• Phobophobie 

    Notons que cette image est sexiste.

    Je n’ai ni peur ni aversion en voyant des gros ou des grosses, et j’ai même écrit un article pour leur défense : « Plaidoyer pour les gros », mais je commence à avoir une véritable phobie vis à vis de la phobie.

    Je me sens également victime d'une phobie à être sans cesse soupçonné ou même accusé d’être phobique à l’égard de mes semblables pour peu qu’ils aient une particularité quelconque. Ce qui veut dire, si l’on respecte la signification des mots, que l’on me traite de névrosé lorsque quelque chose ne me plait pas alors que les censeurs estiment qu'elle n'a aucune raison de me déplaire. J’ai tout de même le droit d’avoir un jugement sur autrui et pas forcément le même que celui des penseurs corrects. Le jugement personnel n’est pas un acte qui porte préjudice à l’autre. Dans ma pratique j’ai bien été obligé de dire à des gros qu’ils étaient trop gros, et le risque que pouvait représenter cette obésité, je passais alors du jugement à l’acte mais dans l’intérêt de mon patient.

    Cette inflation de la phobie finit par devenir paralysante, et le signe d’une infantilisation des personnes que l’on considère comme incapables de se défendre elles-mêmes.

    Notre société occidentale devient un ensemble d’individus fragiles, susceptibles, irritables et surveillés. Une société précautionneuse, pusillanime, apeurée, châtrée (au sens imagé) pour ses défenses, et châtiée (aux deux sens du terme) pour son langage où l’humour deviendra de plus en plus constipé jusqu’à l’occlusion.


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  • La compassion est inversement proportionnelle à la distance qui sépare le compatissant de l’objet de sa compassion et directement proportionnelle au degré de similitude entre le compatissant et la victime. Dire que la compassion est d’autant plus forte que la victime est géographiquement proche et semblable à soi est une évidence.

    Cependant cette évidence souffre d’une exception pour ce qui concerne la similitude car il y a des personnes qui se préoccupent bien davantage des animaux que des humains. Ce que l’on peut comprendre : les humains ont davantage à se reprocher que les animaux. Cependant il faut que les sociétés protectrices des animaux se rendent compte que l’homo sapiens est un animal comme un autre et qu’il a aussi parfois besoin de compassion et d’aide.

    Ce que ne semble pas avoir compris (d’après un article du San Francisco Business Times rapporté par Slate) la « Société pour la Prévention de la Cruauté envers les Animaux » (SPCA) une association de défense des droits des animaux siégeant à San Francisco et qui est également un foyer pour animaux abandonnés.

    L’homo sapiens est pourtant un animal comme un autreCette ONG louait pour 7 dollars de l'heure un robot produit par  Knightscope. Ce robot, muni de capteurs sensoriels, et d’adorables petits chats et chiens peints sur sa carcasse, avait pour mission de faire des rondes en bas de l'immeuble de la SPCA, de repérer les SDF et d’alerter de leur présence les services de sécurité qui se chargeaient de les chasser. Ce robot n’est donc pas habilité et n’a pas la capacité à le faire lui-même, néanmoins L'ONG a vanté les mérites de cet engin qui aurait permis, d'après un porte-parole de ce foyer pour animaux abandonnés, de faire baisser le nombre de sans-abris et de vols de voitures dans le quartier. 

    De nombreux habitants ont tout de même trouvé que le procédé manquait d’élégance si bien que la ville de San Francisco, sans apporter à ma connaissance son aide aux SDF couchant près des animaux à l’abri, a tout de même interdit à la société qui les abrite l’utilisation de son robot vigile pour chasser les sans-abris sous peine d’une amende de 1000 dollars par jour. L’honneur est sauf. 


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  • Une star canadienne du porno s’est pendue à 23 ans après le cyber-harcèlement qu’elle a subi pendant 48 heures à la suite d’un de ses tweets le 3 décembre dernier où « elle explique qu’elle venait de refuser / par précaution / de tourner, donc de coucher, avec des performers (hommes) faisant du porno gay et alertait au passage sa remplaçante » (Slate).

    Elle fut abondamment insultée et bien sûr traitée d’homophobe alors que chacun sait que les comportements sexuels de nombre d’homosexuels masculins les exposent à un risque bien plus élevé de contracter des maladies sexuellement transmissibles par rapport à l’ensemble de la population. Le savoir et le dire n’a rien d’une discrimination homophobe mais c’est rapporter un fait médical connu de tout le monde et en premier lieu des homosexuels masculins eux-mêmes. Et craindre une contamination ne me parait pas dénué de bon sens. Voir 190.

    Ce qui m’étonne dans cette triste histoire est que pour être cyber-harcelée, il faut continuer à être cyber-présente sur les réseaux lyncheurs. Il me semble qu’il suffit de se déconnecter pour ne plus être harcelée. Des personnes sont donc suffisamment accro à la toile pour risquer même leur vie afin de continuer à gazouiller et/ou à montrer leur bobine ou à subir les gazouillis et les bobines des autres.


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  • Ce matin, Raffarin, interrogé sur France Inter, a déclaré que ce qui le séparait notamment de Wauquiez, qui vient d'être élu à la tête des Républicains, est la tendance identitaire de ce dernier. Dans une tendance identitaire on peut mettre beaucoup de choses, mais il apparait que le terme "identité" devient de plus en plus un gros mot clivant.

    Or comme je l'avais déjà rapporté en 2015 l'identité semble avoir un substratum neurologique. Des études ont montré qu'il existerait une zone particulière du cortex préfrontal* impliquée dans l'identification des menaces et l'élaboration des réponses à y apporter. Devant une menace comme l'évocation de la mort, l'isolement ou le sentiment de ne pas comprendre la situation, cette région du cerveau s'activerait et serait associée à une réaction de repli identitaire sur son groupe social, ethnique ou religieux ou bien à un désir de punir ceux qui violent la norme.

    Que devant une menace, et chaque jour le montre, les individus cherchent refuge dans le groupe dont ils font partie, qu'il soit social ou ethnique et/ou se raccroche à une idéologie notamment religieuse est une évidence. Qu'ils cherchent à défendre cette identité est compréhensible, même si cette défense peut devenir meurtrière, mais qu'un groupe de neurones situé dans le lobe préfrontal soit spécialisé dans cette conservation de l'identité en tant que défense lors des conflits est tout de même étonnant.

    D'où l'idée qu'ont eu des chercheurs de l'université de Los Angeles et de l'université d'York (Royaume-Uni), de désactiver temporairement cette zone à travers le crâne par des impulsions magnétiques pour voir si, en présence d'un contexte angoissant ou de ce que les sujets testés considèrent comme une menace étrangère, ceux qui étaient "neutralisés" auraient moins tendance aux replis religieux et identitaires et à moins d'hostilité envers la menace supposée.

    Effectivement, en neutralisant la « zone identitaire » et de gestion des menaces, ces chercheurs ont obtenu des résultats allant dans ce sens, mais le faible nombre de sujets testés (une quarantaine) et une méthodologie critiquable invitent à la prudence.

    Quelles que soient les critiques que l'on peut formuler à l'égard de cette étude, elle est tout de même troublante. Cette zone préfrontale est-elle le fruit de l'évolution, faisant partie des structures et des comportements liés à « l'instinct de conservation » ? ou s'est-elle spécialisée secondairement à nos comportements ? Et peut-on considérer la religion comme une défense ? Peut-être l'est-elle face à la mort (ce qui n'empêche pas les croyants d'avoir peur de la mort), mais l'histoire démontre que la religion est identitaire au point de se comporter davantage comme une idéologie agressive que comme une idéologie protectrice.

    Personne ne conteste que les gens puissent affirmer leur identité lorsqu'il s'agit d'un groupe social, ethnique ou religieux, là où les choses se gâtent c'est lorsqu'on se réfère au niveau national et c'est là que l'identité devient un gros mot. 

    Dans le cours de l'histoire le concept de nation a mis longtemps à s'imposer après l'appartenance à une cité, à une région, à un roi. Va-t-on assister à la dislocation des nations ? Petits ensembles ou Grands ensembles ? Ou les premiers dans les seconds ? Et pour compliquer les choses ajoutons-y les clivages religieux qui, eux, sont intra et transnationaux.

    * Lobe cérébral situé derrière le front, d'où mon titre qui ne fait aucunement référence au Front National.


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  • Johnny Hallyday a quitté la scène en beauté et son dernier spectacle fut une apothéose. Il a réussi à remplir places et rues de ses fidèles, il est vrai que les places étaient gratuites.

    Ce chanteur talentueux au destin chaotique et exceptionnel est curieusement qualifié de « héros français », alors qu’il fut un admirateur de la culture américaine, qu’il imita les Américains dans ses goûts, sa façon de s’habiller, de se comporter, de chanter, de monter ses spectacles et de payer ses impôts.

    Un Américain à Paris devenu une idole française courtisée par tous et surtout par ceux qui vivaient de sa générosité.

    Curieusement, un de ses proches lors de son hommage à l’église de la Madeleine, faisant référence à la foi chrétienne du chanteur, a souligné que tombé au sol, frappé par la mort, ses yeux étaient dirigés vers le ciel. L’étonnant eut été qu’ils ne fussent pas dirigés vers le haut.

    L’ultime spectacle

     

    L’ultime spectacle

     

    Il est certain que quand on prend de l’âge ces obsèques à répétition donnent un peu de vague à l’âme.

    Et pour paraphraser un auteur anglais : « d’Ormesson est mort, Johnny Hallyday est mort et moi, je ne me sens pas très bien ».

    Mélancolie aggravée par le ciel gris, les averses, le froid et le vent.

    Il ne reste plus qu’à enterrer le spleen.

     

     

     


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  • A l'occasion de la visite en Italie du président iranien Hassan Rohani en janvier 2016, le musée du Capitole de Rome avait caché toutes ses statues représentant des sculptures de nus (voir « Cachez ce nu que je ne saurais voir ». Et bien nous y voilà, plusieurs villes d’Europe (Londres, Cologne, Hambourg…) ont décidé de censurer des affiches viennoises représentant les tableaux Fille aux bas orange (1914) et Homme assis nu (1910) (autoportrait)

    La nostalgie de la feuille de vigne

    pour illustrer une rétrospective des œuvres d’Egon Schiele organisée au Leopold Muséum de Vienne en février prochain en raison du centenaire de la mort (à 28 ans) du peintre viennois et intitulée «Egon Schiele, expression et lyrisme»

    Vienne a donc décidé d’envoyer d’autres affiches, accueillant avec humour ce surcroît publicitaire, en soulignant qu’après un siècle la peinture de Schiele reste toujours aussi audacieuse.

    La nostalgie de la feuille de vigne

    Il semble que les édiles de ces villes allemandes et anglaises ont été heurtés par la visibilité des parties génitales qui aurait pu choquer les promeneurs ou usagers des transports en commun.

    S’il fallait supprimer toutes les représentations du nu dans l’art, les musées seraient dévastés et les parcs déserts. Mais pour les tableaux de Schiele ce qui heurte sans doute ces édiles, c’est leur réalisme, non seulement sans concession, mais optant plus pour la laideur que pour la beauté. Le corps n’est pas à son avantage, le sexe est un sexe et non pas une virgule chez l’homme et une platitude chez la femme quand il ne s’agit pas d’une feuille de vigne. Schiele représente exactement ce que chacun d’entre nous a entre les jambes et ce que chacun d’entre nous expose à sa compagne ou à son compagnon et dont la conjonction appropriée permet de donner la vie et de maintenir l’espèce.

    Pourquoi un passant regardant sur une affiche la représentation de son sexe qu’il connaît fort bien, et qu’il se plait peut-être à contempler et à mesurer, devrait-il être choqué ? Pourquoi une passante serait-elle choquée par l’image de son intimité qui n’a plus de secret pour elle ?

    Il faut en déduire que l’un et l’autre ne peuvent pas se voir en peinture.

    Cette honte d'une partie de soi-même pourrait expliquer le succès de la psychanalyse dont le sexe est le pivot, et l'importance qui lui est accordée par les religions où la honte est cultivée et le sexe à la fois caché et obsessionnel et obsessionnel parce que caché.

    Quand la morale se mêle d'art

    La nostalgie de la feuille de vigne

    Plusieurs milliers de personnes demandent ni plus ni moins le retrait du tableau de Balthus intitulé Thérèse rêvant exposé au Metropolitan Museum of Art (MET) de New York, en raison « de ce que ce tableau insinue ». Mais ce tableau insinue ce que la personne y voit et la dame qui a lancé cette pétition y voit apparemment de bien vilaines choses, je ne lui fais pas mes compliments.

    Moi, j’y vois autre chose, si ce tableau vous heurte par les pensées que vous y mettez et l'interprétation que vous en faites, ne le regardez pas, mais n’en privez pas les autres.


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  • Les mélenchonistes, insoumis de pacotille dans une société démocratique, sont les dignes successeurs des communistes staliniens admirateurs de l’URSS qui furent pendant des décennies sourds et aveugles aux témoignages de ceux qui en réchappaient, et qui devenaient en racontant simplement ce qu’ils avaient vécu, les cibles de leurs insultes et les objets de leurs calomnies pour déconsidérer leur témoignage.

    Les extrémistes, enfermés dans une vérité inoxydable forgée hors du réel, n’apprennent jamais rien de l’histoire. Ils rejettent sans état d’âme la réalité rapportée par les témoins dont le discours est interprété par eux comme faisant partie d’un complot pour déconsidérer la vérité dont ils sont les détenteurs, vérité qui se doit d’être immuable et imperméable à toute discussion et à tout fait contraire.

    C’est ainsi que Laurence Debray, fille de Régis Debray (copain de Mélenchon) et de la Vénézuélienne Elisabeth Burgos, rapportant la situation actuelle que vit le peuple vénézuélien, et sa famille qui s’y trouve, devant JL Mélenchon à « L’émission politique » du 30/11/17 s’est fait traiter par celui-ci sur son blog de « marionnette grotesque », mais il n’a pas utilisé l’expression « vipère lubrique » très prisée des staliniens, il est vrai qu’il est plutôt de tendance trotskiste.

    Depuis, Laurence Debray subit un déferlement d’injures et de haine sur les réseaux des lâches anonymes, et même directement par voie téléphonique.

    Que le destin nous préserve des insoumis au bon sens et au faits. Il est vrai que l’insoumis Ruffin, toujours debout en représentation, mais qui ne représente abondamment que lui-même, affirme, avec sa modestie habituelle, qu’il ne se sent pas prêt à assumer le pouvoir. Ainsi soit-il.


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  • J’ai remarqué que les personnages publics partent souvent par deux dans l’Au-delà. Un peu comme les flics lorsqu’ils font une ronde. Peut-être que la mort est dangereuse et qu’à deux le voyage est plus sûr.

    Cette fois, rien n’est plus disparate que le couple qui vient de partir. L’un très « vieille France », délicat et souriant même dans ses attaques, l’autre grande gueule, grande voix, occupant l’espace dans une orgie de lumières, mais l’un et l’autre ont été aimés par tous.

    Bonne route.


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  • Quand on confond la mort des assassins avec l’assassinat des victimes

    « Dans une exposition intitulée "Elargir le concept du martyr" installée à la maison des artistes de Béthanie à Berlin, deux artistes danois ont voulu mettre en lumière une série de personnes "mortes pour leurs convictions". Parmi elles, des figures historiques, telles que Socrate, Martin Luther King mais aussi plusieurs… terroristes. Ismaël Omar Mostefaï, membre du commando du 13 novembre 2015 à Paris, Mohammed Atta, à la tête du commando du 11 Septembre 2001, ou encore les auteurs des attentats suicides de mars 2016 à Bruxelles, apparaissent ainsi en bonne place dans l’installation. Un choix "choquant", a réagi l'ambassade de France en Allemagne ce lundi 4 décembre ». (Marianne)

    L’Allemagne continue de nous surprendre, mais ces « artistes » danois ne vont pas jusqu’au bout de leur art car il me semble qu’Hitler devrait figurer dans ce martyrodrome à la gloire de la diversité : ne s’est-il pas suicidé en constatant l’échec de ses convictions ?

    Max Beckmann : "La nuit"


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  • Attention ! Le Père Noël est une ordureIl va livrer à nos chères têtes blondes et brunes des jouets espions fabriqués en Chine. Ne vous fiez pas à l'allure innocente de cette poupée "Mon amie Cayla" (et à son copain le robot I-Que) à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession car, justement, elle n'est pas tenue au secret de la confession. Tout ce que vous lui direz dans une conversation intime pourra être aisément capté par un étranger, et celui-ci sera également capable de faire parler à distance cette poupée connectée et pourquoi pas demander des renseignements à l'enfant. La connexion peut s'établir aisément avec un portable à une vingtaine de mètres. Quant à la société basée à Hong Kong "Des vérifications /par la Cnil/ ont permis de relever que la société collecte une multitude d'informations personnelles sur les enfants et leur entourage : les voix, le contenu des conversations échangées avec les jouets (qui peut révéler des données identifiantes comme une adresse, un nom...) » (L'Express)

    On vit une époque formidable. Et on peut se demander si...

    LES ENFANTS RÊVENT-ILS ENCORE ?

    Devant des boîtes de conserve en fer Rêvent-ils d'une imprenable forteresse ? Les hautes tours découpées sur un ciel lunaire Où sont prisonniers un roi et une princesse Qu'ils délivreront des hordes guerrières

    Inventent-ils des monstres inconnus ? Pour se prouver qu'ils n'ont pas peur Les monstres seront bien sûr vaincus Par l'enfant intrépide devenu gladiateur

    Rêvent-ils devant un long bout de bois ? Que par magie ils transformeront en galère Lancée à la poursuite des méchants aux abois Qui seront capturés par les enfants corsaires

    Leurs rêves sont-ils déjà préfabriqués ? Par le prêt-à-rêver des adultes commerçants Par les boîtes électroniques d'images animées Devant les lutins tout faits virevoltant sur l'écran Devant des monstres de plastique déjà imaginés Par des aventures que d'autres ont inventées Les mêmes pour les enfants du monde entier

    Enfin pour les enfants de ceux qui peuvent payer Partout les boîtes de rêves industriels s'achètent Pour gaver des enfants capables de tout imaginer Eux qui ont des rêves pleins la tête Des rêves à eux qui restent coincés Par des machines sans vie Alors laissons-les rêver Ces petits

    En liberté


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