• La sagesse n’est plus ce qu’elle était.

    Un de mes patients, chef d’entreprise venant de prendre sa retraite, m’avait dit jadis : « lorsque j’étais en activité, je faisais mille choses, enchaînant les déplacements, les réunions, les décisions, mais à présent que je suis à la retraite, la moindre des choses à faire me pose un problème, et je finis par m’angoisser pour n’importe quoi »

    Mon tour est venu. Loin de donner la sagesse, l’âge fait parfois de chaque monticule à enjamber, une montagne à escalader. Une escalade qui, le plus souvent, n’aura pas lieu mais que l’on anticipe bêtement.

    On dit que l’âge nous permet de relativiser les évènements, de les considérer avec une certaine distance, voire un détachement amusé. C’est vrai pour les évènements extérieurs, comme les péripéties politiques ou les déclarations des politiciens dont le comique de répétition, pourtant attendu, tient toutes ses promesses alors que celles qu’elles annoncent sont rarement tenues. Par contre, relativiser les évènements personnels devient moins évident, et des actions à accomplir, même anodines, finissent parfois par préoccuper sans raison.

    Si l’expérience nous rend souvent désabusé, elle ne nous rend pas sage pour autant et encore moins désinvolte. La désinvolture est plus l’apanage de la jeunesse que de la vieillesse et pourtant cette dernière ne risque plus grand-chose, sinon le maximum, et c’est ce maximum qui devrait rendre insignifiants les petits tracas de la vie quotidienne.

    Illustration par Rembrandt : « Le philosophe en méditation »


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  • « Le cœur de Paris respire » mais pas les poumonsEtant obligé de me rendre dans une gare en voiture (que j’utilise le plus rarement possible), j’avais oublié que hier nous étions le premier dimanche du mois et qu’en ce jour fatidique, la municipalité de Paris interdit la circulation automobile dans quatre arrondissements de la capitale ainsi que sur l’avenue des Champs-Elysées, opération communicante intitulée : « Le cœur de Paris respire ».

    Pour le trajet aller, j’ai pu échapper aux barrages largement équipés par les forces de l’ordre qui ont sûrement apprécié leur dimanche et l’utilité de leur travail permettant aux piétons de marcher sur la chaussée, mais pour le retour, ce fut une autre paire de soupapes.

    Je me suis retrouvé dans des caravanes de centaines de voitures tournant en rond cherchant une issue pour rejoindre les unes la rive nord, les autres la rive sud. Bien sûr, dans une circulation hyper ralentie, moteurs vrombissants et lâchant une pollution plein pot. Au lieu des trente minutes pour accomplir mon trajet de retour, j’ai mis plus de deux heures.

    On peut en conclure que si les piétons, les cyclistes, les utilisateurs de trottinettes, de rollers, de planches à roulettes, pouvaient s’éclater dans les quatre arrondissements protégés en se croyant indemnes de toute pollution, le reste de Paris devait suffoquer un peu plus que d’habitude, alors que pour un dimanche ordinaire, quand on ne fait pas respirer le cœur de Paris, la densité des voitures est plus faible que dans  la semaine et l'on respire mieux dans l’ensemble de la ville.

    Ah ! Si l’agitation municipale pouvait chasser les particules fines de la capitale !


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  • Le monde en phobiesDepuis sa prestation colérique, agressive et mégalomaniaque lors des perquisitions dont il fut, ainsi que son parti, l’objet et dont il s’est empressé, bêtement, de diffuser les images commentées sur les réseaux sociaux, on sait à présent à quoi Mélenchon est insoumis : aux lois de la République qu’il prétend représenter à lui seul.

    Le plus drôle est tout de même que Mélenchon, député élu par les Marseillais, se soit moqué d’une journaliste dont il ne comprenait pas (ou ne voulait pas comprendre) les questions en raison de son accent du sud, en l’accusant avec une finesse dont il a le secret de ne pas parler le français.

    Cette sortie idiote et méprisante a été suivie par un autre gag* : la proposition de loi d’une députée LREM d’origine africaine Laetitia Avia : « "Parle-t-on moins français avec un accent ? Doit-on subir des humiliations si on a pas (sic) d'intonations standardisées ? Parce que nos accents sont notre identité, je dépose, avec des députés de La République En Marche, une proposition de loi pour reconnaître la glottophobie comme source de discrimination »

    D’abord, je remercie Mme Avia de m’avoir appris le mot « glottophobie » que je ne connaissais pas. On a eu la « grossophobie », voilà une phobie supplémentaire. La phobie devient la névrose la plus répandue et elle va contribuer à faire exploser le nombre de minorités dont les particularités devront être respectées et même passées sous silence sous peine de se retrouver devant les tribunaux. Les humoristes ont de plus en plus de soucis à se faire. Ils devront éviter d’utiliser l’accent belge et pas qu’une fois, les films de Pagnol devront être à nouveau sonorisés mais en perdant beaucoup de leur saveur, quant aux accents africain et arabe, ils étaient déjà très mal vus mais n’étaient pas encore punis par la loi lorsqu’on en souriait, même sans la moindre méchanceté.

    On nous prépare un monde aseptisé et ennuyeux au langage châtré, un monde composé d’individus susceptibles et fragiles ne supportant aucune ironie. On attend une loi pour interdire « l’imbécilophobie ». Il est vrai que là nous ne serions plus en face d’une minorité discriminée mais d’une majorité.

    * Par la suite, Mme Avia a affirmé que cette proposition de loi était en effet un gag, une plaisanterie. Personnellement, je ne le pense pas, je pense plus à un rétropédalage. Toutefois s'il s'agissait effectivement d'une plaisanterie, il n'est pas étonnant que d'autres lois votées se soient révélées des plaisanteries lorsque l'on a tenté de les appliquer.


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  • La métaphysique des toilesA la Fondation Louis-Vuitton, deux peintres sont exposés côte à côte : Egon Schiele ("Autoportrait debout" ci-contre) et Jean-Michel Basquiat. Deux peintres que l’on peut rapprocher par leur mort prématurée – avant 30 ans -  fauchés par la grippe dite espagnole pour le Viennois (en même temps que sa femme enceinte) et par la drogue pour le New-Yorkais. On peut également les rapprocher par le désespoir qui se dégage de leurs œuvres et par leur parti pris à exposer la laideur, notre laideur.

    J’aurais peut- être l’occasion d’aller voir cette double exposition, mais il se trouve que la même année, en 2010, j’ai eu l’opportunité de voir beaucoup de tableaux de Schiele à Vienne et beaucoup de tableaux de Basquiat à l’exposition qui lui a été consacré au musée d’Art Moderne à Paris.

    J’avoue que je n’apprécie pas Basquiat (ci-dessous) qui me laisse froid : voir « Basquiat est-il un génie ? », alors que, malgré sa dureté et sans doute à cause d’elle, je suis impressionné par la peinture La métaphysique des toilesde Schiele au point que j’ai éprouvé le besoin d’écrire des textes à propos de certains de ses tableaux : voir « Le lutteur », « Embrasser », « Arbres en automne », « Le danseur », « Agonie », « Femme renversée », « La famille ».

    J’ai toujours été fasciné par les commentaires des connaisseurs en art pictural et les motivations attribuées au peintre par les critiques qui atteignent parfois une profondeur métaphysique insoupçonnée par l’artiste lui-même lorsqu’il est vivant (mais qu’il accepte volontiers) et qu’il ne peut guère contester une fois mort.

    Marc Lambron (de l’Académie française) a fait très fort dans ses commentaires parus dans le Point du 4/10/18 sur la double exposition Schiele-Basquiat. En voici quelques petits extraits :

    « D’une façon générale, on suit la traversée d’un double séisme mental ou transparait la spiritualité secrète de peintres hantés par l’appel et le deuil du sacré »

    « La peinture de Schiele, tressée de nerfs, revisite les écorchés minéraux des gisants médiévaux en les aquarellant avec la translucidité d’une aile de phasme »

    A propos de Basquiat « son art semble musicalement animé par la pulsion vrombissante d’une basse funky. Comme revenu à l’aube de la couleur, sa touche rupestre et sidérale multiplie les idoles dentelées à la Wilfredo Lam, les graffitis pulvérisés en supernovas cosmiques.

    Au fil d’un temps compté, le dénuement franciscain du trait signe silencieusement chez Basquiat le chagrin d’un dieu perdu. Comme chez Egon Schiele, il saturait par des formes grêles la béance d’une sacralité effondrée »

    J’ai probablement raté quelque chose. Curieuse cette manie de mettre Dieu partout, même lorsqu’il est absent.


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  • Trampoline

    J’ai lu dans un journal le titre suivant : « Ce que prépare Macron pour rebondir dans les sondages ». D’abord considérer les sondages comme des trampolines est déjà réjouissant : je vois bien Macron utiliser sa puissance Jupitérienne pour sauter sur des sondages à pieds joints, faire une cabriole en espérant retomber d’aplomb.

    Il est vrai que les sondages sont élastiques : ils s’abaissent quand on saute dessus de tout son poids, et il certain que Jupiter commence à devenir pesant, et ils remontent dès que l’on s’envoie en l’air en ne pesant plus rien.

    Il faut savoir que c’est quand on ne pèse plus rien que le trampoline des sondages est au plus haut. Il suffit de regarder les « baromètres » pour savoir que ce sont ceux qui ne pèsent plus rien, en restant immobiles dans leur coin, sans se livrer à la moindre cabriole visible, qui bénéficient des sondages au plus haut. Il en est ainsi de Juppé ou de Hulot et surtout de Lang le plus souvent en tête de popularité alors qu’il ne fait absolument rien, à la satisfaction de tous.

    Pour Macron, ce n’est pas le tout de rebondir sur les sondages, encore faut-il rester en l’air en observant une parfaite immobilité car à trop s’agiter on risque de tomber du Trampoline. L’ennui avec un président de la République est qu’il ne peut pas rester en l’air, il est obligé de faire des bonds pour amuser la galerie en évitant de toucher terre car ça peut faire mal de se retrouver au sol après avoir rebondi au plus haut.

    Illustration de Keith Haring


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  • Si par hasard un militant antispéciste tombe sur l’article précédent à propos du cannibalisme, illustré par le tableau impressionnant de Goya, je me demande ce qu’il en penserait. Peut-être penserait-il que tuer ses semblables pour les manger est à mettre sur le même plan que tuer des animaux pour s’en nourrir. Ce qui pourrait justifier aux yeux des associations vegan leurs agressions sur des boucheries du nord de la France obligées de faire appel à des vigiles pour protéger leurs commerces.

    Les idéologies du quotidien

    Les grandes idéologies, comme le communisme, visant à transformer en profondeur les structures de la société, et prétendant changer l’avenir pour le bien de tous, ont échoué en montrant que leur application, quel que soit le pays et les modalités d’application, fait le malheur des peuples sauf en se dénaturant comme en Chine.

    Les idéologies d’avenir ont été remplacées par deux types d’idéologies :

    - Celles qui veulent rétablir le passé, l’islamisme est de ce type. Mais également les mouvements que l’on qualifie de populistes ou d’extrême droite qui s’accrochent à leur identité et à leur histoire et s’opposent notamment à une immigration incontrôlée qui menace de diluer cette identité ou de la faire disparaître.

    - Celles qui doivent s’appliquer dans le présent et le quotidien. Elles touchent plutôt la gauche (mais pas seulement), orpheline de la pensée marxiste pour les personnes ayant retrouvé un peu de lucidité. Elles veulent contrôler les gestes du quotidien : comment manger, comment baiser, comment procréer, comment respirer. Mais aussi dans une perspective d’avenir : que faire des déchets, économiser l’énergie, respecter la planète et sa biodiversité.

    Comme toutes les idéologies, celles du quotidien ne sont pas dénuées de violence ou de contrainte. C’est presque toujours le cas quand on veut imposer sa vérité aux autres.


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  • En tant qu’homme n’étant plus guère partie prenante, j’avoue que je regarde l’agitation féministe avec perplexité. D’abord, j’ai une certaine répulsion pour les mots en « isme » qui traduisent par définition des idéologies et celles-ci fournissent un peu trop les réponses avant les questions en constituant le plus souvent des mouvements aux idées arrêtées.

    Ayant toujours été pour l’égalité des droits et le respect mutuel entre les sexes (pour ce qui concerne les deux que je connais), il était évidemment nécessaire de lutter pour imposer à une société inégalitaire depuis la nuit des temps ces deux principes élémentaires. Heureusement, l’essentiel a été obtenu même si certains hommes traînent des pieds pour ne pas parler d’un autre organe.

    Vu de loin, j’ai l’impression que le féminisme « part en couilles », si vous voulez bien excuser cette expression machiste, mais « partir en vulve » est une expression qui n’a pas encore été incluse dans le langage. A contrario, ne pas l’utiliser montre le respect que nous avons pour le sexe féminin.

    Je ne comprends pas l’agressivité de certaines femmes pour les hommes même lorsqu’elles n’ont pas souffert d’une éventuelle domination masculine. Agressivité qui s’apparente à un véritable racisme. Je ne comprends pas que l’on puisse défendre la misogynie inhérente à la religion musulmane en invoquant le féminisme et défendre le voile intégral comme une protection de la féminité. Je ne comprends pas que l’on puisse évoquer le féminisme pour s’opposer à l’IVG en avançant que celle-ci pourrait éventuellement amener en Occident à sélectionner les embryons en fonction de leur sexe et à l’avantage du masculin (ce qui se fait en Asie et peut-être au Royaume-Uni pour certaines ethnies). Je ne comprends pas que l’on puisse faite taire les hommes lorsqu’ils s’expriment sur le sujet parce que ce ne sont pas des femmes. Cette attitude sectaire conduit les femmes à faussement débattre entre elles, alors que les rapports entre femmes et hommes devraient nécessairement intéresser les unes comme les autres.

    On voit ainsi que le féminisme est devenu pour certaines une véritable idéologie voire un mouvement politique, un entre-soi qui condamne a priori tout ce qui n’est pas elle et interdit de parole, jusqu'à l'insulte, tous ceux et celles qui risquent de la contredire.    


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  • Choses inutiles et périssables

    Ce dessin de Soulcié paru dans Marianne est des plus expressifs. Non seulement les retraités sont essorés mais ils sont méprisés, considérés comme des assistés, notamment par la porte-parole de la LREM à l'Assemblée, Aurore Bergé qui n'a pas hésité à déclarer : « On peut légitimement demander un effort générationnel à ceux à qui l'on paye les retraites.», alors que cette donzelle devrait savoir qu’en travaillant une quarantaine d’années, les retraités d’aujourd’hui ont payé les retraités d’hier, son « on » de la concerne pas, et elle-même est aujourd’hui payée avec nos impôts. Nous, « on » la paye vraiment et de plus pour faire des déclarations idiotes.

    Si les retraités ne participent plus directement à l’économie du pays, ce qui ne leur permet pas de la perturber lorsqu’ils sont mécontents comme le font les cheminots ou les camionneurs, la plupart entretiennent plus ou moins les jeunes de leur famille dont la situation précaire est le résultat des incapacités des politiques à résoudre les problèmes de la France. Ils se sont bornés, les uns comme les autres, et cela continue, à augmenter les impôts tout en empruntant pour mieux dépenser alors que les pays voisins connaissent pour la plupart une embellie économique.

    Pour les retraités, je vois peut-être une solution : comme ce sont des choses anciennes et inutiles, ils font partie du patrimoine. Ne pourrait-on pas les proposer au Qatar pour qui ça gaze et qui s’intéresse fort à notre patrimoine en l’achetant à coups de chéquier : 3,3 milliards d’actifs aux dernières nouvelles.

    Mais il faut se rendre à l’évidence, un retraité, personne n’en veut, c’est trop périssable, et il est facile à l'Etat de lui faire les poches sans être poursuivi pour abus de faiblesse.


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  • En ce moment on parle beaucoup du massacre que les bouddhistes birmans en recherche de sérénité commettent sur les Rohingyas musulmans parce que musulmans. Les hindouistes indiens ne sont pas en reste. Les musulmans prennent leur revanche en massacrant volontiers les chrétiens présents en terre d’islam parce que chrétiens et même certains n’hésitent pas à le faire en terre chrétienne parce que musulmans. Quant aux chrétiens, ils se sont déplacés dans le passé pour aller trucider les musulmans venus s’installer sur des terres appartenant auparavant aux juifs et aux chrétiens. Mais il était plus commode pour eux de massacrer ou de brûler sans risque les juifs qu’ils avaient sous la main, ce qui est tout de même plus sûr que de partir en croisade, car on sait quand on part et ce qu’on laisse mais on ne sait pas quand on revient et ce qu’on retrouve. Il faut dire que les chrétiens n’ont jamais pardonné aux juifs de leur avoir donné leur dieu et leur premier livre sacré qu’ils se sont attribué par un testament de validité incertaine. Les musulmans et les juifs ont cependant pu assister au massacre des chrétiens entre eux pour des broutilles de dogme. Mais les juifs et les chrétiens peuvent assister encore aujourd’hui au massacre des musulmans entre eux, pour des broutilles de préséance entre les héritiers de leur prophète.

    Les querelles d’héritage sont souvent les plus sanglantes et déchirent toutes les familles, même les plus respectables. Les juifs en savent quelque chose puisque leur livre a été piqué par les chrétiens et les musulmans, ces derniers ont même le toupet d’accuser les juifs de l’avoir falsifié à leur détriment alors qu’il a été écrit un millénaire environ avant la naissance du premier musulman, mais plus c’est gros plus ça passe. Quant à l'héritage de la Terre dite Sainte...

    Tout ça pour dire que la sauce préférée des religions est une sauce au sang, nappée avec amour sur les corps des mécréants. Les religions sont les inventions les plus désastreuses de l’humanité qui, certes, peuvent consoler de la mort, mais c’est la moindre des choses puisqu’elles l’ont donnée si souvent de bonne foi.

    Dans l’histoire ce sont les monothéismes qui se sont montrés, me semble-t-il, les plus désastreux. Que l’on ne me dise pas qu’ils ont été la source d’une magnifique création artistique, ce qui est vrai, car les polythéismes assyrien, grecque ou romain et bien d’autres n’ont rien à envier aux monothéismes en matière artistique et même en matière d’éthique que les religions à dieu unique prétendent revendiquer.

    Les juifs ont été largement crucifiés pour avoir inventé le premier exemplaire du monothéisme. Ils souffrent depuis deux millénaires d’un antisémitisme à la fois absurde, injuste et increvable. On finirait par croire que cette haine séculaire incompréhensible vient du reproche inconscient qu'on leur fait d’avoir remplacé le polythéisme barbare, mais plutôt pacifique, par le monothéisme moral mais plutôt barbare.

    Attention Dieu méchant


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  • La démocratie est-elle passée de mode ?

    Dans le Point du 30/08/18 est parue une interview de Yascha Mounk, professeur à Harvard, à propos de la parution de son livre : « Le peuple contre la démocratie ». Ce qui m’a intéressé ce sont les graphiques statistiques qui accompagnent cette interview, mais n’ayant pas lu l’ouvrage j’ignore la méthodologie sur laquelle elles sont basées et par conséquent la confiance que l’on peut leur accorder.

    La démocratie est-elle passée de mode ?Quoi qu’il en soit elles donnent une image des USA un peu différente que celle que l’on nous transmet volontiers et cadre mieux avec l’élection de Trump. Les médias consacrent en effet beaucoup d’articles sur ce qui passe dans les universités très politisées où la pression des minorités sexuelles ou ethniques semble exercer une véritable dictature sur la majorité et les enseignants. Or il s’avère que plus on est jeune moins on s’intéresse à la politique : 4I% seulement pour les générations nées après 1980 et plus inquiétant, pour ces mêmes jeunes, il n’y a que 29% d’entre eux qui considèrent comme essentiel de vivre en démocratie. Le corolaire est encore plus inquiétant mais logique : un quart des jeunes de 18 à 24 ans verraient d’un œil bienveillant l’instauration d’une dictature militaire ! Bien sûr les Américains ignorent totalement ce qu’est une dictature militaire, alors que la plupart des pays européens ont goûté à la chose, ce qui ne les empêche pas d’ailleurs d’être « antisystème » pour 20% de leur population et comme le « système » est en fait la démocratie elle-même avec ses défauts et ses qualités on voit
    La démocratie est-elle passée de mode ?très bien par quoi il serait éventuellement remplacé.

    La démocratie est-elle passée de mode ?

    Ces statistiques qui concernent le pays démocratique le plus puissant et un pays qui n’a connu que la démocratie montre à l’évidence que celle-ci est passée de mode dans les pays occidentaux (alors qu’il reste un rêve ailleurs) et on se demande ce qu’elle deviendra quand ces générations qui semblent avoir du goût pour les régimes autocratiques arriveront au pouvoir. Mais soulignons que trois jeunes sur quatre n'ont pas de sympathie pour une éventuelle dictature et si plus de deux jeunes sur trois trouvent par ailleurs qu'il n'est pas essentiel de vivre en démocratie, on se demande quelle est l'alternative. Cette apparente contradiction prouve bien que la majorité des jeunes Américains se désintéresse de la politique ou vit dans l'utopie d'une troisième voie entre démocratie et autocratie.


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