• Au théâtre ce soir

    Bernard Buffet : "la Révolution française"

    Comme chaque samedi nous assistons à un spectacle. Une pièce de théâtre en costumes qui traîne en longueur puisque nous en sommes au XIXème acte, et dont nous ne savons toujours pas s’il s’agit d’un mélodrame qui se terminera bien ou d’une tragédie qui se soldera par la disparition d’un ou de plusieurs acteurs lorsque le rideau tombera.

    Ce spectacle du samedi fait les délices des médias qui nous invitent à suivre en direct toute les péripéties de l’intrigue. Comme la pièce est en grande partie improvisée, nous avons même des critiques qui commentent au fur et à mesure le jeu des acteurs. Commentaires qui, il faut l’avouer, n’intéressent guère les spectateurs lassés par leur monotonie (sauf aujourd’hui où j’ai entendu une dame de « Lutte ouvrière », égarée au XXIème siècle, parler de « cadences infernales » sur LCI).

    Beaucoup de spectateurs auraient plutôt tendance à suivre le spectacle comme un match de football, attentifs au score et aux prouesses physiques : le stade est-il plus ou moins rempli par rapport au match précédent ? Quel est le comportement des équipes en présence ? Combien de hooligans ? Combien de vitrines brisées ? Combien d’incendies ?  Combien d'interpellés ? Combien de blessés ?

    La France continue à avoir une créativité que le monde nous envie.


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  • Entre deux citations de Blaise Pascal

    « Curiosité n’est que vanité le plus souvent, on ne veut savoir que pour en parler »

    C’est donc la vanité qui m’a poussé à m’intéresser à quelques chiffres dont je m’empresse de vous parler :

    Je viens d’apprendre (par un article de Slate) que le poids de notre galaxie, la voie lactée (joli nom tout de même), serait de 1500 milliards de masses solaires, soit 3000 milliards de milliards de milliards de milliards de tonnes. Il est vrai que notre galaxie, une des 100 à 200 milliards qui peuplent l’univers visible, est plutôt grosse et groupe 200 milliards d’étoiles qui ne se bousculent heureusement pas car le rayon de notre voie lactée serait de 129000 années-lumière, soir 129000 multiplié par 9460,730 milliards de km…

    Comme quoi trop de vanité donne le vertige…

    Blaise Pascal, qui était bien loin de connaître ces chiffres que l’esprit humain a du mal à concevoir, avait tout de même avoué « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ». Ce génie qui avait démontré l’existence du vide était pourtant bien placé pour savoir que le vide spatial ne pouvait pas transmettre – Dieu merci - le vacarme des explosions stellaires.

    Et, justement, Dieu dans tout ça ?  Celui qui serait à notre image (barbue ou pas), puisque nous sommes à la sienne, ne serait-il pas un peu perdu dans cette immensité comme nous le sommes nous-mêmes ? Pour Pascal, la question ne se posait pas, Dieu, quelle que soit sa forme, étant la clef de cet Univers dont le silence, pourtant obligé, lui faisait peur. Sa foi en Dieu ne le rassurait donc aucunement. C’était bien la peine de parier sur son existence. Mais avec ou sans Dieu, l'Univers est hors de la raison, c'est à dire absurde, ce qui n'a rien de rassurant.

    Van Gogh : « La nuit étoilée »


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  • Climat délétère

    Le fond de l’air n’est pas frais, il empeste. Il est pollué par des miasmes qui deviennent irrespirables et finiront par devenir toxiques.

    Les informations ne nous donnent qu’une petite idée du phénomène qui s’épand comme du fumier – à ce qu’on dit – sur les réseaux sociaux. Ouï-dire, car pour ma part je ne fréquente que des blogs dont les billets n’ont pas la vitesse de propagation des réseaux à partages multiples.

    Néanmoins, je suis amené à lire des commentaires sur d’autres blogs qui me frappent par le mépris et souvent la haine qui s'y expriment et qui visent essentiellement nos dirigeants. Beaucoup d’outrecuidance pour mépriser quelqu’un comme Macron (quelle que soit l’antipathie que l’on peut éventuellement éprouver à son égard) ou un ministre (à condition qu'il soit honnête, ce qui est tout de même le plus souvent le cas). Quant à la haine, elle est à mon avis toujours méprisable.

    Ne pas mépriser, ne pas haïr mais critiquer sûrement et parfois vertement. Car nous avons la chance de vivre dans un pays avec la possibilité de critiquer même sévèrement le pouvoir sans se retrouver dans un cul-de-basse-fosse. Et même cet avantage de notre démocratie ne trouve pas grâce chez certains, atteints du mal révolutionnaire, et qui jouent à vouloir abattre un régime dictatorial pour sortir de leur inexistence politique.

    Je sais que je me fais beaucoup d’illusions en pensant qu’une critique argumentée aura plus d’impact que le mépris et la haine. Il faut se rendre à l’évidence, la raison n’a plus sa place là où existe la détestation, et il est plus facile de détruire que de construire. Mais pourtant chacun le sait : les ruines n’ont de charme qu’anciennes.

    Courbet : « Le désespéré »


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  • L’attribution des prix à la proportionnelle

    L’Huffingtonpost rapporte une étude de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) publiée le 21 février, quelques jours avant la cérémonie des Oscars. Elle est basée sur l’examen de 200 films sortis en 2017.

    La proportion d'acteurs issus de "minorités" (celles qui ne sont pas strictement d'origine européenne aux Etats-Unis : noirs, asiatiques, latino-américains, arabes, métis etc) dans des rôles principaux est passée de 13,9% à 19,8% en 2017, mais elle est encore loin d'égaler la part de ces minorités dans la population américaine, évaluée à environ 40%.

    Les femmes ont obtenu 32,9% des rôles principaux. L’un des auteurs du rapport souligne que "les systèmes de pouvoir, dominés par des décideurs blancs et masculins, sont difficiles à briser".

    Donc, ce rapport affirme que les vilains mâles blancs, qui décident du recrutement des participants dans un art où la face commerciale est prépondérante, écartent volontairement des femmes et des représentants des minorités pour que les premières n’atteignent pas les 50% de présence au premier plan à laquelle elles auraient droit et celle de 40% pour les seconds dans la fabrication des films hollywoodiens.

    Le talent serait donc uniformément réparti dans la population sans tenir compte de l’environnement, de l’éducation ou des qualités de chacun. La démographie basée sur le sexe (et les transsexuels ?) et l'origine  devenant le critère principal de sélection.

    Si l’on veut respecter le politiquement correct jusqu’à l’absurde, les lauréats devraient être choisis à la proportionnelle comme pour une élection, et il n’y a aucune raison de se limiter à la fabrication des films. Ainsi l’attribution des prix Nobel devrait également tenir compte de la démographie mondiale ce qui rendrait enfin justice aux Africains et aux Asiatiques, mais je pense que ces derniers auront de moins en moins besoin de la proportionnelle pour décrocher des prix.

    Picasso : "Arlequin"


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  • Sur la première vidéo de samedi dernier que j’ai vue et entendue montrant l’agression et les injures proférées à l’encontre d‘Alain Finkielkraut par des individus revêtus d’un gilet jaune, vêtement qui permet à chacun de déverser son ressentiment et sa haine avec la protection symbolique des retraités et des gens dans le besoin, j’ai entendu et vu en sous-titre l’injure paradoxale d’antisémite à l’encontre d’un Juif, or ce terme désigne depuis le XIXème siècle, quelle que soit la critique que l’on peut lui faire, celui ou celle qui déteste spécifiquement les Juifs.

    Le détournement sémantique qui consiste à traiter l’autre de ce que l’on est soi-même est courant en propagande. Il permet d’éroder progressivement la signification du mot jusqu’à le rendre vide de sens.

    L’individu barbu que l’on voit largement sur la vidéo, appartient selon les médias à « la mouvance salafiste », euphémisme pour ne pas appeler un chat un chat, et ne pas dire simplement qu’il s’agit d’un salafiste ou d’un islamiste radical. Au milieu de ses injures, il affirme en passant que la France appartient déjà à ses semblables, et agité d’une haine meurtrière traite l’académicien français de « haineux », c’est à dire de ce qu’il est lui-même en menaçant Alain Finkielkraut, très calme sous l’avalanche injurieuse, d’une punition de Dieu.

    Est-ce à dire qu’il n’y a pas de Juifs antisémites ? Il y en a. Le premier qui me vient à l’esprit est Karl Marx. Ce penseur, dont le père s’était converti au protestantisme par intérêt, était juif et issu d’une famille comportant de nombreux rabbins. Emporté par sa théorie, il pondit un petit livre (en réponse à un texte de Bruno Bauer qui fut son maître) : « La question juive » que je considère comme un des plus antisémites. Pas à la manière des vociférations délirantes d’un Céline qui ne reposent sur rien, le texte de Marx repose sur un raisonnement. Dans sa charge anticapitaliste, il exploite le stéréotype : Juif = argent = pouvoir. Pour lui, les Juifs sont avant tout des capitalistes. Ce grand penseur avait la vue courte car elle ne dépassait guère les frontières de l’Allemagne. S’il avait jeté un coup d’œil à l’Est, il aurait vu que les Juifs bien plus nombreux dans l’Europe de l’Est vivaient dans leur grande majorité dans des conditions plutôt misérables et entre deux pogroms.

    Marx rejoint ainsi l’antisémitisme qui ne conçoit les Juifs que comme dominants, ce qui conduit à la fabrication délirante du « complot juif » avec pour objectif de dominer le monde (associés souvent aux francs-maçons). Rappelons que les Juifs ne sont qu’une quinzaine de millions dispersés sur la planète. Ce qui a donné le fameux faux « Protocole des Sages de Sion » concocté en 1901 par la police secrète de l’Empire russe dont les antisémites ne renoncent pas à se régaler (comme le fit Hitler).

    Le Juif dominant est le meilleur des boucs émissaires, on l’agresse comme responsable de tous les maux jusqu’à le tuer pour se soulager dès que les choses vont mal mais sans évidemment les améliorer pour autant.

    Le Juif dominé, lui, a eu son compte comme dérivatif ou cause première, expulsé quand on veut le dépouiller, et massacré périodiquement sur les bûchers et dans les pogroms, il a quasiment été effacé d’Europe par la Shoah, les Allemands nazifiés le considérant comme un sous-homme malgré les Einstein et autres Freud qui ont largement enrichi leur culture.

    Il est probable que le peu de Juifs qui restent en Europe après cette extermination programmée et industrialisée disparaîtront au fur et mesure qu’elle s’enrichira en islamistes.

    Le Juif est au choix pour l’antisémite : dominant ou dominé

    Félix Nussbaum : "Autoportrait au passeport juif"


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  • Les dangers de Paris

    Le rêve (AFP photo de Ludovic Marin)

    Il fut un temps où les choses étaient claires en ville : la chaussée était réservée aux engins motorisés et les trottoirs aux piétons. Il était admis que les piétons pouvaient s’aventurer sur la chaussée, certes à leurs risques et périls, mais les quelques protections, lorsqu’elles étaient respectées, et la connaissance du sens du flux circulatoire permettaient de limiter la morbi-mortalité.

    Mais l’écologie vint. Elle rendit les moteurs à explosions pestiférés et encouragea les déplacements dans la cité sur des engins à petites roues qui étaient autrefois plutôt réservés aux enfants et pour une utilisation essentiellement ludique.

    On a donc vu fleurir : patins et planches à roulettes, grosses roues électriques entre les pieds, vélocipèdes entre les jambes et bien sûr les trottinettes de notre enfance devenues électrifiées et pouvant atteindre les 40 km/heure, à disposition dans les rues et que l’on abandonne un peu partout après usage, constituant autant d’obstacles dangereux pour le marcheur distrait.

    Et où circule ce petit monde à roulettes ? De préférence sur les trottoirs ou passant inopinément de la chaussée au trottoir et inversement, rendant ainsi toute prévision aléatoire. Le trottoir a donc cessé d’être un havre de paix pour le piéton, obligeant celui-ci à avoir en permanence les sens en éveil, en s’abstenant de toute contemplation ou de toute distraction s’il ne veut pas terminer aux urgences.

    Il est parfois plus sûr de longer la chaussée en prenant garde cependant aux pistes cyclables empruntant les voies à contre-sens.

    Ajoutons à cela la multiplication des fosses à travaux que l’effondrement d’immeubles soufflés par des explosions au gaz a encouragé à creuser, montrant à ciel ouvert d’inquiétantes conduites vétustes dont il est préférable d’éviter la vue pour ne pas altérer ce qui reste de notre sérénité après avoir évité tous les dangers déambulatoires décrits précédemment et qui se sont encore accrus chaque samedi depuis plus de trois mois.


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  • Les gens qui parlent au nom du peuple me font immanquablement penser à ceux qui parlent au nom de Dieu. Sans doute parce qu’ils sont le plus souvent aussi dangereux les uns que les autres.

    Bien sûr, si l’on n’a jamais démontré que Dieu existe ou n’existe pas, le peuple, lui, existe bel et bien. Mais c’est une nébuleuse dont la composition et les limites sont floues et variables, si bien que celui qui parle en son nom a toujours l’opportunité de les fixer selon ses intérêts et en représente en général qu’une fraction, celle qui approuve son action, et qui n’est pas forcément majoritaire.

    Je n’ai évidemment pas la prétention de définir ce qu’est le peuple, d’autant plus que ce terme a des significations multiples. A partir des définitions du Petit Robert, on pourrait entendre par peuple, dans le sens qui nous intéresse, la partie de la population la moins fortunée et la moins cultivée mais en plus grand nombre par opposition aux élites, dont les classes dirigeantes, qui seraient aisées et détentrices des connaissances. Cette opposition schématique néglige les classes moyennes qui amènent tous les intermédiaires entre les deux groupes. Si l’on peut admettre que le peuple ne roule pas sur l’or, il est par contre très courant de trouver des gens pauvres de grande culture, Spinoza en est un exemple. Si la fortune peut aider à acquérir plus facilement les connaissances, ce n’est heureusement pas un privilège de la fortune qui peut même rendre idiot et être tout à fait compatible avec l’inculture.

    J’ai entendu une définition un peu simpliste de Michel Onfray lors de son passage à une émission TV, le peuple, disait-il, est celui qui subit le pouvoir. Selon cette définition on pourrait en conclure que les aristocrates qui subirent le pouvoir tranchant des révolutionnaires pendant la Terreur était en fait le peuple.

    Alors quand quelqu’un dit : « je parle au nom du peuple », on peut lui poser la question : « d’où tu parles ? ». Mais certains pour ne pas répondre à cette question aussi indiscrète que difficile déclare d’emblée : « nous sommes le peuple ». Et nous voilà le bec cloué.    


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  • Comment qualifier l’attitude qui consiste à nier des faits évidents, en discuter la véracité malgré l’évidence ou leur trouver des causes extérieures pour exonérer leurs auteurs de toute responsabilité ? Malhonnêteté ? Aveuglement par entêtement ? Imbécillité ? Malhonnêteté est finalement le qualificatif le moins péjoratif quand il s’agit du monde politique susceptible de s’abriter derrière le fameux : « la fin justifie les moyens », en évitant de penser qu’il y a des moyens qui détruisent la fin.

    Au siècle dernier nous avons connu de grandes intelligences et de grands talents qui se sont révélés malhonnêtes ou idiots. Ce fut le cas de personnalités comme Aragon ou Sartre, pour ne citer que ceux-là, qui ont soutenu des assassins de masse comme Staline ou Mao Zedong (pour ne citer que les plus efficients) tout en proférant les pires insultes envers ceux qui avaient une idée exacte de la situation, comme Raymond Aron, et qui osaient le dire. Voir "L'idéologie rend-elle idiot"

    Le monde politique regorge d’anciens trotskystes qui peuvent toujours arguer que leur héros n’a jamais eu les pleins pouvoirs et n’a jamais pu donner toute sa mesure. Des ex maoïstes sont toujours là et continuent à sévir dans les mêmes eaux sans le moindre repentir pour la plupart. Des ex trotskystes, des ex maoïstes ou d’autres embourbés dans des idéologies qui ont fait largement la preuve de leur inefficacité et de leur nocivité en rendant les peuples malheureux lorsqu’elles sont appliquées, continuent à nier l’évidence devant le malheur du Venezuela, pays riche s’il en est, richesse en partie confisquée par les militaires qui de ce fait soutiennent pour l’instant le régime au pouvoir, l’impérialisme américain étant accusé d’être le seul responsable de la ruine du pays.

    Bien sûr, les mélenchonistes ayant vanté ce régime (comme celui de Castro) jusqu’à envisager de l’appliquer à la France n’ont pas le courage et l’honnêteté de se déjuger car que leur resterait-il à proposer ? Mélenchon et ses partisans pourraient être au moins en faveur de nouvelles élections au Venezuela, et cette fois libres, mais ils soutiennent toujours Maduro qui, après Chavez, a fait le malheur de son peuple et ruiné son pays. Ils se retrouvent ainsi en bonne compagnie avec tous les autocrates de la planète. Les insoumis au bon sens s'avèrent également des gens malhonnêtes lorsqu’ils ne veulent pas voir le malheur des Vénézuéliens, lorsqu'ils rejettent les témoignages et méprisent parfois les témoins comme le fit Mélenchon avec l'historienne Laurence Debray (la fille de Régis dont la famille vit au Venezuela) qu'il traita de menteuse et de propagandiste des USA le 30 novembre 2017 à une émission sur France 2.


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  • Contre

    En France les manifestations se multiplient, s’entrecroisent, s’associent, ou se heurtent. Nombre de Français finissent par vivre plus dans la rue ou sur les routes que chez eux. Rues et routes sont devenues des sites de rencontre courus où les amitiés et parfois les amours peuvent se nouer. Une aubaine pour les retraités qui sortent ainsi de leur solitude télévisuelle et sédentaire jusqu’à trouver leur âme soeur.

    Pour ceux et celles qui revêtent un gilet jaune, on ne sait plus très bien les motivations (qui au départ étaient justifiées) qui les poussent à prendre l’air de façon aussi obstinée et régulière, en dehors de la rencontre avec son prochain ou sa prochaine dont la situation est semblable et le fait d’être tout simplement contre, ce qui donne un but dans la vie pour ceux et celles qui n’en ont plus ou n’en ont pas encore. Si le gilet est revenu à la mode, on se demande qui va prendre une veste.

    En matière de mode, le foulard rouge tente également de se manifester. Notons que sur le plan esthétique le jaune et le rouge forme un joli couple coloré bien que désuni.

    Pour enrichir cette agitation productive, des protestations météorologiques se manifestent « contre le réchauffement climatique », ce qui laisse, il faut bien l’avouer, le climat totalement froid.

    Pour compléter ce tableau dynamique, nous attendons les grèves dont la France est la championne et l’on s’étonne qu’elle n’ait pas encore essayé d’améliorer son record à l’occasion de ces mouvements de foule désorientée.

    Finalement on peut se poser la question : parmi les peuples européens, en existe-t-il un autre plus con que le peuple français ? Un peuple capable de scier la branche sur laquelle il est assis parce qu'elle n'a pas le confort souhaité. Mais la question pourrait également se poser pour ses gouvernants.

    Illustration : "Lille (France). 19 janvier. Ces femmes déguisées en Marianne “blessée” participent à une manifestation antigouvernementale organisée par le mouvement des “gilets jaunes”. Une partie de ces derniers ont annoncé cette semaine vouloir présenter une liste aux élections européennes de mai prochain ».  PHOTO DENIS CHARLET / AFP (photo victimaire parue dans Courrier international)


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  • Thérapie de groupe

    Ce petit dessin résume assez bien, à mon avis, l’ambiguïté du débat national proposé par le gouvernement. Il est d’ailleurs regrettable que le dessinateur ait fait passer les deux personnages pour des alcooliques du « Café du commerce » car la remarque est des plus sensées et pourrait venir de personnes sobres (dont je suis).

    Les questions posées sont connues (et même celles que l'on a évité de poser) et demander à la population de donner les réponses est la preuve à la fois de l’échec de la politique, dont le rôle est justement de fournir des solutions acceptées par la nation, et d’une fausse naïveté de la part de l’exécutif pour ne pas parler d’hypocrisie. Car peut-on penser un instant que chacun d’entre nous est armé pour trouver des solutions à des problèmes complexes alors que le gouvernement possède tous les moyens et tous les experts pour le faire.

    Dans le débat initial entre les maires et Macron, celui-ci a montré qu’il était parfaitement au courant des dysfonctionnements qui lui avaient été exposés. Alors s’il les connaît, à quoi rime de demander des solutions à ceux qui ne sont pas à même de les fournir ? Peut-être le sont-ils au niveau local mais il est peu probable qu’ils puissent résoudre des dysfonctionnements au niveau national.

    On va donc sans doute assister à une thérapie de groupe, à une psychanalyse nationale, et, comme chacun le sait, les cures de psychanalyse sont onéreuses. Celle à laquelle nous allons assister nous coûtera sûrement très cher, mais il n’est pas certain qu’elle nous guérisse, et il n’est pas impossible qu’elle nous aggrave.

    Mais quoi qu’il en soit de ce débat, quoi qu’il puisse en sortir, il existe, et à l’initiative du chef de l’Etat. Son existence même est la preuve que nous vivons en démocratie, même si elle est imparfaite. Que ceux qui parlent de la dictature de Macron ne savent manifestement pas ce qu’est un dictateur. C’est celui, qui, comme le dit l’écrivain algérien Kamel Daoud « tue la moitié de son peuple pour gouverner l’autre moitié agenouillée ». C’est celui qui envoie sa police ou son armée, non pas pour reculer devant les coups de poings d’un boxeur, mais mitrailler la foule et laisser derrière elle des dizaines de victimes sur les pavés des rues.

    Alors, il faut peut-être psychanalyser l’inconscient des dirigeants politiques qui parlent de la dictature de Macron tout en admirant eux-mêmes des autocrates sanguinaires. Peut-être faudrait-il mettre à nu les fantasmes des manifestants qui se veulent révolutionnaires et qui font jouer à Macron le rôle de dictateur pour donner à leur révolution un quelconque crédit, car peut-on prendre au sérieux une révolution qui se déroule dans une démocratie libérale où l’exécutif pose des questions à la population, même si son rôle est d’apporter les réponses ? Jouer au révolutionnaire dans un pays comme la France, en comparant la police aux SS allemands, c’est se moquer de tous ceux qui en s’élevant contre une dictature se sont retrouvés en prison, torturés ou morts.


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