• La foire présidentielleA la foire présidentielle, le stand aux promesses sonnantes et surtout trébuchantes a beaucoup de succès. Les lots ont été mis aux enchères, la mise à prix étant de 10% d’augmentation des salaires, une allocation quelconque ou une diminution d’impôt n’étant pas suffisante. Le plus beau lot, pourtant hors de prix, le doublement du salaire des enseignants a été emporté haut la main dans le portefeuille de monopoly par une dame qui s’était illustrée par l’érection de pissotières à compost sur les bords de Seine. Le compteur de flux d’émigrés avec robinet de régulation figure dans la plupart des stands, mais celui qui éveille le plus de curiosité est le stand de la catapulte à expulser les émigrés clandestins dont le vendeur affirme l’efficacité, mais lors de la démonstration, les visiteurs ont pu constater un effet boomerang de la machine avec retour rapide de l’expulsé. Des visiteurs s’arrêtent volontiers devant les portes blindées des frontières mais restent dubitatifs quand le vendeur assure que leur installation est simple et ne pourrait avoir que d’heureuses conséquences.  La panoplie de la guerre civile exposée sur deux stands impressionne beaucoup, elle permet le choix des belligérants : gilets jaunes, extrême-gauche, extrême-droite, islamistes, trafiquants de drogue et la modulation des alliances et des confrontations. Cette panoplie permet à son bonimenteur de jouer au sauveur, un rôle très envié depuis le succès du général De Gaulle. Le stand de la fin du monde n'a pas le succès escompté, rendant les uns verts de rage et les autres verts de peur. Dans un coin de la foire un exposant n’avait pas hésité à monter un stand où il vantait la liberté de circuler du virus de la COVID-19 comme remède à la mélancolie. Mais le stand n’est plus fonctionnel, l’exposant ayant été hospitalisé. Notons qu'aux dernières nouvelles un trublion tente d'installer un stand sauvage dans cette foire, ce qui zemme la zizanie. Illustration : Bosch « l’escamoteur et les pigeons »


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  • Le buzz de BuzynJe ne vais pas épiloguer (les médias l’ont fait largement) sur la mise en examen de l’ex-ministre de la santé pour les erreurs d’appréciation qu’elle aurait pu commettre au début de la pandémie de COVID-19 et par lesquelles elle ne se distinguait guère de la multitude mondiale aussi bien de savants que de politiques. Je ne vais pas épiloguer sur l’intervention intempestive et dangereuse du judiciaire dans l’exécutif qui va jusqu’à considérer comme des délits de droit commun d’éventuelles erreurs jugées comme telles et a posteriori dans la gouvernance d’un pays. Je ne vais pas épiloguer sur la dévalorisation simultanée de la politique et de la justice entraînée par une telle décision. Je voudrais seulement poser la question aux connaisseurs du droit : peut-on mettre en examen un juge pour mise en danger de la vie d’autrui ou homicide involontaire lorsqu’un innocent mis en prison par ses soins tente de se suicider ou réussit à le faire ? Illustration : Lucas Cranach « Justice »


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  • Paquet cadeauAujourd’hui j’ai descendu triomphalement les Champs Elysées, cela faisait des mois que je ne l’avais pas fait. Beaucoup de monde. Beaucoup de femmes entièrement voilées sortant des beaux hôtels ou des beaux magasins. Le pétrole devait couler à flots, à moins que ce soit le gaz, bref, du fossile. J’en ai profité pour voir l’œuvre posthume de Christo et de sa femme Jeanne-Claude, un rêve qu’il faisait depuis longtemps et qu'il n'a pas vu se réaliser : l’empaquetage de l’Arc de Triomphe. Christo avait la manie de recouvrir les monuments fameux et plus ils étaient fameux plus il était content. Je n’ai jamais été vraiment emballé par ses empaquetages. On ne peut pas dire que le monument devenu invisible est plus beau que lorsqu’il est visible, s’il l’était ce serait un affront à l’œuvre entièrement cachée aux yeux des passants. Mais le drapé qui recouvre le monument ne manque pas de beauté, un immense drapé dont on sait qu'il sera éphémère et ce provisoire, cette inutilité donnent à l'ouvrage une certaine grandeur comme une image de la vie. Je crois que Christo disait que l’œuvre une fois empaquetée devenait « sensuelle ». Curieusement, ainsi recouvert, l'Arc de Triomphe  est devenu triste comme une pleureuse, et cette tristesse n'est-elle pas le revers de tout triomphe ? Pour ma part, un des intérêts que j’y vois, tout en admirant le travail nécessaire pour le faire et pour si peu de temps, est de transformer le monument en un paquet cadeau que l’on va ensuite déballer, le découvrir, pour l’offrir une deuxième fois au regard des passants.


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  • Pour reprendre confiance en la ScienceLa 31ème cérémonie des IG Nobel s'est tenue dans la nuit de jeudi 9 au vendredi 10 septembre. La cérémonie s’est déroulée cette année à distance, au cours de laquelle un comité de scientifiques a récompensé dix recherches complètement farfelues, qui ne servent à rien, sinon à montrer qu’il arrive que les scientifiques ne se prennent pas au sérieux. Des recherches qui apparaissent comme particulièrement décalées puisque le monde scientifique a été et est encore préoccupé par la pandémie du SARS-CoV-2.

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  • Inclusi.f.veIl est à présent rare qu’une déclaration ou un débat portant sur la société n’inclut pas les termes d’inclusif ou d’inclusive (en présentant mes excuses pour avoir placé la forme masculine de cet adjectif avant sa forme féminine). On pourrait considérer cela comme une véritable intoxication par ce mot, ceci peut se comprendre car le prononcer vous range d’emblée dans le camp progressiste et même du Bien. C’est une intoxication qui rapporte et inversement si vous ne tenez pas compte de l’inclusif vous vous retrouvez exclu. Notre ministre des affaires étrangères Le Drian n’a-t-il pas espéré que les « nouveaux » talibans se montreront plus inclusifs ? Ils l’ont d’ailleurs immédiatement montré en imposant aux femmes des tenues totalement inclusives et exclusivement noires.

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  • La nécessité inutileLe procès des 14 accusés (présents) des tueries du 13 novembre 2015 s’est ouvert. Des tonnes de papiers et l’appareil judiciaire mobilisé pour 9 mois. Les victimes attendent ce procès et vont témoigner, ce qui laissera probablement indifférent, voire satisfait, le seul assassin ayant échappé à l’exécution (et à sa ceinture d'explosifs) acceptant d’être présent dans le box. Je comprends la symbolique : la justice d’un pays civilisé s’opposant à la sauvagerie, mais les chaînes d’information se sont emparées de ce procès avec gourmandise comme s’il s’agissait d’un spectacle. Les premiers commentaires m’ont paru intolérables en s’étendant sur la vedette du spectacle, le rescapé des « commandos » ayant mitraillé des gens désarmés. Il a accepté de venir ! Grand merci. Comment est-il ? T-shirt noir, cheveux gominés coiffés en arrière. Formidable. Il a accepté de parler !!! Remarquable. Mais qu’a-t-il dit ? Que pouvait-t-il dire, sinon le radotage d’un débile fanatique : quelque chose sur son Dieu et son prophète. J’ai bien aimé la réponse du président : « on verra ça plus tard ». En fait on ne va pas assister à une réparation morale pour les victimes mais à une glorification mondiale des assassins.  


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  • La castration des ballons« Certaines municipalités ont fait le choix de supprimer les cages de football, jugées sexistes. Ces cours de récré « dégenrées » et végétalisées /notamment par des potagers/, censées rééquilibrer l’espace disponible pour les filles et pour les garçons, ne sont pas du goût de tous. En déplacement dans une école de Lyon, Grégory Doucet a essuyé les critiques d’un élève ». Il est certain que personne ne doit manquer d’espace dans une cour de récréation. Ce n’est pas une question de sexe, c’est une question d’équité. Si les filles s’intéressent moins au football, bien qu’il y ait d’excellentes équipes féminines dans ce sport, il est absurde de supprimer un jeu prisé par les garçons parce qu’il l’est moins par les filles. On pourrait considérer cela comme un sexisme anti-masculin. L’évolution asexuée de la société, allant vers l’individu unisexe ou multisexe (au choix) ne me semble pas un idéal. Si la mixité est une bonne chose elle ne devrait pas se faire aux dépens d’une des parties (si j’ose dire).  Illustration : « La castration d’Uranus »


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  • Cadre dynamiqueCe cadre est estimé entre 4,6 et 7 millions d’euros et sera remis aux enchères par une collectionneuse anonyme le 14 octobre prochain à Londres chez Sotheby’s. Auparavant il serait opportun de retirer le bout de papier ou de toile sur lequel figure un ballon en forme de cœur, et dont la partie inférieure où figurait une fillette s’était autodétruite lors de sa vente en 2018, transformant « La fille au ballon » en « L’amour est dans la poubelle ». Il est dommage que l’on n’ait pas jeté l’ensemble du graffiti dans la poubelle pour ne pas gâcher la vision du cadre, seule œuvre artistique authentique. L’auteur de ce canular hors de prix, le mystérieux artiste de rue connu sous le nom de Banksy, doit se bidonner dans son coin car il voulait par sa « performance » dénoncer la marchandisation de l’art. On ne peut pas dire qu’il n’ait pas démontré pleinement l’absurdité scandaleuse de ce marché. Mais je me pose deux questions : d’abord quand on parle de marché de l’art, où est l’art ? Ensuite : où va tout cet argent ? Il y a des canulars qui rapportent, il suffit de trouver des cons pour payer. Des cons ? sûrement pas, la collectionneuse anonyme qui avait acheté la chose en 2018 va faire un sacré bénéfice car le prix estimé aujourd’hui est 4 à 6 fois plus élevé que le prix qu’elle avait payé à l'époque, un rapport de 500 p 100 environ en 3 ans ! Si l’art peut être absent, le marché est toujours là, juteux à souhait et le plus souvent totalement artificiel basé sur une circulation d'objets le plus souvent sans valeur intrinsèque mais que l'on échange à coups de millions en escomptant tirer un bénéfice à chaque transaction.


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  • Mais en images

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  • Hommage aux confrèresSamedi 27 et 28 août, le Dr Jean-Marie Haegy , médecin urgentiste à Colmar, est descendu dans la rue, pour brandir une pancarte face aux opposants à la vaccination et/ou au pass sanitaire et sur laquelle on pouvait lire : "2.000 patients Covid positifs en réanimation, 85% de non vaccinés : à qui le tour ?", au risque d'être pris à partie par la foule. Le 21 août les manifestants et la police ne lui ont pas permis de continuer. L’urgentiste a néanmoins récidivé le 28 août, essuyant des insultes, la police, cette fois s’est mis à ses côtés. Il faut désormais protéger les gens qui disent la vérité. Des médecins qui s’épuisent depuis le début de la pandémie à soigner des malades atteints de la COVID-19 et qui avaient été applaudis chaque soir avec les autres soignants, sont à présent nommément menacés de mort, eux et leur famille, et récemment dans un article de « France Soir » (anonyme, bien sûr), suscitant la réponse dans une tribune de l’Express des médecins accusés de compromissions et menacés pour voir fait et continuer à faire leur métier.


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