• Petits riens

    Ce matin dans le métro, j’ai assisté à un spectacle assez fréquent : une femme se maquillant dans la rame. Sans doute n’avait-elle pas eu le temps de le faire avant d’aller au travail. J’ai toujours admiré cette prouesse : passer délicatement la brosse du mascara sur les cils nonobstant les cahots, les arrêts brusques et les départs du métro alors que les gens se tiennent aux barres pour ne pas basculer. J’ai toujours la crainte que la brosse ne dérape dans l’œil, mais l’habileté des femmes est telle pour cet exercice que je n’ai jamais assisté à cet accident.

    Près de la femme au mascara se tenait une jolie noire qui oscillait rythmiquement de la tête. D’après le rythme céphalique, ce qui se déversait de façon continue dans ses oreilles devait être du rap, mais je n’étais pas assez près d’elle pour entendre le grésillement révélateur. Malgré toutes les années, je reste étonné par ce besoin d’entendre en permanence du bruit dans les conduits auditifs même lorsque l’on peut jouir du silence. Toujours en oscillant de la tête en l’absence de toute pathologie, la jeune femme s’est assise et a sorti un livre de son sac, retrouvé la page et s’est plongé dans la lecture. Bien sûr, ma curiosité m’a poussé à regarder le titre de l’ouvrage. Il s’agissait des écrits de l’empereur romain Marc-Aurèle.

    Métro, 1976. Huile sur toile. © Philippe Waty, courtesy éd. Gourcuff e& Gradenigo


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  • La preuve des mondes parallèles

    "Le pape François a canonisé Jacinta et Francisco, les deux petits bergers (neuf ans et sept ans au moment de leur vision) qui auraient assisté à six apparitions de la Vierge à Fatima, au Portugal, en 1917". A noter que les deux enfants sont morts rapidement de la grippe espagnole, mais leur cousine Lucia (10 ans à l'époque) qui avait vu également la Vierge le 13 de chaque mois à partir du mois de mai a vécu 97 ans en étant détentrice de secrets révélés au trio par l'apparition mensuelle. 

    D'après le Père René Laurentin (« Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie »), il y aurait eu 2450 apparitions de la mère juive de Jésus en 2000 ans. Mais l'Eglise, très prudente et plutôt réticente, n'en n'a reconnues que très peu, mais elle en a reconnues, car ces apparitions font du bien à la foi.

    Ceux ou plus souvent celles, en général humbles et d'une culture un peu limitée, qui voient Marie, pensent donc qu'elle existe et ceux qui voient ou qui se souviennent de ceux et surtout de celles qui ont vu, croient davantage à l'Au-Delà.

    Je ne peux m'empêcher de me poser des questions que les croyants jugeront primaires et iconoclastes, qu'ils veuillent bien m'en excuser :

    1° Ce que l'on voit existe-t-il ? La réponse de bon sens est oui. Alors les hallucinations provoquées par une maladie mentale, une tumeur cérébrale ou une drogue existent.

    2° Pourquoi est-ce surtout Marie qui apparait aux terriens ? Serait-ce pour sa douceur supposée et comme ambassadrice, son sens de la diplomatie ? Ou peut-être simplement que l'apparition d'une femme est sûrement moins effrayante que celle d'un homme (il existe donc encore la différenciation des sexes parmi les purs esprits).

    3° Pourquoi ces terriens sont-ils toujours chrétiens ? Seuls les chrétiens sont donc susceptibles de la voir apparaître ; ce qui, il faut en convenir, est une forme de discrimination. Bien sûr, c'est une question de foi, mais ne serait-il pas souhaitable, dans l'intérêt même de la chrétienté que ces apparitions surgissent devant des incroyants ou même devant ceux ou celles qui croient à une autre religion. Marie étant vierge et couverte de la tête aux pieds, un musulman ne saurait s'en formaliser.

    4° L'apparence que revêt Marie est plus ou moins toujours la même : jeune et jolie. C'est-à-dire avec l'apparence donnée par les artistes (qui n'ont jamais eu la moindre représentation de la mère du Christ) sur les tableaux et les statues.

    5° Depuis 2000 ans où-est-elle ? Pour l'Enfer il y a un lieu possible, le magma terrestre pourrait faire l'affaire. Mais pour le Paradis où elle est censée séjourner ? On parle du Ciel, mais il est quotidiennement exploré (certes les trous noirs nous échappent), alors reste la solution avancée par l'imagination des auteurs de science-fiction et même dans des théories scientifiques : les mondes parallèles. Voilà : si l'on croit aux apparitions de la Vierge Marie, il faut aussi croire aux mondes parallèles et à la faculté qu'elle a de passer d'un monde à un autre sans difficulté et sans rien perdre de son intégrité.

    Je dois avouer que j'aime bien l'idée des mondes parallèles et ces apparitions multiples en apporteraient la preuve. Mais ce qui m'inquiète est qu'aucun homme (à ma connaissance, et les anges étant en principe asexués) n'est venu de façon itérative de l'Au-delà pour en prouver l'existence. Le monde parallèle au nôtre ne serait-il donc peuplé essentiellement que de femmes et saintes de surcroît ? Ce qui réduirait singulièrement mes chances de réapparaître dans ce bas monde.

    Fra Filippo Lippi : détail de "La vierge à l'enfant et deux anges" 


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  • Le 1er septembre 2012 – comme le temps passe vite – j’avais écrit une fable : « La fable des convictions » qui prétendait proposer une organisation de la vie politique qui, à l’époque, semblait improbable. Or ce qui passe actuellement n’est pas loin de l’application de ce texte imaginaire et ironique. Je vous laisse juge :

    Si l’on regarde sur le long terme l’action des gouvernements successifs, on s’aperçoit qu’un gouvernement de droite fait quelques bêtises de droite, puis une politique de gauche. De même, un gouvernement de gauche fait quelques bêtises de gauche, puis une politique de droite. Un gouvernement d’un bord défait en priorité ce qu’a fait le gouvernement de l’autre bord, mais pour le rétablir plus ou moins par la suite, d’une façon ou une autre, en général en changeant de dénomination.

    Devant le désordre engendré par ces tribulations, le personnel politique décida d’un commun accord, pour le bien du pays, d’adhérer périodiquement tantôt à un parti de droite, tantôt à un parti de gauche, les adhésions se faisant par fractions réciproques. Ainsi fut fait, et l’on constata rapidement une conduite plus harmonieuse des affaires et moins d’agressivité factice dans les débats.

    Bien sûr, les électeurs ont été un peu déboussolés, mais un changement du mode de scrutin leur permit de voter plus pour des personnes que pour des partis et ceux-ci devinrent des groupements d’intérêt personnel. Ces GIP ayant pour vocation, d'une part la promotion de leurs membres, et d'autre part d'établir un catalogue, non pas de promesses, mais de solutions de droite ou de gauche, ce qui évita la multiplication ultérieure de commissions pour en trouver, et à leur personnel d’être perdu une fois arrivé au pouvoir. 

    Que dites-vous ? Et les convictions ? Quelles convictions ? Un homme ou une femme politique sensé(e) (je sais, il y en a qui ne le sont pas) choisit de faire carrière en politique pour obtenir un poste ou de préférence plusieurs postes, et tenter de bien gérer les choses ou de masquer une mauvaise gestion pour pouvoir s’y maintenir. Les convictions ce sont les électeurs qui les ont, un(e) politicien(ne) de talent est capable de défendre n’importe quelle conviction. D’ailleurs, les personnages politiques changent fréquemment d’avis, et il leur arrive de se contredire même sur une courte période, ce qui ne semble pas choquer leurs chauds partisans qui les défendent quoi qu’ils fassent et quoi qu’ils disent.

    On voit qu’être tantôt de droite, tantôt de gauche ne devrait pas poser de problèmes à un(e) politicien(ne) chevronné(e). Bien sûr, il faut se méfier des jeunes qui commencent par croire à ce qu’ils disent, mais s’ils insistent, leur carrière risque d’être brève.

    Je ne parle pas des fanatiques qui ressortent du domaine de la psychiatrie. 


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  • Le pari du Grand ParisIl y a peu j'ai lu le roman d'Aurélien Bellanger intitulé "Le Grand Paris", paru fin 2016. Un roman inclassable, poétique, politique (sur le quinquennat de Sarkozy), urbanistique, traitant, entre autres, des banlieues et notamment du 93, territoire inquiétant. Cette lecture m'a rappelé que j'avais publié sur ce blog, en mai 2009, un billet intitulé "Le grand pari" (dans "Fables") que je reproduis ci-dessous :

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    Les banlieues des grandes villes posaient depuis longtemps des problèmes à ceux qui nous gouvernent et ce, quel que soit le gouvernement. Certes, certains en tiraient avantage et trouvaient là l’occasion de montrer leurs muscles, de préférence avant une élection, mais dans l’ensemble la banlieue restait toujours un sac de nœuds.

    Pourquoi ? Parce que la banlieue est sensible. Non, il ne s’agit pas de la sensibilité du romantique, la banlieue n’est pas romantique, elle est malade. La banlieue est sensible dans le sens médical : quand on la touche, elle s’agite et parfois elle crie lorsqu’on  appuie là où ça fait mal. En médecine lorsqu’un organe ne peut être sauvé, lorsqu’il n’est pas indispensable et qu’il risque de perturber le reste de l’organisme, on l’ampute.

    C’est ainsi qu’un jour, nos gouvernants pensèrent que pour défaire les nœuds contenus dans le sac des banlieues, la solution la plus simple était de supprimer le sac et son contenu, c’est à dire les banlieues elles-mêmes.

    On commença par le Grand Paris en réalisant une métropole allant jusqu’au Havre, englobant villes et banlieues, ces dernières cessant ainsi de l’être.  Bien sûr, cette tentative fut un échec, car une nouvelle banlieue se créa en périphérie du Grand Paris. Il fut donc décidé de créer de grandes métropoles sur tout le territoire : Grand Lille, Grand Lyon, Grand Marseille, Grand Bordeaux…etc.…Bien entendu autour de chaque nouvelle métropole se créaient de nouvelles banlieues, mais admirez la sagesse de nos gouvernants : il arriva un  jour où toutes ces grandes métropoles se rejoignirent, rejetant à la mer ou aux frontières les banlieues qui prétendaient à nouveau se créer.

    C’est ainsi que depuis on voit des banlieusards entassés sur des bateaux de fortune tenter de rejoindre les côtes et d’autres franchir les frontières cachés dans des camions.

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    Le pari du Grand Paris

    Espaces d'Abraxabas de Noisy-le-Grand créés par Ricardo Bofil (1984). Utopie grandiose qui a mal tourné (mais qui sert de décor pour y tourner des films).

    Dans le roman "Le Grand Paris", le héros exprime son admiration devant ce monumental ensemble architectural construit en banlieue (93), en passe d'être rénové, et dont l'image ne donne qu'une petite idée. VOIR


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  • En avril 2012, c'est à dire au moment des précédentes présidentielles, j'avais publié un article qui ne me parait pas dépassé à l'issue de l'élection que nous venons de subir. Cette dernière a vu fleurir les "fakes news" - masque terminologique anglo-saxon du mensonge et de la calomnie - largement diffusés sur les réseaux sociaux, notamment par le FN en fin de campagne, et directement par sa candidate lors du dernier débat. Il est préférable que la haine ne s'exprime que pendant les périodes électorales dans des joutes convenues. Espérons que cette fois elle ne s'exprimera pas également dans la rue par les insatisfaits de l'élection.

    La politique est l'art de gouverner une communauté, mais elle est le plus souvent l'art de conquérir le pouvoir et de s'y maintenir. Dans les démocraties le pouvoir s’acquiert par les élections, ce pouvoir qui fascine les politiques, même s'ils ne savent pas toujours quoi en faire (en dehors de leur promotion personnelle) ou comment l'imposer une fois qu'ils en disposent.

    Il est certain que les périodes électorales sentent mauvais. Il s'agit de séduire ceux qui sont susceptibles de vous donner le pouvoir en utilisant trop souvent la promesse comme appât, en élevant le mensonge au niveau de l'argument, et en tentant de détruire l'adversaire au besoin en le calomniant, l’assassinat étant formellement prohibé sous nos climats aux regrets de certains.

    Dans les démocraties, les armes sont verbales : désinformations, mépris, voire insultes, spécialité des seconds couteaux. Entre politiques c'est plus une joute oratoire, un spectacle théâtrale, dans une pièce écrite par d'autres avec le plus souvent de fausses manières, des postures tartarinesques qui visent à impressionner l’auditoire car les adversaires se connaissent depuis longtemps* puisqu’ils naviguent dans les mêmes eaux et mangent à la même soupe.

    Il n'en est pas de même des partisans et des militants qui se dévouent pour leur champion et prennent la chose au sérieux. Plus que leur champion, ils expriment ce qui ressemble fort à de la haine : sifflets et huées devant l’image de l’adversaire, boules puantes glissant sur la toile, fausses informations ou informations tronquées et déformées que d’autres recueillent religieusement pour les diffuser, sans les vérifier, sans en connaître la source puisqu’elles vont à l’appui de leurs convictions. Tout est bon à prendre. L’amour est aveugle, la haine aussi.

    * Ce qui ne fut pas le cas cette fois.


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  • La présence en finale de la dame au rictus entre les dents fait que son concurrent croule sous les soutiens. Certes, des politiques ou des intellectuels – et non des moindres – préfèrent s’abstenir à ce dernier (enfin !) scrutin destiné à choisir notre président (e). Ils ne veulent pas se salir à mettre un bulletin de vote dans l'urne en faveur d’un candidat qu’ils considèrent comme un suppôt déguisé de l’horrible capitalisme (mais considéré par d’autres comme un suppôt déguisé du socialisme honni) et/ou comme un européen cosmopolite vendu à l’Allemagne. Débarrassés du bulletin de vote, la conscience tranquille, ils pourront se laver les mains de ce qui pourrait éventuellement arriver.

    Macron est soutenu par des politiques de tous bords, une « armée mexicaine » qui sera sans doute difficiles à gérer, et par des représentants de la société civile et notamment du monde artistique qui font partie de ce que d’aucuns appellent « l’élite », « l’établissement » ou le « système », concept à géométrie variable et floue, mais à coup sûr péjoratif.

    Les gens « d’en bas » comme disait Raffarin, dénommés de façon plus flatteuse : le « peuple », prétendument représenté par une grande bourgeoise qui a eu l’habileté d’utiliser ses peines et son vocabulaire, pourraient en être irrités et considérer que Macron est surtout soutenu par des nantis, catégorie qu’ils rejettent mais dont ils aimeraient faire partie. Ces soutiens dorés sur tranche n’amèneront aucune voix supplémentaire à leur candidat et peut-être même lui en feront-ils perdre. Ils devraient cesser de se bousculer en fanfare à sa rescousse au risque de le faire trébucher.


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  • C’est enfoncer une porte ouverte sans élan que de dire que cette élection présidentielle 2017 n’a rien à voir avec les précédentes. Si l’élection de Mitterrand, premier président socialiste de la Vème, avait alarmé une partie de la population qui fantasmait en craignant l’arrivée des chars russes sur la place de la Concorde, en fait, aucun changement majeur n’a eu lieu. Et nous avons assisté jusqu’à ce jour à des alternances droite-gauche sans grands bouleversements, sans que rien de fondamental n’ait été modifié, la France restant résolument européenne, plus ou moins libérale sur le plan économique tout en conservant sa protection sociale au prix d’une dette qui s’accumule.

    Cette fois, indépendamment de tout jugement moral (que beaucoup considèrent comme primordial) sur ce que représentent les deux candidats, ils défendent chacun des positions totalement opposées sur le plan économique, européen, et sociétale.

    Devant ce choix comment peut-on s’abstenir de donner son avis aussi microscopique soit–il ?

    - Il y a des gens qui ne s’intéressent aucunement à la politique et pensent que leur vie autocentrée ne sera pas touchée par les changements politiques qui les indiffèrent. Leur paresse n’est pas à l’abri de surprises.

    - Il y a des gens qui pensent que leur vote quel qu’il soit ne changera rien. Ils démissionnent et laissent les autres influencer le scrutin.

    - Il y a des gens qui s’abstiennent ou vote blanc car aucun des candidats ne leur plait. Ils attendent le candidat idéal. Ils peuvent toujours attendre.

    - Il y a des gens qui boudent le scrutin car leur candidat n'est plus en lice.

    - Il y a des gens qui ne veulent pas s’exprimer pour protester. Les motifs de protestation peuvent être multiples y compris contre le régime démocratique qui leur permet de voter. Ils sont donc satisfaits lorsque le taux d’abstention est élevé. L’efficacité de leur protestation dans les conditions actuelles du scrutin a une portée des plus limitées.

    - Il y a des gens qui s’abstiennent en favorisant ainsi un candidat qu’ils n’aiment pas et pour lequel ils ne peuvent pas voter en conscience, et ceci afin de ne pas voter pour un candidat plus présentable mais qui ne satisfait pas leurs convictions. Ils respectent en quelque sorte leurs convictions en ne votant pas pour le moins pire.

    - Il y a des gens par une démarche semblable à la précédente qui optent pour une abstention stratégique : l’arrivée possible au pouvoir du candidat qu’ils n’aiment pas pourrait favoriser ultérieurement l’arrivée au pouvoir du candidat qu’ils aiment. Ces contorsions machiavéliques se terminent le plus souvent très mal. L’exemple en est donné au siècle dernier par l’absence de soutien des communistes aux socialistes allemands au nom de la lutte des classes qui a contribué à l’arrivée au pouvoir d’Hitler.


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  • Près d’un Français sur cinq s’étant exprimés au premier tour de la présidentielle se considère comme un rebelle en rejoignant la troupe des « insoumis », dénomination pompeuse décernée par leur chef qui ne manque pas de grandiloquence.

    Est-ce une insoumission au « système » ? Contre lequel tout le monde se soulève alors que tous ceux qui vitupèrent contre lui et qui veulent le renverser sont tous dedans et en profitent depuis des décennies, y compris le chef insoumis qui grenouille en politique depuis au moins une trentaine d’années mais qui invite sans vergogne les autres à « dégager ».

    Insoumis au capitalisme ? Mais qu’ils aillent voir les pays où ce capitalisme n’existe pas ou qu’ils se souviennent (s’ils le peuvent) de ceux où les moyens de production étaient intégralement aux mains de l’état.

    Insoumis à la « Finance » ? Mais c’est en empruntant à cette finance honnie que la France peut vivre au-dessus de ses moyens et c’est grâce à elle que l’Etat leur distribue peut-être quelques prébendes sur lesquelles ils ne crachent pas.

    Les « insoumis » prennent une posture de résistants alors qu’ils vivent, et pas trop mal pour la plupart, dans un pays démocratique où toutes les libertés existent encore et où ils ne subissent ni oppression, ni répression.

    Ce sont des usurpateurs. Ils usurpent confortablement le sort des vrais insoumis, des vrais rebelles qui se soulèvent ou qui se sont soulevés parfois au prix de leur vie contre une véritable oppression souvent sanglante qu’ils ne connaissent pas et que, je l’espère, ils ne connaitront jamais malgré leur légèreté et leur aveuglement.


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  • Le prurit révolutionnaireDepuis le moment où les Français sont passés de la Monarchie à la Première République, en coupant la tête de leur roi, entre autres, ils sont devenus des maniaques de la révolution. Faire à nouveau une révolution est pour eux comme un prurit permanent, et cette démangeaison atteint toutes les classes. Chacune rêve à sa façon d’un « Grand soir », bien sûr au nom du peuple. Le peuple, concept malléable que l’on peut monter et démonter comme un Lego.

    En ne se bornant qu’à quelques évènements récents, il y a de quoi montrer que les Français n’ont de cesse que de se gratter. La révolution est dans leur peau :

    Nous avons eu les « Indignés ». Formule lancée par un vieillard qui était loin d’être parfait sous tous rapports.

    La place de la République a longtemps été envahie et maculée par des révolutionnaires partisans de la palabre nocturne en orthostatisme.

    Les « Insoumis » (à la réflexion ?) veulent faire quelque chose comme une « révolution bolivarienne », en prétendant résister (on se demande à quoi), avec à leur tête un admirateur de Robespierre.

    Les frontistes aimeraient instaurer une « révolution patriotique » en louchant, pour ceux dont le front va jusqu’à la nuque, sur un modèle qui s’était un peu compromis jadis.

    Même l’instigateur, on ne peut plus centriste, modéré et propre sur lui, du mouvement « En marche » n’a-t-il pas écrit un opuscule intitulé « Révolution » ?

    Le prurit révolutionnaire est une maladie française que l’étranger regarde tantôt avec commisération, tantôt avec envie jusqu’à vouloir l’imiter car c’est une dermatose contagieuse.

    "Le 27/04/2017, des étudiants prennent part à une manifestation contre l'affiche du second tour Le Pen-Macron" Lionel Bonaventure/AFP.

    Le prurit révolutionnaire

    Pour paraphraser Bertold Brecht : dans ce cas ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ?


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  • Benoît Hamon est tout de même le grand perdant de ce premier tour des présidentielles ; aboutir à environ 6% des voix en partant de 18%, il faut le faire. Sa démarche a permis de vérifier que quand on trahit son camp, son camp finit par vous trahir. Les thèses utopiques qui lui avaient permis de devenir le champion de son parti ont contribué finalement à le faire perdre, ce qui montre encore que l’on est toujours trahi par les siens.

    Cependant Benoît Hamon a bien mérité de la patrie car en ne se désistant pas en faveur de Jean-Luc Mélenchon, il n’a pas permis à ce dernier de se retrouver parmi les deux finalistes.

    François Fillon apparaît pourtant comme le perdant le plus spectaculaire alors qu’il arrivé en 3ème position en traînant avec une persévérance obstinée de lourds boulets qu’il avait largement contribué à se mettre lui-même aux chevilles. Sa sortie a été plus digne que son parcours.

    Jean-Luc Mélenchon a été un mauvais perdant. N’admettant qu’avec réticence sa défaite. Sa mégalomanie cabotine l’ayant persuadé qu’il se retrouverait parmi les deux finalistes et confronté à Marine le Pen, son image inversée dans le miroir.

    Ses spectacles avaient attiré beaucoup de monde, l’orateur ayant séduit par ses prestations au point de faire oublier la portée réelle de ses discours, son écologisme de façade et son pacifisme munichois.

    Après avoir admis les résultats, il a montré par sa déclaration finale qu’il n’était aucunement guéri du trotskisme dont il avait été atteint pendant sa jeunesse en mettant dans le même sac Marine Le Pen de l’extrême droite et le « social traître » Macron.

    Les perdants


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