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    De la victime au bourreau

    Goya : "Décapitation"

    Des conneries dangereuses volant en escadrilles au-dessus des USA risquent de venir renforcer les nôtres. C'est Peggy Sastre qui le signale dans Le Point, son regard vigilant toujours effaré par ce qu'elle voit Outre-Atlantique. Mais quand il s'agit de conneries dangereuses, l'océan est vite franchi, et les équipes susceptibles de les réceptionner sur notre sol sont déjà sur pied. Je rapporte ici son éditorial intitulé : "Le retour de la terreur".

    « Le climat politique actuel m'empêche d'exprimer mes opinions parce que d'autres personnes pourraient les juger offensantes. » Dans cette assertion d'un sondage mené par le Cato Institute et publié le 22 juillet, 62 % des Américains se reconnaissent. Une proportion en hausse depuis la dernière mouture de cette enquête, réalisée en 2017, où ils n'étaient « que » 58 %.

    Quand on s'émeut des effets socialement délétères du « politiquement correct » et, plus généralement, des atteintes à la liberté d'expression, on s'entend souvent répondre : « Vous dites ça car vous n'êtes qu'un sale vieux réac nostalgique du temps où l'on pouvait dire des trucs racistes à la machine à café et mettre une main au panier de sa secrétaire en toute impunité. » L'argument est séduisant (la preuve, il est répandu), mais peu conforme aux données disponibles. L'enquête Cato révèle ainsi que l'autocensure se moque pas mal des frontières partisanes. Si les républicains sont effectivement les plus nombreux à se réprimer (77 %), elle est autant majoritaire chez les démocrates (52 %) que chez les indépendants (59 %) et les centristes/modérés (64 %).

    Rééquilibrage

    Culture américaine oblige, l'universalité du problème est également confirmée dans les statistiques ethniques : 65 % des Hispaniques, 64 % des Blancs et 49 % des Noirs choisissent de taire leurs opinions par peur de choquer leurs congénères. La crainte n'est pas qu'une question de politesse : les sondés sont 34 % à droite, 31 % à gauche et 30 % au centre à penser qu'ils pourraient « être privés d'une opportunité professionnelle voire se faire licencier si leurs opinions politiques venaient à être connues ». Et le pouvoir économique n'est en rien une protection : l'autocensure touche 60 % des individus ayant un revenu supérieur à 100 000 dollars et 58 % de ceux chez qui il est inférieur à 20 000 dollars.

    Il en va d'une autre antienne désormais psalmodiée à l'envi : la vague contemporaine d'ostracisme pour cause d'opinions divergentes ne serait qu'un juste rééquilibrage, une manière pour les sans voix de se faire entendre. Dans une récente tribune au Monde, c'est l'argumentaire que déroule Laure Murat. Chaudement installée à son poste de professeure de littérature à l'UCLA, elle nous explique que la « cancel culture » (sorte de boycott organisé après une déclaration maladroite sur Internet) n'est que le « dernier recours d'une population sans autre voix que l'Internet » et l'« outil le plus récent d'une contestation politique de plus en plus intense, issue des minorités et de la gauche radicale américaine, s'inscrivant dans le combat des droits civiques et du féminisme, excédées par l'impunité du pouvoir et la passivité des institutions face au racisme, à l'injustice sociale, au sexisme, à l'homophobie, à la transphobie, entre autres ». C'est beau, mais c'est faux.

    Des exemples flagrants

    Si la « cancel culture » n'est effectivement qu'un mot nouveau pour désigner un phénomène sans doute aussi ancien que l'aptitude humaine à exprimer et censurer des opinions, elle a le goût de cendre des révolutions qui, plus tôt que tard, finissent par passer leurs propres enfants à la casserole, histoire d'avoir toujours un truc à grignoter. Sur Twitter, le compte EverythingOppresses liste depuis la mi-juillet des cas de « cancelling » dépassant de loin l'énième star hollywoodienne qui se flagelle pour avoir commis le très grave péché d'avoir un jour porté des tresses africaines.

    À l'heure où j'écris ces lignes, il en est à 165 occurrences, dont les 125 premières concernent le commun des mortels. Ce sont deux femmes forcées à stopper leur activité de restauration ambulante parce qu'elles y servaient de la nourriture mexicaine en étant blanches. C'est un électricien viré manu militari parce que la photo de ses doigts arrondis en « OK » a circulé sur Twitter et qu'on l'a accusé d'être un sympathisant du KKK – il est à 75 % non-Blanc et ne connaissait pas la signification suprémaciste du geste. C'est un cuisinier qu'on licencie pour une blague comportant le mot « esclave ». C'est un étudiant musulman dont on saccage la porte de sa chambre de dortoir pour avoir publié un article satirique sur ses camarades d'extrême gauche. C'est la directrice d'une école canadienne qui se retrouve sans emploi pour avoir fait jouer Le Marchand de Venise de Shakespeare dans son établissement. C'est tout et n'importe quoi, comme seules savent le faire les purges qui, pour camoufler les psychopathes en roue libre à la manette, se donnent des grands airs de salut public."

     

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  • Des brèves qui soulagent« Téhéran crie victoire, samedi 15 août, après le rejet à une écrasante majorité par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution américaine visant à prolonger l’embargo sur les armes en Iran…Seuls deux des quinze membres du Conseil ont voté pour la résolution. Deux autres, la Russie et la Chine, ont voté contre et les onze membres restants du Conseil se sont abstenus, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, alliés européens des Etats-Unis. Si le texte avait obtenu neuf voix favorables, Pékin et Moscou – qui entendent pouvoir vendre des armes à Téhéran dans un avenir proche – auraient certainement mis leur veto en tant que membres permanents » (Le Monde). C’est ainsi que l’Iran pourra continuer à fournir en armes ses filiales au Moyen Orient, au Liban, au Yémen, en Syrie…

    Des brèves qui soulagent« Grâce à un arrêté préfectoral, la jauge passe de 5000 à 9000 spectateurs pour la Cinéscénie du parc vendéen Le Puy du Fou ce samedi 15 août. » Pas d’inquiétude : le virus craint les Chouans. Mais une telle décision est-elle le fait du prince ou celui-ci craint-il la famille de Villiers ?

     

    Des brèves qui soulagent

    A Lourdes, le Seigneur reconnaitra les siens

    Des brèves qui soulagent« Lors de la cérémonie nationale d'hommage aux six humanitaires tués dimanche, le Premier ministre à appeler les associations à ne pas quitter le Niger ». Les ONG meurent mais ne se rendent pas. C'est désarmant. Le journal nous engage par ailleurs à revivre la cérémonie en hommage aux six morts.

    On dit beaucoup de bien de Jean Castex, c'est sûrement vrai, mais je n'arrive pas à le prendre au sérieux. Peut-être est-ce sa façon de parler, de dire des évidences d'un ton définitif. Il me fait un peu penser à Bourvil vantant "l'eau ferrugineuse", sketch dont les plus âgés se souviendront.


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  • Lectures légères

    Lectures légèresJe viens de terminer un polar italien : « Les mains vides » de Valerio Varesi où l’on assiste aux déambulations d’un commissaire à travers les rues de Parme, à la fois accablé par une chaleur torride et par sa ville gangrénée par la pègre mi-étrangère (de l’est), mi-italienne et par la corruption. Ce polar ne manque pas à la tradition des polars italiens, comme ceux de Donna Leon qui se déroulent dans Venise, où les policiers découvrent toujours les coupables mais n’arrêtent que les seconds couteaux en laissant prospérer les notables mouillés. Ces polars du sud, peut-être en raison du soleil et de la beauté des villes, malgré le cynisme qui y règne sont finalement moins désespérants que les polars du nord : Islande, Ecosse, Suède…imprégnés d’un climat gris et froid, riches en policiers alcooliques souvent divorcés dont les enfants se droguent  plus ou moins. Les séries télévisées du nord ont également ce goût amer en se déroulant dans des rues monotones aux maisons laides sous un ciel bas et aux personnages tristes à pleurer.

    Mais le soleil de Marseille ne suffit pas à éclairer les romans sombres et très bien écrits de Jean-Claude Izzo où son héros Fabio Montale ne se fait plus d'illusions sur sa ville dans "Total Khéops", "Chourmo", et "Solea".

    Lectures légèresPour ce qui concerne les romans d’un genre différent que j’ai lu pour me distraire, je suis un peu irrité par un procédé qui me semble de plus en plus utilisé par les auteurs : le morcellement spatio-temporel, l’abandon du temps linéaire au profit d’un désordre chronologique savamment orchestré avec des sauts multiples du présent au passé et vice versa, ce qui est un procédé facile pour créer du suspense en vous privant périodiquement de dessert. Procédé utilisé habilement dans l’excellent « Changer l’eau des fleurs » de Valérie Perrin, de façon plus grossière dans « Le gang des rêves » de Luca Di Fulvio, et de façon diabolique dans « L’Enigme de la chambre 622 » du Genevois Joël Dicker. Ce dernier livre est un phénomène de librairie : premier dans les meilleures ventes de la Fnac pendant 9 semaines, il est encore en deuxième position à la onzième semaine. Dans l’hôtel où j’ai passé mes vacances, nous étions trois à le lire. Son intrigue est particulièrement alambiquée avec des sauts dans le temps et dans l’espace plusieurs fois dans un même chapitre, ce qui finit par nous désorienter. L’auteur abuse du procédé jusqu’à la malhonnêteté et son œuvre finit par perdre sa qualité de roman pour endosser celui du feuilleton. La plupart des gens ont aimé ce livre et se sont laissés embarquer dans une intrigue invraisemblable et atomisée.

    Illustration ; Renoir, Vuillard, Magritte.


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  • 332. Des chiffres et de l’être« Le Premier ministre Jean Castex a annoncé mardi 11 août la prolongation jusqu'au 30 octobre de l'interdiction des évènements de plus de 5 000 personnes, soulignant que la situation épidémique en France s’est dégradée. Les préfets auront la « possibilité d'y déroger avec la vérification du strict respect des consignes sanitaires » (les journaux)

    Cette limite des 5000 personnes me rend perplexe. Pourquoi 5000 et pas 4000 ou 6OOO ? Tout rassemblement est une source de contamination. Deux personnes proches qui se parlent est l’occasion pour un virus de passer de l’une à l’autre, à cheval sur un postillon ou transporté plus élégamment par un aérosol. Ce qui compte est de faire obstacle à cette migration. 10000 personnes qui se réunissent en portant toutes un masque couvrant la bouche pour ne pas émettre et couvrant le nez pour ne pas recevoir, en se lavant les mains avant et après de se réunir, en évitant entre temps de se toucher le visage et les yeux, exposent à moins de danger de propagation du virus que 10 personnes dans un milieu clos ne prenant aucune précaution.

    Je sais bien que ceux qui nous dirigent doivent prendre des décisions, mais ces décisions ont parfois l'allure d'oukases dont on se demande la justification. C'est en particulier le cas des décisions chiffrées qui paraissent le plus souvent totalement arbitraires.


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  • Informations absurdes

    L'absurde est le point commun des chaînes d'informations continues. L'image se doit d'être remplie en boucle et quand l'information manque, les boucles sont de plus en plus serrées. De ce point de vue, la covid-19 est une aubaine qui n'en finit pas. Et cerise sur le gâteau, nous avons la canicule qui va achever de faire de la place dans les EHPAD sans espérer que la raréfaction transitoire de la clientèle conduise à faire baisser les prix de ces auberges de vieillesse.

    Le comique involontaire des interviews est réjouissant. Les journalistes se déplacent un peu partout en France pour demander aux gens s'il fait chaud. La personne interrogée est d'une franchise rafraîchissante en affirmant, à la surprise du journaliste qui lui tend son micro avide d'avoir l'information - "oui, il fait chaud". Le journaliste connait son métier, il va plus loin : - et que faites-vous ? La personne interrogée qui se liquéfie sur place pourrait lui répondre : - "vous me faites suer". Non, trop heureux de son quart d'heure de célébrité, l'interviewé détaille les mesures intelligentes, bien qu'attendues, qu'il prend qui dépendent de sa personnalité et du lieu où il se trouve, ce qui donne tout son intérêt à l'enquête. Cela va de - "je cherche de l'ombre" - variante : "je ferme les volets" - je prends des douches - variante : - je me baigne -. Les deux dernières réponses dénotant un certain niveau de vie. Nous n'avons pas les solutions trouvées par ceux qui dorment dans la rue, sans volets et sans douche.

    Informations absurdes

    Le "Miroir d'eau" de Bordeaux rebaptisé "Miroir d'urine" sur Google Maps.


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  • 331. La révolte contre la médecine

    Cette image montre une manifestation de 20000 Allemands environ descendus dans le rue à Berlin, le 1er août, pour s’élever contre les mesures imposées pour lutter contre la pandémie qui immobilise plus ou moins le monde depuis l’hiver dernier, avec comme slogan : « la fin de la pandémie, le jour de la liberté ». Notons que ces citoyens allemands décrètent la fin de la pandémie qu’ils estiment ainsi de leur décision. Peut-être que certains d’entre eux se rangent parmi les « complotistes » qui pensent que cette pandémie a été montée de toutes pièces ou même qu’elle n’existe pas.

    Nous avons eu droit à une présence médiatique médicale dense et multi-quotidienne, ce qui a permis au public de voir les failles et les contradictions de la science médicale. Nous avons aussi assisté à des querelles entre les médecins, où la controverse très habituelle et très saine dans la sphère médicale s’est étalée dans les médias, touchant le public et devenant même matière politique. Chaque opinion sur la conduite médicale à suivre ayant ses partisans hors du milieu médical dont certains ont été – comme c’est devenu habituel aujourd’hui – jusqu’à menacer physiquement les médecins n’ayant pas la même opinion que la leur, opinion basée sur une croyance plus que sur des faits. Mais il faut admettre que devant un virus nouveau, les renseignements erronés initialement venus de Chine et les retournements du corps médical au fur et à mesure des constations, le public a été tenté de croire plutôt que de savoir, le savoir paraissant incertain, et une incertitude étalée quotidiennement au grand jour, ce qui n’est pas pour donner confiance.

    La présence médicale dans les médias a-t-elle été excessive et continue-t-elle à l'être ? Oui, pour ce qui me concerne. Les journalistes se livrent depuis le début à une pêche aux médecins venus de tous les horizons et pas toujours du meilleur. Chaque médecin répétant ce que disait son voisin ou son prédécesseur sur le plateau, même quand il s’agissait d’une affirmation se révélant fausse par la suite. Mais était-ce inutile pour le public confronté pour la première fois à une pandémie ? En Occident, nous n’avions aucun des réflexes communs aux asiatiques proches de la Chine. N’avions-nous pas tendance à nous moquer des asiatiques marchant masqués dans la rue ? Moi-même j’avais un sourire narquois en voyant des Chinois masqués dans les rues de Paris quelques mois avant le déclenchement de la pandémie en Europe. La répétition est la méthode la plus efficace de la pédagogie et le masque est devenu un objet commun, on sort dans la rue muni d’un masque comme on se munit de ses clefs. Il faut en outre constater que la présence médicale itérative, la répétition ad nauseam des conseils préventifs ont permis aux politiques d’imposer des mesures liberticides, mais contre lesquelles une partie de la population se révolte.

    A-t-elle raison de se révolter ? Un malade peut toujours refuser un traitement, une personne saine peut toujours refuser une prévention. L’un comme l’autre prend un risque pour lui-même. En cas d’épidémie grave, il ne s’agit plus de soi mais des autres (comme pour la vaccination où l'on n'est pas seul en cause). Il est licite de restreindre la liberté d’un individu s’il représente une menace pour les autres jusqu'à l’assigner à résidence. Toutes proportions gardées, on enferme un criminel s’il représente une menace pour la société. Si un individu est porteur d’une maladie contagieuse et qu’il ne fait rien pour ne pas contaminer les autres dont certains risquent de mourir de la maladie, n’est-ce pas criminel ?

    Mais le point d’achoppement est le suivant : les mesures préconisées sont-elles les bonnes ? En matière médicale tout est basé sur la confiance, et elle a été fortement entamée par les tergiversations, notamment au sujet des masques à propos desquels on a assisté à une comédie de dupes tristement hilarante. On sait que lorsqu’un médecin fait une seule erreur, il n’a plus la confiance de son patient. Le doute sur l’opportunité des mesures médicales sévères est renforcé par le fait que d’autres conduites différentes ont été adoptées ailleurs mais dont l’efficacité n’a pas été clairement établie, notamment en Suède. Reste que dans les pays où les mesures que nous avons suivies sont mal conduites, la situation parait préoccupante.

    Alors, faute de mieux, faites confiance à vos médecins. Quoi qu'il en soit, ce sont eux les mieux placés pour vous aider, la plupart conservent leur bon sens et ne cessent de s'informer et ils ont été plutôt bons pour prendre en charge les malades dans la tourmente, comme le furent les autres soignants.


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  • On a la cellule que l’on peut

    Près de 400 maires auraient été agressés l’année dernière. Un maire en est mort, Jean-Mathieu Michel de la ville de Signes, un an après les responsables de ce meurtre ne sont toujours pas jugés. Les choses vont sûrement changer si l’on en croit les sénateurs :

    « Le président de la commission des lois du Sénat - une institution dont le corps électoral se compose en grande majorité des élus des conseils municipaux- appelle ainsi de ses vœux “un plan gouvernemental pour la sécurité des maires”, comportant notamment la création de cellules d’accompagnement pour les élus agressés. » (huffingtonpost.fr)

    La voilà la solution : une cellule psychologique. Les maires n’auront plus aucune raison de se plaindre, ils pourront raconter le déroulement de l’agression subie (s’ils peuvent encore parler), ça soulage. Qu’importe la plaie puisque l’on a le pansement.  


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  • Les recoloniauxIl semble qu’Emmanuel Macron est plus apprécié à l’étranger que dans son propre pays. Que Bolsonaro ou Erdogan ne l’apprécie pas du tout serait plutôt à son avantage qu’à ses dépens.

    Sa visite au Liban est très commentée, certains sont favorables, d’autres sont contre, arguant que le Liban est indépendant depuis 1944 et qu’il est outrecuidant d’intervenir dans la politique intérieure de ce pays. Un insoumis au bon sens a osé comparer les mouvements protestataires des Libanais à ceux des gilets jaunes en France. Le goût de l’opposition systématique pousse à dire les pires sottises. La critique de la gouvernance du Liban est évidemment justifiée, mais donner des leçons aux dirigeants libanais dans leur propre pays alors que l’on est soi-même contesté pour la sienne pourrait paraître paradoxal. Notons simplement qu’aucun président français n’a échappé aux contestations violentes. Les Français sont ainsi faits qu’ils n’apprécient leurs dirigeants qu’une fois morts.

    Confronté à la foule libanaise désespérée qui demandait son aide à Macron, il y a eu cette extraordinaire prière d’une jeune femme : « reprenez-nous ! », une Libanaise réclamant le rétablissement du protectorat de la France sur le Liban (qu’elle n’a jamais connu), autrement dit une « recolonisation ».

    Un joli pied de nez à nos « décoloniaux » qui n’ont jamais été colonisés eux-mêmes, qui crachent sur la France, mais à qui il ne viendrait jamais à l’idée de retrouver le pays de leurs ancêtres indépendant depuis des décennies. Il est vrai qu’il est plus confortable de jouer les victimes perpétuelles dans un pays plutôt généreux que de contribuer au développement de leurs pays d’origine qui, pour la plupart, ont connu bien des malheurs depuis leur l’indépendance au point que l’on attribue à un vieux sage africain cette question à son fils : « l’indépendance, ça va durer longtemps ? ».

    Les recoloniaux

    Illustration : Bernard Buffet : « Don Quichotte »


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  • Une royale voracité

    Je suis sans doute d’une grande naïveté mais le cas de l’ex roi d’Espagne Juan Carlos, âgé de 82 ans, me rend perplexe, je n’arrive pas à le comprendre. Ce personnage qui serait passé dans l’histoire pour avoir rétabli la démocratie en Espagne, en s’opposant de surcroît à un coup d’Etat par la suite, a éprouvé le besoin de se lancer dans des magouilles dans ses vieux jours et le voilà en cavale comme un vulgaire escroc nécessiteux alors qu'il dispose d'un abondant superflu dans des lieux où l'argent n'a pas d'odeur. Avait-il besoin pour vivre, et à son âge, de ces dizaines millions d’euros de commissions occultes dont il est accusé d’avoir touchés ? La voracité des « grands » de ce monde me stupéfie encore.

    Illustration : André Martins de Barros


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  • Préparation à la nouvelle lutte finale« Ces derniers mois, nous avons constaté une forte augmentation des recherches en ligne de commerces appartenant à des Noirs. De voir tant de personnes chercher à soutenir la communauté noire nous a inspiré” (Jewel Burks du groupe Google).

    Le groupe Google a donc créé l’icône ci-dessus pour signaler les commerces tenus par de Noirs si ceux-ci le souhaitent.

    Cette initiative est à mon avis dans la veine raciste la plus pure, celle suivie par les nazis allemands pour signaler les commerces tenus par les Juifs, même si ce signalement n’a pas pour but de briser leurs vitrines mais de les favoriser. Cependant, marquer les différences en insistant sur ce qui nous sépare plutôt que sur ce qui nous rapproche, c’est aussi favoriser un jour ou l’autre leur rejet. Depuis le meurtre de George Floyd par un policier sadique, les Américains ne savent plus comment se faire pardonner, et deviennent fous.

    Il est vrai que Google a déjà créé une icône pour signaler les commerces dirigés par une femme et une autre pour ceux qui sont “LGBTQ + friendly” d’après Courrier international

    La lutte des classes est à présent remplacée par la lutte entre les genres et entre les couleurs de peau dans une société de plus en plus éclatée et de plus en plus tribale. Ne pas oublier que les maladies étasuniennes sont contagieuses pour tout l'Occident avec un temps d'incubation de plus en plus court


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