• Chauve qui peut

    Le navire humanitaire Ocean Viking a reçu hier l’autorisation de l’Italie pour débarquer à Porto Empedocle, en Sicile, les 180 migrants qu'il a secourus en Méditerranée. Apparemment ces « réfugiés » sont tous des hommes, parmi lesquels des Pakistanais, des Nord-Africains, des Erythréens et des Nigérians. La situation à bord du navire humanitaire s’était dégradée au point que des secourus ont menacé les sauveteurs. Serait-ce prémonitoire ?

    Tandis que de nombreux migrants continuent de « fuir » la Libye, mais ne sont là que pour rejoindre les pays européens « racistes, colonialistes, esclavagistes et terroristes » (comme certains noirs qualifient la France), les bateaux humanitaires ont récemment repris leurs activités de sauvetage. Les lignes régulières, en coopération avec les passeurs, ont été ainsi rétablies entre l'Afrique et l'Europe.

    Photo : SHAHZAD ABDUL VIA GETTY IMAGES


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  • Voici deux entrefilets parus dans Marianne du 3/07/20 :

    Pauvre Monde

    Pauvre Monde 

    Le Monde est le journal de référence, mais de quoi ?


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  • Nous avons eu le « nous sommes en guerre » de Macron, formule martelée en début de phrase dans son discours au début de l’épidémie de covid-19. Certes, l’épidémie a provoqué plus de 30000 morts en France car il faut compter les morts par d’autres maladies dont les soins n’ont pas été assurés, mais on voit bien que Macron est trop jeune pour avoir vécu une guerre, et il ne lui déplaisait pas de jouer au chef de guerre sans avoir jamais revêtu l’uniforme. Pour ce qui me concerne, cette anaphore présidentielle, loin d‘augmenter le sérieux de son discours m’a paru l’amoindrir tant il sentait l’artificiel et la rhétorique.

    Nous avons à présent le nouveau maire de Bordeaux, l’écologiste Pierre Hurmic, ceint de son écharpe tricolore qui a décrété dès son élection « l’état d’urgence climatique » à Bordeaux. Une grandiloquence et une disproportion qui frisent le ridicule, car que compte-t-il faire ? Abaisser la température de la planète par des mesures imposées d’urgence aux Bordelais ? Changer le climat à Bordeaux ? Pour être sérieux, il faut rester modeste. Les écologistes purs et durs, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.


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  • 331. Certaines ne masquent pas les choses

    Un des médecins infectiologues intervenant régulièrement sur les plateaux a déclaré récemment que le port du masque dans la rue est inutile. Je continue néanmoins à le porter car à Paris, où les trottoirs sont souvent étroits, la distanciation physique n’est pas toujours possible ou respectée. Ainsi, sans masque nous pourrions être à la merci de l’éternuement ou de la toux d’un quidam de passage non masqué et n’ayant pas le réflexe de le faire dans le creux de son coude. Notons que l’on voit fréquemment des personnes masquées mais le nez à l’air, or la contamination de ce coronavirus se fait essentiellement par le nez.

    Bien que l’épidémie ne soit pas encore terminée, et que l’on observe toujours des foyers de contamination qui s’allument çà et là, aussi bien en France qu’à l’étranger, les masques se raréfient dans la rue, et le porter finit par apparaître comme un signe de couardise. Pourtant, les différentes études montrent que le masque diminue nettement le risque de contamination comme l'illustre le diagramme ci-dessous (où s’est glissée une erreur avec inversion des chiffres pour le risque selon la distance observée).

    331. Certaines ne masquent pas les choses

    Nous savons qu’aux USA, surtout dans les Etats qui votent républicain, les précautions sanitaires sont mal suivies car les gens se sont élevés contre elles, aussi bien contre le confinement que le port du masque.

    Le Parisien du 27/06/20 rapporte qu’au cours d’une réunion tenue à Palm Beach en Floride, des Américaines ont expliqué à la tribune pourquoi elles sont opposées au port obligatoire du masque : « L’une d’elles évoque un crime contre l’humanité, (et) demande pourquoi Bill Gates et Hillary Clinton ne sont pas en prison…Une autre les accuse de tourner le dos au magnifique système respiratoire créé par Dieu » Mais la confession de la troisième ne manque pas de sel : « Je ne porte pas de masque pour la même raison que je ne porte pas de petite culotte. Les choses doivent respirer »

    Illustration : Balthus : "Thérèse rêvant"


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  • Trans en transes

    La romancière J.K Rowling, autrice des aventures de Harry Potter, a eu le malheur de déclarer que seules les femmes ont des règles. Depuis cette déclaration particulièrement osée, elle subit une campagne d’intimidation par la meute en réseau groupant ceux qui considèrent qu’elle s’est ainsi livrée à une discrimination envers les transgenres. Pourtant le fait est avéré : les transgenres n’ont pas de règles. Il n'est plus admis qu’une vérité soit dite si elle est gêne certains.

    Dans la foulée, des employés de Hachette UK qui édite les ouvrages de J.K. Rowling ont voulu refuser de travailler sur ses romans. Il arrive ainsi de plus en plus (ce fut le cas pour l’autobiographie de Woody Allen) que des employés des maisons d’édition en exprimant leur désaccord avec les opinions d’un auteur ou leur désaveu de sa personnalité ou en brandissant des accusations même non prouvées à son égard, veulent exercer une censure, en quelque sorte privée, purement émotionnelle et subjective, en se référant à la ligne du politiquement correct du moment, et une simple rumeur est suffisante pour que ces censeurs improvisés s'opposent à l ‘édition d’un ouvrage.

    Dans nos démocraties la liberté d’expression est ainsi menacée par n’importe qui à propos de n’importe quoi. La morale, ou soi-disant telle, tend à remplacer les idées et le débat. Quand on parle de morale, on vise souvent le souci de ménager la susceptibilité des identités revendiquées aussi farfelues soient-elles.

    Pour en revenir à la déclaration de J.K. Rowling, en affirmant que seules les femmes ont des règles, elle ose dire qu’un homme transformé en femme n’en est pas une, puisque dépourvu d’utérus, ce qui conduit également à l’impossibilité de procréer. Il faut se rendre à l’évidence, chez les mammifères, dont l’homo sapiens fait partie, seules les femelles sont équipées pour procréer. Sur les campus américains où fleurissent les aberrations, on parle, pour ne vexer quiconque, de personnes pourvues ou non d'un utérus. J'ignore si l'on parle aussi de personnes pourvues ou non d'un cerveau en état de fonctionner correctement.

    Les trans changent de genre, on peut difficilement dire qu’ils changent vraiment de sexe car malgré toutes les transformations anatomo-hormonales subies, celles-ci ne sont que comportementales et de façade, l’intérieur, organique, cellulaire et génétique reste celui livré à la naissance. Un transgenre est un transgenre, ni plus, ni moins. Mais il est évident que franchir le pas de la transformation et le maintien de la transgression biologique (à moins de se contenter d'affirmer son genre en conservant sa barbe) sont difficiles, voire éprouvants, ce sont des démarches qui s’imposent donc pour ces personnes comme une nécessité, même si le résultat ne peut être qu'incomplet.

    J’espère que ma faible audience m'évitera les remontrances.

    Illustration : l'égérie de Calvin Klein (image rapportée par "Souris Donc") 


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  • La noirceur du blanc

    Depuis qu’un policier américain sadique a étouffé sous son genou un homme dont il n’avait pas respecté ses droits d’être humain, peut-être parce sa victime avait un peu plus de mélanine dans sa peau que dans la sienne, un vent purificateur ne cesse de souffler aux USA en se propageant au reste du monde.

    Une partie des politiques comme les commerçants s’évertuent, plus par intérêt que par vertu, dans une concurrence effrénée, à se montrer les plus politiquement corrects dans des initiatives antiracistes parfois surprenantes pour ne pas dire ridicules.

    L’Oréal vient de bannir « blanc », « blanchissant » et « clair » dans le langage de présentation de certains de ses produits. D’autres marques suivront probablement pour être dans le vent de cette hystérie vertueuse collective.

    Mais il reste bien du travail pour noircir le blanc et blanchir le noir, puisque le statut cutané devient plus important que celui d'être humain.

    Pour donner quelques exemples qui devraient nous engager à corriger le privilège du blanc et promouvoir le noir :

    Pourquoi au jeu d’échecs donnerait-on la priorité aux blancs pour commencer la partie ?

    Pourquoi une note musicale blanche vaudrait-elle deux temps, alors que la noire ne vaut qu’un temps ?

    Pourquoi une lessive devrait-elle laver plus blanc et pas plus noir ?

    Et prenons simplement la lumière : le spectre de la lumière blanche est composé de la somme des longueurs d’onde correspondant aux couleurs que nous percevons. Toutes. Alors que le noir, c’est l’absence de lumière reçu par l’oeil. Le noir, c’est l’absence. Un objet est vu noir lorsqu’il ne réfléchit ou n’émet pas de lumière. Intolérable.

    Il reste beaucoup à faire, notamment dans les expressions. Si le coquin "nègre en chemise" de nos pâtisseries a été à juste titre débaptisé, l'expression "broyer du noir" devrait être évitée depuis la mort George Floyd. 

    Illustration : le grand Louis Armstrong


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    330. Matériel humain

    Les Cubains arrivent en Martinique et sont accueillis à bras ouverts :  un pneumologue, deux spécialistes en médecine interne, un infectiologue, deux anesthésistes, trois radiologues, deux néphrologues, un hématologue, un urgentiste, encadrés par un chef de brigade et un directeur administratif.

    La France devient ainsi le troisième pays européen, après l’Italie et Andorre, à recevoir l’aide directe de professionnels de santé cubains. Il faut avouer qu’ils sont dans tous les coups durs, qu’il s’agisse de catastrophes, d’épidémies ou de guerres. Avec les cigares, les médecins sont ce que l’Etat cubain produit de mieux et mes confrères cubains sont, depuis des décennies, les produits d’exportation les plus rentables pour le pays puisqu’ils pourraient rapporter jusqu’à 11 milliards (4 fois plus que ce rapporte le tourisme) en déployant près de 30.000 médecins cubains à l’année dans une soixantaine de pays.  A l’occasion de la pandémie de coronavirus, Cuba aurait envoyé près de 2000 professionnels de santé en mission temporaire dans 27 pays.

    Les salaires des médecins sont perçus par l’État cubain qui n’en reverse qu’une faible partie au personnel médical (ce qui est aussi un frein à la désertion, deux soignants cubains en Andorre ont demandé l’asile politique en Europe). Dans quelle mesure ce travail à l’étranger est-il un travail forcé ? Les médecins sont largement exploités, même s’ils sont volontaires pour partir, Dans Le Point, la journaliste Claire Meynial estime que « la plupart des médecins gagnent à peine une cinquantaine de dollars par mois à Cuba, et beaucoup, plongés dans la misère, acceptent les missions par nécessité ». Certains parlent même d’esclavage (une ONG espagnole, « Prisoners Defenders », qui a déposé une plainte à la Cour pénale internationale contre Cuba pour « esclavage ».) ou de trafic d’êtres humains . Mais le service rendu est d’une autre nature que l’objectif des trafics d’êtres humains habituels : « La chercheuse américaine Julie Feinsilver relève qu'en 2010, les médecins cubains ont prescrit un traitement à plus de 85 millions de patients, réalisé plus de 2,2 millions opérations, et vacciné plus de 9,2 millions de personnes »

    Il faut rendre hommage à l'astuce de Fidel Castro (et sans doute de Che Guevara qui était médecin) d'avoir mis sur pied ce fructueux trafic d'êtres humains déployés dans le monde en cas de nécessité et qui n'arrivent  dans les zones en détresse pour faire - en principe - que le bien, à condition qu'ils soient réellement compétents, et que l'on ne les incite pas à gonfler leur activité..

    Je me sens tout de même un  peu gêné que la France ait été obligée de faire appel à Cuba et à ses esclaves médicaux.   


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  • J’ai assisté à une bonne partie de la prestation de Didier Raoult devant la commission parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire, que je trouve d’ailleurs prématurée car elle n’est pas terminée. C’était plutôt amusant, non pas à cause du sujet qui ne prête pas à rire, mais du personnage interrogé. Il m’a semblé :

    - Que Raoult crache tout de même dans la soupe. Le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas été tendre pour les autorités médicales alors que celles-ci n’ont pas été avares dans le passé en subventions pour la création de son institut. Le présenter comme un rebelle, quasiment un « gilet jaune », contre les "mandarins" et l’élite, dont il a dit lui-même, en riant, qu’il en faisait partie, est une plaisanterie (interview de Pujadas).

    - Que le plus souvent il n’a pas répondu aux questions lorsqu’elles étaient précises en se perdant dans des digressions verbeuses (dont la remarque savoureuse dans sa bouche : "quand on parle trop, on risque de dire des bêtises") qui aboutissaient presque toujours à lui et ce qu’il avait fait. Notamment pour ce qui concerne les études sur l’efficacité du traitement qu’il a proposé. Critiquer la méthodologie par randomisation pour évaluer les traitements est licite. Dire que l’on utilisait la méthode par comparaison et que la plupart des découvertes ont été faites de cette façon est vrai. Par contre il n'hésite pas à comparer la mortalité de la région marseillaise avec celle de la région parisienne, en avançant des chiffres très discutables, comme argument à l’appui de sa thérapeutique et il affirme avec aplomb des choses fausses. Comparer ce qui n'est pas comparable et taire les comparaisons et les études lorsqu'elles sont moins flatteuses pour son protocole est à la limite de l'honnêteté.

    - Qu’il est méprisant à l’égard des autres, les traitant : certains d’incompétents et d’autres de corrompus, sans la moindre preuve.

    - Qu’il est prétentieux :  il a raison, les autres ont tort ou ne savent pas. Un petit exemple de sa prétention : racontant l’anecdote, bien connue par ceux qui s’intéressent à l’histoire ou à la médecine (voir 46), de Louis XIV prenant du quinquina (à l’origine de la quinine et de la chloroquine) contre la fièvre, puis imité par la Cour, Raoult a précédé son récit par un « vous ne le savez peut-être pas, mais… ». Il est fort possible que cette historiette fût ignorée des parlementaires, mais pourquoi faire une remarque sur leur éventuelle ignorance ?

    Le mépris mégalomaniaque à l'égard de ceux qui sont en désaccord avec ses positions, et les approximations de Didier Raoult, noient dans son verbiage, que ses partisans (dont Bigard, ce qui devrait l'inquiéter) qualifient de truculence, ce qu'il apporte de vrai ou d'intéressant.


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  • Être anti-quelque chose est déjà une position radicale qui n’engage pas à la discussion et à la conciliation. Rien n’est plus proche de la radicalité d’un camp que la radicalité du camp opposé. Des communistes sont passés aisément dans le camp fasciste, c’est souvent au nom de la liberté que se sont installées des dictatures, des comportements privant les autres de liberté ou des épurations meurtrières.

    Quand les antis deviennent prosAujourd’hui, nous avons les « antifas » dont il est préférable de ne pas développer la dénomination en « antifascistes » car leur comportement est manifestement fasciste, similaire à celui des bandes nazies, les sections d’assaut, brisant les vitrines des commerçants juifs, et exerçant leurs violences contre les opposants à Hitler, mais les SA comportaient au départ une mouvance anticapitaliste, ce que les black blocs prétendent être.

    Aujourd’hui, nous avons des antiracistes dont le comportement est manifestement identitaire et raciste jusqu’à crier « sales juifs », insulte suprême contre des Blancs qui sont peut-être eux-mêmes antisémites. L’antisémitisme semblant toujours être le point de convergence de tous les racismes.

    Anti-quelque chose, c’est une voie pour en devenir partisan et donc pro. C’est aussi en faire profession.


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  • La convention citoyenne pour le climat, qui réunissait 150 personnes tirées au sort mais basée sur le volontariat (ce qui a probablement exclu celles qui ne s'intéressaient pas à l'écologie), a accouché d’une série de mesures où dominent les interdictions et les sanctions, certaines d'entre elles n'ayant rien à voir avec l'écologie. Il est probable que ces citoyens, à qui ont été confiées de lourdes responsabilités, ne connaissaient pas grand-chose sur la question en dehors des connaissances sélectionnées par le flux médiatique. Ils ont donc été sans doute fortement influencés par les experts amenés à les déniaiser. C’est ce qui arrive quand on demande à des gens qui ne connaissent pas vraiment une question d’y répondre, et ils l’ont fait jusqu’à parler d’écocide et de modification de la Constitution. Ce qui me rappelle le fameux principe de précaution que Chirac a fait introduire stupidement dans la Constitution.

    A côté de cette floraison d’interdictions et d’injonctions qui risquent de s’abattre, avec les meilleures intentions du monde, sur la société française et qui ne modifieront en aucune façon le climat à l’échelle planétaire, on voit aussi l’inverse à l’égard des institutions et notamment de la police. Mélenchon voudrait la désarmer pour qu’elle soit respectée en assurant l’ordre à mains nues, ce qui permettrait aux voyous les pillages en toute liberté. Des « antiracistes » autoproclamés réclament que la police se dispensent d’immobiliser les délinquants et même proposent l’interdiction de les poursuivre s’ils s’échappent, ce qui permettrait à la délinquance de s’épanouir enfin librement.

    La tendance est donc de contraindre le citoyen hexagonal pour régler une situation planétaire préoccupante, et qui ne préoccupe que modérément la plupart des autres pays, mais de ne pas trop gêner le délinquant des « quartiers sensibles » qui règle à sa façon le chômage endémique dans des activités parfaitement écologiques, en utilisant le plus souvent des produits naturels, et en brûlant périodiquement des voitures tant exécrées par les écologistes.


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