• 390. Je polémique, donc je suis« Le vote d’un amendement de la loi sur la vigilance sanitaire qui permet aux chefs d’établissement du second degré de connaître le statut vaccinal des élèves a eu lieu à l’issue de débats souvent électriques dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21octobre à l’Assemblée nationale. ». Cet amendement montre que les autorités n’ont aucune confiance dans « l’attestation sur l’honneur » des parents assurant que l’enfant est vacciné. Autrement dit, les parents peuvent rompre le secret médical et révéler que leur enfant est vacciné mais en vérifiant qu’il l’est, le chef d’établissement se livrerait à une seconde rupture de ce secret médical. Il serait plus exact de dire que le contrôle révèlerait peut-être un mensonge familial et un risque pour la collectivité scolaire qui pourrait conduire à la fermeture de classes. Cet amendement a néanmoins provoqué de vives protestations sur les bancs de l’Assemblée, du type : “Une brèche impensable” dans le secret médical, une “violation du secret médical extrêmement grave”, ″Ça ne me paraît pas être le rôle d’un enseignant que de contrôler la situation sanitaire des enfants”. On voit que pour les opposants à l’amendement, la vaccination est une maladie dont la révélation serait scandaleuse, on pourrait croire à les entendre qu’il s’agirait d’une maladie « honteuse ». Mais enfin, la vaccination n’a pas lieu de relever du secret médical. Les gens se font vacciner contre la COVID-19 en public, et quant à dire qu’un chef d’établissement n’a pas à contrôler la situation vaccinale (et non sanitaire comme l’avance le député par un joli amalgame), allez donc mettre un enfant à la crèche ou en primaire sans un carnet vaccinal à jour ! Cependant on pourrait me rétorquer : mais le vaccin anti COVID-19 n’est pas obligatoire. Donc un vaccin fait partie du secret médical dès qu’il est facultatif ? Ce qui veut dire que le secret réside non pas dans le vaccin mais dans son acceptation. Autrement dit, il faut cacher le fait que l’on n’est pas « antivax » ou le fait qu’on l’est en ayant délivré une fausse « attestation sur l’honneur ». Quel enculage de mouche ! Polémique inutile, sans intérêt, le Parlement devrait peut-être se pencher sur des problèmes plus sérieux que celui du secret médical dont il ne reste en réalité qu’un vague souvenir. Il faut tout de même se rendre compte qu’un secret médical pouvait être respecté dans le cadre d’un cabinet médical où les seuls acteurs étaient le malade et le médecin, mais aujourd’hui les intervenants auprès d’un malade lorsque son cas exige des investigations sont multiples, et le « secret médical » partagé par au moins une dizaine de personnes : les autres soignants, les secrétaires, les manipulateurs et même des administratifs qui, certes, restent habituellement discrets, mais faire tout ce bruit autour du secret médical s'agissant de la vaccination frise le ridicule.


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  • 390. Les soignants sont-ils les plus mal soignés ?L'Assurance maladie doit dans quelques jours lancer la campagne de vaccination contre la grippe, appelant toutes les personnes à risque et les professionnels de santé à se protéger dès le 26 octobre. Un responsable de la CPAM de la Manche a envoyé le 4 octobre ce mail plutôt étonnant au personnel de cette caisse :

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  • 389. La parole est d’argentPar une fenêtre du métro j’ai aperçu hier, à une station, une énorme affiche publicitaire proposant aux voyageurs masqués, les yeux fixés sur leur smartphone ou les doigts virevoltant dessus, de commodes consultations de psychologie en téléchargeant une application leur permettant d’y accéder dans les 24 heures pour le modique somme de 34 euros, si je me souviens bien. Le soutien psychologique vendu comme des savonnettes, une extension du type « amazonique » dans le domaine de la pensée et des émotions. Une désacralisation du colloque singulier entre humains en y introduisant la technologie qui annule les distances où elle s’invite dans l’entretien secret pour l'inclure dans ce monde virtuel habité de milliards d’intervenants, et bruissant de milliards de discours, tous exposés à ceux qui veulent et qui savent les écouter. Pourtant, à la réflexion, si l’on passe sur le côté mercantile de l’offre et sur son côté tapageur, dans le domaine de la psychologie ou de la psychiatrie, diagnostic et traitement sont essentiellement liés à la parole échangée, à laquelle il faut ajouter l’expression du visage et des attitudes de son vis-à-vis que la consultation à distance permet aujourd’hui. Alors, soyons moderne et cette proposition mercantile, si elle manque de noblesse, peut s’avérer utile pour ceux qui ont besoin de ce soutien psychologique très accessible, en espérant qu’il s’agit bien de psychologues et que ce ne sont pas des branquignols. En fait, la télémédecine qui s’est amplifiée avec la pandémie a bien montré que l’examen clinique se rétracte de plus en plus sur la parole, et que du quintette des instruments traditionnels de l’examen clinique : interrogatoire, inspection, palpation, auscultation percussion, le premier reste toujours indispensable, la seconde évidente, et si les trois autres sont utiles pour éviter une débauche d’examens complémentaires, ils sont bien moins performants que l’imagerie qu’ils ne peuvent seulement qu’orienter.


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  • Quand l’âge nous prend, et même si l’on ne campe pas sur des positions passéistes en approuvant l’évolution de la société lorsqu’elle va dans le sens de la tolérance ou de la justice, on peut tout de même être surpris par la rapide évolution des mœurs. Il en est ainsi de la procréation qui devient de plus en plus artificielle depuis que les médecins et les biologistes s’en sont mêlés en passant d’une médecine préventive, curative ou palliative à une médecine du bonheur cherchant à combler les désirs individuels et en cédant aux revendications plus politiques que sanitaires de chacun.

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  • 387. Le mystère des médecins antivaxNombre de médecins sont poursuivis par le Conseil de l’Ordre pour avoir déconseillé la vaccination contre la COVID-19 au profit de thérapeutiques diverses à base d’ivermectine et de vitamines. C’est le cas de trois médecins néo-Calédoniens, et en métropole de Wonner, Fouché, Montagnier et de plusieurs généralistes qui ont recommandé un traitement semblable en y ajoutant du zinc.

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  • 386. Fin de partie ?Mr le Professeur Raoult, il est temps que vous preniez votre retraite. Vous êtes parmi les médecins celui qui a probablement commis le plus d’erreurs d’appréciation dans cette pandémie. Etant donné le nombre de spécialistes des maladies infectieuses que nous avons pu découvrir, vos prises de position n’auraient eu que peu d'importance si vous ne les aviez pas largement médiatisées avec des conséquences fâcheuses sur le public, en renforçant les attitudes opposées aux mesures sanitaires, en alimentant la croyance aux complots et en diminuant la confiance envers la science et la médecine.

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  • Comment s’échouer sur la grèvePlusieurs préavis de grève (illimitée) de soignants ont été déposés contre l’obligation vaccinale contre la COVID-19 pour les professionnels en contact avec les malades. Bien sûr, les syndicats qui poussent à cette grève dans les hôpitaux entourent la chose de revendications irréalistes et d’appel à la liberté de choix entre l'alternative de se vacciner et celle de pouvoir être mieux contaminés et d'être plus aisément contaminant pour les personnes fragiles dont ils ont la charge. Des revendications générales pour masquer leur frousse irraisonnable ou leurs motivations politiques.

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  • 384. Vous avez dit rigueur ?Je suppose que les contaminations progressent rapidement puisque les autorités s’affolent, si l’on peut parler de progrès en matière de maladie. On nous livre un nombre de contaminations croissant chaque jour. Mais ayant été formé à la rigueur, je m’étonne que nous soient livrés que des chiffres absolus et plus rarement, à ma connaissance, des taux. Je n’ai pas vu de comparaison avec le nombre de tests effectués. Car tout est relatif. Le nombre de contaminations constatées dépend bien sûr du nombre de tests effectués, or il semble que nos concitoyens se ruent dans les pharmacies et les laboratoires en raison de l’instauration du pass sanitaire. Ajoutons que le nombre total de tests effectués est connu puisqu’ils sont pris en charge par l’Assurance maladie. Par ailleurs, je n’ai pas vu (mais je suis très loin de tout voir) mes confrères qui écument les plateaux émettre une réserve sur cette montée du nombre de contaminations et ne pas préférer, pour donner une meilleure idée de la situation épidémique, un taux de tests positifs par rapport au nombre de tests réalisés comme l'est l'incidence du nombre de nouveaux contaminés par rapport à la population générale.

    NB. Voilà une annonce correcte publiée hier par l'ARS pour la Martinique  : 2.241 cas positifs et cinq décès entre le 12 et le 18 juillet. C'est la première fois depuis le début de l'épidémie que la barre des 2.000 cas est franchie. Le taux d'incidence / en général pour 100000 habitants/ passe de 278 à 625. Et le taux de positivité passe de 10 à 15%. 


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  • La peur fait partie de la condition animalière. J’ignore évidemment ce que peut ressentir un animal évolué mais il se met rapidement aux aguets dès qu’il perçoit un élément insolite dans son environnement. Si l’être humain n’est pas en perpétuelle vigilance dans une société théoriquement organisée et policée, reste que la peur fait encore davantage partie de sa condition, mais elle est d’une autre nature que celle des autres animaux.

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  • Je constate dans les médias beaucoup d’enthousiasme pour l’adoption généralisée d’un pass sanitaire pour accéder à toutes les distractions (notamment les boîtes de nuit), manifestations et voyages. Ce pass étant basé sur la preuve de la vaccination ou la négativité d’un test de dépistage du virus récent. Pour ce qui concerne la vaccination, on peut espérer être peu contaminant et être protégé, au moins des formes graves, si bien que le virus (dans les mutations que nous connaissons) a peu de chances de se répandre lorsque toutes les personnes en contact sont vaccinées. Par contre, ce qui m’a toujours paru un pari osé est la confiance donnée aux tests de dépistage, même lorsqu’il s’agit du meilleur, c’est à dire le RT-PCR (Real Time reverse transcriptase Polymerase Chain Reaction). Indépendamment de toute fraude, la négativité d’un test récent ne permet pas d’affirmer l’absence du virus dans les voies aériennes supérieures puisqu’il existe une petite proportion connue de faux négatifs (en dehors des erreurs possibles au laboratoire) : d’abord parce que le prélèvement, surtout s’il est mal fait, peut ne pas avoir prélevé une zone infectée, ensuite parce que le virus peut être peu décelable pendant la période d’incubation qui dure plusieurs jours. Je pense donc si la négativité d’un test est une bonne chose, il ne peut pas assurer la protection absolue des autres lorsque les gestes barrières sont abandonnés. Ce qui s’est récemment passé aux Pays-Bas vient illustrer mes doutes :  dans la nuit du 3 au 4 juillet, 600 personnes ayant tous présenté un test de dépistage négatif à l’entrée ont recherché la chaleur humaine sur la piste de danse. Sur ces 600 noctambules, 165 ont été testés positifs au SARS-CoV-2 par la suite.


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