• Paquet cadeauAujourd’hui j’ai descendu triomphalement les Champs Elysées, cela faisait des mois que je ne l’avais pas fait. Beaucoup de monde. Beaucoup de femmes entièrement voilées sortant des beaux hôtels ou des beaux magasins. Le pétrole devait couler à flots, à moins que ce soit le gaz, bref, du fossile. J’en ai profité pour voir l’œuvre posthume de Christo et de sa femme Jeanne-Claude, un rêve qu’il faisait depuis longtemps et qu'il n'a pas vu se réaliser : l’empaquetage de l’Arc de Triomphe. Christo avait la manie de recouvrir les monuments fameux et plus ils étaient fameux plus il était content. Je n’ai jamais été vraiment emballé par ses empaquetages. On ne peut pas dire que le monument devenu invisible est plus beau que lorsqu’il est visible, s’il l’était ce serait un affront à l’œuvre entièrement cachée aux yeux des passants. Mais le drapé qui recouvre le monument ne manque pas de beauté, un immense drapé dont on sait qu'il sera éphémère et ce provisoire, cette inutilité donnent à l'ouvrage une certaine grandeur comme une image de la vie. Je crois que Christo disait que l’œuvre une fois empaquetée devenait « sensuelle ». Curieusement, ainsi recouvert, l'Arc de Triomphe  est devenu triste comme une pleureuse, et cette tristesse n'est-elle pas le revers de tout triomphe ? Pour ma part, un des intérêts que j’y vois, tout en admirant le travail nécessaire pour le faire et pour si peu de temps, est de transformer le monument en un paquet cadeau que l’on va ensuite déballer, le découvrir, pour l’offrir une deuxième fois au regard des passants.


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  • Cadre dynamiqueCe cadre est estimé entre 4,6 et 7 millions d’euros et sera remis aux enchères par une collectionneuse anonyme le 14 octobre prochain à Londres chez Sotheby’s. Auparavant il serait opportun de retirer le bout de papier ou de toile sur lequel figure un ballon en forme de cœur, et dont la partie inférieure où figurait une fillette s’était autodétruite lors de sa vente en 2018, transformant « La fille au ballon » en « L’amour est dans la poubelle ». Il est dommage que l’on n’ait pas jeté l’ensemble du graffiti dans la poubelle pour ne pas gâcher la vision du cadre, seule œuvre artistique authentique. L’auteur de ce canular hors de prix, le mystérieux artiste de rue connu sous le nom de Banksy, doit se bidonner dans son coin car il voulait par sa « performance » dénoncer la marchandisation de l’art. On ne peut pas dire qu’il n’ait pas démontré pleinement l’absurdité scandaleuse de ce marché. Mais je me pose deux questions : d’abord quand on parle de marché de l’art, où est l’art ? Ensuite : où va tout cet argent ? Il y a des canulars qui rapportent, il suffit de trouver des cons pour payer. Des cons ? sûrement pas, la collectionneuse anonyme qui avait acheté la chose en 2018 va faire un sacré bénéfice car le prix estimé aujourd’hui est 4 à 6 fois plus élevé que le prix qu’elle avait payé à l'époque, un rapport de 500 p 100 environ en 3 ans ! Si l’art peut être absent, le marché est toujours là, juteux à souhait et le plus souvent totalement artificiel basé sur une circulation d'objets le plus souvent sans valeur intrinsèque mais que l'on échange à coups de millions en escomptant tirer un bénéfice à chaque transaction.


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  • Promenade à Montmartre. Du monde, plus de touristes que de Français. Les terrasses sont pleines. Le pass passe partout.

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  • Lieu sans SARS-CoV-2


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  • Je trouve étonnante et touchante cette image parue dans Slate

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  • Quand on se cache la fesseCette pandémie a tout de même fait des heureux. Non pas la plupart des médecins urgentistes et des soins intensifs obligés de travailler parfois jusqu’à épuisement dans leur service, ou les chirurgiens amenés à reporter des interventions, mais je parle des médecins hospitaliers et épidémiologiques qui ont acquis une notoriété médiatique qu’ils ne pouvaient pas espérer acquérir par leurs éventuels travaux antérieurs. Cependant, les plus heureux parmi les médecins sont peut-être ceux qui s’occupent d’esthétique. En effet, aux USA on observe un boum sur la demande des implants fessiers, à se demander si les confinements successifs en favorisant la position assise n’auraient pas contribuer à aplatir les fesses que les intéressées se voit dans l’obligation de renflouer. En France ce serait les demandes des piqures antirides qui ont rebondi, peut-être que les intéressées veulent profiter du port du masque pour cacher les traces provisoires du traitement. Il n’est pas trop tôt pour se préparer pour le monde d’après. Illustration : François Boucher.


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  • Comme beaucoup, j'aime le chat philosophe de Philippe Geluck. Le marionnettisteLes chats géants de Philippe Geluck belge qui le fait vivre et parler avec humour est aussi sculpteur. Depuis la fin mars il expose sur les Champs-Elysées, le long du beau jardin, vingt sculptures en bronze de son chat à partir des dessins humoristiques que nous connaissons déjà. Il faut admirer le travail et le talent de Geluck mais je préfère l'intimité de ses dessins qui me paraissent plus vivants et où le chat me semble plus malin. Ci-dessous quelques photos prises hier du chat géant dans ses oeuvres. Sculptures appréciées des enfants qui ne manquaient pas de se faire photographier devant.

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  • Le mur du sonSi le précédent billet était un modeste poisson d’avril, cette photo (Martin Bureau/AFP), ne l’est pas. Elle montre des choristes ayant chanté masqués saluant le public (absent) sur la scène de l’opéra Bastille, le 17 mars 2021, à la fin de la représentation du Faust de Charles Gounod. Une situation assez diabolique.


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  • EffractionEn ces temps où les musées sont veufs de leurs visiteurs qui ne peuvent regarder que leurs façades, l’artiste JR permet la visite d’une salle du palais Strozzi à Florence. Une visite par effraction grâce à un collage en trompe-l’œil qui ouvre une large brèche (l’oeuvre étant intitulée « La Ferita », la « Blessure ») dans la façade permettant de voir deux tableaux de Botticelli et une sculpture de Jean Bologne. (Vous pouvez cliquer sur l’image pour l’agrandir). Je trouve cette idée originale et le collage en lui-même ne manque pas de beauté. L’œuvre de JR inaugurée le 19 mars 2021 est assez symbolique de la place grandissante de l’image comme substitut du réel ou carrément pour le remplacer en le faisant disparaître comme dans la « réalité augmentée » fournie en boîte de conserve. Visite virtuelle d’un musée ou du monde, mais aussi sexualité en voyeur et par procuration. Parallèlement à l’invasion de l’image sous toutes les formes, l’écrit a tendance à s’atrophier pour mieux circuler sur les réseaux sociaux. Il est plus facile d’éructer que d’argumenter comme il est plus facile de visiter le paysage assis sur son séant que de le toucher de son corps. Je trouve que le terme : "dématérialisation" qui traduit un phénomène irrésistible, et qui nous est imposé, a quelque chose d'effrayant car il nous annonce que la réalité va devenir de plus en plus fantomatique.


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  • Erection branlanteLe 8 mars dernier, la journée de la femme, le Gang du Clito a braqué un clitoris géant de 5 mètres de haut sur le parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro. Une opération montée de main de maître visant à dénoncer l’invisibilité de l’organe féminin, et son inégalité de traitement par rapport au pénis. Certes, la visibilité du clitoris est moins évidente que celle du pénis, et il existe une inégalité de taille congénitale – si j’ose dire – entre les deux organes difficile à combler. Loin de moi l’idée iconoclaste de défendre le pénis et son traitement, mais j’attire l’attention des membres du Gang du Clito sur la différence de fonction entre le pénis et le clitoris. Le clitoris n’a qu’une fonction, celle du plaisir donné ou reçu, ce qui est loin d’être négligeable, alors que le pénis est un organe multifonctionnel : plaisir, insémination naturelle sous-clitoridienne, et guide directionnel pour le jet d’urine. Je remarque aussi que si l’on voit depuis quelques temps fleurir fièrement des clitoris sur la voie publique, le pénis, lui, en dehors de quelques « œuvres d’art » qui pourraient l’évoquer sans dire son nom, il ne se profile qu’honteusement, dessiné grossièrement et à la hâte, sur la paroi des ascenseurs et les murs des HLM plutôt que ceux des beaux quartiers. Ce qui montre, en y regardant de près, que le pénis est peut-être plus mal traité que le clitoris depuis que celui-ci a fait son « coming-out ». Il serait par ailleurs opportun, dans un souci d'égalité, d'introduire le néologisme de "clitoricrate" pour faire le pendant avec phallocrate. Et pendant ce temps la photo ci-dessous (Silvio Avila - AFP) montre un service Erection branlantehospitalier au Brésil (Porto Alegre) débordé par les patients atteints de la COVID-19, en contraste avec la préoccupation pour le moins frivole de ces femmes soucieuses de donner un statut officiel à leur clitoris dont elles peuvent pourtant user à volonté, cela ne regarde qu'elles, nous, on s'en branle. La cause des femmes mérite mieux que ces exhibitionnistes un peu perturbées.

     


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