• ça

    Dessin de Pessin paru dans Slate le 27 mars 2018


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  • Aujourd’hui, j’ai attrapé un an de plus. Certes, ça m’est venu progressivement, un peu chaque jour, mais ce matin c’est officiel : je suis affligé d’un deuxième chiffre différent. L’impact psychologique est cependant moins grave que lorsque c’est le premier qui change. Encore une illusion.

    Il est de coutume de souhaiter dans ce cas un « joyeux anniversaire ». Lorsque l’on est jeune, vieillir est presque toujours joyeux, c’est acquérir plus de force, plus de connaissances, et plus d’autonomie. Passé un certain âge, un anniversaire est le signe du grignotage d’une vie descendante.

    Néanmoins, quel que soit l’âge, un anniversaire réserve une vraie joie : celle d’être encore en vie.

    J’ai cherché une illustration de cette joie de vivre et je l’ai trouvée dans un tableau de Picasso :

    « Deux femmes courant sur la plage ». Je ne connais aucun autre tableau qui exprime à ce point le mouvement, la vitalité et la liberté.

    Joie de vivre


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  • Le temps recule

    Excellente nouvelle : le temps recule. A deux doigts du printemps il fait à nouveau froid, la neige a recouvert les branches des arbres prêts à fleurir, et coiffé les arbustes désorientés d’un béret blanc.

    Pas de doute, nous retournons en hiver.

    Peut-être allons-nous rajeunir.


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  • Dix ans déjà !

    Aujourd’hui, ce blog a dix ans.

    La première surprise est d’être toujours là. Je parle à la fois pour lui et pour son auteur, mais si l’un ne va pas sans l’autre, l’autre peut aller sans l’un pendant un certain temps qui n’est jamais certain.

    La seconde est que des internautes persistent à venir y jeter un coup d’œil, et qu’une poignée de fidèles, dont je remercie ici la constance, continuent à laisser des commentaires drôles et/ou intelligents sans lesquels ce blog n’aurait qu’un intérêt relatif puisque, en dehors de la médecine, il traite rarement les choses à fond mais joue davantage sur un peu de poésie et beaucoup d’ironie. Une ironie qui n’est vraiment réussie que lorsqu’il s’agit d’autodérision, la forme d’ironie que je préfère car j’aime moins la méchanceté et encore moins la haine.

    En dix ans j’ai pu voir apparaître et disparaître des visiteurs. Le plus triste est que certains ou certaines ont probablement disparu physiquement. Parmi les survivants, les uns se sont lassés des blogs, les autres ont leurs raisons pour ne plus venir, et parfois on se demande si l’on n’a pas heurté la sensibilité ou les convictions de quelques-uns.

    Marc Chagall : « Bella », son grand amour, puisque nous sommes le 14 février.


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  • J’ignore si aujourd’hui les concours de beauté féminine en Arabie Saoudite se déroulent de la même façon qu’en 2011, mais à l’époque ce fut une Saoudienne aveugle, de 24 ans, qui fut couronnée avec le titre de « reine de la beauté morale » (Arab News), ce que l’on peut comprendre puisque toutes les concurrentes étaient entièrement voilées.

    Ce n’est pas le cas du concours des dromadaires femelles lors du grand festival du golfe Persique dont le prix dépasse 27000 €. Ces femelles (plus de 30000 cette année) se présentent entièrement nues et certains propriétaires n’hésitent pas à contrevenir au règlement de ce concours de beauté en utilisant des injections de botox ou même la chirurgie esthétique pour rendre le faciès de leur candidate plus attirant en gonflant en particulier museau et lèvres.

    En Arabie Saoudite, à quand l’égalité femme-dromadaire ?

    Billet chameau.

    Fayez Nureldine / AFP / Slate


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    Le fil au vagin

     

    En ces temps de féminisme combatif en passe d'être enfin triomphant, il ne faut pas oublier le combat mené ces dernières années par quelques héroïnes qui n'ont pas hésité à payer de leur personne comme le montre ce billet publié en décembre 2013 :

    Les féministes de pointe utilisent leurs corps pour faire avancer leur cause ou pour protester contre des mesures qui leur paraissent oppressives. C’est en particulier le cas des Femen qui exhibent leurs seins nus, mais agrémentés de slogans protestataires.

    Jusqu’à présent – à ma connaissance – le vagin n’avait pas été utilisé comme force de frappe. C’est chose faite. Une australienne du nom de Casey Jenkins est récemment devenue célèbre en utilisant son vagin pour tricoter une écharpe. Ne soyez pas admiratif en pensant que cette charmante personne possède un vagin particulièrement habile qui pourrait faire bien des envieuses et des envieux. Non, le vagin ne lui sert qu’à entreposer le fil à tricoter, ce qui, avouons-le, est astucieux car habituellement on ne sait pas toujours où mettre la pelote de laine afin qu’elle ne s’échappe pas en se déroulant malencontreusement.

    Chaque jour, pendant 28 jours, Casey s’insère le fil de laine dans le vagin à partir duquel elle tricote une écharpe blanche, mais avec quelques bandes de couleur car cette jeune femme prise par sa tâche artistique et militante de lutte contre la misogynie ne l’interrompe pas pendant ses règles. Elle aurait déclaré : « J'espère simplement que les gens vont s'interroger sur le vagin [qu’elle considère comme une force créatrice], sur les peurs et les associations négatives qui y sont liées ». En effet, on s’interroge.

    Mais on conçoit aujourd'hui, avec la libération de la parole féminine exposant le degré que peut atteindre l'activisme phallique, qu'il est sain de montrer également les atouts insoupçonnés du vagin, que l'on a tendance à réduire à un simple objet sexuel.

     


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  • Il reste deux obstacles à franchir pour engranger une année supplémentaire, toujours bonne à prendre mais mauvaise à comptabiliser.

    Une double épreuve gastro-intestinale, triple si l’épreuve familiale est difficile à digérer, mais ce n’est ni mon cas, ni le vôtre, n’est-ce pas ?

    Alors prenez votre élan et passez de bonnes fêtes.


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  • Johnny Hallyday a quitté la scène en beauté et son dernier spectacle fut une apothéose. Il a réussi à remplir places et rues de ses fidèles, il est vrai que les places étaient gratuites.

    Ce chanteur talentueux au destin chaotique et exceptionnel est curieusement qualifié de « héros français », alors qu’il fut un admirateur de la culture américaine, qu’il imita les Américains dans ses goûts, sa façon de s’habiller, de se comporter, de chanter, de monter ses spectacles et de payer ses impôts.

    Un Américain à Paris devenu une idole française courtisée par tous et surtout par ceux qui vivaient de sa générosité.

    Curieusement, un de ses proches lors de son hommage à l’église de la Madeleine, faisant référence à la foi chrétienne du chanteur, a souligné que tombé au sol, frappé par la mort, ses yeux étaient dirigés vers le ciel. L’étonnant eut été qu’ils ne fussent pas dirigés vers le haut.

    L’ultime spectacle

     

    L’ultime spectacle

     

    Il est certain que quand on prend de l’âge ces obsèques à répétition donnent un peu de vague à l’âme.

    Et pour paraphraser un auteur anglais : « d’Ormesson est mort, Johnny Hallyday est mort et moi, je ne me sens pas très bien ».

    Mélancolie aggravée par le ciel gris, les averses, le froid et le vent.

    Il ne reste plus qu’à enterrer le spleen.

     

     

     


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  • J’ai remarqué que les personnages publics partent souvent par deux dans l’Au-delà. Un peu comme les flics lorsqu’ils font une ronde. Peut-être que la mort est dangereuse et qu’à deux le voyage est plus sûr.

    Cette fois, rien n’est plus disparate que le couple qui vient de partir. L’un très « vieille France », délicat et souriant même dans ses attaques, l’autre grande gueule, grande voix, occupant l’espace dans une orgie de lumières, mais l’un et l’autre ont été aimés par tous.

    Bonne route.


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    La neige tombe

    Samedi matin, sur une chaîne TV, la présentatrice annonce : « la neige tombe et enflamme les réseaux sociaux ». Une déclaration sans doute destinée à nous réchauffer. Ainsi il ne suffit plus de délivrer une information : « la neige tombe », mais il faut simultanément se poser la question : Que disent les réseaux sociaux ? En l’occurrence, samedi matin, les réseaux disent que la neige tombe, ce qui vient conforter l’information puisque des internautes ont pris la peine, après avoir regardé par leur fenêtre et de constater que la neige tombe, de se précipiter sur leur ordinateur pour annoncer au monde entier que chez eux la neige tombe. Nous voilà rassurés, l’information est véridique car « la neige tombe » circule à profusion sur les réseaux sociaux au point de les enflammer.

    Cela jette un froid : ce matin sur France info la  déclaration d'une employée de la Croix Rouge en "tournée" dans le 9ème de Paris face à des personnes couchées dans la rue par ce froid : "ça leur permet de libérer la parole". Paroles...paroles...paroles...

    Igor Grabar : "Matin d'hiver"


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