• 247. Quand la bouffe nous bouffe

    Les gens deviennent de plus en plus vigilants et de plus en plus méfiants sur ce qu’ils mangent. Certains se sentent même victimes de complots et s’estiment perspicaces en soupçonnant un empoisonnement. Tout vient alimenter la vigilance et la méfiance des consommateurs :

    Les médecins d’abord, qui, par leurs conseils diététiques pour lutter contre l’obésité, l’hypercholestérolémie, le diabète, l’hypertension artérielle etc… ont fini par condamner plus ou moins le gras, le sucre, le sel, les viandes rouges en privilégiant notre côté herbivore. Des médecins – ils en portent le titre - ou même des amateurs se sont engouffrés dans ce créneau porteur et rémunérateur en proposant des régimes plus ou moins farfelus et parfois dangereux censés nous éviter des tas de maladies et notamment les cancers, en nous promettant une longue vie si l’on obéit à leurs conseils sans la moindre preuve sérieuse de leur validité.

    Les écologistes ensuite, qui, à juste titre, se sont élevés contre la pléthore et le danger de produits chimiques utilisés en agriculture et dans l’industrie alimentaire risquant d’avoir un effet nocif sur notre santé et notre environnement.

    L’intervention des pouvoirs publics, enfin, qui, en imposant certaines mesures, étiquetage, interdictions ou autres, vient authentifier la menace alimentaire.

    A cela, il faut ajouter la masse énorme d’informations contradictoires drainées par internet qui vient nourrir l’angoisse alimentaire et le complot des multinationales.

    "Nous vivons une mutation culturelle de l'alimentation qui nous amène à douter fondamentalement de ce que nous mangeons à cause de l'éloignement du producteur et du consommateur, de la délégation du contrôle par le consommateur à des institutions lointaines, des crises alimentaires..." (Patrick Denoux, AFP).

    Pour beaucoup, et notamment pour les nouvelles générations, se nourrir peut devenir une préoccupation pour ne pas dire une hantise, et le choix des aliments lors de leur achat et lors des repas, un véritable parcours du combattant. Un de mes petits-fils, qui n’a fait aucune étude pour devenir médecin, biologiste ou chimiste, connaît tous les produits chimiques (dont je suis incapable de retenir le nom) susceptibles d’être ajoutés aux aliments ou aux friandises, il connaît ceux qui en contiennent (sans regarder leur composition) et, bien sûr, leurs effets possibles sur l’organisme.

    Choisir une nourriture la plus saine possible n’est évidemment pas un défaut, mais la vigilance et la méfiance peuvent parfois tourner à l’obsession jusqu’à devenir dangereuses. Il arrive ainsi que le plaisir de manger se transforme en peur alimentaire et que l’obsession de la santé finit par rendre malade.

    L’orthorexie est une attitude vis à vis de l’alimentation qui toucherait 2 à 3% des Français, notamment dans les classes dites supérieures, attitude qui pousserait par ex. à "Manger un fruit uniquement s'il a été cueilli il y a moins d'une minute, faire des mini repas assortis de compléments alimentaires... », et à devenir crudivore et frugivore jusqu’à refuser de manger toute protéine animale (vegan). Des régimes sources de carences multiples et de maladies risquant de ternir la pureté recherchée et d’abréger l’immortalité promise par une sélection alimentaire déraisonnable.

     


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  • L'intervention de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, à la conférence internationale du sida a été perturbée par des militants scandant "Shame on Macron". Pourquoi ? Trois associations de lutte contre le sida (Coalition Plus, Act-Up Paris et Aides) ont regretté l'absence d’Emmanuel Macron à cette conférence, alors qu’elle se déroule à Paris jusqu’au 26 juillet. Elle est le signe, selon elles, d'un "désengagement de la France", "comparable à celui de Donald Trump".

    Il faut avouer que les associations de lutte contre le sida foisonnent, et le fait que la maladie a préférentiellement touché les homosexuels masculins n’est pas étranger à cette émergence, d’autant plus qu’elle les touchent encore largement puisque la prévalence de la séropositivité dans cette population atteint presque les 15% !

    Ces associations ont toujours été très politisées, parfois à mauvais escient. Lorsque la maladie est apparue et qu’à l’époque elle était toujours mortelle et ne touchait pratiquement que les HSH (les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes), on interdisait aux médecins de rechercher une contamination éventuelle sans avoir la permission du patient afin d’éviter toute stigmatisation. Cette décision politique stupide sous la pression des associations d’homosexuels a évidemment contribué à étendre la maladie.

    Si Macron devait assister à toutes les conférences médicales pour prouver qu’il ne se désintéresse pas de la maladie concernée (il reçoit cependant des délégations concernant le sida et son absence à la conférence ne prouve aucunement le "désengagement de la France"), il a du pain sur la planche. On doit tout de même faire remarquer à ces associations de lutte contre le sida qui semblent très susceptibles, que l’on meurt aujourd’hui bien plus souvent du cancer ou de maladies cardiovasculaires que du sida, et que les participants aux conférences sur le cancer ou le cœur n’exigent pas à chaque fois la présence du président de la République.

    Pour changer de président, dimanche dernier, la conférence a appelé le président américain à maintenir les aides du pays. En prévenant que si les Etats-Unis réduisaient leurs aides en faveur de la recherche pour le sida, « cela se traduirait par des morts et des nouvelles contaminations supplémentaires ».

    Je suis évidemment partisan de maintenir ou d’augmenter les crédits pour la recherche médicale et ce, quelle que soit la maladie. Mais en matière de sida, on peut se demander pourquoi la réduction des crédits pour la recherche conduirait obligatoirement à plus de morts et de contaminations. Certes, trouver un vaccin serait l’idéal, mais en son absence, aujourd’hui, le traitement existe (même s'il peut être amélioré et mieux diffusé) et a permis de transformer une maladie toujours mortelle en une maladie chronique contrôlée.

    Et si l’on parle de nouvelles contaminations, autant que des crédits ne faudrait-il pas aussi parler du comportement des populations le plus souvent touchées par le VIH ? La façon de vivre sa sexualité est le principal facteur en matière de contamination, la multiplicité des partenaires, le type de rapports et l’abandon du préservatif, en sont les premières causes. Un changement de comportement, dont ne semble pas vouloir nombre de jeunes, serait bien plus efficace que tous les crédits du monde, mais il ne semble pas pour demain depuis que l’on a montré que la prise préventive d’antirétroviraux (fort onéreuse) diminue nettement les risques de contamination et conduira peut-être à ne plus prendre de précautions pour ceux qui ne veulent mettre aucun frein à leur sexualité et demande à la société de le leur permettre.*

    Voir aussi : "192. Comment jouir sans entrave aux frais du contribuable"

    *Actuellement, à l'AP-HP, 2500 personnes bénéficient de la prévention PrEp (préexposition) en prenant du Truvada (association d'anti-rétroviraux) de façon quotidienne ou ponctuelle.


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  • Si certains territoires sont dépourvus de médecins, c’est tout simplement parce qu’ils ne veulent pas y vivre et rarement en raison de la difficulté d’y exercer leur métier. Ils ne veulent pas y vivre parce que les infrastructures peuvent manquer, parce qu’ils seraient isolés, parce que leur famille aux habitudes citadines ne veut pas se résoudre à devenir campagnarde, que le conjoint ne veut pas abandonner son activité professionnelle lorsqu’il ne peut pas l’exercer dans ces territoires désertés.

    J’ai toujours pensé qu’une des solutions possibles est de demander aux médecins d’assurer une consultation hebdomadaire dans ces « déserts médicaux ». Il suffit de leur donner quelques avantages pour rendre ces déplacements attractifs, la France étant finalement un petit pays, les distances à parcourir ne sont pas élevées et sortir du train-train ne devrait pas être désagréable et plutôt formateur. Pour ce qui me concerne, je n'aurais pas hésité à le faire.

    Aussi ai-je été agréablement surpris par les propositions dans ce domaine de la nouvelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn (Le Parisien) :

    « Dans les zones rurales, il faut être ingénieux ! Prenez le cas d'une ville avec un ou plusieurs hôpitaux. Une à deux fois par semaine, certains médecins pourraient être 'détachés' pour aller donner une consultation dans les endroits en désertification, sans avoir l'obligation d'y vivre. Idem pour les médecins libéraux. Dans un rayon de 30 km à 50 km, ils pourraient faire une consultation temporaire".

    Elle ajoute, à juste titre, que la télémédecine peut rendre des services et elle cite le cas de la dermatologie qui se prête effectivement bien à ce mode de consultation. Le diagnostic étant d’abord basé sur la vue des lésions, la transmission des images à un spécialiste est aujourd’hui aisée.

    245. Pâturage et vapotagePar contre en déclarant : « Le vapotage permet de réduire sa consommation mais pas l'arrêt complet du tabac. Or, c'est ce qui compte pour prévenir les cancers et les maladies cardiovasculairesOn ne reviendra donc pas sur l'interdiction de vapoter mise en place le 1er octobre prochain dans certains lieux publics », la nouvelle ministre tombe dans le même contresens que Mme Touraine : considérer que la e-cigarette est avant tout une méthode de sevrage du tabagisme. Elle l’est, bien sûr, mais elle n’a pas, comme les autres méthodes (patchs de nicotine), une efficacité absolue, tout en permettant tout de même de réduire la consommation, ce qui n’est déjà pas si mal.

    Ce qui compte est de ne pas inhaler la fumée toxique du tabac et de ne pas la faire inhaler aux autres, c’est elle qui favorise cancers et maladies cardiovasculaires, ce qui n’est pas le cas de la vapeur d’eau dégagée par le vapotage. Il faut favoriser, si on ne peut pas arrêter de fumer, le remplacement d’une fumée toxique par une qui ne l’est pas, même si le vapotage délivre de la nicotine (dont on peut diminuer progressivement la dose).

    Pour moi, la e-cigarette est avant un substitut au tabac et sous prétexte qu’elle ne permet pas toujours son arrêt total, on dresse des obstacles qui poussent les vapoteurs à sortir en plein air et à se mêler aux fumeurs de tabac, ce qui risque fort de les conduire à reprendre la cigarette qu’ils avaient abandonnée. C'est probablement la raison pour laquelle on constate la baisse actuelle de l’utilisation de la e-cigarette et c'est dommage.

    Dessin de Philippe Geluck


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  • 244. Le retour de Dracula

    Au XIIe siècle, les conciles (Clermont, Latran, Tours) interdirent aux membres du clergé la pratique de la médecine et surtout de la chirurgie en vertu du principe : « Ecclesia abhorret a sanguine ». En 1492, le Pape Innocent VII, gravement malade, aurait dû s'en souvenir quand son médecin lui proposa la première transfusion sanguine humaine connue avec le sang de trois enfants. Les quatre en moururent. Le Pape aurait pu supporter la transfusion si son groupe sanguin avait été celui du « receveur universel », mais le monde est mal fait et ce groupe est le plus rare des quatre principaux découverts par l'autrichien Karl Landsteiner en 1901. La chance que les enfants soient tous trois des « donneurs universels » était également mince.

    Les histoires de vampires alimentent les légendes et les spectacles, où l’on met en scène la jouissance vampirique de boire du sang ou de se baigner dedans. Du sang provenant de préférence du cou gracile et bien tentant de jolies jeunes femmes dont l'éventuelle virginité lui apporte un supplément de qualité.

    Les vertus soi-disant rajeunissantes du sang juvénile viennent d’être remis à la mode par Jess Karmazin physicien de 32 ans, diplômé de l’université de Stanford qui a fondé une start-up dénommée Ambrosia. Il aurait déjà une centaine clients. Ils doivent être au moins âgés de 35 ans, sans doute pour que l’efficacité de la cure ne les transforme pas en nourrisson, l’autre condition étant de débourser 8000 dollars pour en bénéficier.

    L’opération sera probablement très rentable car le promoteur se fournit comme tout un chacun dans les banques de sang (dont les « donneurs » sont rémunérés aux USA, ce qui assure leur plein succès) sans avoir à recruter des jeunes gens pour en faire couler le sang comme ce fut le cas du pape Innocent VII.

    Henry Fuseli "Le cauchemar"


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  • 243. Le bon exempleMarlène Schiappa, âgée de 34 ans, est la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes. Cette jeune femme est entrée dans la notoriété et dans le gouvernement actuel par la porte des réseaux sociaux. Blogueuse, elle a fondé le réseau "Maman travaille » et est l'auteur de plusieurs guides.

    Dans son "Guide de grossesse", publié en 2014, elle donne le bon exemple en livrant 10 conseils pour se faire prescrire un arrêt de travail par son médecin. Conseils tirés de sa propre expérience après son accouchement et au terme de son congé maternité qu’elle trouvait un peu juste pour résoudre les problèmes du post-partum. C’est une sage-femme qui lui a fourni quelques "conseils à mettre en œuvre en cas de contrôle de la CPAM, ou en cas de prolongation de l'arrêt".

    Conseils que notre future secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes n'hésite pas à partager avec les futures ou jeunes mamans lors d’une consultation chez le médecin :

     - Se "faire moche""Une queue de cheval mal attachée, la peau nue, un t-shirt blanc crado et un jean douteux seront du meilleur effet. Ne vous lavez pas et ne vous parfumez pas".

    - "Pendant que vous parlez, toussez, touchez-vous le visage, rongez-vous les ongles, mettez la main devant la bouche pour couvrir des nausées... Ayez l'air traumatisée. Ne pas hésiter à simuler une douleur en "fermant les yeux et en grimaçant" Regardez par la fenêtre, demandez un verre d'eau, faites répéter les phrases au médecin." Surtout, ne pas sourire. Ou bien arborer un "petit sourire triste".

    - Venir avec le bébé à l'heure du repas pour faire plus "misérable", jouer la carte du "sans famille" et pleurer si possible. "Exagérez tout""Vous avez eu un étourdissement ? Dites que vous êtes tombée dans les pommes. Vous avez eu des nausées ? Dites que vous avez vomi pendant une heure."

    - Mme Schiappa, afin d'inquiéter davantage le médecin, fournit à ses lectrices une liste de "questions idiotes et flippantes" à poser, telle "le foetus peut-il parler à travers le ventre de sa mère ?".,

    « Et surtout ne pas jubiler quand le généraliste attendri aura enfin cédé en délivrant le précieux sésame ». Cela va de soi si l’on veut obtenir une prolongation ultérieure.

    Reste à Marlène Schiappa, la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, à éditer un guide de simulation pour les hommes afin d’obtenir un arrêt de travail auprès de leur médecin lorsqu’ils l’estiment nécessaire.

    Source : Egora.fr Je n'ai donc pas lu directement les phrases transcrites, je les ai tirées de cette source habituellement sérieuse. Je n'ai pas retrouvé le texte original, explications ci-dessous :

    Posté par webmaster d'Egora le lun, 22/05/2017 - 16:03 

    "La photo des pages en question tourne sur les réseaux sociaux. Et nous avons retrouvé le post d'origine -supprimé depuis- sur son blog, grâce au site <a href="https://archive.org/web/" target="_blank" rel="nofollow">Way back machine</a>."


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  • Alors qu’aux USA on considère officiellement (depuis peu) que ne pas mentionner sur l’emballage des produits homéopathiques à la vente qu’« Il n’y a aucune preuve scientifique de l’efficacité de ce produit » et que dans le cas où un laboratoire ne le ferait pas, il pourrait être poursuivi pour publicité mensongère (voir « Enfin ! »), en Ontario, une province du Canada, les homéopathes peuvent à présent traiter des patients atteints de cancer ! Il existe même un Ordre des homéopathes. Ce qui est amusant, si j’ose dire, est qu’un responsable de cet Ordre a déclaré : "Notre travail, c’est de s’assurer que les gens aient accès à des homéopathes compétents et qualifiés".

    On peut rassurer les malades : que l’homéopathe soit compétent ou pas, cela ne changera rien à l’évolution de leur cancer, sauf qu’en l’absence de traitement efficace associé, ils mourront plus rapidement.

    Dans l’article que j’ai consulté, il est signalé qu’en 2016, dans une ville de l’Ouest du Canada un garçon est décédé des suites d’une infection streptococcique, car sa mère a préféré le soigner avec des remèdes homéopathiques.

    Je suis déçu, je pensais les Canadiens plus sensés. Mais pourquoi le seraient-ils plus que les homéopathes ?

    NB. Ce petit billet est la preuve de mon overdose des élections présidentielles qui traînent depuis des mois et qui continuent à monopoliser les ondes et les écrans. Il faut faire quelque chose, cela devient insupportable. C’est dans ce domaine que l’on pourrait utiliser à bon escient un traitement homéopathique.


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  • Dans le premier débat télévisé où se sont confrontés les cinq candidats en tête selon les sondages pour la présidentielle, Macron s’est déclaré à plusieurs reprises d’accord avec certains de ses concurrents. Ce constat n’a pas manqué de soulever quelque ironie. C’était inhabituel, mais cela n’avait rien d’étonnant compte tenu de la position qu’il a adopté sur l’échiquier politique, son rejet de toute idéologie et son projet de proposer des solutions provenant aussi bien de la droite que de la gauche.

    Néanmoins, des déclarations lors de sa campagne électorale font parfois penser au caméléon qui adopte pour sa protection la couleur du milieu dans lequel il se trouve. Pour Macron, c’est plus pour plaire et recueillir des voix que pour se défendre. C’est pour plaire aux Algériens qu’il a déclaré que la colonisation fut un « crime contre l’humanité ». Cette attitude me rappelle l’extraordinaire film de Woody Allen : « Zelig » où le héros adopte par mimétisme le caractère et même les traits physiques des gens qu’il fréquente, devenant obèse parmi les obèses ou noir parmi les noirs, afin d’être adopté par le milieu où il se trouve.

    Lors de sa visite à l’île de la Réunion, Emmanuel Macron a répondu à une question sur les médecines alternatives : "On n'a pas assez développé, à la fois la prévention, la médecine par les plantes, et les thérapies alternatives", en ajoutant : "Le Pr Joyeux qui fait un travail remarquable, est très connu à travers l'ensemble de l'Outre-mer. C'est une manière intelligente d'utiliser la biodiversité". Déclaration voulant sans doute plaire à celui qui avait posé la question et qui prétendait que l’on pouvait aisément traiter le diabète par la nutrition et les plantes plutôt que par les médicaments qui peuvent évidemment provoquer des effets secondaires.

    Pour séduire son interlocuteur, le candidat Macron n’a pas hésité à enfiler une brochette de bêtises :

    - Le travail remarquable du Pr Joyeux (cancérologue) a surtout consisté à s’opposer à la vaccination, ce qui lui a voulu quelques réactions de la part de l’Académie de médecine et du Conseil de l’ordre.*

    - Le développement de la prévention qui semble constituer l’essentiel de sa proposition de réforme de l’assurance maladie est en fait la tarte à la crème de tous les politiques depuis des décennies. Si son intérêt n’est pas discutable sur le plan médical, son intérêt sur le plan économique est sujet à caution (voir ICI).

    - La médecine par les plantes n’est pas sans intérêt, mais n’est pas sans effets secondaires (voir ICI)

    - Les thérapies alternatives (que l’on pourrait assimiler aux « faits alternatifs » de l’équipe de Trump) n’ont pas d’efficacité autre que celle du placebo (voir ICI). Il est prudent de réserver les médecines douces aux maladies douces qui guérissent spontanément. Les médecines parallèles sont surtout parallèles aux maladies et ne se rencontrent jamais.

    Macron a-t-il été influencé par les nombreuses émissions de TV consacrées à ces thérapies alternatives ?

    Leur liste a été établie par l’ASTEC (l’Association pour la science et la transmission de l’esprit critique), dont je cite, ci-dessous, un extrait de la lettre ouverte aux médiateurs des programmes de l’audiovisuel public :

    « On ne peut que constater l’importance du temps d’antenne voué à promouvoir ou à présenter sans esprit critique des dizaines de pseudosciences et de médecines non conventionnelles (…). Sans analyse critique, les allégations des pseudo-experts sont reçues comme des vérités validées par le service public et ajoutent un argument d’autorité "vu à la TV" dans l’arsenal de personnes incapables de prouver la justesse de leurs thèses et qui vivent donc de la crédulité des gens. À une époque où tout le monde déplore l’ère de la "post-vérité" les discours démagogiques, la radicalisation et les ravages de la pensée extrême, et où les pouvoirs publics déclarent régulièrement qu’il faut stimuler l’esprit critique, nous pensons que les journalistes (et j’ajouterais les politiques) devraient être parmi les premiers à se former pour comprendre la démarche scientifique et connaître les biais cognitifs qui leur font écrire des articles ou des reportages ». (https://www.esprit-critique.org/2017/03/06/traitement-pseudosciences-service-public/)

    * Cette sortie ayant provoqué de nombreuses réactions, il a été par la suite précisé par l'entourage d'Emmanuel Macron que celui-ci voulait parler, non pas du Pr Henri Joyeux opposé à la vaccination, mais du Dr Henri Joseph phytothérapeute. 


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  • 241. Nouvelles médicalesLe Texas est l’un des Etats des USA où la législation sur l’avortement est la plus sévère. Dernièrement, une loi est entrée en vigueur obligeant les femmes victimes d’une fausse couche ou ayant avorté à enterrer le fœtus, (voir « 233. L’arme fœtale »), ainsi la femme ayant eu recours à un avortement est quasiment mise dans une position de meurtrière.

    Une nouvelle loi dans cet Etat : le Senate Bill 25 donne aux médecins la liberté de révéler ou non à la future mère l’existence d’un handicap ou d’une malformation du fœtus qu’elle porte. Cette loi est subtile. Elle pourrait se justifier par une opposition à l’eugénisme, mais elle a surtout pour but de restreindre l’avortement lorsque le médecin est contre et de le protéger des plaintes éventuelles à la naissance d’un enfant malformé. A la famille d’assumer, mais sans avoir été informée au préalable.

    241. Nouvelles médicalesLa syphilis qui avait fait des ravages dans le passé (Voir : 29 bis « Dieu et les maladies ») était devenue rare. Elle devient de plus en plus fréquente touchant principalement les hommes homosexuels (dans 90% des cas). A cet égard la médecine s’était progressivement désarmée pour ce qui concerne le diagnostic biologique (auparavant systématique), avec la suppression de la déclaration obligatoire des syphilis en 2000 (la progression de la maladie a commencé dans les années 90) et l’arrêt de la fabrication de l’extencilline (qui a été semble-t-il reprise). Le nombre de cas est passé de 700 en 2012 à 1100 en 2014, dont 83% d’hommes homosexuels et 34% de co-infection avec le VIH.

    Avec les traitements dont nous disposons contre le SIDA, les comportements à risque se sont multipliés et le préservatif trop souvent abandonné. Il faut en outre souligner que la syphilis se transmet parfaitement par le sexe oral, qui, lui, est exceptionnellement protégé.

    241. Nouvelles médicalesLe préservatif étant la meilleure protection contre les maladies sexuellement transmissibles, ceux qui négligent de l’enfiler seront-ils séduits par le préservatif connecté ?

    l'I'Con (le bien nommé), vient d’être inventé par le fabricant britannique British Condoms sous le slogan : « le premier préservatif intelligent au monde » (70 €). C’est un anneau pénien connecté (placé sur le préservatif) pour mesurer les performances sexuelles. « Composé de nanopuces et de capteurs sensoriels, il permettra à ses utilisateurs de collecter des données comme la vitesse, la durée et la fréquence des rapports sexuels ». Tout en estimant le nombre de calories dépensées pendant l'acte et en assurant la détection des infections sexuellement transmissibles telles que la syphilis ou la Chlamydia.

    Et ce qui n’est pas négligeable, le partage des données pourra se faire grâce à une application avec la possibilité de les comparer à celles d'autres utilisateurs et même d’établir un classement entre eux.

    On n’arrête pas le progrès et  l’I Con nerie non plus. (E-Santé)


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  • 240. En marche sur ordonnanceIl est maintenant de notoriété publique qu’il est sain d’avoir une activité physique régulière. D’ailleurs ce conseil (« bouger ») est répété sur le bandeau inférieur des écrans de télévision lorsque ceux-ci font la publicité de nourritures dont l’abus peut conduire à l’obésité.

    L’activité physique la plus simple, la plus efficace et à la portée de toute personne autonome est la marche régulière et si possible la marche rapide ou la course légère.

    A présent, depuis le 1er mars les patients atteints d’une affection de longue durée (environ 10 millions) pourront marcher sur prescription médicale, mais à leur frais. Ce qui est logique, car rembourser la marche aurait soulevé trop de difficulté pour distinguer la marche nécessaire de la marche thérapeutique et certains fraudeurs auraient pu joindre l’utile à l’agréable.

    Mais si la marche régulière ne nécessite pas d’ordonnance, elle nécessite de la volonté et une discipline personnelle.

    La prescription, elle, permet de diriger le patient qui répugne à marcher seul vers un kinésithérapeute, un professeur de sport spécialisé ou ergothérapeute qui règlera son activité physique en fonction de ses moyens (physiques dans un premier temps, pécuniaires dans un second), et surtout le patient inclus dans un groupe pourra se faire des amis, en s’ennuyant moins, si l’ambiance est bonne, que s’il marchait seul.

    En définitive, on se demande pourquoi une ordonnance est nécessaire, il suffirait que le médecin indique le mentor adéquat et le lieu puisque cette activité se fait de toute façon aux frais du patient.

    Mais attention, nous sommes en France et le décret d’application précise les choses : non seulement le médecin doit faire une ordonnance (on se demande toujours pourquoi) sous forme d’un formulaire à remplir, évaluer l'état de santé du patient, et l'adresser à l'un des professionnels habilités à la prise en charge du sport sur ordonnance et « Avec l’accord des patients, l’intervenant transmet périodiquement un compte rendu sur le déroulement de l’activité physique adaptée au médecin prescripteur »

    Les médecins vont adorer cette nouvelle usine à gaz et le fardeau administratif supplémentaire dont l’intérêt m’échappe complètement.

    NB. Je suis heureux d’avoir pris ma retraite, je n’aurais pas supporté.

    Giacometti : "L'homme en marche"


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  • 239. Le Yin et le YangLa ministre de la santé du gouvernement de Thabo Mbeki, qui succéda à Nelson Mandela, le premier président noir de l’Afrique du Sud, soutenait en 2003 que pour lutter contre le sida il était plus sûr d’utiliser de l’ail, de l’huile d’olive et de l’oignon que des anti-rétroviraux. En 2008, à la fin de la présidence de Thabo Mbeki, 1 personne sur 5 en Afrique du Sud était séropositive.

    D’après les statistiques transmises par la Chine à l’ONU en 2015, il y aurait en Chine 501000 personnes atteintes du sida ou porteuses du virus fin 2014.

    Les autorités chinoises viennent de publier (le 5/02/17) leur plan quinquennal anti-sida. Un des objectifs est de doubler le nombre de patients atteints de sida traités par la médecine traditionnelle chinoise par rapport à 2015.

    Cette médecine traditionnelle comporte, entre autres, des médicaments à base de végétaux, des massages, de l’acupuncture ou encore le qigong (gymnastique traditionnelle).

    Il est certain que cette médecine traditionnelle, et ceci a été souligné par les autorités chinoises, est moins onéreuse et mieux supportée que les anti-rétroviraux. Mais on peut se demander quel effet pourraient avoir les massages, la gymnastique ou l’acupuncture sur le virus bien au chaud dans les cellules infectées. Probablement pas plus que l’ail, l’huile d’olive et l’oignon préconisés par l’ineffable ministre de la santé sud-africaine. Les Chinois sont-ils devenus fous en marchant sur ses traces ?

    Non, les Chinois sont des gens pragmatiques qui réussissent à allier les contraires complémentaires, le Yin et le Yang, le communisme et le capitalisme, la tradition et le modernisme.

    Le plan exhorte, en effet, les services de médecine traditionnelle à collaborer avec les organismes officiels de santé "pour trouver un schéma thérapeutique combinant la médecine traditionnelle chinoise et la médecine occidentale" (la trithérapie).

    On peut cependant remarquer que si l’on ampute une partie de la trithérapie au profit par ex. de la gymnastique, le traitement risque de devenir inefficace, et si l’on ajoute à la trithérapie la médecine traditionnelle, le traitement restera efficace mais en deviendrait plus onéreux (mais peut-être mieux supporté).

    L’intérêt ne serait-il pas de démontrer par ce couplage l’efficacité de la médecine traditionnelle chinoise en attribuant à cette dernière une part de l’efficacité démontrée de la trithérapie ? Ils sont malins ces Chinois : une thérapeutique mixte permettrait de promouvoir leur médecine traditionnelle mais en y mettant le prix. Dans le cas où l’on remplacerait la trithérapie ou une partie d’elle par la gymnastique ou l’acupuncture, le traitement serait plus économique, et avec l’intérêt supplémentaire de réduire la surpopulation, notamment dans sa partie homosexuelle.


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