• Si le poil a toujours eu bonne presse sur la face des religieux, on assiste depuis deux décennies au retour du poil et à son invasion sur les faces areligieuses.

    L’extension du domaine du poilLa barbe longue est devenue le stigmate le plus caractéristique du hipster, mélange de bourgeois et de bohème s’efforçant d’être non conformiste mais en se conformant soigneusement à un socio-type bien déterminé. La barbe pour le hipster est un moyen de s’affirmer aussi bien auprès des femmes que des autres hommes : « Avec leur tenue faussement négligée, leurs nippes alternant l’ultrachic (les pompes) et l’ultra-cheap (les chemises à carreaux), et leur coupe de cheveux coiffés-décoiffés, les hipsters hantent l’écume de l’époque. Et même les travées du Collège de France » (Le Temps)

    Mais ces barbus ressemblent finalement aux portraits des hommes du passé, où le port de la barbe était quasi constant et leur donnait une certaine noblesse de prophète. Je n’en dirais pas autant des mal rasés où la barbe de trois jours fait plutôt malpropre et vieillit prématurément des visages juvéniles en révélant une pelouse drue poivre et sel. Cette mode est telle que cet hirsutisme ras a envahi le visage de ceux dont la profession est de se montrer, hommes de spectacle, mais également hommes politiques, donnant à ces derniers un petit côté malpropre même lorsqu’ils sont honnêtes, tout en affirmant leur virilité, ce qui peut toujours servir.

    Mis à part la chevelure où la femme excelle, ce qui dérange les musulmans rigoristes qui lui impose le port du voile afin de masquer cet avantage, le domaine du poil était jusqu’à présent réservé aux hommes. Depuis quelques temps, certaines femmes ont tendance à revendiquer leurs poils haut et fort. Si la mode est à l’épilation du pubis, à l’opposé des femmes s’élèvent contre l’obligation de se raser ou de s'épiler les aisselles et les jambes, opérations pilaires qu’elles estiment imposées par la société selon des stéréotypes artificiels mais dont la transgression peut provoquer de vives réactions non moins stéréotypées.

    L’extension du domaine du poil

    Une mannequin suédoise qui a osé montré ses poils de jambes sur une photo publicitaire est devenu la cible de cyber harcèlement avec menace de viol, ni plus, ni moins. A noter que ce violeur virtuel semble finalement attiré par le poil aux jambes.

    Une Chinoise, elle, veut s’ajouter des poils là où elle n’en a pas en utilisant des extensions de poils de nez, ce qui lui donne un côté chatte inattendu.

    L’extension du domaine du poil

    Quand je vous disais que le domaine du poil ne cesse de s’étendre. D’ailleurs le président Macron n’a-t-il pas fait allusion aux fainéants qui ont un poil dans la main ?


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  • Le prix Nobel de la paix vient en effet d’être attribué à la « Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires » (Ican). Les ONG ainsi groupées auraient eu le mérite « d'attirer l'attention sur les conséquences humanitaires catastrophiques induites par tout recours aux armes nucléaires et pour ses efforts déterminants en vue d'obtenir un traité d'interdiction de ces armes ».

    Il est évident que sans l’Ican, l’humanité n’aurait pas pris conscience de la catastrophe pour toute l’humanité que serait l’utilisation des armes nucléaires. Ceux qui furent témoins, à distance, de la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki par des bombinettes bien moins puissantes que celles dont disposent à présent les puissances nucléaires peuvent s’en faire une idée sans avoir besoin des ONG pour cela.   

    Il faut remercier l’Ican qui aurait poussé à l'adoption en juillet d'un « traité historique » d'interdiction de l'arme atomique. Je me demande cependant s’il s’agit d’un exploit car les 122 pays qui ont signé ce traité ne possèdent pas d’armement nucléaire. Il est assez facile de s’interdire ce que l’on ne possède pas. Les neuf puissances nucléaires, elles, se sont abstenues de participer à cet événement historique, on se demande pourquoi.

    Quant au "Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires" signé jadis par les USA, l'URSS, le Royaume-Uni, la France et la Chine, il tombe sous le sens que ces Etats qui possédaient l’arme atomique espéraient ainsi éviter que les autres l’obtiennent. Espoir qui fut déçu malgré l’Ican, dont il faut cependant souligner les bonnes intentions, même si elles paraissent un peu vaines. Un prix d'encouragement, mais ne peut mieux faire.

    Mais faut-il mieux faire ? Jusqu'à présent la dissuasion nucléaire nous a probablement évité des conflits majeurs. Mais nous sommes à la merci d'une folie.


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  • Le poids mort des symbolesL’impôt sur la fortune créé par Mitterrand pour prouver qu’il était un homme de gauche, et non pas seulement un opportuniste, est un symbole, il l’a été pour lui et il l’est devenu pour la majorité des Français.

    La force du symbole est qu’une fois installé, on ne peut plus y toucher. Celui qui s’avise de toucher à un symbole est fermement condamné par la majorité de la nation, alors que quand il n’existait pas, cette absence ne gênait personne. En France, Il faut être très prudent, le symbole devient irréversible même s’il est préjudiciable.

    L'impôt sur la fortune est un symbole de quoi ? Mais de l’envie et de la jalousie de ceux qui sont pauvres ou qui ont simplement moins de fortune que le voisin. Le Français n’aime pas l’argent des autres, il lui est insupportable, même lorsqu'il est honnêtement gagné et utilisé à bon escient.

    Car l’ISF n’est pas un impôt très productif, il a d’ailleurs été supprimé dans la plupart des pays et notamment en Allemagne et en Suède. Je voudrais bien que l’on me démontre que la situation des pauvres s’est améliorée précisément depuis l’instauration de l’ISF, mais il est probable, par contre, que le fisc a récolté globalement moins d’argent depuis.

    Les pays étrangers semblent nous regarder avec commisération en observant le débat autour des éléments de fortune soumis ou non à cet impôt symbolique de la haine des riches pour lesquels je n’ai ni sympathie, ni hostilité, en pensant à l’adage chinois : quand les riches maigrissent, ce sont les pauvres qui meurent.

    Le poids mort des symboles


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  • Je reporte ci-dessous un article de Frédéric Haroche paru dans le Journal International de Médecine. (JIM.fr)

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  • 252. Le prix de l’inquiétudeNous avons beaucoup de raisons d’être inquiets et même d’avoir peur. Rafales d’armes de guerre, corps explosifs, couteaux, marteaux, bonbonnes de gaz, voitures tamponneuses. Il se passe toujours quelque chose sur la voie publique.

    Si les corps des autres peuvent être inquiétants, c’est parfois notre propre corps qui est source d’angoisse, même sans raison.

    Une étude en 2014[1] a montré que 13% des Français craignent d'être atteints d’une maladie, alors qu’ils n’ont aucun symptôme. Pour se rassurer (ou s’inquiéter) la plupart se précipitent sur toutes les sources d’information dont ils disposent, et notamment sur les sites, blogs, et forums qui foisonnent sur internet. La santé est en outre un des sujets favoris des médias dont les articles et les interviews inquiètent plus qu’ils ne rassurent. Quant au gouvernement, il diffuse des messages d’avertissement et de prévention dont la répétition, comme des rappels vaccinaux, entretient la tension mais pas l’immunité contre l’inquiétude.

    Deux hypocondriaques sur trois environ vont finalement consulter un médecin et souvent plusieurs pour dissiper leurs doutes. Il n’est pas rare qu’ils arrivent au cabinet médical avec une liasse de documentation sur les maladies hypothétiques suggérées par leurs multiples recherches, demandant, en quelque sorte, au praticien de faire son choix diagnostique : épreuve redoutable.

    Une étude sur le coût de l’hypocondrie pour le système de santé britannique vient d'être publiée dans le National Institute for Health Research Journal : il s’élèverait chaque année à 60 millions d'euros.

    Peut-être qu’en France une source d’économie possible serait d’éviter d’alarmer inutilement les gens sur leur santé.

     

    [1] Ifop-capital Image


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  • La conscientisation passe par la casserole

    Cette photo[1] de mélenchonistes (dénomination que je préfère à celle d’insoumis, terme pompeux et usurpé), le poing levé dans un geste de lutte révolutionnaire me rappelle des souvenirs historiques, mais également vécus.

    Une partie de la population, où prédominent les jeunes, est frappée de troubles de la mémoire, à moins que certains ne l’aient jamais remplie.

    L’échec du communisme, quelle que soit la forme qu’il a pu prendre (soviétisme, maoïsme, castrisme, pol potisme, chavisme ou kimisme héréditaire…), après avoir installé des totalitarismes, supprimé la liberté, appauvri les peuples, et ensanglanté une bonne partie de la planète, est une leçon que les gens de Mélenchon n’écoutent pas. Ils croient toujours « aux lendemains qui chantent » et à l’avènement de « l’homme nouveau ».

    En décembre 2016, Mélenchon déclarait : "Ni le chavisme ni les autres camarades n'ont été capables de construire le peuple suivant, c'est-à-dire qu'une fois que tu as arraché des millions de gens de l'extrême pauvreté et que tu les as installés en classe moyenne sans révolution culturelle, sans objectif écologique commun, ils se comportent comme une classe moyenne habituelle"[2].

    Mélenchon veut installer le « peuple suivant » (c'est à dire "l'homme nouveau") et s’étonne qu’une classe moyenne puisse se comporter comme telle. En fait, on sent que le « tribun » préfèrerait qu’elle n’existe pas et qu’un nivellement par la base, tel que l’URSS l’avait réalisé, aurait sa préférence.

    Il souhaite également la constitution de « groupes d'appui autonomes » dans les quartiers. Pourquoi ne pas les appeler des soviets ?

    Restent la propagande et le lavage de cerveau, mais ils sont sur le point de se concrétiser : "Le Média" sera lancé sur internet à la mi-janvier. En plus d'un JT à 20h, ce pure-player proposera reportages, débats culturels et analyses politiques. S'il ne s'agira pas officiellement d'une "télé Mélenchon", nul doute que l'agenda du chef de file de la France insoumise y trouvera toute sa place et assurera » : "l'éducation collective du grand nombre à la méfiance et à l'hostilité face aux médiacrates".

    « L’éducation collective », pourquoi pas la rééducation collective ? Quant aux journalistes de la "médiacratie", leur place n'est-elle pas dans une prison ?

    Aujourd’hui des mélenchonistes se livrent sur le territoire à des « casserolades ». Ils frappent sur des casseroles (je préfère les casseroles que la tête des autres). Ils sont plutôt jeunes, c’est que le député des Bouches-du-Rhône entend mobiliser la jeunesse (notamment en portant la « bonne parole » dans les lycées et les facultés) gage à ses yeux d'un "puissant facteur de conscientisation dans le pays"

    C’est con, mais ça ne me fait pas rire.

     

    [1] Philippe Wojazer/Reuters

    [2] Les citations sont tirées d’un article de Geoffroy Clavel, chef du service politique de HuffPost


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  • Une exposition hypocrite


    J’avoue que cette affiche annonçant l’exposition « Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire » m’a mis mal à l’aise. Non pas en raison de l’hommage qui leur est rendu mais parce que cet hommage a lieu dans l’enceinte de l’Institut du monde arabe et qu’il ressemble bigrement à une couronne mortuaire déposée par un assassin sur la tombe de sa victime.

    On pourrait même dire qu’il y a une certaine indécence à retracer l’histoire de ces chrétiens dans un établissement consacré au monde arabe alors que les musulmans achèvent aujourd’hui de les chasser du Moyen Orient et de massacrer ceux qui restent.

    Une tragédie qui dure depuis des décennies, que le monde regarde avec une certaine indifférence alors qu’il se scandalise bruyamment de celle des musulmans de Birmanie. Je suppose que le pape qui demandait plus ou moins aux chrétiens d’Orient de tendre l’autre joue va peut-être pleurer (s’il ne l’a pas déjà fait) sur le sort des Rohingyas (voir « La nouvelle »).


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  • La sortie de l’état d’urgence devrait s’accompagner d’une modification de la législation, discutée actuellement au Parlement, qui, d’après ce qui est dit, permettrait d’inclure dans la loi commune des dispositions issues de la législation de l’état d’urgence pour lutter contre le terrorisme.

    J’ignore si les nouvelles lois prévues seront plus efficaces que les anciennes, mais elles soulèvent les protestations de certains juristes (notamment Leclerc et Toubon), car elles permettraient de juger les gens non sur ce qu’ils ont fait mais sur le soupçon de ce qu'ils pourraient faire.

    Pour ce qui me concerne, en tant que victime potentielle d’un attentat, ça ne m’ennuie pas que l’on n’attende pas que l’attentat fasse un massacre pour juger celui ou celle qui envisage éventuellement de le commettre.

    Mais on risque évidemment d’arrêter des personnes jugées dangereuses, mais qui n’ont aucunement l’intention de commettre un attentat…du moins dans l’immédiat. Aussi les juristes affirment que l’on passe ainsi des faits établis au simple soupçon, et clament que l’on se trouve là devant l’équivalent de la « loi des suspects » qui avaient été promulguée sous la Terreur en 1793. Ce qui devrait plaire à Mélenchon, admirateur inconditionnel de la Révolution de 1789, mais je suis sûr qu’avec sa cohérence habituelle, il va protester contre cette atteinte aux libertés publiques.

    Un argument contre la nouvelle loi en discussion donné par Toubon (« défenseur des droits ») m’a laissé perplexe : il s’inquiète, en effet, de ce qui pourrait se passer si « de tels textes, qui portent atteinte aux libertés, tombent entre les mains de gouvernements non démocratiques » (cité par le Canard enchaîné du 27/09/17).

    Toubon fait preuve là d’une touchante naïveté (et d’une curieuse méconnaissance de l’histoire). Mais mon Toubon, un gouvernement non démocratique, c’est une dictature (même si celle-ci peut parfois s’installer après une élection libre) que ce soit celle d’un individu, d’un parti unique ou d’une junte militaire, et ce beau monde promulgue habituellement dès son arrivée au pouvoir une législation adaptée à son exercice sans partage et sans contrôle. Une dictature n’a aucunement besoin de la législation précédente pour limiter les libertés publiques.

    Certains juristes s’imaginent peut-être qu’ils travaillent pour l’éternité et que leurs lois gravées définitivement dans le marbre seront obligatoirement suivies, quel que soit le régime ultérieur.

    Il faudrait peut-être que Toubon relise le récit des évènements sous Mussolini, Hitler, Staline, Pétain, Mao, Pol Pot, Castro, Pinochet, la junte argentine, ou Kim Jung-Un et ses ascendants, entre autres.


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  • Aujourd'hui, une ballade à Montmartre m'a amené par l'allée des brouillards (quel joli nom) qui donne sur la place Dalida et son buste (je laisse le soin aux touristes de le photographier) :

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  • Dans l'Express est paru le 23/09/17 un article sur le transhumanisme (que je n'ai pas lu). Actuellement  1 enfant sur 30 nait en l'absence de rapport sexuel, c'est à dire avec l'exclusion physique du père, la mère restant - pour l'instant - indispensable, mais l'incubation de l'embryon en dehors de la mère se fera probablement dans l'avenir comme dans "Le meilleur des mondes" et la mère sera à son tour exclue.

    Le capital génétique de l'embryon est déjà à la portée du sorcier humain, mais s'il intervient c'est pour prévenir des maladies, ce qui est une forme d'eugénisme prénatal que l'on peut difficilement critiquer. Dans l'avenir il sera  tenté de le modifier dans un sens qu'il estimera bon (sur quels critères ?) ou pour exécuter une commande parentale ou pour satisfaire les besoins de la société.

    L'entame de l'article de l'Express est illustrée par la photo ci-dessous avec la légende suivante : 

    Sélectionnés et optimisés par de puissantes intelligences artificielles, les enfants nés sans acte sexuel disposeront de capacités très supérieures. (Photo d'illustration). REUTERS/Jilian Mincer

    Le photographe ne semble connaître que partiellement les prévisions démographiques planétaires en faisant figurer sur le cliché trois enfants noirs pour un enfant blanc car il omet de faire figurer des enfants asiatiques qui participeront également à la croissance démographique.

    On remarque que le bébé blanc n'est pas à l'aise et proteste, comme toute minorité, en levant le poing.


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