• « L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament étudie le cas de 14 patients décédés alors qu'ils prenaient du Levothyrox. Ce mercredi 29 novembre, l'hebdomadaire Ebdo a révélé que les morts de plusieurs personnes avaient été enregistrées dans la banque nationale de données recensant les effets secondaires des médicaments. » (Huffpost)

    Ce journal Ebdo* titre carrément : « Les 13 morts du Levothyrox cachées par les autorités françaises ».

    Un titre particulièrement « lourd », pour ne pas dire inepte. D’abord il affirme que les 13 morts ont été provoquées par le Lévothyrox (pris par 3 millions de personnes) et ensuite que les autorités françaises cachent délibérément la survenue de ces décès. Si après ça les patients ne sont pas paniqués, c’est qu’ils ont les nerfs solides.

    Si le titre est racoleur et nuisible, dans l’article même la « journaliste » est un peu plus prudente quant à la relation de cause à effet qui reste à démontrer entre la prise du médicament et le décès. Et je me demande pour ma part ce qui pourrait bien tuer dans la nouvelle formule qui ne comporte que deux excipients nouveaux (mannitol et acide citrique anhydre qui se trouvent dans beaucoup de produits que l’on ingère) par rapport à l’ancienne formule, substances qui paraissent tout de même anodines (voir également : « 251. Quand une hormone file les glandes »).

    En dehors de l’atteinte thyroïdienne, le journal ne mentionne aucunement la possibilité de pathologies graves associées mais signale tout de même que l’une des femmes décédées avait 87 ans et l’autre 85 et admet que le traitement pouvait comporter d’autres médicaments. L’article laisse par ailleurs soupçonner que des morts fœtales seraient également à mettre sur le compte de la nouvelle formule sans la moindre référence statistique comparative.

    Ainsi parmi les centaines de personnes (sur 3 millions) qui ont signalé des effets secondaires, même si elles sont âgées, même si elles ont d’autres maladies éventuellement graves, même si elles prennent d’autres médicaments, c’est le Lévothyrox qui serait a priori responsable de la survenue de leur décès.

    La science journalistique a ses propres théorèmes, le premier étant celui d’attirer l’acheteur et plus ça fait peur, plus ça attire.

    Reste l’accusation de cacher la « vérité » à la population (ce qui est très vendeur). Bien sûr, les morts sont enregistrées dans la banque nationale de données recensant les effets secondaires des médicaments : c'est un de ses buts. Mais cela ne veut pas dire que le médicament surveillé est à l’origine du décès. Si cette banque nationale des données de pharmacovigilance devait avertir le public de tous les décès survenus dans la population traitée par des médicaments dont les effets secondaires sont relevés, les journaux auraient de quoi publier.

    * Si ce nouveau journal a cherché à se faire connaître de cette façon, c'est réussi : on évitera à l'avenir de le consulter.


    10 commentaires
  • La guerre des sexes aura-t-elle lieu ?« En cas de harcèlement sexuel, c’est à l'auteur des faits de démontrer devant la justice qu’il n’y a pas eu harcèlement. Le Défenseur des droits soutient les victimes et enquête pour les aider à gagner » http://bit.ly/2hkr2TL  18:01 - 25 nov. 2017

    Ce gazouillis provient du Défenseur des droits, un certain Toubon recasé là par Hollande qui, dans un éclair de génie, efface en 140 caractères la présomption d’innocence et fait de l’accusé un présumé coupable, ouvrant ainsi la voie à toutes les vengeances ou toutes les perversions, car en l’absence de témoins comment l’accusé pourrait-il démontrer son innocence ? La plainte pouvant être unique, à moins de recruter les copines.

    Quant au « délit d’outrage sexiste » inventé par Macron, c’est un excellent module de communication mais pratiquement inapplicable, sauf dans les rares cas où un agent assermenté assiste à l’outrage. Quant à l’outrage, ses contours seront bien difficiles à déterminer : un compliment un peu lourd est-il un outrage ? Outrage pour l’une et pas pour l’autre qui en sera peut-être flattée.

    Autant la prise de conscience de la situation des femmes (voir Femmes) et d’assurer leur défense sont des nécessités, autant la création permanente de nouveaux délits soumis à un appareil policier et judiciaire débordé, et le déferlement accusatoire auquel on assiste risquent fort de dépasser son but, de ressembler à une chasse à l’homme et de transformer les relations entre hommes et femmes, quand « le désir devient un délit », en une guerre des sexes nourrie de méfiance, poursuivant ainsi l'américanisation de la société européenne.


    11 commentaires
  • Depuis le 6 novembre des milliers d’entre eux ont bloqué un pont autoroutier donnant accès à Islamabad. Pourquoi manifestaient-ils ? Pour demander la démission du ministre de la Justice. Elle a été obtenue ce jour au prix de sept morts et de deux cents blessés.

    Ce ministre, dans un amendement à la loi sur le blasphème, avait en effet omis de préciser dans sa formulation que les candidats aux élections devaient explicitement reconnaître que Mahomet est le dernier des prophètes.

    Or c’est bien évident qu’il l’est. Imaginez aujourd’hui qu’un homme (il est moins probable qu’il pourrait s’agir d’une femme) proclame que Dieu lui envoie régulièrement des messages directement ou par l’intermédiaire de l’archange Gabriel, que pensez-vous qu’il se passerait ? Où pensez-vous qu’il trouverait asile ?

    Depuis l’an 610 après la venue du second prophète (qui, lui, n’a pas eu besoin de l’archange Gabriel comme intermédiaire), il y eut des prophètes et des Messies autoproclamés, mais les uns se sont révélés des escrocs à forte tendance libidineuse et les autres, sincères, ont été accueillis en milieu spécialisé.

    Ces islamistes pakistanais ont donc parfaitement raison : Abū al-Qāsim Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ibn Hāshim est bien le dernier prophète du monothéisme à avoir été pris au sérieux, et avec un recul de 1400 ans.

    Et que Dieu, dans sa miséricorde, nous préserve d’un quatrième.

    Les islamistes pakistanais ont raison


    6 commentaires
  • AUX FEMMES 

    Femmes exposées nues à chaque coin de rue

    Femmes rendues honteuses au corps masqué

    Femmes épousées de force par des inconnus

    Femmes abandonnées une fois engrossées

    Fillettes au sexe mutilé pour ne pas jouir

    Filles coupables d’avoir été violées

    Femmes contaminées sans pouvoir rien dire

    Femmes battues pour une soupe en retard

    Femmes tuées dans des relents d’alcool

    Filles impubères vendues aux vieillards

    Fillettes assassinées après l’école

    Femmes prostituées que l’on met au pas

    Filles esclaves de gens sans parole

    Femmes-bétail juste bonnes à mettre bas 

    Femmes cachées, forcées, répudiées, vendues

    Femmes, exploitées, prostituées, battues

    Femmes violées, mutilées

    Au nom des hommes demeurés

    Au nom des hommes sans nom

    Je vous demande pardon
     

    Paul Obraska

    Félix Nussbaum : "Les perles"


    14 commentaires
  • Les arbres en automne réussissent un spectacle dont on ne se lasse jamais. Ce mercredi, ce fut une apothéose.

    Paris s’était coiffé d’un ciel bleu sans le moindre nuage.

    Le soleil déjà bas l’après-midi envoyait ses rayons obliques faire flamboyer les dorures des arbres avant qu’elles ne tombent à nos pieds.

    Et nos pieds faisaient craquer les feuilles jaunes avec un bruit feutré.

    Et les feuilles mortes pourrissantes exhalaient leur parfum de foin coupé, seuls cadavres qui sentent bon.

    Les arbres en automne nous donnent le spectacle annuel d’une mort théâtrale dont ils se relèveront.

    Lire la suite...


    12 commentaires