• 241. Nouvelles médicalesLe Texas est l’un des Etats des USA où la législation sur l’avortement est la plus sévère. Dernièrement, une loi est entrée en vigueur obligeant les femmes victimes d’une fausse couche ou ayant avorté à enterrer le fœtus, (voir « 233. L’arme fœtale »), ainsi la femme ayant eu recours à un avortement est quasiment mise dans une position de meurtrière.

    Une nouvelle loi dans cet Etat : le Senate Bill 25 donne aux médecins la liberté de révéler ou non à la future mère l’existence d’un handicap ou d’une malformation du fœtus qu’elle porte. Cette loi est subtile. Elle pourrait se justifier par une opposition à l’eugénisme, mais elle a surtout pour but de restreindre l’avortement lorsque le médecin est contre et de le protéger des plaintes éventuelles à la naissance d’un enfant malformé. A la famille d’assumer, mais sans avoir été informée au préalable.

    241. Nouvelles médicalesLa syphilis qui avait fait des ravages dans le passé (Voir : 29 bis « Dieu et les maladies ») était devenue rare. Elle devient de plus en plus fréquente touchant principalement les hommes homosexuels (dans 90% des cas). A cet égard la médecine s’était progressivement désarmée pour ce qui concerne le diagnostic biologique (auparavant systématique), avec la suppression de la déclaration obligatoire des syphilis en 2000 (la progression de la maladie a commencé dans les années 90) et l’arrêt de la fabrication de l’extencilline (qui a été semble-t-il reprise). Le nombre de cas est passé de 700 en 2012 à 1100 en 2014, dont 83% d’hommes homosexuels et 34% de co-infection avec le VIH.

    Avec les traitements dont nous disposons contre le SIDA, les comportements à risque se sont multipliés et le préservatif trop souvent abandonné. Il faut en outre souligner que la syphilis se transmet parfaitement par le sexe oral, qui, lui, est exceptionnellement protégé.

    241. Nouvelles médicalesLe préservatif étant la meilleure protection contre les maladies sexuellement transmissibles, ceux qui négligent de l’enfiler seront-ils séduits par le préservatif connecté ?

    l'I'Con (le bien nommé), vient d’être inventé par le fabricant britannique British Condoms sous le slogan : « le premier préservatif intelligent au monde » (70 €). C’est un anneau pénien connecté (placé sur le préservatif) pour mesurer les performances sexuelles. « Composé de nanopuces et de capteurs sensoriels, il permettra à ses utilisateurs de collecter des données comme la vitesse, la durée et la fréquence des rapports sexuels ». Tout en estimant le nombre de calories dépensées pendant l'acte et en assurant la détection des infections sexuellement transmissibles telles que la syphilis ou la Chlamydia.

    Et ce qui n’est pas négligeable, le partage des données pourra se faire grâce à une application avec la possibilité de les comparer à celles d'autres utilisateurs et même d’établir un classement entre eux.

    On n’arrête pas le progrès et  l’I Con nerie non plus. (E-Santé)


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  • 240. En marche sur ordonnanceIl est maintenant de notoriété publique qu’il est sain d’avoir une activité physique régulière. D’ailleurs ce conseil (« bouger ») est répété sur le bandeau inférieur des écrans de télévision lorsque ceux-ci font la publicité de nourritures dont l’abus peut conduire à l’obésité.

    L’activité physique la plus simple, la plus efficace et à la portée de toute personne autonome est la marche régulière et si possible la marche rapide ou la course légère.

    A présent, depuis le 1er mars les patients atteints d’une affection de longue durée (environ 10 millions) pourront marcher sur prescription médicale, mais à leur frais. Ce qui est logique, car rembourser la marche aurait soulevé trop de difficulté pour distinguer la marche nécessaire de la marche thérapeutique et certains fraudeurs auraient pu joindre l’utile à l’agréable.

    Mais si la marche régulière ne nécessite pas d’ordonnance, elle nécessite de la volonté et une discipline personnelle.

    La prescription, elle, permet de diriger le patient qui répugne à marcher seul vers un kinésithérapeute, un professeur de sport spécialisé ou ergothérapeute qui règlera son activité physique en fonction de ses moyens (physiques dans un premier temps, pécuniaires dans un second), et surtout le patient inclus dans un groupe pourra se faire des amis, en s’ennuyant moins, si l’ambiance est bonne, que s’il marchait seul.

    En définitive, on se demande pourquoi une ordonnance est nécessaire, il suffirait que le médecin indique le mentor adéquat et le lieu puisque cette activité se fait de toute façon aux frais du patient.

    Mais attention, nous sommes en France et le décret d’application précise les choses : non seulement le médecin doit faire une ordonnance (on se demande toujours pourquoi) sous forme d’un formulaire à remplir, évaluer l'état de santé du patient, et l'adresser à l'un des professionnels habilités à la prise en charge du sport sur ordonnance et « Avec l’accord des patients, l’intervenant transmet périodiquement un compte rendu sur le déroulement de l’activité physique adaptée au médecin prescripteur »

    Les médecins vont adorer cette nouvelle usine à gaz et le fardeau administratif supplémentaire dont l’intérêt m’échappe complètement.

    NB. Je suis heureux d’avoir pris ma retraite, je n’aurais pas supporté.

    Giacometti : "L'homme en marche"


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  • 239. Le Yin et le YangLa ministre de la santé du gouvernement de Thabo Mbeki, qui succéda à Nelson Mandela, le premier président noir de l’Afrique du Sud, soutenait en 2003 que pour lutter contre le sida il était plus sûr d’utiliser de l’ail, de l’huile d’olive et de l’oignon que des anti-rétroviraux. En 2008, à la fin de la présidence de Thabo Mbeki, 1 personne sur 5 en Afrique du Sud était séropositive.

    D’après les statistiques transmises par la Chine à l’ONU en 2015, il y aurait en Chine 501000 personnes atteintes du sida ou porteuses du virus fin 2014.

    Les autorités chinoises viennent de publier (le 5/02/17) leur plan quinquennal anti-sida. Un des objectifs est de doubler le nombre de patients atteints de sida traités par la médecine traditionnelle chinoise par rapport à 2015.

    Cette médecine traditionnelle comporte, entre autres, des médicaments à base de végétaux, des massages, de l’acupuncture ou encore le qigong (gymnastique traditionnelle).

    Il est certain que cette médecine traditionnelle, et ceci a été souligné par les autorités chinoises, est moins onéreuse et mieux supportée que les anti-rétroviraux. Mais on peut se demander quel effet pourraient avoir les massages, la gymnastique ou l’acupuncture sur le virus bien au chaud dans les cellules infectées. Probablement pas plus que l’ail, l’huile d’olive et l’oignon préconisés par l’ineffable ministre de la santé sud-africaine. Les Chinois sont-ils devenus fous en marchant sur ses traces ?

    Non, les Chinois sont des gens pragmatiques qui réussissent à allier les contraires complémentaires, le Yin et le Yang, le communisme et le capitalisme, la tradition et le modernisme.

    Le plan exhorte, en effet, les services de médecine traditionnelle à collaborer avec les organismes officiels de santé "pour trouver un schéma thérapeutique combinant la médecine traditionnelle chinoise et la médecine occidentale" (la trithérapie).

    On peut cependant remarquer que si l’on ampute une partie de la trithérapie au profit par ex. de la gymnastique, le traitement risque de devenir inefficace, et si l’on ajoute à la trithérapie la médecine traditionnelle, le traitement restera efficace mais en deviendrait plus onéreux (mais peut-être mieux supporté).

    L’intérêt ne serait-il pas de démontrer par ce couplage l’efficacité de la médecine traditionnelle chinoise en attribuant à cette dernière une part de l’efficacité démontrée de la trithérapie ? Ils sont malins ces Chinois : une thérapeutique mixte permettrait de promouvoir leur médecine traditionnelle mais en y mettant le prix. Dans le cas où l’on remplacerait la trithérapie ou une partie d’elle par la gymnastique ou l’acupuncture, le traitement serait plus économique, et avec l’intérêt supplémentaire de réduire la surpopulation, notamment dans sa partie homosexuelle.


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    Un problème cornélien

    Goya

    ARTICLE 7 (article r.4127-7 Du CSP)
    Le médecin doit écouter, examiner, conseiller ou soigner avec la même conscience toutes les personnes quels que soient leur origine, leurs mœurs et leur situation de famille, leur appartenance ou leur non-appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments qu’il peut éprouver à leur égard. Il doit leur apporter son concours en toutes circonstances. Il ne doit jamais se départir d’une attitude correcte et attentive envers la personne examinée.

    ARTICLE 9 (article r.4127-9 Du CSP)
    Tout médecin qui se trouve en présence d’un malade ou d’un blessé en péril ou, informé qu’un malade ou un blessé est en péril, doit lui porter assistance ou s’assurer qu’il reçoit les soins nécessaires. 

    Les visiteurs de ce blog doivent se demander pourquoi je leur inflige la lecture de ces deux articles du Code de déontologie médicale édité par le Conseil de l’Ordre des médecins car il est totalement improbable que Mme Marine Le Pen puisse se trouver parmi ces visiteurs, mais c’est peut-être dommage.

    Bien que ne figurant pas dans ses « 144 engagements présidentiels », elle a confirmé que les étrangers devront « assumer » s’ils sont malades. « Assumer » me paraît un euphémisme. Si Mme Le Pen arrive au pouvoir, les étrangers, même en situation régulière, devront subir un délai de carence de deux ans avant de bénéficier du remboursement des soins. Ce qui ne devrait poser aucun problème car il est bien connu que la plupart des immigrés viennent en France pour y dépenser leur fortune.

    Mais qu’en sera-t-il des clandestins ? La réponse de Marine est d’une simplicité biblique (si j’ose mêler la religion à cette épineuse question) :  "Normalement, il n'y a pas de clandestins dans un pays si la loi est appliquée".

    Elle est évidemment irritée par l'Aide médicale d'Etat[1] : "l'intégralité des soins sont pris en charge pour les clandestins, ce qui n'est pas le cas pour les Français. Ça, c'est terminé".

    Oui, mais comment ? Imaginez un pauvre hère, clandestin ou en situation régulière, qui gagne à peine de quoi survivre, arrivant aux urgences en train de crever, que devra faire le médecin ou le chirurgien ? Le personnel hospitalier devra-t-il le brancarder et le déposer sur le trottoir ? S’il arrive dans un cabinet médical, le praticien le soignera sûrement dans le respect du Code de déontologie, et s’il a des médicaments, il lui en donnera. Et s’il le fait sa salle d’attente sera prise d’assaut.

    Le médecin ne peut plus faire comme aux temps anciens où il soignait gratuitement les pauvres mais se rattrapait sur les riches.



    [1] « L'AME est attribuée sous conditions de résidence mais aussi avec un plafond de ressources : 8 653 euros annuels en France métropolitaine pour une personne. C'est le même plafond que celui de la CMU complémentaire, qui bénéficie aux Français ou aux personnes en situation régulière. » 

     


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  • Par ce froid, le ministre de l'Intérieur, Bruno Leroux a crânement déclaré : "Personne ne devra rester dans la rue… ». Fort bien, mais en dehors de ceux qui n’ont malheureusement pas de domicile fixe, qu’en est-il des prostituées dont beaucoup sont obligées de rester dans la rue ?

    La loi d'avril 2016 sur la prostitution, en pénalisant le client, n’a pas fait évidemment disparaître la prostitution, mais a raréfié les clients et a contribué à précariser les prostituées. (voir aussi : "Le client ne sera-t-il plus roi ?")

    Il est interdit aux propriétaires de leur louer un local car ce serait tirer profit de la prostitution, comme il est interdit aux prostituées de s’associer pour travailler en intérieur.

    "Grand froid ou pas, ceux ou celles qui payent 50 euros leur chambre d'hôtel devront quand même faire un ou deux clients pour dormir au chaud" (porte-parole du Strass).

    Si le proxénétisme et la prostitution obligée sont des horreurs, la prostitution plus ou moins indépendante existe, et aucune loi n’a jamais réussi à la faire disparaître. La législation ne devrait-elle pas essayer de la rendre moins précaire ?

    Pour le SIDA, une étude[1] portant sur 27 pays européens, publié en janvier par The Lancet HIV, montre que les politiques les plus prohibitionnistes en matière de prostitution sont aussi celles qui favoriseraient le plus les contaminations par le VIH.

    La prévalence moyenne de l’infection à VIH chez les prostituées, est de 4,02 % dans les pays où cette pratique est totalement interdite (10 pays) contre 0,5% pour les états qui ont au moins partiellement légalisé cette activité. Ainsi l’Allemagne qui est le pays où la prostitution est légale (avec en particulier des maisons closes) est aussi celui où le taux de contamination est le plus faible.

    Les lois qui criminalisent la vente et l’achat de rapports sexuels risquent de conduire à l’isolement des prostituées et à réduire l’accès aux soins et à la prévention.

    L’auteur de cette étude conclut : « Nos résultats sont concordants avec d’autres travaux qui montrent que le retrait des lois criminalisant cette activité protège les travailleurs du sexe, leur permet de bénéficier d’assurance sociale et de protection juridique. Une telle légalisation augmente le recours aux préservatifs, réduit le risque de violence et renforce le pouvoir de ces femmes pour imposer l’usage du préservatif. »

     

    237. La face obscure de la moralité

    Toulouse-Lautrec : « L’inspection »

     

    [1] Reeves A et coll.: National sex work policy and HIV prevalence among sex workers: an ecological regression analysis of 27 European countries. Lancet HIV 2017; publication avancée en ligne le 24 janvier (http://dx.doi.org/10.1016/S2352-3018(16)30217-X).

     


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  • 236. Quand dans le cochon sommeille un hommeDans la revue Cell des chercheurs américains ont publié les résultats de leurs travaux qui ont consisté à créer pendant 4 ans des embryons (1500) contenant à la fois des cellules souches humaines (en faible quantité tout de même) et porcines dans le but de former dans ces animaux des organes susceptibles d’être prélevés pour les greffer chez l’homme. La précocité de l’injection des cellules humaines dans les embryons porcins permettant d’éviter le rejet.

    "Le but ultime est de cultiver des tissus ou des organes humains (pancréas, foie, cœur...) chez des animaux comme des truies qui pourront être greffés sans rejet, mais nous en sommes encore loin" a regretté le principal auteur de ces travaux.

    Le développement des embryons a été interrompu réglementairement au bout de 4 semaines. Des porcs avec une touche humaine n’étant pas pour l’instant les bienvenus, il y a déjà trop d’humains avec une touche porcine.

    Mais ces chimères ne sont aucunement chimériques ; des chimères entre rat et souris ont déjà été réalisées avec succès en obtenant le développement d’un pancréas, d’un cœur et de yeux de rats dans des embryons de souris. Certes, rat et souris sont des animaux proches, mais il semble bien qu’il en est de même pour l’homme et le cochon.

    L’interdiction de consommer du porc chez les juifs et les musulmans est-elle liée à l’interdiction de l’anthropophagie ? Dieu seul le sait.


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  • Car vous risquez votre peau.

    Des études de l’université de Floride, confirmées par une étude israélienne auraient montré « que l'agressivité des patients pouvait être responsable de 40% des erreurs médicales ». L’impact de cette agressivité pourrait durer 24 heures, toucher l’ensemble de l’équipe soignante, et même être à l’origine d’erreurs commises sur d’autres patients « innocents ».

    Les erreurs médicales seraient à l’origine de 250.000 morts aux USA et 50.000 en France par an. Cette estimation me semble prêter à discussion en raison de l’incertitude dans la définition et le recueil des erreurs médicales, ainsi que dans la relation de cause à effet.

    Mais il est certain que les critiques acerbes, l’agressivité et la violence que peut subir une équipe médicale, et notamment le médecin responsable des soins, ne les laissent pas indifférents. Il ne faut pas s’imaginer que le soignant, tel un roc, conserve sa sérénité en toute circonstance. L’agressivité d’un patient va altérer les performances du médecin dans sa réflexion et même dans son objectivité et son intérêt pour le patient agressif.

    Si l’on se base sur les chiffres précédents, on devrait conclure que chaque année en France, 20000 patients meurent en raison de leur propre agressivité.

    Alors soyez gentil avec votre médecin, il y va de votre vie.


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  • Lors de son meeting à Nevers, Emmanuel Macron a développé son programme pour la santé (en parlant de « révolution culturelle »[1]) devant un millier de personnes qui semblaient enthousiastes à la fin de sa prestation.

    Bien sûr, beaucoup de généralités et aucune nouveauté sur l’hôpital, les maisons de santé pluridisciplinaires déjà nombreuses (qui ressemblent aux « dispensaires » de jadis), et sur le développement de la télémédecine. Cependant l’ouverture du numérus clausus est envisagé, ce qui évitera peut-être aux jeunes Français de faire leurs études de médecine en Roumanie ou en Belgique, et d’avoir des médecins roumains dans nos campagnes.

    Bien sûr, comme tous les politiques, Macron attend l’essentiel des économies de la prévention, car parallèlement les soins et même les petits seront mieux remboursés, ce qui va tout de même agrandir le trou bien connu.

    La prévention reste la « tarte à la crème » préférée des politiques en matière de santé (voir  «160. La prévention est-elle source d’économies ? »), la rémunération des médecins devant être en partie basée sur un mécanisme qui existe déjà la ROSP (voir 215. ROSP). La prévention est pleinement efficace (c’est à dire en empêchant l’éclosion de maladies) par les vaccinations, et le serait par l’arrêt des intoxications volontaires notamment par l’alcool et le tabac, l’un et l’autre grands pourvoyeurs de maladies mortelles. Jusqu’à présent tous les gouvernements ont plus ou moins échoué pour le tabac et l’alcool.

    Si Macron ne trouve rien d’original en préconisant une vie plus saine pour les Français, il le devient en proposant un service sanitaire de trois mois pour tous les étudiants en santé (40000 estime-t-il) qui iraient dans les écoles prêcher la bonne parole, et ambitionne ainsi de voir se lever la première génération sans tabac (on peut toujours rêver). La bonne parole serait également diffusée dans les quartiers défavorisés (je me suis toujours demandé en quoi) où circulent cependant d’autres drogues que le tabac, et même dans les Ehpad. J’avoue que la prévention ciblant les vieillards dépendants me laisse perplexe.

    J’ai toutefois relevé deux propositions intéressantes :

    - L’évaluation de la généralisation du 1/3 payant. Sur quoi Marisol Touraine, en bonne camarade, n’a pas manqué d’ironiser dans un tweet (véhicule privilégié de la politique) en déclarant que la chose avait déjà été évaluée puisque 73% de Français seraient pour. Notre ministre de la santé confond hardiment sondage et évaluation. Il est même étonnant que 100% des Français n’aient pas répondu qu’ils préfèrent ne rien payer en allant consulter un médecin. Evaluer l’impact de cette mesure, ce n’est pas faire un sondage chez les bénéficiaires, c’est, entre autres, évaluer son fonctionnement, l’éventuelle augmentation du nombre de consultations[2], son coût, le temps consacré aussi bien par l’assurance maladie que par les médecins (qui passent des heures à vérifier les comptes et s’aperçoivent qu’ils ne sont pas toujours rémunérés pour leur travail).

    - Une mesure proposée par Macron pourrait être une source incontestable d’économie : la généralisation de la vente à l’unité des médicaments (qui se fait dans d’autres pays). Que chacun ouvre sa pharmacie, il y verra de nombreuses boîtes de médicaments comprenant de nombreux comprimés non utilisés. Ce gâchis n’est pas sans intéresser les laboratoires pharmaceutiques.

     

    [1] « Il faut conduire une vraie révolution culturelle dans la santé. Nous nous appuierons davantage sur les personnels de santé et les patients. Il faut favoriser les initiatives de terrains plutôt que les décisions uniformes venant d'en haut, pour avancer en donnant du sens, il faut des mesures de long terme. »

    [2] Dans ma pratique j’ai rencontré quelques patients bénéficiant de la CMU et qui ne payaient donc pas leur consultation, venir me voir sans nécessité aucune.


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  • L’enterrement foetal

     Accouchement à Pompéi

    « Depuis 2011, l’État du Texas a approuvé une série de lois visant à restreindre le recours à l’avortement.

    Sa dernière idée en date est d’imposer aux femmes qui avortent ou à celles qui font une fausse couche à l’hôpital, l’enterrement du fœtus, quel que soit le stade de la grossesse.  En pratique l’état interdira aux établissements de santé de se débarrasser des restes fœtaux dans les décharges sanitaires, et n’autorisera que la crémation ou l’inhumation pour les embryons. La mesure devrait être effective d’ici à la fin de l’année. » (Journal International de Médecine).

    Il est évident qu’un processus de disparition des tissus embryonnaires ou foetaux similaire à celui consacré à la disparition d’un être humain entièrement constitué, vise à culpabiliser les procréateurs en les assimilant à des meurtriers, avec, de plus, l’épreuve d’être le témoin, même à distance, de l’inhumation ou de la crémation de l’amas cellulaire ou d'un foetus partiellement formé dont ils sont accusés de l'avoir volontairement tué.

    L'arme foetale

    "Deux équipes, américaine et britannique, sont parvenues à cultiver in vitro des embryons humains jusqu’à 14 jours, alors que la limite ­technique était auparavant de 9 jours (en photo, un embryon de 11 jours)" (Le Monde)

    A quand l’inhumation du sperme dispersé et des ovules perdus ? Les gamètes sont des demi-êtres humains potentiels, et leur rencontre peut aboutir à un fœtus qui, à 12 semaines, n’est ni fini, ni viable.

    L'arme foetale

    Foetus de 12 semaines

    La culpabilisation est l’élément moteur de la plupart des religions, elle leur permet de dominer le croyant et de lui imposer une conduite dogmatique.

    Il est évident que chacun a le droit d’avoir son opinion sur l’avortement. Mais chacune doit être libre d’interrompre sa grossesse ou pas à un stade précoce. Ce n’est pas une affaire d’homme, mais de femme, et les prêtres, qui ne sont pas – en principe - directement confrontés à cette situation, ont encore moins le droit de décider pour les autres, qu’ils fassent ou pas intervenir Dieu dont ils prétendent, indûment, connaître l’opinion en ce domaine.

    Quand je préparais jadis le concours de l’externat des hôpitaux de Paris, dans le programme figurait une question intitulée : « Complications de l’avortement criminel », c’était donc avant la loi sur l’interruption volontaire de grossesse de 1975. Ces complications consécutives aux avortements clandestins, faites dans des conditions souvent épouvantables, étaient nombreuses et certaines mortelles.

    Tout cela pour dire, ce que chacun est censé savoir, que les femmes confrontées à des situations difficiles ont été amenées de tout temps à se résoudre, souvent douloureusement, à interrompre une grossesse en prenant pour le faire un risque vital en l’absence d’encadrement médical, et celui-ci n’a été proposé que très récemment. Les culpabiliser, de surcroît, manque totalement de compassion.

    L’encadrement de l'IVG est un moindre mal, même si la contraception est préférable. Celle-ci n’est cependant pas pour autant en odeur de sainteté dans les religions qui ont la manie malsaine de se mêler de l’intimité de leurs brebis, et d’encourager la procréation même si les enfants à naître risquent d’être menacés de mourir dans leurs premières années de maladie ou de faim.


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  • 232. Pollution gratuiteCette semaine le taux de 80 microgrammes par m3 de microparticules ayant été dépassé à Paris, la Mairie a instauré la circulation alternée dans la capitale, et encouragé la population à utiliser les transports en commun et notamment le métro en les rendant gratuits. Excellent initiative.

    J’ai donc profité de cette aubaine pour aller dans les souterrains à l’abri de la pollution régnant en surface pour inhaler gratuitement un bol 3 à 4 fois plus conséquent de particules fines par rapport à celui que j’aurais pu inhaler aux abords du périphérique. Ce bol métropolitain ayant en outre l’intérêt de contenir des métaux de choix comme le fer, le cuivre ou le chrome.

    Il faut dire que le métro a la chance d’être bien servi puisque ses bouches d’aération se trouvent en général à hauteur des pots d’échappement des voitures.

    Ne prenant pas le RER, je me suis contenté de la pollution qui règne sur les quais de métro, bien inférieure à celle que les banlieusards ont l’opportunité d’inhaler sur les quais du RER.

    Pendant mon séjour sous terre, il semble que, pour l’instant, les choses ne se passent pas trop mal en surface. Les hôpitaux sont en alerte pour recevoir des gens âgés, de jeunes enfants et les personnes atteintes de maladies respiratoires, mais il n’y aurait pas d’effets notables – pour l’instant – sur l’activité des urgences en Île de France. Il est vrai que l’étude Pollux avait relevé une augmentation de 50% des diagnostics d’asthme lorsque le taux des particules ultrafines est entre 0 et 25 microgrammes par m3, et qu’ensuite on observerait un plateau.

    Nous sommes peut-être sur le plateau. Ce plateau sera probablement mis au crédit de la décision de la Mairie de Paris, sachant que l’efficacité réelle de la circulation alternée est amplement discutée par les spécialistes dont je ne suis pas.


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