement aux cabinets de groupe.

    Enfin, je sais au moins où va passer une partie des sommes supplémentaires obtenues par l’augmentation du prélèvement par la CSG sur ma retraite. Si c’est pour aider des confrères…


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  • Un homme n’est pas une femme comme une autre

    Des chercheurs de l’Université d’Indiana (USA) ont tenté de démontrer que les hommes qui adoptent un comportement machiste sont plus enclins à avoir des troubles de santé mentale. On voit déjà que ces chercheurs partent du présupposé que se comporter selon les stéréotypes masculins risque de mener à la pathologie.

    Ils ont donc fait une méta-analyse de 78 études groupant 19453 cas pour étudier le lien entre machisme et santé mentale. Ses résultats ont été publiés dans le Journal of Counseling Psychology.*

    Ce qui est d’abord intéressant est la définition des stéréotypes masculins. Pour les auteurs ils peuvent être définis par les 11 critères suivants:

    - Désir de gagner.
    - Besoin de contrôle émotionnel.
    - Prise de risque.
    - Violence.
    - Besoin de domination.
    - Autonomie.
    - Comportement de playboy en recherche de promiscuité sexuelle.
    - Pouvoir sur les femmes.
    - Dédain pour l'homosexualité.
    - Importance de l'activité professionnelle.
    - Poursuite du succès.

    On peut supposer que seuls les super-machos sont capables de réunir tous les onze critères. A noter qu’il n’y a que deux critères correspondant aux relations homme/femme. Si des critères de ce panel se retrouvent chez des destructeurs de l’humanité, ils se retrouvent également chez beaucoup de découvreurs et d'artistes qui l’ont fait progresser, tout dépend de la façon dont l’énergie hormonale est utilisée. Ceux qui furent à l’origine des conquêtes humaines ne les ont pas faites, apparemment, sans risque, car en dehors de l’importance donnée à l’activité professionnelle toutes les autres caractéristiques et notamment les deux concernant les relations avec les femmes auraient un impact négatif sur la santé mentale. On peut également regretter que ces pauvres machos, pour ne pas déchoir, ne recourent que rarement à une aide psychologique.

    Et le Dr Wong de conclure "La solide association trouvée entre ces deux normes (relatives aux femmes) met en évidence que le sexisme est non seulement une injustice sociale, mais pourrait bien avoir un effet néfaste sur la santé mentale de ceux qui adoptent de telles attitudes".

    Il n’y a plus qu’à balancer les porcs, et pourquoi pas à l’asile.

    Illustration de Jean-André Rixens : « Don Juan aux enfers »

    * Article repéré par le site "Pourquoi docteur"


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    275. Quand on prend de la bouteille

    Une étude récente parue dans The Lancet avance que dès le premier verre d’alcool nous sommes exposés à des dangers multiples. Cette fâcheuse nouvelle a peut-être diffusé comme une traînée de poudre blanche parmi les pochards et les pochardes qui ont les moyens de boire du bon vin, mais sans doute pas parmi les habitants de nos rues à ciel ouvert pour qui le litre de rouge bon marché constitue leur chauffage central pendant l’hiver. Cette nouvelle inquiétante laisse totalement indifférentes les nouvelles mendiantes importées du Moyen-Orient qui, voile sur la tête et progéniture dans les bras, constellent les couloirs du métro parisien et pour lesquelles, Allah merci, l’alcool est interdit.

    Une telle étude étonne par sa radicalité, ce qui amène à soupçonner une manipulation des données (ce qui semble être le cas) pour démontrer ce qui heurte le bon sens le plus élémentaire, c’est à dire qu’un verre d’alcool puisse changer votre destinée, en dehors d’un accident provoqué par une ivresse au volant. Le vin étant évidemment inclus dans la consommation d’alcool, cette étude ne tient pas compte de celles qui montrent que le vin, à doses très modérées, a des vertus expliquant pour certains le « paradoxe français » de la fréquence moindre des maladies cardiovasculaires par rapport aux pays du nord de l’Europe malgré une alimentation à la française plutôt riche. C’est ainsi que les médecins, qui échappent pour la plupart aux études du genre mais pas au sexisme, préconisent à leurs patients de ne pas dépasser : 14 verres de vin par semaine s’ils sont du sexe masculin et seulement 8 s’ils sont du sexe féminin sans le moindre souci de respecter la parité à cet égard. A ma connaissance aucune détermination n’a été faite pour les autres genres qui tendent à se multiplier à défaut d’enfanter.

    Quand on prend de la bouteille, on n’est que modérément impressionné par les études, surtout lorsque leurs conclusions radicales se veulent révolutionnaires, car on a eu le temps de voir les études défiler en montrant tout et son contraire. Il suffit d’attendre.

    C’est ainsi que, tout jeune médecin, il m’était enseigné de rechercher une cause à l’hypertension artérielle chez tous les patients qui en étaient atteints – il faut dire qu’à l’époque le budget de l’assurance maladie était peu ou pas troué - pour ne le faire plus tard que dans les cas sélectionnés.

    Il fut un temps où les béta-bloquants étaient formellement contre-indiqués lorsque le cœur était défaillant pour devenir ultérieurement formellement indiqués dans ce même cas (mais à doses très progressives).  

    Jusqu’à présent on avait tout intérêt à tenter d’élever le taux du « bon cholestérol » (HDL), il vient de paraître une étude qui affirme qu’il deviendrait mauvais s’il est trop haut.

    Des études montrent que les sucres ne seraient pas bon pour la santé, ce qui conduirait, du coup, à privilégier les graisses qui, jusqu’à présent, n’étaient pas bon pour les artères, et les viandes rouges accusées d’être cancérigènes.

    Il est certain que la vie est dangereuse - la preuve est que l’on en meure - et ces fichus médecins n’ont pas fini de regarder dans nos assiettes et dans nos verres avec une insistance qui finit par nous couper l’appétit et la soif car les légumes, les fruits et l’eau, qui, pour l’instant, sortent toujours indemnes des critiques, s’avèrent un peu lassants à la longue.

    Illustration de Degas : « Absinthe »    


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  • 274. La chimie ! Vous dis-je

    Images de neurones saisies par la chercheuse Alexandra Auffret

    (et non le ciel et la mer à travers des branches d'arbres)

    Une étude est parue récemment sur le suivi pendant 5 ans de plus de 400 patients atteints de la maladie de Parkinson et traités par des médicaments visant à pallier le déficit en dopamine dans certaines structures de leur cerveau. Le déficit de ce neurotransmetteur au niveau des connexions entre neurones étant responsable de la maladie. La dopamine est une molécule impliquée, entre autres, dans la sensation de satisfaction et de récompense.

    Près de la moitié des patients traités par ces médicaments qui miment l’action de la dopamine (« agonistes dopaminergiques ») cèdent à leurs impulsions et n’ont pas hésité à satisfaire leurs envies pouvant aboutir à des troubles alimentaires, une hyperactivité sexuelle, des achats compulsifs, une dépendance au jeu et même à l’exhibitionnisme, mais aussi à l’augmentation de la créativité artistique ou littéraire.

    La dopamine joue-t-elle un rôle dans ce qui serait une addiction au shopping ? L'oniomanie, trouble lié à l'achat compulsif qui toucherait environ 1% (6% dans certaines études) de la population mondiale (60% de femmes). Anxiété du manque qui ne peut être comblée que par l’achat.

    Est-ce la peur de manquer qui pousse de façon incompréhensible (pour moi) des gens qui ont tout et qui en veulent davantage jusqu’à se perdre. Combien a-t-on vu de gens fortunés prendre des risques insensés pour agrandir leur fortune, une augmentation qui ne leur sert strictement à rien. C’est sans doute plus un jeu qu’une nécessité. Ainsi en est-il de l’ex-roi Carlos d’Espagne qui devait entrer dans l’histoire auréolé d’avoir rétabli la démocratie dans son pays après la dictature de Franco, et d’avoir par la suite fait échouer un coup d’Etat. Cet homme qui jouissait d’un grand prestige, et à qui rien ne manque, est en passe d’être accusé de malversations, fraude fiscale, comptes en Suisse. Etait-il dans le besoin pour s’embarquer dans une telle galère ? Il y a de la chimie là-dessous.


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