• Hier, une hystérie étonnante s’est emparée de la France à l’occasion de la finale de la coupe du monde d’un jeu consistant à pousser une balle avec les pieds ou la tête pour tenter de la mettre dans une cage malgré une équipe adverse qui s’y oppose en cherchant à s’approprier à son tour cette balle avec les pieds ou la tête dans le but de faire la même chose mais dans une cage opposée. Les cages étant gardées chacune par un joueur, toujours vêtu d’une tenue flamboyante, et à qui il est permis par dérogation spéciale d’utiliser toutes les parties de son corps qu’il ne manque pas de projeter dans tous les sens afin que la balle le frappe jusqu’à s’écrouler durement sur le sol sous les yeux admiratifs de ses petits camarades et dépités du frappeur. De la même façon, la foule fascinée par les évolutions pédestres et céphaliques des 22 joueurs ne disposant que d’une seule balle qui se déroulent sur la pelouse est partagée entre admiration et dépit et le fait bruyamment savoir quand elle ne réagit pas par la violence.

    Hier nous avions décidé de déjeuner tranquillement à la terrasse d’une brasserie. Mais dès 13 h, les deux brasseries contiguës furent envahies et ceux et celles qui ne trouvèrent pas place restèrent debout à attendre.

    Hystérie collective

    Attendre quoi ? Mais la finale de la coupe du monde de football (c’est le jeu que j’ai succinctement décrit ci-dessus). Chacun dispose pourtant d’une télévision à domicile, mais ces gens allaient poiroter 4 heures, debout, pour voir le match sur un grand écran disposé au fond de la salle dont ils n’auront qu’une vision partielle entre les têtes. Mais ils auront les cris, les réflexions et l’émotion partagée.

    L’être humain est tout de même un drôle d’animal ! Une attente de 4 heures ! Et pendant ce temps les voitures en passant klaxonnaient déjà, anticipant la victoire d’une équipe de France à majorité d’origine africaine mais qui sait chanter la Marseillaise et la chante sans réticence.

    Après cette victoire, une l’hystérie s’est propagée non seulement dans l’hexagone mais aussi parmi les Français vivant à l’étranger. Rassemblements dans les rues, les avenues et les places, le drapeau tricolore sur les épaules, embrassades, hurlements, coups de klaxon en mesure. Déambulations plus ou moins avinées dans tous les quartiers de Paris jusque tard dans la nuit et je suppose qu’il en était de même partout.

    Curieux, non ? Communion nationale et unité d’une nation disloquée qui ne peut se faire aisément qu’autour d’un jeu de ballon quand il ne s’agit pas d’une tragédie.


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  • La mort (accidentelle ou non) d’un jeune délinquant qui refusait d’obtempérer aux injonctions des forces de l’ordre déployées dans des quartiers de Nantes en raison de l’utilisation dans ceux-ci d’armes de guerre les jours précédents a provoqué des émeutes à répétition, des destructions de biens et des incendies que les CRS n’ont pas pu ou n’ont pas voulu prévenir de peur, sans doute, de faire bobo à ces voyous dont on sait la sensibilité.

    Voyous qualifiés par une journaliste de « révoltés », la même ayant qualifié la marche « blanche » d’hommage rendu au jeune homme au casier judiciaire plutôt chargé, mais qui ne méritait sûrement pas la mort pour les délits qui lui étaient reprochés.

    D’après les informations, les destructions ont touché des voitures des habitants du lieu, des commerces, un centre culturel, un centre médico-social, un centre de sécurité sociale, un pôle emploi, un lycée, une bibliothèque ou médiathèque etc…Ces imbéciles ont donc détruit leur propre environnement, ce qui pouvait élever le niveau du coin ou leur venir en aide. Ensuite, ils viendront pleurer qu’ils sont abandonnés (ce qui dans ces quartiers de Nantes ne semblait pas être le cas), appuyés par des sociologues qui en sont encore au traitement social de ces émeutes alors qu’il s’agit surtout d’un problème culturel insensible aux milliards déversés sur ces banlieues à la suite de la brochette de plans pondus par les gouvernements successifs depuis des décennies.

    Macron a bien senti que le dernier en date pondu par Borloo, et qui valait la bagatelle de 40 milliards, n’aurait pas fait mieux que les précédents. Les infrastructures, et parfois de qualité, existent le plus souvent dans ces quartiers dont une partie de la population vit d’une économie souterraine d’où leur extrême sensibilité à la présence des forces de l’ordre. Améliorer l’habitat, c’est bien, changer le comportement d’une partie de la population qui n’a aucunement envie de s’intégrer et vise à rester maître de son territoire, serait mieux mais bien plus difficile pour ne pas dire utopique.

    Cependant, pour être objectif, les plans ont tout de même l’intérêt de permettre de remplacer ce qui est périodiquement détruit par les imbéciles, ici ou ailleurs, car si les centres culturels, les centres médicaux, les écoles, les bibliothèques etc… ne sont pas remplacés après leur destruction, les imbéciles pourraient se sentir frustrés de ne pouvoir détruire que les voitures de leurs voisins ce qui risque de les énerver, car ces incendies de voitures font déjà partie du rituel du jour de l’an en l’absence de toute provocations de la part des autorités.


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  • Surf

    Le surf est un sport avec un certain prestige. Les images de beaux jeunes gens chevauchant d’énormes vagues ne manquent pas de séduction, et je ne doute pas que cela doit être plaisant pour celui qui chevauche. Le lieu où je passe quelques jours est renommé pour la pratique du surf. Les planches sont partout.

    A observer au sec l’évolution des pratiquants, il me semble que ce sport illustre un des traits caractéristiques de l’être humain : la persévérance, l’opiniâtreté, voire l’entêtement, un trait qui doit rendre perplexe les autres espèces auxquelles je joins ma modeste personne.

    La partie sportive de cette activité est essentiellement représentée par :

    1. le port de la planche dans la ville et sur la plage
    2. Surtout le lent et difficile cheminement du surfeur pour avancer dans la mer contre la poussée des vagues en trainant la planche.
    3. La montée sur la planche instable, secouée par ces maudites vagues que l’on veut apprivoiser.

    Au terme de ces épreuves, dans le meilleur des cas et pour la grande majorité des pratiquants que j’ai pu voir, le surfeur ou la surfeuse réussit à tenir, dans une attitude plus ou moins esthétique, environ deux secondes sur la planche propulsée par la vague avant de chuter. La chute marquant la fin d’un cycle et le début d'un autre.


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  • Ils ne pensent qu’à ça

    Dans la dernière édition de Slate.fr, le sexe prend une place dominante, mais c’est le cas de bien d’autres journaux (notamment l’OBS avec rue 89). J’ai relevé les titres suivants dont je n’ai pas lu les articles correspondants :

    - Est-ce que draguer sur internet, c’est tromper ?

    Il me semble que cette question pourrait être le sujet d’une épreuve de philosophie sur le virtuel et le réel.

    - Un Américain se brûle avec une caméra attachée à sa chaussure pour filmer sous les jupes.

    Ce qui fait immanquablement penser à la chanson de Souchon où regarder sous les jupes des filles est la principale motivation des actions masculines.

    - En matière de vulve, la norme n’existe pas (en faisant état d’une étude scientifique).

    Article sans doute rassurant pour les femmes mais qui pointe l’inégalité entre les femmes et les hommes au détriment de ces derniers, car les normes mesurables existent chez ces derniers pour ce qui concerne leur pénis.

    - Aux Etats-Unis les trafiquants sexuels « recrutent » en prison.

    Ce qui laisse penser que les femmes obligées, par nécessité, de se prostituer à leur sortie de prison sont mieux protégées quand elles sont incarcérées.

    Et bien sûr, suite au défilé de personnes fières de la façon non orthodoxe dont elles font l’amour, secrets d’alcôve bruyamment étalés dans la rue, et dont tout le monde devrait se foutre, nous avons quelques articles sur le sujet :

    - La mairie de Paris ne veut pas (vraiment) d’un centre d’archives LGBT+

    Mme Hidalgo en a sans doute assez de faire des erreurs.

    - En marche (des fiertés) avec Mastercard et la mairie de Paris

    Article lu en diagonale et où figure le droit des femmes à avoir un enfant. La faculté d’enfanter est du domaine de la biologie et non de la loi.

    - Le guide des différents drapeaux de la Gaypride.

    Que l’on devrait apprendre en primaire.

    - Aux Etats-Unis, le « coming out » historique d’un joueur de soccer.

    Dans le fond, avec un peu de cul, on peut entrer dans l’histoire.

    Les LGBT sont devenus un groupe de pression et quasiment un parti « transpolitique » ayant son langage, ses moeurs et son drapeau. On peut le comprendre au regard de l’histoire et des persécutions qui n’ont toujours pas cessé dans une partie du monde. On peut comprendre la position de défense, chacun étant libre de vivre sa vie sexuelle comme il l’entend si elle n’est pas agressive, et cela devrait ne regarder personne. Aussi, je me demande si une excessive exposition revendicative de ces orientations sexuelles, qui prend parfois des allures d'exhibition grotesque, dans une société où elles sont acceptées par la grande majorité, ne nuit pas à leur cause, car les homophobes ne cesseront pas de l’être avec ces démonstrations, et d’autres, irrités par leur médiatisation répétée, risquent de le devenir.

    Bernard Buffet : « Deux hommes nus »


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  • Le partage de la perversité

    Bien que surtout intéressé en ce moment par la forêt et l’océan, j’ai appris un peu par hasard que la chaîne de TV LCI allait consacrer ce soir, et pendant 1h30, une émission en forme d’enquête sur un assassin pédophile (pédoclaste me paraîtrait plus exact).

    Cette chaîne semble être très fière d’avoir recueilli les témoignages des proches de l’enquête qui a conduit à son arrestation. Ces témoins ne manqueront pas de faire le portrait d’un individu exécrable, toujours vivant, et dont le procès pour au moins deux crimes n’a pas encore eu lieu.

    Je ne sais pas ce qu’en pense les parents de la petite Maëlys tuée à l’âge de 8 ans par cette brute, mais pour ce qui me concerne j’ai le même rejet que lorsque l’on passe en boucle sur les médias les portraits (au demeurant sans intérêt) des terroristes islamistes après leur assassinats censés leur ouvrir le paradis des musulmans.

    Je sais que les faits divers sont une source inépuisable pour les journalistes d’articles, d’informations et de commentaires, mais il me semble malsain, pour ne pas dire révoltant, de transformer ainsi des assassins en héros, omniprésents sur les ondes et les écrans au point d’attirer l’intérêt et même l’amour de quelques égarées plutôt perverses.

    Klimt : Frise Beethoven : « Les forces du mal »


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  • La génération des portables

    Malgré le temps je ne m’habituerai jamais à ces passants ou plus souvent passantes qui marchent dans la rue comme des zombies, les yeux fixés sur leur smartphone, regardant son écran, tapotant du pouce son clavier, souriant bêtement en parlant à l’invisible, haussant le ton sans égard pour autrui, hochant rythmiquement la tête, les écouteurs vissés aux oreilles, ou le casque monstrueux décoiffant une belle chevelure ou masquant de belles boucles d’oreille choisies le matin avec soin. Les passants et surtout les passantes sont ailleurs, déportés par leur portable dans un autre lieu (demande la plus fréquente : où es-tu ? avant d’engager une conversation) et absents de l’espace environnant. Nous devenons des connectés déconnectés du réel.

    Le pire s’installe chez soi, dans notre intimité : enceintes intelligentes, micros, capteurs et caméras. Tout ce petit monde avec son allure brillante et sa posture discrète est mis à présent à notre service et prétend nous assister avant de bien nous connaître et de nous rendre esclaves.

    Posez une question, l’enceinte branchée sur internet vous donnera la réponse, SA réponse, et n’oubliera pas la question. Vous pourrez ainsi obtenir par sa voix métallique les horaires des trains, les films à l'affiche au cinéma, réserver un restaurant, trouver une recette de cuisine, se faire livrer une pizza, et bien évidemment commander directement des produits sur le site qui vous a vendu l’enceinte parlante. Vous n’aurez même plus l’effort de chercher.

    Merveilles de la domotique à qui vous pourrez donner des ordres de la voix, elle se chargera d’ouvrir les rideaux, de préparer le café qui vous convient, elle s’occupera de la lumière, diffusera de la musique. Ce petit monde robotique à votre service se conduira comme un majordome. Vous pensez être le maître en donnant des ordres, alors que vous deviendrez de moins ne moins libre et de plus en plus paresseux. Ce majordome vous dominera. Ce qui l’intéresse c’est votre argent et un bon vendeur pour vendre l'inutile doit créer des besoins, doit bien connaître vos envies, vos lubies et vos travers. En vous vidant de votre substance vous deviendrez léger, et portable à votre tour après avoir échangé votre âme contre des jouets.

    Illustration : Eugène Delacroix « Faust et Méphistophélès »


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  • Le vieil indien et les astronautes

    J’ai lu récemment une histoire qui m’a bien plu. Neil Armstrong et Buzz Aldrin avant d’entreprendre leur voyage lunaire de 1969 subirent un entrainement dans une zone désertique de l’ouest des USA. Malgré l’aridité des lieux, ceux-ci étaient habités par des tribus indigènes et un vieil homme de l’une d’elles, intrigué par leur présence et leurs activités, leur demanda ce qu’ils pouvaient bien fabriquer dans ce coin perdu. En entendant qu’ils se préparaient à un voyage pour atteindre la Lune, le vieil homme, après réflexion, leur demanda une faveur : transmettre un message aux esprits sains qui habitent la Lune selon la croyance de sa tribu.

    Les astronautes acceptèrent de transmettre ce message dans le cas où leur expédition serait une réussite, et le vieil indigène leur parla dans sa langue en refusant de traduire le message, son contenu étant un secret partagé par sa tribu et les esprits saints de la Lune. Les astronautes apprirent donc par cœur le message sans en connaître le sens.

    De retour à leur base, Armstrong et Aldrin cherchèrent quelqu’un connaissant la langue du vieil indien. Avec bien du mal ils trouvèrent un traducteur capable de révéler le contenu secret du message qu’ils avaient soigneusement mémorisé.

    C’était en effet un message important et comme je n’ai pas de secret pour vous, le voici : « Ne croyez pas un seul mot de ce qu’ils vous racontent. Ils sont venus voler vos terres ».

    Illustration : Joseph Wright of Derby « La veuve indienne », 1789.


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  • La loi contre la falsification et la diffusion des « fakes news »

    La désinformation, les nouvelles inventées, manipulées et la diffusion volontaire du mensonge sont de devenues des « fake news ». Avouez qu’en anglais le terme donne à la malhonnêteté un petit air officiel la rendant acceptable.

    Les « fake news » ont ainsi surgi largement dans l’espace démocratique alors qu’elles sont surtout une spécialité des autocraties et des totalitarismes que ceux-ci organisent en propagande constituée d’une brochette de mensonges officiels connus de tous en tant que mensonges, mais convainquant néanmoins les aveugles ou les idiots (l’un n’empêchant pas l’autre).

    Si les fausses nouvelles deviennent aujourd’hui préoccupantes c’est qu’elles foisonnent et se multiplient grâce aux réseaux sur internet, si bien que l’on finit par ne plus savoir où est la vérité qui paraît bien pâlichonne auprès du mensonge autrement plus séduisant, et de ce fait bien mieux diffusé.

    Les « fake news » sont vieilles comme le monde, même si autrefois elles mettaient longtemps à diffuser et avec une audience habituellement réduite. La fausse nouvelle la plus connue et qui a fait le plus de bruit est celle qui affirmait que la Terre tournait autour du Soleil. Un certain Polonais, chanoine, astronome, médecin et mathématicien du nom de Copernic l’avait inventée en 1511, mais se doutant bien de l’absurdité de ce qu’il avançait, il semble avoir préféré que son mensonge ne soit largement diffusé qu’après sa mort survenue en 1543. Chacun pouvait en effet se rendre compte par lui- même du mensonge en voyant chaque jour le Soleil tourner dans le ciel, se lever d’un côté et se coucher de l’autre. Je suppose que notre chanoine espérait rire de son canular une fois dans sa tombe, étant bien placé pour croire à une vie après la mort.

    Cette « fake news » était cependant si bien ficelée que des gens aussi honorables que Galilée finirent par y croire en lui donnant même plus d’épaisseur. Heureusement que l’Eglise avait édicté des lois bibliques pour lutter contre les « fake news » ce qui permit de rétablir durement la vérité en 1633.

    Illustration : Turner


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  • Il faut admirer la malice de Dieu ou de l’Evolution, le coït qui conduit à la procréation et au développement des espèces est récompensé par le plaisir orgasmique ou « petite mort ». Le coït, qui n’a rien d’évident, devient ainsi attractif. Je parle de mon espèce, car pour les autres je suis dans l’ignorance totale du ressenti animal, mais je soupçonne tout de même la malice cosmique d’avoir prévu une gâterie pour pousser les espèces à se reproduire avec une obstination qui tient parfois de la bêtise.

    Je ne sais pas si vous avez vu « La marche de l’empereur », un film qui retrace le cycle de reproduction des manchots empereurs, et les affres par lesquelles ils doivent passer, aussi bien les femelles que les mâles, pour produire un rejeton. De quoi rendre perplexes les spectateurs qui peuvent se demander après le déroulement de cette redoutable aventure programmée si le cosmos n’est pas plus sadique que malicieux.

    Quoi qu’il en soit la plupart des homo sapiens en état de marche sont tout l’année attirés par le coït et par la « petite mort » qui couronne l’agitation plus ou moins élaborée pour tenter de l’obtenir. Sauf si l’on s’adresse aux travailleuses et travailleurs du sexe, ce plaisir est gratuit, cadeau promotionnel du cosmos que l’on obtient même si l’acte n’est pas fécond.

    La gratuité du plaisir sexuel permet aux populations pauvres de l’obtenir sans réserve, et elles y recourent naturellement, d’autant plus que c’est un des rares plaisirs qu’elles peuvent obtenir à l’égal des riches. Plus sensibles aux impératifs des religions, qui pour la plupart sont très attachées à la croissance et à la multiplication de leur troupeau, les pays pauvres ont moins recours à la contraception à laquelle ils n’ont pas toujours accès.

    Rien d’étonnant de constater que plus un pays est pauvre plus sa démographie explose, d'autant plus que les pauvres y sont bien plus nombreux que les riches. Une explosion qui aggrave la pauvreté. Cercle vicieux qui risque de conduire l’Humanité à sa perte avec la bénédiction des prêtres qui, par principe de précaution, préparent le monde au Jugement Dernier.

    De la petite mort à la grande mort


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  • Cette question aurait été posée par un vieil Africain à son fils. Une question iconoclaste, politiquement très incorrect, et disons-le carrément, nauséabonde. Mais quand on voit des Africains sauvés in extremis de la noyade par l’Aquarius, un bateau surchargé où se trouvent également des femmes et des enfants, entassés dans des conditions que l’on dit déplorables, il faut admettre que ces personnes sont parties de chez elles sans bien connaître les risques qu’elles prenaient pour rejoindre un supposé Eldorado ou alors que les conditions de vie dans leur pays devenaient intolérables au point de prendre des risques insensés.

    Bien sûr, l’Afrique est un continent immense et les conditions de vie comme les régimes politiques varient d’un pays à l’autre, mais dans nombre d’entre eux la population est probablement plus malheureuse aujourd’hui qu’elle ne l’était sous la férule coloniale. Une colonisation que l’on ne cesse de condamner, si bien que les descendants des anciens colonisés reprochent – jusqu’à la haine - aux descendants des colonisateurs d’avoir des ancêtres ayant colonisé la plupart des pays africains en réclamant le statut de victimes éternelles bien que confortablement installés dans le pays des anciens colonisateurs.

    Les empires coloniaux anglais, français ou portugais n’étaient pas comparables à l’empire de Cyrus ou même à l’empire romain où les conquis devenaient citoyens de l’empire jusqu’à devenir empereur à Rome. Dans les colonies, la relation entre les colons et les colonisés se faisait le plus souvent sur le mode de maîtres à serviteurs, en opposition aux Droits de l’homme dont les colonisateurs étaient justement les promoteurs.

    Dans beaucoup de pays africains, l’indépendance fut suivie par des guerres civiles, des dictatures et des conditions économiques qui se sont détériorées, aggravées par la croissance démographique, par l’incurie et l’appétit des dirigeants profitant de la manne déversée par les sociétés étrangères exploitant les richesses du pays et appartenant souvent aux anciens colonisateurs.

    Alors des populations dans la misère et/ou menacées par des guerres intestines ou religieuses ne pensent qu’à quitter leur pays indépendant pour rejoindre le pays de l’ancien colonisateur où leurs conditions de vie ne seront cependant guère brillantes pour la plupart, mais avec l’espoir de le devenir, espoir qu’elles ont perdu dans leur propre pays.


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