• Note d’août

    A Paris, le ciel est aujourd’hui gris. Alors que nous sommes à la mi-août, les arbres pressés d’en finir nous donnent un avant-goût de l’automne. Les uns sont déjà roux, la feuille basse et branlante, à côté de leurs voisins restés verts, la feuille dressée et triomphante. Les végétaux nous montrent dans leur simplicité que par nature la recherche de l’égalité est une démarche vaine.

    Comme chaque année au mois d’août, les Parisiens sont ailleurs pour laisser la place aux touristes venus en général d’un ailleurs plus lointain. Les langues se croisent dans les rues. Même lorsqu’il est silencieux, le touriste se reconnaît aisément car il porte son sac à dos sur le ventre. Jadis en Italie, le Français se méfiait de l’Italien, aujourd’hui c’est l’Italien en France qui se méfie du Français. Quant au Chinois il doit sans doute, avant de venir chez nous, suivre par prudence des cours de survie.

    Je dois avoir une tête d’indicateur car à chaque fois que je sors de chez moi et même lorsqu’elles disposent d’une géolocalisation sur leur smartphone, des personnes ne manquent pas de me demander leur chemin et parfois plusieurs fois au cours de mon déplacement. C’est le seul moment, s’il ne s’agit pas d’un Français, où je tente de parler anglais. C’est aussi le moment où je constate avec dépit que tout le monde parle mieux l’anglais que moi et ce, quelle que soit la nationalité, l’âge ou le niveau socio-économique apparent du quémandeur.

    Lorsque l’on me demande le chemin pour aller au Moulin Rouge (dont l’attractivité m’a toujours étonné) ou aux Galeries Lafayette (monument incontournable pour le Chinois), c’est aisé. Mais des passants ne manquent pas de me demander, en se fondant sur ma tête d’indicateur, d’éclairer leur route là où je cherche également la mienne. Et, croyez-le ou non, en étant défaillant, j’ai l’impression de manquer à tous mes devoirs.


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  • L’uniformisation de la diversitéJ’ai lu que Peter Schuck, un essayiste américain, avait déclaré que « dans le panthéon des biens non questionnés, la diversité se situe juste à côté du progrès, de la maternité et de la tarte aux pommes ».

    James Damore, un ingénieur de l’entreprise Google, vient de constater que l’on ne peut pas lutter contre la tarte aux pommes. Il avait rédigé un mémo destiné à ouvrir un débat à propos de la parité hommes/femmes dans l’entreprise et en prenant bien des précautions : « J'attache beaucoup d'importance à la diversité et à l'inclusion, et je ne nie pas l'existence du sexisme, comme je ne promeus pas le recours aux stéréotypes. » Le malheureux, tout en ne niant pas des biais à corriger pour que les minorités aient un vécu similaire à ceux faisant partie de la majorité, a osé conclure sa prose de cette façon :

    « Les différences de distribution de certains traits entre hommes et femmes pourraient partiellement expliquer pourquoi nous n'avons pas 50% de représentation féminine dans les secteurs techniques et aux postes de direction. Avoir recours à la discrimination pour atteindre une représentation égale est injuste, clivant et commercialement préjudiciable. ».

    Là, le malheureux tend les verges pour être fouetté. Suggère-t-il que les femmes sont moins douées que les hommes en informatique ou qu’elles sont moins attirées par cette branche ? Mais il précise :

    « Je veux pas non plus dire que nous devrions limiter les gens à certains rôles du fait de leur sexe. En réalité, je défends l'inverse : traitez les gens comme des individus, pas comme un énième membre de leur communauté (tribalisme) ».

    Autrement dit : cesser de choisir en fonction de la communauté à laquelle on appartient, mais en fonction de la capacité de chacun. Imposer 50% de femmes dans une branche pourrait aboutir à imposer à des gens de faire ce qu’ils n’ont pas envie de faire, tout en empêchant d’autres de réaliser leurs rêves.

    Cet ingénieur était donc partisan d’une installation naturelle vers la parité basée sur le talent individuel, sans l’imposer. Une position qui ouvre la discussion sur les obstacles que peuvent éventuellement rencontrer des minorités pour prouver leurs capacités.

    Mais ce mémo de James Damore a immédiatement soulevé de vives protestations sur les réseaux sociaux contre son odieux sexisme, le réseau social étant épidermique et non cérébral, si bien que le suicidaire a été licencié par Google pour « non respect de son code de conduite » et « perpétuation de stéréotypes genrés ».

    Le politiquement correct, comme la tarte aux pommes, ne se discute pas, ce n’est pas son genre, il s’impose.

    Source : « Non, personne n’a écrit de manifeste à Google disant que les femmes ne sont pas faites pour l’informatique »    


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  • L’incohérence de la devise de la République Française

    Je sais bien qu’une devise n’est qu’un but à atteindre, mais quand elle comporte trois valeurs difficilement conciliables, jusqu’à s’exclure mutuellement, ce n’est plus une devise mais une utopie incohérente.

    Il est de notoriété publique que le couple qui se déchire constamment est celui formé par la Liberté et l’Egalité. Péguy disait que « c’est toujours au nom de l’égalité que l’on a étranglé la liberté ». L’égalité absolue (en dehors de l’égalité devant la loi dont la réalisation est possible et n’entame pas la liberté) ne peut être imposée que par un despote ou un régime totalitaire, encore que, même dans ce cas, si la liberté disparaît, l’égalité ne concerne que la masse car les dirigeants accaparent tous les biens et les privilèges. Le communisme tel qu’il a été appliqué (et on ne voit pas comment des hommes, et non des saints, pourraient l’appliquer autrement) en est une parfaite illustration. Pour ce qui concerne les Français, j’ai lu récemment une phrase de Tocqueville : « Les Français veulent l’égalité, quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l’esclavage ».

    Le couple Liberté et Fraternité n’est pas mieux loti. Une société où la liberté règne en maître permet aux plus forts de manger les plus faibles. Dans ces conditions : allez demander aux plus faibles de fraterniser avec les plus forts.

    Le couple Egalité et Fraternité ne s’entend pas davantage. Par nature, les gens sont inégaux dans leurs capacités mentales et physiques, leur héritage, leur milieu familial, et même pour ce qui concerne la chance. L’Egalité voudrait que les uns se dépouillent pour les autres, alors, allez demander aux uns de fraterniser avec ceux qui les ont dépouillés.

    La devise de la République Française est un tripode qui se fait mutuellement des croche-pieds. Il est étonnant qu’elle ne zigzague pas davantage, elle réussit finalement à sauter d'un pied sur l'autre, de droite à gauche et de gauche à droite, mais il lui est arrivé de trébucher.

    Yue Minjun : « La liberté guidant le peuple »


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  • Aujourd’hui, dans un journal généraliste, j’ai noté trois faits économiques : la famille Pinault cède FNAC-Darty au groupe allemand Ceconomy, l’usine TIM qui fabrique des cabines d’engins de chantier avec 1 million d’euros de pertes mensuelles, a été reprise par un manager d’origine bulgare, les Italiens veulent remplacer les Coréens à la tête des constructions navales STX mais à condition d’avoir la majorité comme leurs prédécesseurs, ce qui ne convient pas au gouvernement actuel.

    Ces quelques exemples ont été piochés aujourd’hui, mais chacun sait qu’il y en a bien d’autres comme les vignobles devenus chinois ou les hôtels de luxe devenus arabes.

    Si des étrangers viennent moissonner en France, je suppose que les Français font également leur marché en dehors de l’hexagone, mais on en parle moins.

    La mondialisation économique, c’est comme un shaker à cocktail, ce qui est dedans est sérieusement secoué et ce qui en sort n’est pas toujours buvable.

    Pour les groupes investisseurs la mondialisation ressemble au jeu des chaises. Ils tournent autour du monde et installent leur postérieur de poids dès qu’une chaise se libère si elle n’est pas trop bancale. Mais les Etats sont souvent là pour recoller les morceaux et pour donner un coup de pouce que l’investisseur suce un peu avant de s’en aller pour chercher une autre chaise ou plutôt un autre fauteuil de PDG.

    La mondialisation des chaises


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  • Quand l’islam est consommé avec modération

    Dalil Boubakeur est le recteur de la Grande Mosquée de Paris. Il est estampillé musulman modéré qui en son temps avait fait la proposition charitable de transformer les églises vides en mosquées pleines. Ce bon Dalil, tout en rondeurs, est donc responsable en tant que recteur du site internet de la Grande Mosquée et des articles diffusés par celui-ci.

    Aurélien Marq a eu la patience de lire certains d’entre eux et a tout de même été étonné de l’intolérance dangereuse de leur contenu et se pose même cette question en conclusion « Dalil Boubakeur, convive habituel des cérémonies officielles, est-il christianophobe, paganophobe et antisémite ? »

    Le mieux est de se reporter à son article paru dans Causeur : « Islam : le dangereux discours de la Mosquée de Paris ».

    Mais en substance, sachez que pour ces modérés de l’islam tout ce qui n’est pas islamique est erroné, volontairement falsifié ou stupide et à aucun moment ils n’envisagent que l’on puisse croire à une transcendance autre que la leur et du haut de leur vérité méprisent toutes les autres :

    - Daril Boubakeur signe lui-même un article où il met sur le même plan dans une énumération les « représentations figurées de Dieu », qui est une des caractéristiques du christianisme, que la haine, le racisme et la cupidité, en associant par ailleurs les confessions à l’abêtissement des masses. Il considère que le paganisme et les absolutions des péchés comme des impostures et donc, par voie de conséquence, les polythéistes et les chrétiens comme des imposteurs.

    - Un autre article considère que les adeptes de Jésus étaient d’une naïveté ou d’une ignorance extrêmes, ce qui suggère que les compagnons de Mahomet étaient, eux, savants et lucides.

    - Un article souligne la stérilité patente des polythéismes (celui des Grecs étant grossier !). Il semble que l’islam aurait beaucoup à apprendre de la civilisation égyptienne et de l’incomparable richesse philosophique, artistique et scientifique de la Grèce antique dont les premiers musulmans se sont d’ailleurs inspirés et qu’ils ont contribué à transmettre à l’Occident.

    - Quant aux Juifs, ce sont évidemment des faussaires. Que les Hébreux aient conçu le monothéisme environ deux mille ans avant les Bédouins de la péninsule arabique est impardonnable. L’auteur de l’article affirme donc que les Juifs ont falsifié la Bible à leur avantage, le fait de l’avoir écrite rend évidemment la chose plus commode. Et il tombe sous les sens que ce n’est pas Isaac qu’Abraham devait sacrifier pour son Dieu, mais bien Ismaël, ancêtre des Arabes et donc dépositaire de la Révélation alors que les faussaires juifs l’ont attribuée à Isaac et à son fils Jacob.

    On ne peut que saluer la saine ambiance qui règne parmi les musulmans modérés de la Grande Mosquée de Paris.


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  • Revue de p(a)resseIl semble, d’après les dires, que Macron veut relâcher les liens un peu trop serrés qui existaient entre la Présidence et les journalistes, Hollande ayant abusé des confidences à son détriment. Les journalistes politiques seraient donc en phase de sevrage et un peu désorientés par la nouvelle ambiance.

    Néanmoins, les journaux sont atteints de macronisme contagieux, et le nom du président de la République y foisonne. Il suffit de faire le tour de quelques journaux en ligne pour s’en apercevoir. Non seulement on y relate ce que Macron fait ou dit mais aussi ce qu’il ne fait pas. Ainsi l’AFP précise qu’Emmanuel Macron sera absent à la première journée des Etats généraux de l’Alimentation, alors que tout le monde s’en fout. Quant à l’Huffingtonpost, il rapporte le démenti de Macron à qui l’on prête d’avoir dit à Laurence Haïm : « Non mais je rêve ! Et puis quoi encore » en lui refusant un poste d’ambassadeur. Le même journal propose les images de Macron sur le tour de France et s’inquiète de la grandeur excessive de la photo officielle du sus-dit qui pourrait coûter cher. Informations dont on ne saurait se dispenser.

    Devant cet intérêt courtisan (ou devant la vacuité politique), on comprend les réticences de certains comme Alain Finkielkraut qui a fait paraître dans Causeur un article intitulé « Je ne suis pas pro-macron et je me sens seul ». A noter que c’est dans Le Figaro et dans l’Express que le nom de Macron est le moins cité aujourd’hui.

    Bien que Macron est omniprésent dans les médias, Marianne signale que nombre de députés LREM ne l’avaient encore jamais rencontré. Macron s’est donc présenté à eux en affirmant : « Il n’y a pas d’ordre jupitérien ». Personne ne croit encore à la mythologie, mais peut-être que ses fans se sont posés la même question que Slate, « Si Emmanuel Macron était un personnage de la série Game of Thrones » quel serait-il ?

    Sûrement celui d’un apprenti chef de guerre. Son différend avec Pierre De Villiers, poussé à la démission de son poste de chef d’état-major, s’étale encore dans toute la presse. Macron lui ayant reproché d’avoir exposé sur la place publique son désaccord alors que les informations du général à la commission de la défense avaient été délivrées à huit-clos. Des députés irresponsables les ont divulguées, ce qui aura pour conséquence que lors de prochaines auditions de hauts fonctionnaires, les députés n’obtiendront que des informations prudentes et biaisées.

    Un chef de guerre qui cherche à se mettre au courant de la guerre. L’Express signale que Macron a visionné la bataille de Mossoul à l’Elysée.

    Les guerriers, eux, ne sont pas contents de ce morveux qui n’a même pas fait son service militaire et le Huffingtonpost rapporte quelques-unes de leurs réactions : « Autoritarisme juvénile », « De Villiers ouvre les yeux des Français sur le narcissisme autocratique de Macron »

    Bien sûr, notre chef de guerre « souhaite tourner la page » (Le Monde) et veut se livrer à une câlinothérapie. L’Express : « Istres : que vient faire Macron et le général Lecointre sur la base 125 ? » et l’Huffingtonpost répond : « Macron à Istres pour rassurer les militaires, avec son nouveau chef d’état-major ».

    Si les militaires ont peur, ce n’est pas rassurant.    


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  • La France souffre d’une dissociation de la personnalité

    Les extrêmes, de la droite dont le FN, et Mélenchon, souvent sur la même ligne, s’élèvent contre le discours de Macron à l’occasion des 75 ans de la rafle du Vel d’Hiv qui rappelait, comme l’avait fait Chirac, la responsabilité de la France dans la déportation et l’extermination des 13000 Juifs arrêtés en juillet 1942, dont 4000 enfants et plus de femmes que d’hommes. Rafle organisée (notamment par Bousquet, le copain de Mitterrand) et exécutée par la police et la gendarmerie françaises en prenant des initiatives qui n’avaient même pas été exigées par les Allemands.

    Pour Marine Le Pen et Mélenchon, la France n’est aucunement responsable de cette ignominie car « le régime de Vichy n’était pas la France, la France était à Londres », ce qui suggère au passage que la majorité des Français s’était engagée dans la résistance en suivant De Gaulle, ce qui bien sûr n’était pas le cas ; 1942, c’était bien trop tôt pour les résistants de la dernière heure, le premier revers de l’armée allemande à Stalingrad n‘avait pas encore eu lieu, la bataille venait juste de commencer, le jour même de la rafle du Vel d’Hiv, le 17 juillet 1942.

    Selon cette affirmation, il existerait une France éternelle, toujours égale à elle-même, vertueuse et fraternelle, incapable de vilénies. Et à côté de cette France irréprochable, il existerait – en quelque sorte dissociée par un mal schizophrénique – un gouvernement de la France que l’on peut accuser de tous les crimes et qui ne devient légitime que s'il se conduit correctement.

    Le paradoxe pour le FN est son amour pour De Gaulle alors qu’au moment de la Guerre d’Algérie, Le Pen sénior et ses partisans de l’époque étaient plutôt dans le camp de ceux qui voulaient l’assassiner et on aurait trouvé parmi eux nombre de sympathisants du Régime de Vichy. Il est fort possible que des nostalgiques de « Travail, Famille, Patrie » s’y trouvent encore.

    Mélenchon, lui, arrange l’histoire de France à sa manière. Comme il efface les excès sanglants de la Révolution française, Il oublie que les pleins pouvoirs avaient été donnés au Maréchal Pétain par l’Assemblée nationale régulièrement élue, au soulagement de la plupart des Français partisans de l’armistice. Ce n'était pas la France dit-il car la France c'est la République (et non "l'Etat français" de Vichy) en oubliant qu'elle a été plus longtemps monarchique et que ce sont les rois qui l'ont constituée.

    Un pays est bien trop difficile à définir car trop divers. Dire que la France était à Londres est une vision réductrice, et optimiste, mais d'un autre côté les collaborateurs avec l’Allemagne étaient minoritaires, et si certains se livraient à la délation ou avaient largement participé aux basses oeuvres de l'occupant, nombre de Français risquèrent leur peau pour sauver des Juifs surtout après la rafle du Vel d’Hiv car auparavant ils furent plutôt indifférents à leur sort, mais avec les conditions terribles de cette rafle, beaucoup prirent alors conscience de l’ignominie perpétrée par leur propre gouvernement, notamment à l’égard des enfants qu’ils ont contribué par la suite à sauver.

    Anselm Kiefer : « La lande de la Marche de Brandebourg »


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  • "Le défi de l'Afrique, il est totalement différent. Il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel aujourd'hui. Quels sont les problèmes en Afrique ? Les États faillis, les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est, je l'ai rappelé ce matin, l'un des défis essentiels de l'Afrique. Quand des pays ont encore aujourd'hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d'y dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien".

    Cet extrait de la déclaration de Macron au G20 de Hambourg (où d’autres questions avaient été évoquées par lui, mais passées sous silence) a provoqué de vives réactions notamment dans les médias anglo-saxons qui parlent de racisme, de relent de mépris colonial, le terme de « civilisationnel » est critiqué et Libération d’ajouter le 10 juillet : "Sous-développement : quand Macron s'attaque au ventre des femmes africaines".

    La première question qui se pose : est- ce faux ? Non, car il est prévu une très forte croissance démographique en Afrique d’ici 2050 et cette surpopulation va aggraver les conditions économiques et amplifier l’émigration, notamment vers l’Europe. L’on sait aussi que l’élévation du niveau de vie contribue au contrôle des naissances. Mais le facteur économique n’est pas le seul sur lequel il paraît nécessaire d’agir. Il me semble que Macron n’a pas tort de souligner que le facteur démographique doit être également pris en compte si l'on veut que les besoins cessent de croître de façon exponentielle, et dire qu’il « s’attaque au ventre des femmes africaines » est stupide car je suppose qu’elles préfèreraient ne pas passer d’une grossesse à une autre et contrôler le nombre de leurs maternités.

    Macron a-t-il eu tort de parler de « civilisation » ? Sans doute que le terme de « culture » eût été mieux adapté quand on pense aux relations entre les hommes et les femmes en Afrique, aux facteurs religieux etc…On ne peut nier que la société africaine est différente de la société occidentale et le dire n’a rien de raciste. Nombre d’Africains eux-mêmes critiquent leur société qu’il s’agisse des mœurs ou de la corruption de leurs dirigeants, sans participer au déni systématique et nocif des antiracistes de tous bords.

    On pourrait cependant rétorquer que les Africains, s’ils sont capables d’autocritique, risquent de mal supporter les critiques des occidentaux surtout de la part d’une ancienne puissance coloniale. Mais on pourrait aussi répondre que les occidentaux sont les premiers intéressés par la situation africaine dont ils subissent le contrecoup aussi bien par l’aide au développement qu’ils apportent éventuellement, que par le flux migratoire qu’ils absorbent bon gré, mal gré.

    D’une façon générale critiquer une autre société que la sienne n’a rien de raciste. Est-ce raciste de critiquer les dérives de la société américaine, chinoise ou brésilienne ? ou de constater l’excès démographique en Inde ou en Chine (que ces pays lucides tentent de contrôler) ? Le racisme est évoqué dès que la critique implique des noirs, ce qui est une autre forme de mépris « protecteur ».

    Il est intéressant de noter que Libération qui ne veut pas que l’on touche « au ventre des femmes africaines » a publié le 12 juillet un article de l’AFP intitulé : « Faire moins d’enfants, meilleure action pour réduire son empreinte carbone ».

    Cet article fait état d’une étude suédoise récemment publiée dans la revue Environmental Research Letters. Il apparaît en analysant les résultats de 39 autres études, que quatre actions pourraient réduire de façon importante l’empreinte carbone individuelle. La réduction annuelle d’émission de CO2 serait d’après ce travail de :

    - O,8 tonne avec une alimentation sans viande.

    - 1,6 tonne en évitant un voyage aérien.

    - 2,4 tonnes en ne possédant pas de voiture.

    - 58,6 tonnes avec un enfant de moins ! 

    Cependant, ces études et ces évaluations ont été faites pour des pays développés et la plupart des pays africains sont toujours en voie de développement. Il semble tout de même que le contrôle de la démographie en Afrique serait bénéfique avant tout pour les Africains, mais également pour le monde entier. Le dire n’a rien à voir avec le racisme.


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  • Finalement, être député est un sacerdoce. Il faut se préparer à subir des épreuves, et faire preuve de résistance et d’abnégation. Il est probable que les nouveaux élus venus remplacer les anciens, dont on peut comprendre la lassitude accumulée au fil des années, ne s’attendaient pas à la lourdeur de leur tâche. Il était temps de limiter le nombre de mandats consécutifs à trois, cette mesure, enfin envisagée, est tout simplement une mesure de santé publique, voire d’humanité.

    Dès le début de leur mandature, les nouveaux députés ont compris la nature des épreuves à subir. A 24 heures d’intervalle, sans période de récupération, ils ont stoïquement résisté à deux discours de 1heure 30.

    Le premier, dans la salle des congrès, certes joliment décorée, mais malheureusement surchauffée, avec l’impossibilité de se dégourdir les jambes ou de vider sa vessie. Le rajeunissement des députés a heureusement rendu cette dernière manœuvre moins impérative pour la plupart, mais ce n’était pas le cas des sénateurs qui durent en être préoccupés. Dans ces conditions difficiles, le congrès fut noyé par un discours fleuve de notre nouveau président de la République, déversé d’une certaine hauteur, mais qui en matière de rhétorique semble ignorer la concision.

    Le second, dès le lendemain, à l’Assemblée nationale (et sans les sénateurs qui ont pu ainsi bénéficier de soins appropriés), où le Premier ministre du haut de sa haute taille a déroulé sur un rythme rapide et monocorde un long catalogue de petites mesures certaines et de grands vœux à réaliser.

    Je me demande, en définitive, si les députés sont suffisamment payés pour leurs sacrifices.


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  • Cette Assemblée nationale montre l’effort accompli par les Français pour protéger certaines espèces. Il reste un petit contingent rescapé de la faune socialiste. Malgré les obstacles, des spécimens de l’extrême droite ont pu y trouver refuge. Il faut admirer la résistance depuis un siècle des marxistes ou apparentés qui défendent de leurs grosses voix pleines de morgue les échecs de leurs thèses sous toutes les latitudes et marquent aujourd’hui leur insoumission irréductible à un régime démocratique (leurs préférences allant aux régimes totalitaires) en ne portant pas de cravate ou par leur impolitesse. Insoumission du niveau de la cour de récréation.

    En étant plus sérieux, je trouve que l’attitude vis à vis de la gent féminine s’apparente à celle que l’on adopte pour la protection des espèces menacées, alors que, Dieu merci, les femmes ne le sont pas, du moins sous nos climats. Le strict respect de la parité finit par ressembler au contingentement que l’on applique à la pêche, à la chasse ou à la production d’une denrée.

    Cette Assemblée comporte un nombre remarquable de députées, et c’est tant mieux, mais que l’on trouve à redire parce que son président élu est un homme plutôt qu’une femme alors qu’il est le plus compétent parmi les candidats pour la présider, devient idiot. Qu’une femme plus compétente qu’un homme ne soit pas choisie en raison de son sexe est scandaleux, mais l’inverse aussi. Choisir en fonction du sexe et non en fonction de la compétence n’a aucun sens. Les quotas ne grandissent jamais ceux qui en bénéficient.


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