• Les propos tenus le 11 novembre dernier par Thierry Ardisson et Karl Lagerfeld dans "Salut les Terriens" ont provoqué une vague d'indignation et des plaintes au CSA. Ardisson avait osé demander à Samia Maktouf, l'avocate de Latifa Ibn Ziaten lors du procès Merah : "Soyons honnêtes, est-ce que dans des familles musulmanes, aujourd'hui qui vivent en France, est-ce qu'il n'y a pas de culture antisémite ? Est-ce que dès le plus jeune âge..." Ardisson n’a fait que dire une évidence et le présentateur a bien pris la précaution de dire « DES familles musulmanes » pour éviter toute généralisation (appelée plus volontiers : amalgame).

    Que n’a-t-il pas dit là ? Comment ? DES musulmans seraient antisémites ? Serait-il possible qu’ils transmettent leur antisémitisme à leur descendance ? Invraisemblable, n’est-ce pas ? On se demande vraiment d’où viennent les centaines d’actes antisémites par an ( l’extrême droite étant – sans doute provisoirement - en retrait ), les synagogues maculées, les tombes profanées, les porteurs de kippa agressés ou assassinés, et les « mort aux Juifs » dans les manifestations pro-palestiniennes.

    Cette simple question a soulevé une vague d’indignation, et Ardisson a été traité de raciste par une meute vigilante d’antiracistes qui voient le racisme dans la critique ou le simple questionnement. Les musulmans sont intouchables. Ils ne sont ni racistes ni antisémites, c’est bien connu, en dehors de quelques rares égarés dont il est inutile de parler. Par contre Ardisson est raciste lorsqu’il dit une vérité toute bête, la même que celle émise par des musulmans éclairés et qui connaissent le problème de l’intérieur.  

    Ardisson est ici victime de l’antiracisme à géométrie variable qui consiste à sélectionner les victimes du racisme et à exercer à rebours un racisme envers ceux que l’on condamne comme racistes. Le raciste, c’est l’autre. L’exemple le plus significatif nous est fourni par « Les indigènes de la république » : pour eux, les seules victimes possibles du racisme sont les anciens peuples colonisés, c’est à dire – pour la France – les Arabes et les noirs surtout lorsqu’ils sont musulmans. Le statut de victimes acquis pour l’éternité permet à celles-ci d’exercer à l’égard des blancs, descendants des colonisateurs, un racisme du plus bel aloi, et à l’égard des Juifs, un antisémitisme que l’on justifie par la colonisation des palestiniens et rebaptisé antisionisme, c’est plus propre. L’Holocauste n’est pas encore oublié. Mais il faut savoir que l’antisionisme, si présentable, c’est aussi le souhait de voir disparaître un pays entier qui fut fondé en raison même de l'antisémitisme.

    L’antisémitisme n’a pas besoin de l’existence d’Israël et de sa politique pour exister. il se maintient dans le monde entier avec une constance mystérieuse depuis que les Juifs ont donné leur Dieu aux chrétiens avec un livre sacré en prime, et ont refusé six cents ans après de suivre le Prophète de l’islam tout en lui transmettant leur animosité envers le porc. Un entêtement qui leur a permis d’accéder au rôle honorifique de maîtres de tous les complots et qui leur a coûté très cher en devenant les objets d’une agressivité mortelle de tous bords : chrétiens pendant des siècles, musulmans, blancs, noirs, et même jaunes (sans avoir vu un seul Juif en chair et en os) qu’ils soient d’extrême droite ou d’extrême gauche. Un consensus qui tient du miracle, mais ne sont-ils pas les « Elus de Dieu » ?    


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  • Ce matin, sur France Inter, j’ai entendu un journaliste remarquer et regretter qu’il y ait plus d’hommes que de femmes récompensés par les prix littéraires, voyant là une manifestation machiste liée peut-être à la composition des jurys littéraires (ce qui n’est pas impossible).

    N’ayant lu aucun des livres en compétition pour ces prix, je ne suis pas à même de juger si ce sont les meilleurs qui furent récompensés ou si des femmes ont été écartées au profit des hommes. Mais je suis pratiquement certain que le journaliste de France Inter est dans le même cas que moi, et il rejette donc arbitrairement les écrivains à leur sexe et non à leur talent. Dans cette perspective, il ne reste donc plus que d’assurer la parité entre les hommes et les femmes, sous peine d’amendes, pour ce qui concerne les prix littéraires, artistiques, et pourquoi pas l’attribution des prix Nobel, et il est étonnant que les Suédois ne l’aient pas déjà fait étant assez portés sur l’application des études du genre.

    Le mouvement féministe est hétérogène et sa démarche en devient contradictoire en défendant des thèses opposées.

    Une partie des féministes (qui ne manquait pas d’alliés dans l’Education nationale) veut abolir le sexe à la suite de l’Américaine Judith Butler qui le considère comme une « présupposition biologique ». Selon les études sur le genre, c’est la différence entre les sexes, « l’hétérosexisme », qui conduit à l’inégalité et à la domination masculine. Il faut donc faire disparaître le sexe biologique au profit du sexe social et distinguer sexe et genre sans que l’un soit accolé à l’autre par l’éducation, celle-ci imposerait un stéréotype à chaque sexe biologique sans permettre à chacun la liberté de l’adopter ou non. Le sexe biologique ne signifiant plus rien, il serait souhaitable selon certains ou plutôt certaines, de ne pas le préciser sur les papiers d’identité et il serait nécessaire de ne plus structurer l’humanité en hommes et femmes (tiré d’un article de ce blog : « Le mauvais genre du sexe »).

    Inutile de dire qu’en tant que médecin cette abolition du sexe me semble purement idéologique. Mis à part les cas pathologiques, plutôt rares, liés à des aberrations du développement embryonnaire, à des anomalies génétiques ou endocriniennes, le sexe est bien déterminé en dehors de toute influence de la société. Il est marqué au fer rouge dans chacune de nos cellules, si bien que la biologie et les maladies avec l’impact de leurs traitements dépendent du sexe biologique et se moquent du genre choisi. Les médecins en tiennent compte chaque jour pour le diagnostic et les soins...Et les maternités aussi.

    Ajoutons que dans cette perspective féministe radicale, si l’on fait disparaître « l’hétérosexisme », il n’y aucune raison de privilégier un « présupposé biologique » plutôt qu’un autre. Ce qui amènerait logiquement à ne pas faire de distinction lors des épreuves sportives (sauf, par prudence, en cas de grossesse).

    A l’opposé de cette conception nihiliste du sexe, la plupart des féministes se revendiquent en tant que femmes (je suis de tout cœur avec elles) et réclament la parité dans tous les domaines justement au nom de leur « présupposé biologique ». Mais faut-il juger un talent en fonction du sexe ? On se retrouve devant le problème des quotas qui favorisent arbitrairement une catégorie de la population pour pallier la domination historique d’une autre catégorie. Les gens ne sont plus jugés sur ce qu’ils font, c’est à dire leurs capacités, mais sur ce qu’ils sont dans leur être. Récompenser une femme parce qu’elle est femme est aussi injuste que de récompenser un homme parce qu’il est homme.


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  • Les mots ont une destinée imprévisible qui dépend évidemment de l’air du temps. Certains envahissent la médiasphère : on entend qu’eux, et d’autres ont mauvaise presse, si bien que l’on évite de les prononcer, ou l'on palabre sur la signification qui doit leur être donnée.

    Parmi ceux qui ont tenu le haut des médias il y avait le mot « diversité » moins entendu aujourd’hui, et que l’on mettait à toutes les sauces.  A l’inverse, le mot « identité » était et reste toujours un mot honteux, du moins pour les blancs car il est parfois revendiqué par les "issus de la diversité". Quant au mot "rigueur", il était banni de la bouche des gouvernants alors qu’il s’agit plutôt d’une qualité lorsque l’on gouverne, la douceur et l’approximation ne sont guère préconisées à la tête d’un état.

    A présent, le mot « harcèlement » a son heure de gloire et envahit les médias. Il est retrouvé dans toutes les relations : hommes/femmes, enfants/enfants ou chef/subordonné. Bien sûr il recouvre des réalités indiscutables, celles de la cruauté humaine et/ou de l’abus de pouvoir.

    Quant à la triade écologique : responsable - renouvelable - durable, elle n'est pas près de s'épuiser, d'autant plus qu'elle fait maintenant partie durablement des slogans publicitaires des entreprises, même les plus polluantes.

    Le mot égalité, lui, est omniprésent. Objectif louable des féministes et résiduel de la gauche. Certes, il figure dans la devise de la République, mais il est descendu des frontons pour envahir la place publique. Les égalitaristes ne veulent voir qu’une seule tête et qu’un seul sexe. Le-la Français-e va devenir une drôle de bête informe au sexe indéfini et a l’intelligence nivelée pour ce qu’il en restera.

    Il n’est donc pas étonnant, qu’à l’inverse, le mot « sélection » est à bannir ou uniquement prononcé pour dire qu’elle n’existe pas. Nous sommes tous égaux mais il faut se rendre à l'évidence, certains sont plus égaux que d’autres comme le disait Orwell, qui, lui, avait bien du talent.

    Les maux des mots


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  • Les médias posent périodiquement la question du maintien de Mr Hulot au gouvernement s’il n’est pas à même de faire progresser de façon conséquente la transition écologique. J’avoue que je ne sais pas trop ce que recouvre cette fameuse transition, et surtout comment la réaliser sur le plan pratique alors que Mr Hulot a accepté d’être au gouvernement dans cette perspective.

    Comme tout ignorant, j’ai d’abord consulté le chapitre « Transition écologique » dans Wikipédia. Si vous avez du temps à perdre, je vous invite à le faire ; c’est un fatras dont on ne retire rien : pas de définition claire, mais un nouveau vocabulaire, une accumulation de références à des documents ou à des réunions, des intentions mais à aucun moment une façon raisonnée de parvenir aux buts souhaités.

    Ailleurs j’ai trouvé une définition plus précise : « La transition énergétique (ou transition écologique) désigne le passage d'un système énergétique qui repose essentiellement sur l'utilisation des énergies fossiles, épuisables et émettrices de gaz à effet de serre (que sont le pétrole, le charbon et le gaz), vers un bouquet énergétique donnant la part belle aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique. Parmi les principales EnR, on trouve : l’énergie solaire, l’énergie éolienne, l’énergie géothermique, l’énergie hydraulique... » (novethic : le média expert de l’économie responsable).

    Bien sûr que l’énergie nucléaire n’y figure pas. Elle ne dégage aucun gaz à effet de serre, mais elle laisse derrière des déchets dangereux quasiment pour l’éternité bien qu’enterrés, et ses centrales ne sont pas l’abri d’accidents catastrophiques, aussi les écologistes ont-ils une sainte horreur de cette énergie malgré ses nombreux avantages, dont l’efficacité.

    Une transition durableSur ma dernière facture EDF figure, en tout petit, l’origine de l’électricité qui m’est délivrée :

    89,7% nucléaire,

    6,9% renouvelable (dont 6,3% hydraulique),

    1,5 % charbon,

    0,8% gaz,

    1,1% fioul

    Dessin paru dans le Canard enchaîné du 1/11/17

    Ce sont donc les centrales atomiques qui me fournissent la quasi-totalité de mon électricité. L’hydraulique (déjà largement exploitée) me fournit une petite part mais les autres énergies propres et renouvelables : l’énergie solaire, l’énergie éolienne, l’énergie géothermique qui devraient en principe assurer cette fameuse transition ne fournissent à eux trois qu’une part absolument ridicule de ma consommation d’électricité : 0,6% ! Les énergies fossiles sont à bannir mais elles ne représentent que 3,4% de l’ensemble, nous voilà rassurer pour l’effet de serre.

    On voit que Mr Hulot a beaucoup à faire s’il veut se dispenser de cette ignoble énergie nucléaire, sans recourir aux énergies polluantes et qui élèvent la température du globe, pour assurer la transition écologique de la production d'électricité sur laquelle est basée toute notre civilisation. Il me semble que si l’on veut remplacer l’énergie nucléaire par des énergies propres et renouvelables, on risque fort de bouleverser notre paysage, mais pas pour l’embellir (du moins de mon point de vue). Je pense que Mr Hulot va devoir patienter durablement ou retourner à sa fondation.

    Une transition durable


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  • L'addiction au sexe des monothéismes

    Si les accusations d'agressions sexuelles qui auraient été commises par Tarik Ramadan s'avèrent exactes, ce prédicateur, dont le double langage est fort prisé des musulmans, deviendrait le prototype du Tartufe islamique mais, selon les dires des accusatrices, en plus violent et plus menaçant que le modèle de Molière.

    Si ces agressions sont avérées, le petit-fils du fondateur des « Frères musulmans » viendrait grossir la cohorte des hypocrites qui fourmillent depuis des lustres dans les religions monothéistes, pervers acquérant la notoriété en prêchant la pureté, la réserve ou l'abstinence tout en se conduisant comme des satyres à l'abri des regards, en profitant de leur ascendant et de leur prestige pour vaincre les résistances et rendre inopérantes les protestations éventuelles.

    Si les dieux de l'Olympe montraient aux hommes l'exemple d'une sexualité libérée, le premier d'entre eux n'hésitant pas à se travestir pour séduire et abuser de belles mortelles, le dieu unique, lui, a jeté la honte sur le sexe, en faisant de celui-ci sa préoccupation première jusqu’à l’obsession , situant l'impureté au-dessous de la ceinture plus que dans la tête, et le vice dans l'adultère plus que dans le meurtre, tout en encourageant les mortels, dans une incohérence dont les religions sont coutumières, à forniquer pour accroître le nombre de ses adorateurs.

    Car contrairement aux dieux de l'Olympe, le dieu unique est asexué (bien que les chrétiens lui aient donné un fils par procréation divinement assistée) et semble regretter que les mortels puissent tirer du plaisir de la copulation. Les prêtres, s'autoproclamant ses représentants, ont donc tendance à condamner ce plaisir et à rendre le sexe honteux bien que son activité à la bonne place, sans s'égarer ailleurs de façon stérile, soit encouragée pour produire de futurs fidèles. Les prêtres et la gent masculine s’efforcent de soumettre la femme, objet de leur désir, tout en en la considérant comme impur jusqu'à la couvrir de noir de la tête aux pieds en islam pour décourager la tentation et parfois à lui raser la tête dans le judaïsme extrême afin de l’enlaidir.

    Paul Cézanne : "La tentation de St Antoine"


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  • Harcèlement médiatiqueEn ouvrant la page d’annonce des articles mis en ligne le 21/10/17 par le Huffingtonpost, j’ai trouvé pas moins de 11 articles concernant le harcèlement sexuel dont les femmes se déclarent victimes. Voici la liste de leurs titres dans l'ordre d'apparition :

    - A 13 ans, Julie Delpy a mis « le script dans la figure » d’un réalisateur qui lui faisait une « proposition malsaine ».

    - Boutin défend la « grivoiserie » face au « dégueulis d’accusations ».

    - Accusé de viol Tarik Ramadan dément et va porter plainte.

    - Ariane Fornia, la fille d’Eric Besson ne parlera plus de son agression sexuelle. (A noter qu'elle éprouve le besoin de déclarer qu'elle n'en parlera plus, ce qui est encore une façon d'en parler)

    - Accusé par la fille d’Eric Besson, Pierre Joxe envisage de porter plainte.

    - #BalanceTonPorc : Sandrine Rousseau appelle à passer de « cette révolte très violente » à la justice.

    - Une ex-assistante parlementaire porte plainte pour agression sexuelle contre un député LRM.

    - Un conseiller régional d’Ile-de-France visé par deux plaintes pour agressions et harcèlement sexuels.

    - Plus d’1 française sur 2 a été victime de harcèlement ou d’agression sexuelle.

    - Une avocate nous trace la frontière entre blagues et harcèlement.

    - « Suivre des hashtags c’est bien, être attentif aux victimes d’agressions sexuelles dans la vraie vie c’est mieux ».

    L’affaire Weinstein a ouvert des vannes qui avaient jusqu’à présent retenu les plaintes féminines pour la plupart justifiées en provoquant un tsunami aux USA et en Europe. En Russie, le problème d’existerait pas. Dans une bonne partie du monde musulman, ce n’est pas un problème puisque les victimes sont coupables d’avoir été agressées.

    Ce déferlement a l’intérêt de mettre en lumière des situations intolérables où l’homme usant de sa position hiérarchique cherche à exercer un véritable droit de cuissage ou se livre à un chantage à l’emploi (qui peut également exister en sens inverse) quand il n’use pas de sa force physique.

    Mais ce déferlement a quelque chose gênant par son ampleur qui finit par poser la question de la véracité des accusations, de la part de vengeance, ou même du désir de notoriété. J’ai été ainsi  amené à prendre connaissance du nom et du visage de nombreuses personnes dont j’ignorais l’existence, notamment dans le monde du spectacle ou de la politique. Quand les révélations virent à la délation sur les réseaux sociaux avant que la justice soit sollicitée on est dans une forme de lynchage injustifiable.

    S’il est sain de voir les choses en face, le spectacle de cet étalage devient un peu malsain. On peut se poser la question des relations futures entre les hommes et les femmes et sur la possibilité de la méfiance qui risque de se développer entre eux. Méfiance qui existe déjà depuis de nombreuses années aux USA (ce qui n’a pas empêché Weinstein, sûr de sa puissance, de se conduire en grossier prédateur et Trump de « prendre les femmes par la chatte »). Une partie des conservateurs américains (dont le vice-président Pense*) en profite pour plaider pour une société plus prude qui bannirait les réunions entre hommes et femmes. La religion est toujours en embuscade. Voir aussi "le crépuscule de la drague"

    * « Il expliquait en 2002 que ses interactions avec les femmes étaient encadrées par des règles strictes. Pence ne dîne jamais seul avec une personne du sexe opposé, ne va jamais à une soirée alcoolisée sans sa femme et préfère avoir un assistant homme s'il faut travailler jusqu'à tard le soir »


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  • Invité le 20 octobre dans la matinale de France Inter, l’historien Pascal Ory, professeur à la Sorbonne, était venu présenter son dernier livre, Peuple souverain, sous-titré : "De la révolution populaire à la radicalité populiste". Un pont, en quelque sorte, entre la gauche radicale et la droite radicale, mais un pont le plus souvent à sens unique allant de la gauche vers la droite plutôt qu’en sens inverse : "on fait de bons populistes d'extrême droite avec des gens qui ont une expérience d'extrême gauche /…/ le fascisme est un populisme qui va jusqu'au bout et qui a reçu des leçons de Lénine".

    Il est visible que des thèmes sont communs à l’extrême droite et à l’extrême gauche comme : "la souveraineté populaire, la critique des élites et même le national". La différence porte surtout sur l'attitude vis à vis des minorités* et de l'immigration.

    De nombreuse personnalités de l’extrême gauche sont passés à l’extrême droite. En France, le cas le plus connu fut celui de Jacques Doriot, communiste devenu fasciste dans les années 1930. Mais le cas le plus caricatural est justement celui du créateur du fascisme, Benito Mussolini lui-même, qui fonda le Parti national fasciste en 1921 après avoir été le leader de la gauche radicale en Italie en 1914. Et notre bon professeur, manifestement insoumis, provoqua quelques perturbations dans la rédaction (notamment de Demorand qui a réclamé des éclaircissement à son invité)) et parmi les auditeurs, en déclarant que : "Mussolini, c'était le Mélenchon de 1914 en Italie /…/ On peut avoir été un Jean-Luc Mélenchon et devenir un Mussolini, mais ce n'est pas fatal". Autrement dit, il faut des circonstances pour le devenir éventuellement.

    Finalement l’historien s’étonne que les gens ignorent l’histoire et refusent de "regarder le résultat catastrophique du populisme mussolinien, hitlérien, léniniste"... et « vont donc déposer des bulletins populistes dans les urnes ».

    Sans parler des personnalités et des idées, on peut tout de même constater sans être un expert, mais aussi sans être aveugle, ce qui semble être le cas d’une grande partie de la population, qu’une fois arrivées au pouvoir l’extrême gauche comme l’extrême droite ont toujours installé des dictatures, des états policiers et des camps de concentration. La seule différence, en dehors des intentions proclamées et de la notion de race, réside dans l’économie. Les régimes communistes aboutissent à des faillites économiques en appauvrissant tout le monde en dehors des dirigeants, alors que les régimes fascistes avaient conservé une économie capitaliste leur permettant de faire des guerres qui ont causé leur perte. La Chine est une exception en réussissant une synthèse entre un régime à parti unique, avec ce que cela comporte de restriction des libertés, et une économie de marché avec une place importante laissée à l’initiative privée et au capitalisme, sortant ainsi du cadre de la définition même du communisme, tout en conservant ses structures totalitaires.

    Cependant, s’il ne faut pas sous-estimer la persistance et la vivacité des démangeaisons populistes de droite ou de gauche, il me semble de bon sens de rester prudent dans les comparaisons. Les circonstances historiques ne sont jamais les mêmes. Le communisme russe, le fascisme italien et le nazisme allemand furent les enfants monstrueux de la Première guerre mondiale. La Seconde guerre mondiale, elle, a accouché d’un enfant inattendu : l’Union européenne qui, quelles que soient les critiques que l’on peut lui faire, change la donne**, et il n’est pas étonnant que les extrémistes de droite et de gauche expriment leur hostilité à son égard.

    * Pangloss m'a rappelé dans un commentaire que l'antisémitisme était bien présent sous Staline. L'extrême gauche (et Marx en tête), ne manque pas en effet de s'y adonner (voir "L'idéologie française" de BHL) et en parlant aujourd'hui pudiquement d'antisionisme.

    ** Chacun a pu constater le rétropédalage de Marine Le Pen vis à vis de l’UE et de l’euro.


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  • Le bégaiement pour tous !On parle beaucoup d'imposer l'écriture inclusive chargée, pour promouvoir l'égalité entre hommes et femmes (en oubliant les transgenres et le genre indéterminé !), de supprimer dans les accords la prééminence du masculin sur le féminin considérée comme une horrible domination machiste véhiculée par l'écriture.

    L'écriture inclusive a déjà son manuel de dislocation de la langue française, ce qui donne à titre d'exemples : Cher.e lect.eur.rice, les édit.eurs.rices, les travailleu.rs.ses, les rédact.eur.rice.s, des petit.e.s Français.e.s instruit.e.s. 

    Inutile de dire que mon correcteur d'orthographe s'est complètement affolé et a souligné rageusement en rouge les expressions précédentes. Imaginez ce que ce charabia va faire dans nos chères têtes blondes et brunes qui ont déjà bien du mal à écrire un français non disloqué.

    J'aimerais attirer l'attention de celles et ceux (diable, pourquoi ai-je placé le féminin en tête, ne devrais-je pas écrire : ce.lles.ux ?) qui placent l'égalité au mauvais endroit et chez lesque.ls.lles il faudrait peut-être inclure dans le cerveau un peu de bon sens, qu'il n'y a aucune raison que le langage parlé ne suive pas la même syntaxe que le langage écrit, ce qui mettrait enfin tout le monde à égalité avec les bègues.


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  • Un nouveau socio-type : le radicalisé

    En recherchant la définition du mot « islamisme » dans Le Petit Robert, je constate, et c’est plutôt rare, un certain embarras des rédacteurs du dictionnaire. En effet, cette définition commence par une citation sans grande signification de Nerval, mais contenant le mot islamisme, suivie par « Mouvement politique et religieux prônant l’expansion ou le respect de l’islam ». Le OU introduit une ambiguïté, car si l’islamiste (« Qui est partisan de l’islamisme ») ne fait que respecter l’islam, tous les musulmans sont islamistes, ce qui, il faut l’avouer, constituerait ce bel amalgame tant redouté des bonnes âmes. D’un autre côté ce OU, plein de malignité, pourrait suggérer que l’expansion de l’islam fait partie de son respect ce qui rétablirait une certaine cohérence à la définition.

    Quoi qu’il en soit, sans doute pour éviter tout embarras sémantique, les médias ont créé, à côté, entre autres, du bobo, du hipster ou du yuppie, un nouveau socio-type : le « radicalisé ». Ce terme a l’avantage d’évacuer l’islam de l’équation, en évitant de mettre en évidence l’objet et le but de la radicalisation.

    En fait, pour être plus exact, on devrait substituer au terme de « radicalisé », d’une neutralité bienveillante* introduisant une pointe de pathologie susceptible d’être traitée**, celui plus précis et plus redoutable d’ « islamiste fanatique », c’est à dire prêt à prendre les armes, et au besoin donner sa vie en acquérant le statut envié de martyr, pour imposer au monde entier le respect de sa religion, en appliquant la quasi intégralité des textes sacrés de l’islam, en occultant cependant les quelques versets qui prônent, par-ci, par-là, la tolérance des autres religions et le respect de la vie, amendements que l’on pourrait attribuer à une divine repentance pour le moins inattendue. Personne n’est parfait.

    * Notons que dans le titre du Canard enchaîné sur l'image qui illustre cet article, les radicalisés seraient traqués, terme qui donne au radicalisé une position de victime.

    ** Ce qui avait conduit à créer des centres de "déradicalisation", le radicalisé étant quasiment considéré comme atteint d'une maladie contagieuse.


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  • Si le poil a toujours eu bonne presse sur la face des religieux, on assiste depuis deux décennies au retour du poil et à son invasion sur les faces areligieuses.

    L’extension du domaine du poilLa barbe longue est devenue le stigmate le plus caractéristique du hipster, mélange de bourgeois et de bohème s’efforçant d’être non conformiste mais en se conformant soigneusement à un socio-type bien déterminé. La barbe pour le hipster est un moyen de s’affirmer aussi bien auprès des femmes que des autres hommes : « Avec leur tenue faussement négligée, leurs nippes alternant l’ultrachic (les pompes) et l’ultra-cheap (les chemises à carreaux), et leur coupe de cheveux coiffés-décoiffés, les hipsters hantent l’écume de l’époque. Et même les travées du Collège de France » (Le Temps)

    Mais ces barbus ressemblent finalement aux portraits des hommes du passé, où le port de la barbe était quasi constant et leur donnait une certaine noblesse de prophète. Je n’en dirais pas autant des mal rasés où la barbe de trois jours fait plutôt malpropre et vieillit prématurément des visages juvéniles en révélant une pelouse drue poivre et sel. Cette mode est telle que cet hirsutisme ras a envahi le visage de ceux dont la profession est de se montrer, hommes de spectacle, mais également hommes politiques, donnant à ces derniers un petit côté malpropre même lorsqu’ils sont honnêtes, tout en affirmant leur virilité, ce qui peut toujours servir.

    Mis à part la chevelure où la femme excelle, ce qui dérange les musulmans rigoristes qui lui impose le port du voile afin de masquer cet avantage, le domaine du poil était jusqu’à présent réservé aux hommes. Depuis quelques temps, certaines femmes ont tendance à revendiquer leurs poils haut et fort. Si la mode est à l’épilation du pubis, à l’opposé des femmes s’élèvent contre l’obligation de se raser ou de s'épiler les aisselles et les jambes, opérations pilaires qu’elles estiment imposées par la société selon des stéréotypes artificiels mais dont la transgression peut provoquer de vives réactions non moins stéréotypées.

    L’extension du domaine du poil

    Une mannequin suédoise qui a osé montré ses poils de jambes sur une photo publicitaire est devenu la cible de cyber harcèlement avec menace de viol, ni plus, ni moins. A noter que ce violeur virtuel semble finalement attiré par le poil aux jambes.

    Une Chinoise, elle, veut s’ajouter des poils là où elle n’en a pas en utilisant des extensions de poils de nez, ce qui lui donne un côté chatte inattendu.

    L’extension du domaine du poil

    Quand je vous disais que le domaine du poil ne cesse de s’étendre. D’ailleurs le président Macron n’a-t-il pas fait allusion aux fainéants qui ont un poil dans la main ?


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