• Démonstration par les absurdesC'est surtout ce dessin, accompagné de quelques autres, qui conduisit deux frères de religion musulmane à assassiner les douze victimes de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Cinq autres personnes furent tuées dans la même période. "Les vengeurs de Mahomet" - qui, lui aussi, n'avait  pas hésité au cours de sa vie à prendre celle des autres en demandant à ses fidèles de le faire, mais à l'arme blanche - ont ainsi fait entrer dans le réel ce qui n'était qu'une image de fiction. Tuer pour montrer que la religion de Mahomet ne tue pas.


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  • D’un côté nous avons les autorités chinoises qui proclament quasiment la fin de l’épidémie au coronavirus cuvée 2019 dans leur pays en montrant des foules joyeuses fêtant l’évènement, les gens les uns contre les autres, le visage découvert et souriant.

    D’un autre côté, en Europe et spécialement en France, on nous annonce qu’il faudra vivre longtemps avec ce virus qui semble se plaire sous nos cieux et qui n’aurait donc pas l’intention de disparaître. L’Europe (en dehors de la Suède) met le masque, la Chine le retire.

    Qui croire ? Bien sûr, il faut se méfier de la propagande chinoise qui affirme la disparition de l’épidémie et présente celle-ci comme une victoire du régime, en sous-entendant que ce régime est, de ce fait, bien plus efficace que tous les autres et pourrait ainsi devenir un modèle pour le monde entier. Attitude qui, au passage, permettrait de faire oublier la responsabilité des Chinois dans l’éclosion de maladies infectieuses ces dernières décennies.

    Mais il est fort possible qu’ils aient réellement fait disparaître l’épidémie dans leur pays, et le masque a fait partie de la panoplie préventive contre la transmission du virus. Mes précédents billets montrent que je suis partisan du port du masque, un des obstacles à la transmission interhumaine du virus, tout en étant conscient que cette contrainte est le plus souvent inutile dans le cours d’une journée.

    Car il faut garder raison. Aujourd’hui, en France, des milliers de tests de dépistage ont été effectués (on approche du million de tests par semaine). La cohorte testée est devenue importante. Certes, la proportion de cas positifs augmente, mais elle n’est actuellement que d’environ 4%. Je ne connais pas les caractéristiques de la population testée, mais il est probable qu’un grand nombre de personnes qui se font tester ont des symptômes ou craignent d’avoir contracté la covid. On encourage d’ailleurs ces personnes à se faire tester en demandant aux autres de ne pas le faire pour éviter d’engorger les centres de dépistage. On peut donc raisonnablement penser que s’agissant de la population générale le taux de contamination pourrait être inférieure à 4%, mais l'estimation devient difficile en raison de la proportion des faux négatifs qui peut atteindre environ 30% des cas testés.

    L’évaluation de la contamination dans la population générale ne pourrait être valable que si l’on teste une cohorte représentative de celle-ci et on n’est pas certain que ce soit le cas pour celle qui est actuellement testée, notamment pour ce qui concerne la proportion de jeunes dont on sait qu’ils peuvent être des porteurs asymptomatiques du virus.

    Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, si l'on admet qu’environ 95% des personnes rencontrées ne sont pas porteuses du virus, celui-ci ne disposerait finalement que d’un petit cheptel. Si les gestes barrières étaient bien respectés, dont le masque, il ne ferait pas long feu, à moins que la contamination prenne des voies que nous ignorons, mais l’exemple de la Chine n’est pas en faveur de cette hypothèse.

    On peut donc craindre que plus il y aura de personnes qui ne suivront pas les directives préventives, plus l’épidémie sera prolongée, plus longtemps nous devront porter le masque, plus on aura une surmortalité, plus l’économie ira mal et plus le chômage augmentera.


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  • L’affirmation du titre est une évidence, sinon on approcherait de la fin de l’histoire des sciences. Mais c’est aussi une définition possible de l’incertitude, état qui accompagne tout fait nouveau, et qui aujourd’hui prédomine devant l’épidémie actuelle. Une décision prise dans l’incertitude devient donc sujet à caution et source de discussions dans les pays où il est permis de discuter et où l’on passe son temps à le faire. La mise en cause de la décision parasite l’action qui en découle au risque de rendre incertain son résultat, ce qui aboutit à une nouvelle discussion sur son opportunité.

    Ce billet fait suite au billet 335 où j’exprimais vainement le vœu que mes confrères mettent un peu la sourdine dans leurs interventions dans les médias dont la teneur, pour nombre d’entre elles, va à l‘encontre des décisions gouvernementales.

    A commencer par Didier Raoult qui pérorait le 27 août dans son fief, flanqué de deux femmes politiques, édiles de la mairie de Marseille, son masque sur le menton barbu et parlant à peu de distance aux deux autres qui le portaient correctement. L’une d’entre elles a félicité la sommité de sa position « révolutionnaire » correspondant à la sienne (il me semble pourtant que cet édile est plutôt de droite). J’ai beau chercher, je ne vois pas en quoi la position de Raoult est révolutionnaire, à moins de considérer que ses interventions dans les médias et les réseaux sociaux le sont. Lors de cette conférence de presse (simultanée avec celle du Premier ministre, ce qui ne doit pas être un hasard), l’oracle de Marseille s’est encore vanté d’une mortalité plus faible à Marseille qu’à Paris, sous-entendant ainsi que tous les médecins hospitaliers parisiens sont des incompétents confrontés à son génie. Il a souligné ainsi que le nombre de patients en réanimation est “deux fois plus faible à Marseille qu’à Paris, et une mortalité deux fois plus faible également parmi les cas diagnostiqués et hospitalisés”. Mais il a ajouté : “Nous, on hospitalise plus qu'à Paris, on pense qu'il faut traiter les gens le plus tôt possible”. Ce qui veut dire qu’en hospitalisant des patients peu malades, on a évidemment moins de gens en réanimation et que la mortalité globale est évidemment plus faible. Sacré Raoult.

    Mais il n’est pas le seul à jeter le trouble. Les autorités sanitaires imposent le masque pratiquement partout dans les zones où la contamination semble fâcheusement amorcer une courbe exponentielle, mais des médecins sur les plateaux de TV affirment que le masque ne sert à rien en plein air. On se demande donc pourquoi les asiatiques, sans doute des demeurés, qui comptent cependant beaucoup moins de morts que nous, le mettent tous dans la rue en cas d’épidémie. L’argument de nos professeurs est que l’on n’a jamais démontré la contamination en plein air. Mais mes chers confrères, a-t-on démontré qu’elle ne peut pas exister ? A-t-on démontré que dans la rue une personne parlant fort à une autre, même à 1 mètre, ne peut pas lui transmettre le virus ? Il paraît que le virus s’envole, mais s’il s’envole justement dans les narines du vis-à-vis ? C’est bien connu les mouvements de l’air écartent gentiment le virus dans la bonne direction.

    Un des arguments de l’inutilité du masque en plein air est l’absence de foyers après les grandes réunions qui ont lieu malgré les directives. Mais comment le sait-on ? Ces gens se sont largement dispersés, ils n’ont pas été dépistés à la sortie de la réunion, la période d’incubation peut même être supérieure à deux semaines, et les formes asymptomatiques sont les plus nombreuses, surtout s'il s'agit de sujets jeunes, ce qui est habituellement le cas dans ces réunions.

    Parmi ces infectiologues, il y en a un (Pr Caumes) qui, pour montrer les incohérences du port du masque dans la rue, a déclaré en substance et pas peu fier de sa remarque : « des gens masqués vont passer dans la rue devant des terrasses où les consommateurs ne sont pas masqués ». Mais cher professeur, je ne vois pas où est l’incohérence. Cette disposition évitera aux gens sur le trottoir de contaminer, s’ils stationnent et parlent fort (notamment lorsqu’ils téléphonent) ceux qui sont en terrasse et qui, eux, n’ont aucune protection. Puis-je me permettre de vous trouver un peu idiot pour un spécialiste des maladies infectieuses. 


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  • Ce qui est bien illustré par deux articles parus aujourd'hui dans le Canard enchaîné :

    Les monothéismes ont été créés par et pour les hommes

    Evidemment, quand le notaire est Dieu lui-même, faire appel à une juridiction humaine est inconvenant. Quand le président tunisien affirme de surcroît que "la loi successorale / définie par le Coran / est basée sur l'équité et la justice", on se demande s'il n'est pas influencé par les tweets de Trump en affirmant une absurdité avec aplomb.

    Les monothéismes ont été créés par et pour les hommes

    Et en Amérique du Sud, ce n'est pas la première fois que le clergé condamne davantage la fillette violée, en raison de l'avortement qu'elle a dû  subir, que le violeur, souvent un membre de sa famille. La famille c'est sacrée. Et la vie d'un foetus a plus de valeur que celle d'une fillette de dix ans. Les voies de l'intégrisme sont plus impénétrables que celles de Dieu.


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  • La marge

    Une marge se situe à la périphérie, espace ou latitude à l’extérieur du principal. Nous constatons aujourd’hui que la marge tend à devenir le principal d’un événement. Si des individus se rassemblent pour fêter ou protester, le motif du rassemblement finit par disparaître avalé par la marge. Sur un devoir, la marge sert à porter des corrections, pour un événement la marge sert à détruire : violences, incendies, agressions.

    C’est ainsi que les médias annoncent qu’en marge d’une manifestation, qui passe de plus en plus au second plan, tant et tant de voitures ont été incendiées, tant et tant de vitrines ont été brisées, tant et tant de commerces (de préférence de luxe) ont été dévalisés, tant et tant de personnes ont été interpellées. Mais à ma connaissance on dit moins combien de personnes ont été relâchées ou condamnées à quoi que ce soit, sauf pour quelques cas exemplaires. Par contre, nous avons droit à un discours musclé et sans concessions du ministre de l’intérieur, à lui de trouver une formule originale par rapport à ses prédécesseurs.

    Il est vrai qu’une marge ça ne compte pas, et comme le dit une indigéniste (victime perpétuelle de la colonisation) que l’on voit régulièrement sur les plateaux de TV, il faut comprendre la misère sociologique de tous ces acteurs désespérés de la marge, et se poser la question de la légitimité de la violence policière à leur égard. Autrement dit, la violence gratuite (bien que le pillage soit plutôt rentable) serait plus légitime que la violence policière qui tente de maintenir l’ordre et s’exerce même parfois simplement pour se défendre lorsque les forces de police subissent, et de plus en plus, des attaques ciblées.

    On ne peut que constater le nombre croissant de gens qui s'installent en marge de la société française et que la marge s'élargit en bouffant la page blanche.


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  • D’un virus à l’autreJe ne sais pas si vous êtes au courant mais ce soir le PSG doit affronter le Bayern de Munich en finale de la ligue des champions de l’UEFA. En fait, cette question est idiote car qui n’est pas au courant ? Les médias en regorgent, n’hésitant pas à parler d’évènement historique, rien de moins. Il est vrai que cela nous change un peu des conversations autour de la covid-19 et du bal masqué qui fait danser toute la planète.

    Les images des excités du football nous montrent que l’on est passé d’une hystérie à l’autre. De la fièvre déclenchée par un minuscule ballon moléculaire porté par un postillon à celle propagée par un gros ballon de cuir poussé par les pieds. On passe d’un supporter du PSG, la larme à l’œil, déclarant, la gorge serrée, qu’il attend ça depuis un demi-siècle à un commerçant des Champs-Elysées qui barricade avec anxiété la devanture de son magasin. Car le virus du football peut être aussi dévastateur que le coronavirus qui, dans son refuge cellulaire, suit également l’affaire de près et se régale à l’avance des perspectives touristiques promises par les rassemblements de furieux aussi ivres d’une défaite que d’une victoire. Voir « Le footisme, maladie universelle ».

    Défaite D’un virus à l’autre

     


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  • 335. Chers confrères, si vous pouviez un peu la fermer !Mes confrères défilent en brochettes sur le petit (de moins en moins petit) écran : infectiologues, épidémiologistes, virologues, immunologues, urgentistes (on a même un néphrologue) pour nous parler de la covid-19, et des facéties de ce virus exotique qui a pris possession du monde à la barbe de ses dirigeants qu’ils soient démocratiques ou dictatoriaux. C’est un virus apolitique même si l’opinion que l’on a de lui semble dépendre de la position politique.

    Les journalistes sont enchantés, ils ont de quoi remplir, et les médecins sont flattés, rien ne les prédisposait à une célébrité aussi longue, elle dépasse nettement le quart d’heure d’Andy Warhol. L’un d’eux a même été pratiquement sanctifié.

    Tout ce beau monde est là pour causer. Et ça cause. Soit pour dire la même chose, soit pour se contredire eux-mêmes, soit pour s’opposer, étalant le débat médical devant le public, quand ce n’est pas leur ignorance sur ce qui se passe et surtout ce qu’il faut faire. Et c’est là que le bât blesse.

    Les uns vous disent que le masque (ce putain de masque) a la même efficacité que le préservatif pour protéger du SIDA, les autres vous disent que ça rassure, que l’on peut ainsi voir sur les visages qu’il existe une épidémie, que ça ne sert à rien en plein air, que le problème est dans les mains…etc…En fait mes confrères ne savent pas grand-chose, surtout pour ce qui concerne l’évolution même de l’épidémie sur laquelle ils sont évidemment interrogés alors qu'ils n'ont pas de réponse en dehors des constatations que chacun peut faire. On ignore la contagiosité à partir des surfaces inertes, la persistance du virus dans l’air et la durée de sa virulence hors du corps humain, les études étant contradictoires et, il faut l’avouer, difficiles à faire. Quant à l'hydroxychloroquine, la querelle fut sanglante mais le combat cessa faute de combattants...

    Alors, au moment où les autorités ont tendance à imposer de plus en plus le masque dans les lieux fréquentés clos ou pas clos, on assiste à ce déballage qui fait les délices des médias et la perplexité du public qui ne sait plus à qui se vouer, mais qui engage certains à discuter le bien-fondé des décisions en criant à la dictature.

    Vous me direz : le public a le droit de savoir, mais quand on ne sait pas vraiment, est-il nécessaire de partager avec aplomb une ignorance plus ou moins savante ?

    Alors conservons notre bon sens : qui peut le plus, peut le moins. Ce virus pénètre par le visage et sort du visage, le couvrir est un barrage même s’il n’est pas totalement hermétique, il évite aussi que vous touchiez votre visage avec les mains quand elles ont traîné sans avoir été lavées. Bien sûr que ce masque est le plus souvent inutile, mais il peut être utile une seule fois pendant la semaine et cela suffit pour le porter au milieu de vos congénères, et si eux le portent aussi vous pouvez être rassurés et s'ils se tiennent de surcroît à distance vous pouvez l'être pleinement. (Voir aussi 309 et 331)

    A mon humble avis, je ne vois pas ce que l’on peut dire de plus, alors, chers confrères si vous cessiez d’envahir les écrans pour répéter tout et parfois son contraire ou faire des prévisions dont la plupart se sont révélées fausses jusqu'à présent.


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  • 334. Coucou, le revoilàJe m’étonnais de ne plus entendre le Pr Raoult. Il vient de réapparaître dans une interview accordée aujourd’hui à Cnews, interview que je n’ai pas vue ou entendue et dont je n’ai lu que des extraits dans la presse. Je dois au préalable dire que je ne connais probablement pas le centième de ce qu’il sait sur les maladies infectieuses, ce domaine étant loin de ma spécialité. Ses points de vue étant originaux, il n’est pas inutile d’en prendre connaissance.

    Comme Trump, dont on s’est beaucoup moqué, il attribue lui aussi l’augmentation du nombre de contaminations à la pratique accrue des tests de dépistage. Ce n’est pas illogique, et pour une fois le président américain ne méritait pas les ricanements lorsqu’il avait déclaré la même chose. Toutefois, avec le temps et une épidémie persistante, il est probable que le nombre de contaminés augmentent sans que la diffusion des tests en soit la cause. Il ne faut pas accuser le thermomètre de donner de la fièvre.

    Notre professeur au cours de l’interview sort une banalité : “Plus on s'affole, moins on soigne bien”. Mais suivez mon regard : “On n’organise pas de lutte en ayant peur”…“Il faut enlever ceux qui ont peur et mettre ceux qui ont du courage devant”. Je ne vois pas très bien ce qu’il a voulu dire. Que veut dire « courage » pour un médecin en dehors d’aller porter secours à un blessé sous la mitraille ou de soigner des infectés comme l’ont fait les soignants en pleine épidémie. Quand il s’agit de prendre des décisions préventives et/ou thérapeutiques (ce que semble sous-entendre Raoult), le médecin ne prend aucun risque, c’est le malade qui en prend puisqu’il subit les conséquences d’une mauvaise décision. Paroles aussi verbales que vainement critiques. Pour les politiques, le courage est d'appliquer, dans l'incertitude, une bonne décision alors qu'elle est impopulaire.

    Il note que « dans les cas qu’on trouve, on est en train de regarder, entre ceux qu'on trouve maintenant et ceux que l'on trouvait en février ou en mars, ce n'est plus la même maladie”…Il s’agirait désormais de formes “très bénignes”“sans troubles de la coagulation”.

    Ce n’est plus la même maladie ? Je ne peux en juger (c'est possible en cas de mutation du virus), mais ce n’est peut-être plus la même population qui se contamine, peut-être est-elle plus jeune et les jeunes ont toujours fait pour la plupart des formes bénignes ou asymptomatiques.

    Puisque la maladie est devenue – à ses yeux – bénigne, on comprend qu’il ne soit guère formel sur l’utilisation de masques : “Si les masques peuvent rassurer c'est une chose, mais je suis inquiet qu'on fasse une fixation trop importante dessus, parce que maintenant c'est les gens qui vont vouloir faire la loi”. Aussi est-il partisan de la recommandation plutôt que de l’obligation. Il donne au masque un intérêt comme signal, celui qu'“il y a une maladie contagieuse qui circule”, mais il nous accorde toutefois que le masque joue un rôle physique de protection.

    Mais professeur, si vous recommandez, cela veut dire que l’on peut aussi se dispenser de la recommandation, et que des contaminés, surtout s’ils sont asymptomatiques, continueront à diffuser le virus et peut-être à tuer. Vous avez dit vous-même devant la commission parlementaire que plus l’on parle, plus on risque de dire des bêtises. Vous auriez mieux fait de vous taire plutôt que d’envoyer un tel message qui va conforter les réfractaires au masque. Je ne vous dis pas merci.    


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  • Le coq aux plombs

     Ceruti, Giacomo, dit il Pitocchetto ; 1691–1768 "Nature morte au coq mort"

    J’aime bien le coq au vin. J’ose espérer que le coq dans mon assiette n’a pas été abattu en raison de son chant un peu trop matinal mais pour être consommé. Ce qui compte c’est pourquoi l’on meurt, car il est scandaleux de mourir pour avoir chanté et tout à fait normal pour être mangé. Ce qui compte aussi c’est la façon de donner la mort, car tuer par un coup de feu est autrement plus répréhensible que d'égorger. 

    Aussi je pense pouvoir manger mon coq en toute tranquillité sans déclencher une salve de protestations et des milliers de protestataires apposant leur signature au bas d’une pétition réclamant justice pour mon coq marinant dans du vin.

    Peut-on parler ici de discrimination ? Pourquoi demander justice pour l’un et pas pour l’autre ?

    En mai dans le village de Vinzieux, un coq prénommé Marcel fut tué d’un coup de feu par un voisin exaspéré par ses chants. Et voilà que plus de 75000 personnes au 17/08/20  ont signé une pétition (cliquez ici pour voir cette pétition) lancée par le propriétaire du coq mort au chant d’honneur, dénonçant « un acte barbare » et réclamant « justice pour le coq Marcel ». Un habitant de la commune ardéchoise de 450 âmes a déclaré, ému, “Nous avons été profondément choqués par ce drame”. Signalons que le tueur de gallinacé insensible au côté patrimonial sonore du chant du coq a reconnu les faits et sera jugé début décembre par le tribunal de Privas.

    Ne disons plus que les autorités se désintéressent de la ruralité : « Le conflit autour du coq Maurice avait incité l’Assemblée nationale à voter en janvier une proposition de loi introduisant la notion de “patrimoine sensoriel” des campagnes dans le droit français. Elle doit prochainement être présentée aux sénateurs ».

    Le sensoriel de mon coq au vin est incontestable, mais est-il recommandé de manger son patrimoine ?


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  • 333. Hippocrate, Pasteur, réveillez-vous !

    D’après Rue89Strasbourg, une médecin du Bas-Rhin, âgée de 60 ans, naturopathe, homéopathe et adepte de “l’hypnose humaniste” “médecin de la conscience” et non "big pharma” envoie au sein d’un groupe “contre le masque obligatoire, pour la liberté de respirer et de sourire” un certificat de complaisance sur lequel il n’y a plus qu’à ajouter son nom et son prénom : “Les masques c’est un faux problème. Imaginez, quand un petit enfant se promène avec un masque, c’est une muselière. Le problème, c’est la dictature qui monte”, dit-elle, en affirmant par ailleurs avoir réussi à guérir des malades du Covid avec des méthodes alternatives. “J’ai prescrit pour tout le monde des vitamines, des huiles essentielles, etc… Pour moi le masque, comme les vaccins, c’est un mensonge". Elle préconisait également aux patients de “se rapprocher de la nature, de prier, voire même de répéter une succession de chiffres pour se protéger du Covid”… “Radiée ou pas radiée, cela importe peu, d’autres l’ont été avant moi… Moi je m’irradie au soleil, je respire la lumière. J’ai prêté serment devant Dieu et devant Hippocrate, pas devant Bill Gates et ‘Big Pharma’, les labos pharmaceutiques", a-t-elle affirmé, interviewée par la radio locale France Bleu. 

    Je ne condamne pas a priori une position différente de celle du commun. Les progrès scientifiques viennent le plus souvent d'une position originale, voire révolutionnaire, qui s'oppose à ce qui est admis par tout le monde. Encore faut-il amener des arguments à la thèse défendue, et quand il s'agit d'un traitement, il faut aussi démontrer qu'il n'est pas nocif et qu'il est au moins aussi efficace que la conduite thérapeutique admise. Ici, cette médecin se contente d'affirmer sans démontrer, son point de vue est essentiellement idéologique et non scientifique, c'est du charlatanisme dangereux pour ses patients et on peut se demander si son cas ne relève pas de la psychiatrie.


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