• L’automatisme verbaleLe 31 août 2020, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, dans un discours (relayé par les réseaux sociaux) s’adressant à une assemblée de jeunes femmes, a déclaré : « La pandémie ne fait que démontrer ce que nous savons tous : que des millénaires de patriarcat ont produit un monde dominé par les hommes avec une culture dominée par les hommes qui nuit à tous – les femmes, les hommes, les filles et les garçons. ». A première vue on ne voit pas le rapport entre l’apparition et la diffusion de la COVID-19 et le patriarcat. En cherchant bien, peut-être visait-il le patriarcat chinois puisqu’il semble que c’est à la fréquentation des animaux sauvages par les Chinois que l’on doit les dernières épidémies virales, et que cette fréquentation est souvent motivée par les vertus aphrodisiaques attribuées aux extraits de certaines bêtes. Ces vertus aphrodisiaques étant essentiellement recherchées par les hommes, nous voilà retombés dans le patriarcat dans sa forme impuissante. Etant donné le copinage de l’OMS avec la Chine, cette hypothèse est peu probable. Le secrétaire général de l’ONU voulait parler du travail accru des femmes pendant l’épidémie, ce en quoi il n’avait pas tort, mais qui tient également au choix des femmes pour certains métiers, comme le soin, plutôt que d’autres, et qui sont, en effet, largement mis à contribution pendant cette pandémie, et sous tous les climats quel que soit le degré de patriarcat, celui-ci étant en voie de disparition dans les pays occidentaux. Antonio Guterres s’adressant à des femmes, s’est empressé de sortir le tiroir du patriarcat qui ne pouvait que plaire. Il s’est soumis au langage automatique, en se dispensant de toute réflexion et de toute distinction. De plus en plus, les élites sont intoxiquées par les mots qu’elles sortent sur le mode automatique dans leurs discours comme : patriarcat, domination de l’homme, et en ajoutant de préférence blanc en donnant ainsi un peu de couleur au discours, ce qui ne peut que plaire à ceux qui en ont davantage et qui ont pourtant tendance, plus que l’homme blanc, à vouloir dominer la femme. Les tiroirs sont bourrés de mots automatiques tels : renouvelable, responsable, transition écologiste, on ne sait pas trop les modalités précises de cette transition, mais elle est brandie comme un totem à la moindre occasion et impose silence. Automatisme néanmoins orienté par la composition de l’auditoire, comme l’a montré Macron en ironisant devant une assemblée de chefs d’entreprise sur la « lampe à huile » des écologistes opposés à la 5G.  


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  • La fécondation in vitro pour toutes et tousCette semaine une femme s’est vue interdire l’entrée du musée d’Orsay en raison d’un décolleté profond, et il lui a été demandé d’enfiler une veste pour cacher ses seins que l’on ne saurait voir. Il se trouve que ce musée expose des nus à la vue de tous , et notamment « l’origine du monde » de Courbet, tableau représentant avec réalisme le sexe féminin. Ce qui confirme que le réel et le vivant ont un impact bien plus puissant que l’image, la fiction ou l’imaginaire. Depuis, la direction du musée s’est excusée de l’initiative pudibonde de l’une de ses employés auprès de la personne dont les seins furent malencontreusement repoussés hors de l’enceinte culturelle. Hier, des Femen sont venues protester dans le musée contre ce refoulement mammaire en portant des slogans comme "stop à la sexualisation du corps de la femme" “obscène à cause de vous” ou “l’obscénité est dans vos yeux” sur leurs poitrines nues. Donc, ces féministes radicales veulent "désexualiser" le corps de la femme, mais il se trouve que la sexualité est basée sur l’attraction des corps qui peut aller jusqu’au rapport sexuel, et même la procréation. On pourrait en conclure que ces Femen souhaiteraient remplacer la copulation qui nécessite une sexualisation des corps, qu’il soit féminin ou masculin, par la fécondation in vitro, ce qui permet la procréation hors des corps, ceux-ci étant enfin "désexualisés". Je voudrais cependant signaler à ces Femen, dont beaucoup sont lesbiennes, qu’elles sexualisent, elles aussi, le corps de leurs compagnes avec lesquelles elles désirent avoir des rapports sexuels. Il semble donc que ce qui peut attirer un homme vers une femme ou vice versa serait scandaleux, alors que l’attrait physique d’une femme pour une autre serait licite. La fécondation in vitro pour la procréation faisant pour elles l’affaire en "désexualisant" le sperme de l’homme devenu un produit de consommation comme un autre stocké dans des banques. Ajoutons, a contrario, qu'un mouvement demande aujourd'hui aux lycéennes et collégiennes de s'habiller de façon "provocante" afin de pouvoir se vêtir comme elles le désireraient contre le règlement intérieur de leur établissement. S'opposant aux Femen, ces adolescentes demandent donc la liberté de sexualiser leurs corps puisqu'elles parlent de "provocation" qui ne peut viser que les hommes (ou les lesbiennes). Je suppose que de jeunes voilées chercheront à profiter de cette ouverture pour se couvrir en provoquant la laïcité. La femme a toujours été un mystère pour l'homme (Illustration : Francis Picabia : « Deux femmes aux pavots »)


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  • Lectures légères

    Lectures légèresJe viens de terminer un polar italien : « Les mains vides » de Valerio Varesi où l’on assiste aux déambulations d’un commissaire à travers les rues de Parme, à la fois accablé par une chaleur torride et par sa ville gangrénée par la pègre mi-étrangère (de l’est), mi-italienne et par la corruption. Ce polar ne manque pas à la tradition des polars italiens, comme ceux de Donna Leon qui se déroulent dans Venise, où les policiers découvrent toujours les coupables mais n’arrêtent que les seconds couteaux en laissant prospérer les notables mouillés. Ces polars du sud, peut-être en raison du soleil et de la beauté des villes, malgré le cynisme qui y règne sont finalement moins désespérants que les polars du nord : Islande, Ecosse, Suède…imprégnés d’un climat gris et froid, riches en policiers alcooliques souvent divorcés dont les enfants se droguent  plus ou moins. Les séries télévisées du nord ont également ce goût amer en se déroulant dans des rues monotones aux maisons laides sous un ciel bas et aux personnages tristes à pleurer.

    Mais le soleil de Marseille ne suffit pas à éclairer les romans sombres et très bien écrits de Jean-Claude Izzo où son héros Fabio Montale ne se fait plus d'illusions sur sa ville dans "Total Khéops", "Chourmo", et "Solea".

    Lectures légèresPour ce qui concerne les romans d’un genre différent que j’ai lu pour me distraire, je suis un peu irrité par un procédé qui me semble de plus en plus utilisé par les auteurs : le morcellement spatio-temporel, l’abandon du temps linéaire au profit d’un désordre chronologique savamment orchestré avec des sauts multiples du présent au passé et vice versa, ce qui est un procédé facile pour créer du suspense en vous privant périodiquement de dessert. Procédé utilisé habilement dans l’excellent « Changer l’eau des fleurs » de Valérie Perrin, de façon plus grossière dans « Le gang des rêves » de Luca Di Fulvio, et de façon diabolique dans « L’Enigme de la chambre 622 » du Genevois Joël Dicker. Ce dernier livre est un phénomène de librairie : premier dans les meilleures ventes de la Fnac pendant 9 semaines, il est encore en deuxième position à la onzième semaine. Dans l’hôtel où j’ai passé mes vacances, nous étions trois à le lire. Son intrigue est particulièrement alambiquée avec des sauts dans le temps et dans l’espace plusieurs fois dans un même chapitre, ce qui finit par nous désorienter. L’auteur abuse du procédé jusqu’à la malhonnêteté et son œuvre finit par perdre sa qualité de roman pour endosser celui du feuilleton. La plupart des gens ont aimé ce livre et se sont laissés embarquer dans une intrigue invraisemblable et atomisée.

    Illustration ; Renoir, Vuillard, Magritte.


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  • L’Aveu« - Taisez-vous. Je vous avertis que cette affaire fera tomber des têtes. Nous avons toutes les preuves en main. Nous emploierons des méthodes qui vous étonneront, mais qui vous feront avouer tout ce que nous voulons. Votre sort dépend de nous. Ou vous optez pour des aveux complets pour essayer de vous racheter, ou vous vous obstinez à rester dans la peau d'un ennemi de l'Union soviétique et du Parti jusqu'au pied de la potence. Alors, pour commencer, répondez à la question qui vous a été posée... »

    C’est un extrait du livre d’Arthur London « L’aveu » où ce héros communiste de la résistance pendant la IIe Guerre mondiale, appartenant par la suite au gouvernement tchèque, doit avouer des crimes qu’il n’a pas commis pour sauver sa tête, et qu’il sauva, contrairement à la plupart de ses compagnons d’infortune, victimes d’une « purge » (quel mot horrible s’agissant d’êtres humains) voulue par Staline. Le « Petit père des peuples » était un spécialiste des assassinats préventifs, appliquant le proverbe arabe : « bats ta femme, si tu ne sais pas pourquoi, elle, elle le sait » (il me semble d’ailleurs que Pierre le Grand avait sorti le même précepte).

    Vous vous demandez peut-être pourquoi je ressors le cadavre de Staline que les communistes d’aujourd’hui évite de déterrer en public (car ils en ont peut-être la nostalgie en privé), et bien, parce qu’un vent stalinien venant des USA semble souffler sur notre société.

    Si l’on ne pense pas droit en matière de féminisme, de LGBTQ…etc...d’antiracisme (unidirectionnel), de minorités, d’immigration, de violences policières, de colonialisme… etc…etc…Non seulement on est condamné par la meute en réseau et les meutes dans la rue, mais en plus, il faut AVOUER sa faute, et même celle de ses ancêtres, s’en excuser, changer des mots, mettre un genou à terre ou même s’aplatir, c’est mieux si l'on veut survivre. Quand on a permis à une opinion contraire ou à un auteur maudit par cette foule de s’exprimer, dans l’édition, par ex. il est recommandé de faire rapidement marche arrière, ne pas éditer le livre, expulser l’auteur malencontreux, se désolidariser de lui pour ne pas subir les avanies promises par cette foule déchaînée, avide de censure, de boycott, d’autodafé et assoiffée de totalitarisme.

    La purge stalinienne est revenue, et si elle n’est pas encore sanglante, elle peut le devenir, nous n’en sommes encore qu’au stade de la rééducation de la pensée.


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  • « Elections, piège à cons »

    Photo de Dovic Marin

    Le slogan de Mai 1968 : « élection, piège à cons », repris par Sartre, dont on connaît l’obscure clairvoyance, s’avère de plus en plus exact depuis que grandit l’abstention, car ce sont de plus en plus les cons engagés qui se rendent aux urnes avec le risque d’élire des candidats qui ont la même affinité pour la connerie. L'aggravation de l'abstention sélectionne les votants les plus motivés et peut favoriser les extrêmes.

    Les dernières élections municipales ont permis d’élire des maires de quelques grandes villes sur un programme écologiste avec environ 20% des inscrits. Les 80% de la population qui n’ont pas voté vont donc se retrouver comme des cons à subir un programme dont ils ne veulent probablement pas pour la plupart. On voit la profondeur du slogan « élection, piège à cons », car que l’on vote ou que l’on ne vote pas, on n’échappe pas au statut de con, qui, avouons-le, est un statut bien mieux partagé que celui du bon sens.

    Pour ma part, sans être engagé, je vote régulièrement, sauf aux dernières municipales de Paris sachant que Mme Hidalgo avait toutes les chances d’être élue, malgré son mauvais bilan, les macronistes qui avaient l’opportunité de remporter la mairie de Paris s’étant montrés indignes de la remporter. Je vais donc subir les lubies de l’équipe municipale au nez vert qui malgré ses oukases, qui emmerdent les Parisiens, et surtout les banlieusards, qui travaillent (et dont les socialistes se foutent complètement), promulgués et exécutés les six années précédentes nous faitt respirer un air aussi pollué, bien entretenu par les voitures de moins en moins nombreuses mais de plus en plus immobilisées. Il est vrai que le socialisme moderne s’occupe de moins en moins des pauvres et de plus en plus du sexe (« genre » si l’on tient compte de l’expansion de sa panoplie) ou de la couleur de la peau, ce qui est une dérive anatomo-hormonale du marxisme.

    C’est ainsi que le maire écologiste nouvellement élu à Lyon a pris comme une de ses premières décisions, d’imposer « l’écriture inclusive » (écartée par Edouard Philippe et par l’Académie Française), facteur primordial pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine de la stupidité, en imposant une langue désarticulée que l’on ne peut pas parler et qui ne peut être écrite que par une élite orthographique. Ce qui montre que si l’on traite irrévérencieusement les écologistes de pastèques : vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur, il me semble que le rouge est un peu pourri.


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  • Les intellectuels sont-ils anticapitalistes par ressentiment ?

    Portraits de Mao par Andy Warhol

    Les intellectuels défendant le capitalisme sont plutôt rares. Rainer Zitelmann, un historien et sociologue allemand, s’est exprimé dans Le Point le 29/06/20 sur les raisons qui pousseraient beaucoup d’intellectuels à être anticapitalistes, contre les « lois » du marché, le libre-échange, la mondialisation et bien sûr les Etats-Unis.  Un capitalisme qu’ils accusent de tous les maux de la planète, de la misère en Afrique au changement climatique.

    Je me permets quelques remarques :

    Beaucoup d’intellectuels ont été marxistes et certains le sont encore, jusqu’à défendre des régimes indéfendables et criminels. Sartre en fut le prototype, mais ils furent légion. Nous avons encore sur les plateaux et sur les ondes des bavards qui exposent leurs convictions tout en prenant soin de taire celles qu’ils défendaient jadis et qui ne sont plus présentables. Mais les Mao, Pol Pot ou Staline, que ceux qui sont encore en vie n’hésitaient pas à soutenir, sont remplacés par les régimes cubain ou vénézuélien qui leur semblent préférables au régime démocratique sous lequel nous vivons, et qu’ils accusent, sans sourciller, de dérive autocratique.

    Il n’est pas étonnant que les intellectuels soient très friands de constructions intellectuelles car ils ont toutes les armes pour les construire dans l’idéal selon les normes de la raison. Ces idéologies pensées de A à Z s’opposent au capitalisme dont l’évolution est spontanée, même si l’on s’efforce de le réguler. Cette régulation vient à posteriori, alors que l’idéologie est un a priori : une feuille de route à appliquer par l’Etat, et à insérer dans le réel quitte à le casser quand l’une ne rentre pas dans l’autre. Ainsi les intellectuels donnent un rôle prédominant à l’Etat, un étatisme qui ne peut que limiter la liberté, ce qui ne semble pas les gêner puisque la « servitude volontaire » du peuple est pour son bien. Les intellectuels savent toujours ce qui est bien pour le peuple, et cela les pousse à parler en son nom.

    Rainer Zitelmann donne une raison pour le moins originale comme une des explications de l’anticapitalisme si commun chez les intellectuels : « Les penseurs n’adhèrent pas à l’économie capitalisme car elle obéit à des règles différentes de la méritocratie scolaire »… « Afin de comprendre pourquoi les intellectuels sont fréquemment anticapitalistes, il convient de tenir compte du fait qu'ils constituent une élite ou se considèrent comme une élite et que leur anticapitalisme se nourrit de l'opposition à l'élite économique. À cet égard, il s'agit d'une compétition entre différentes élites. Si davantage d'éducation et d'enseignement supérieur ne se traduisent pas naturellement par plus de revenus et un statut plus élevé, c'est que, selon les intellectuels critiques du capitalisme, les marchés sur lesquels de tels développements sont possibles sont « injustes »… « Du point de vue de l'intellectuel, l'entrepreneur qui, peut-être, n'a pas beaucoup lu et a éventuellement été un étudiant au mieux moyen, n'a rien de comparable à lui : il n'a pas de diplôme de doctorat ni de liste de publications. » et pourtant il a « des revenus et un patrimoine supérieurs à ceux du philosophe, du sociologue, de l'expert de la culture ou des arts habilités (ce qui) entraîne un scepticisme général contre un ordre économique basé sur la compétition. » « l’injustice qui en résulte (doit être corrigée) par une redistribution massive. En enlevant aux riches ce qui ne leur revient pas, du point de vue de l'intellectuel » 

    Rainer Zitelmann considère donc que dans l’anticapitalisme des intellectuels il y aurait une part de ressentiment, disons même de jalousie assortie de mépris pour ceux qui n’auraient pas suivi un cursus universitaire, et qui ont eu néanmoins le toupet de réussir mieux qu’eux dans la compétition de la vie.

    Notons d’abord que s’ils sont contre un ordre économique basé sur la compétition, ces intellectuels ont également émergés à la suite d’une compétition. Rien n’empêche d’ailleurs les diplômés de gagner de l’argent, ce que certains font d’ailleurs. Mais les anticapitalistes partisans d’une redistribution massive oeuvrent surtout comme philosophe, sociologue, expert de la culture ou des arts, occupations qui ne prédisposent pas à faire fortune.

    Si l’analyse de Rainer Zitelmann est exact, ces intellectuels penseraient que les diplômes leur donneraient tous les droits alors qu’ils n’ont probablement pas le talent d’entreprendre ou de réussir dans le commerce. L’idéologie n’a jamais fait marcher l’économie et quand l’économie ne marche pas, il n’y a rien à redistribuer.


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  • Nous avons eu le « nous sommes en guerre » de Macron, formule martelée en début de phrase dans son discours au début de l’épidémie de covid-19. Certes, l’épidémie a provoqué plus de 30000 morts en France car il faut compter les morts par d’autres maladies dont les soins n’ont pas été assurés, mais on voit bien que Macron est trop jeune pour avoir vécu une guerre, et il ne lui déplaisait pas de jouer au chef de guerre sans avoir jamais revêtu l’uniforme. Pour ce qui me concerne, cette anaphore présidentielle, loin d‘augmenter le sérieux de son discours m’a paru l’amoindrir tant il sentait l’artificiel et la rhétorique.

    Nous avons à présent le nouveau maire de Bordeaux, l’écologiste Pierre Hurmic, ceint de son écharpe tricolore qui a décrété dès son élection « l’état d’urgence climatique » à Bordeaux. Une grandiloquence et une disproportion qui frisent le ridicule, car que compte-t-il faire ? Abaisser la température de la planète par des mesures imposées d’urgence aux Bordelais ? Changer le climat à Bordeaux ? Pour être sérieux, il faut rester modeste. Les écologistes purs et durs, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.


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  • Trans en transes

    La romancière J.K Rowling, autrice des aventures de Harry Potter, a eu le malheur de déclarer que seules les femmes ont des règles. Depuis cette déclaration particulièrement osée, elle subit une campagne d’intimidation par la meute en réseau groupant ceux qui considèrent qu’elle s’est ainsi livrée à une discrimination envers les transgenres. Pourtant le fait est avéré : les transgenres n’ont pas de règles. Il n'est plus admis qu’une vérité soit dite si elle est gêne certains.

    Dans la foulée, des employés de Hachette UK qui édite les ouvrages de J.K. Rowling ont voulu refuser de travailler sur ses romans. Il arrive ainsi de plus en plus (ce fut le cas pour l’autobiographie de Woody Allen) que des employés des maisons d’édition en exprimant leur désaccord avec les opinions d’un auteur ou leur désaveu de sa personnalité ou en brandissant des accusations même non prouvées à son égard, veulent exercer une censure, en quelque sorte privée, purement émotionnelle et subjective, en se référant à la ligne du politiquement correct du moment, et une simple rumeur est suffisante pour que ces censeurs improvisés s'opposent à l ‘édition d’un ouvrage.

    Dans nos démocraties la liberté d’expression est ainsi menacée par n’importe qui à propos de n’importe quoi. La morale, ou soi-disant telle, tend à remplacer les idées et le débat. Quand on parle de morale, on vise souvent le souci de ménager la susceptibilité des identités revendiquées aussi farfelues soient-elles.

    Pour en revenir à la déclaration de J.K. Rowling, en affirmant que seules les femmes ont des règles, elle ose dire qu’un homme transformé en femme n’en est pas une, puisque dépourvu d’utérus, ce qui conduit également à l’impossibilité de procréer. Il faut se rendre à l’évidence, chez les mammifères, dont l’homo sapiens fait partie, seules les femelles sont équipées pour procréer. Sur les campus américains où fleurissent les aberrations, on parle, pour ne vexer quiconque, de personnes pourvues ou non d'un utérus. J'ignore si l'on parle aussi de personnes pourvues ou non d'un cerveau en état de fonctionner correctement.

    Les trans changent de genre, on peut difficilement dire qu’ils changent vraiment de sexe car malgré toutes les transformations anatomo-hormonales subies, celles-ci ne sont que comportementales et de façade, l’intérieur, organique, cellulaire et génétique reste celui livré à la naissance. Un transgenre est un transgenre, ni plus, ni moins. Mais il est évident que franchir le pas de la transformation et le maintien de la transgression biologique (à moins de se contenter d'affirmer son genre en conservant sa barbe) sont difficiles, voire éprouvants, ce sont des démarches qui s’imposent donc pour ces personnes comme une nécessité, même si le résultat ne peut être qu'incomplet.

    J’espère que ma faible audience m'évitera les remontrances.

    Illustration : l'égérie de Calvin Klein (image rapportée par "Souris Donc") 


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  • La noirceur du blanc

    Depuis qu’un policier américain sadique a étouffé sous son genou un homme dont il n’avait pas respecté ses droits d’être humain, peut-être parce sa victime avait un peu plus de mélanine dans sa peau que dans la sienne, un vent purificateur ne cesse de souffler aux USA en se propageant au reste du monde.

    Une partie des politiques comme les commerçants s’évertuent, plus par intérêt que par vertu, dans une concurrence effrénée, à se montrer les plus politiquement corrects dans des initiatives antiracistes parfois surprenantes pour ne pas dire ridicules.

    L’Oréal vient de bannir « blanc », « blanchissant » et « clair » dans le langage de présentation de certains de ses produits. D’autres marques suivront probablement pour être dans le vent de cette hystérie vertueuse collective.

    Mais il reste bien du travail pour noircir le blanc et blanchir le noir, puisque le statut cutané devient plus important que celui d'être humain.

    Pour donner quelques exemples qui devraient nous engager à corriger le privilège du blanc et promouvoir le noir :

    Pourquoi au jeu d’échecs donnerait-on la priorité aux blancs pour commencer la partie ?

    Pourquoi une note musicale blanche vaudrait-elle deux temps, alors que la noire ne vaut qu’un temps ?

    Pourquoi une lessive devrait-elle laver plus blanc et pas plus noir ?

    Et prenons simplement la lumière : le spectre de la lumière blanche est composé de la somme des longueurs d’onde correspondant aux couleurs que nous percevons. Toutes. Alors que le noir, c’est l’absence de lumière reçu par l’oeil. Le noir, c’est l’absence. Un objet est vu noir lorsqu’il ne réfléchit ou n’émet pas de lumière. Intolérable.

    Il reste beaucoup à faire, notamment dans les expressions. Si le coquin "nègre en chemise" de nos pâtisseries a été à juste titre débaptisé, l'expression "broyer du noir" devrait être évitée depuis la mort George Floyd. 

    Illustration : le grand Louis Armstrong


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  • La convention citoyenne pour le climat, qui réunissait 150 personnes tirées au sort mais basée sur le volontariat (ce qui a probablement exclu celles qui ne s'intéressaient pas à l'écologie), a accouché d’une série de mesures où dominent les interdictions et les sanctions, certaines d'entre elles n'ayant rien à voir avec l'écologie. Il est probable que ces citoyens, à qui ont été confiées de lourdes responsabilités, ne connaissaient pas grand-chose sur la question en dehors des connaissances sélectionnées par le flux médiatique. Ils ont donc été sans doute fortement influencés par les experts amenés à les déniaiser. C’est ce qui arrive quand on demande à des gens qui ne connaissent pas vraiment une question d’y répondre, et ils l’ont fait jusqu’à parler d’écocide et de modification de la Constitution. Ce qui me rappelle le fameux principe de précaution que Chirac a fait introduire stupidement dans la Constitution.

    A côté de cette floraison d’interdictions et d’injonctions qui risquent de s’abattre, avec les meilleures intentions du monde, sur la société française et qui ne modifieront en aucune façon le climat à l’échelle planétaire, on voit aussi l’inverse à l’égard des institutions et notamment de la police. Mélenchon voudrait la désarmer pour qu’elle soit respectée en assurant l’ordre à mains nues, ce qui permettrait aux voyous les pillages en toute liberté. Des « antiracistes » autoproclamés réclament que la police se dispensent d’immobiliser les délinquants et même proposent l’interdiction de les poursuivre s’ils s’échappent, ce qui permettrait à la délinquance de s’épanouir enfin librement.

    La tendance est donc de contraindre le citoyen hexagonal pour régler une situation planétaire préoccupante, et qui ne préoccupe que modérément la plupart des autres pays, mais de ne pas trop gêner le délinquant des « quartiers sensibles » qui règle à sa façon le chômage endémique dans des activités parfaitement écologiques, en utilisant le plus souvent des produits naturels, et en brûlant périodiquement des voitures tant exécrées par les écologistes.


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