• Le fourre-tout du racisme

     

    Combien de fois ai-je entendu des commentateurs ou des membres d’associations diverses considérer que les expulsions d'immigrés en situation irrégulière étaient des actes racistes. Voilà un bel amalgame qui leur donne sans doute bonne conscience et qui devrait logiquement les conduire  à plaider pour l'ouverture totale des frontières et l'accueil de tous les malheureux de la terre.

    Comment peut-on assimiler l'expulsion d'une personne entrée illégalement dans un pays (même si on peut la discuter) avec les actes des conquistadors espagnols qui se posaient la question de savoir si les indiens qu'ils massacraient avaient une âme ou non, c'est à dire s'ils étaient des hommes ou des bêtes, avec les négriers qui considéraient les esclaves à mi-chemin entre l'homme et la bête, avec les Allemands qui considéraient les Juifs comme des sous-hommes, en programmant et en organisant leur extermination, du petit enfant au vieillard,  de façon quasi industrielle ?  
    Le racisme prétend qu'il y a des groupes humains génétiquement inférieurs à d'autres (ce qui n'a pas de sens). Parler de racisme pour n'importe quoi finit par vider ce terme de son sens. L'hostilité envers des étrangers est condamnable mais n'est pas un racisme. Rejeter les mœurs d'un autre groupe humain peut très bien se justifier et n'est pas un racisme. Dans la discrimination, une personne est rejetée en raison de ses origines, de la couleur de sa peau ou de ses différences avant même de la connaître, ce qui est condamnable. Mais considère-t-on alors sa nature comme inférieure ? Si c’est le cas pour certains, pour la plupart elle est rejetée par crainte de la différence ou par conformisme, ce qui distingue cette discrimination du racisme. Si une partie de la population subit une discrimination, elle peut se sentir stigmatisée et la subir comme un racisme, assimilant cette situation au port de l’étoile jaune par les juifs, ce qui est encore un amalgame, car le plus souvent la population visée arbore elle-même les stigmates de ses particularités auxquelles elle tient, les signes religieux « ostentatoires » en sont un exemple, les manifestations caricaturales de la Gay Pride, un autre.

     

    « Que les démocrates se rassurentLa collection des Stein »

  • Commentaires

    1
    Lundi 31 Octobre 2011 à 12:59
    Cette mise au point devait être faite, pour autant ceux qui ne veulent pas comprendre, n'y parviendrons jamais, car ils suivent une mode, pour se rendre intéressant ou par désoeuvrement, (je veux parler de moult associations inutiles), bien évidemment toutes ne le sont pas.
    Certains se vautre dans les rôles de persécutés alors qu'ils sont eux-même des provocateurs ! (On me diabolise de Le Pen).
    Je ne suis pas homophobe, de cela j'en suis sur, et pourtant je me suis offusquée de la < Gay Pride >, où les banderoles revendiquant un droit à l'adoption, voisinaient avec des hommes en slips de cuir noir en train de se téter la langue debout sur des chars !
    Nettoue
    2
    Lundi 31 Octobre 2011 à 13:25
    Tout à fait vrai. La différence n'est pas le racisme, mais le devient quant cette différence est ressentie comme une non intégration. J'ai travaillé en région parisienne avec des français musulmans de la seconde génération qui pratiquaient du racisme primaire à l'égard de certains français de souche par un comportement arrogant vis à vis d'eux, alors qu'avec d'autres personnes de confession musulmanes, je me sentais tout à fait intégrée, notamment pour aller acheter des pâtisseries arabes sur les marchés...!!!!!
    3
    Lundi 31 Octobre 2011 à 15:54
    Constater une différence physique n'est pas du racisme. Constater que cette différence entraîne des aptitudes physiques inégales n'est pas du racisme.
    Constater des différences culturelles ou religieuses n'est pas du racisme. Mais on n'est pas obligé de les aimer surtout si on n'est pas payé de retour.
    Quant aux différences intellectuelles, je n'en parlerai pas.
    De peur de me faire accuser de racisme.
    4
    Lundi 31 Octobre 2011 à 17:59

    Il y a  un concours dans la victimisation avec une utilisation excessive et inappropriée du terme "racisme" en lui retirant ce qu'il a de fondamentalement redoutable.

    5
    Lundi 31 Octobre 2011 à 18:07

    Un groupe non intégré peut ne pas l'être par sa propre volonté. S'il veut s'intégrer et qu'il est malgré tout rejeté, il est victime d'un racisme que s'il est considéré comme de nature inférieure. L'arrogance de musulmans à l'égard des non musulmans peut être une marque de racisme s'ils considèrent les non musulmans comme inférieurs et non pas simplement comme différents.

    6
    Lundi 31 Octobre 2011 à 18:14

    Les qualités intellectuelles ne peuvent se juger que si les conditions socio-familiales et culturelles sont les mêmes. Le fanatisme est malheureusement conciliable avec de hautes qualités intellectuelles exploitées pour la réalisation du projet fanatique.

    7
    Lundi 31 Octobre 2011 à 18:53
    Si l'on admet des différences intellectuelles dans un même groupe socio-culturel et souvent dans la même famille, pourquoi ne pas admettre ces différences (pas nécessairement des infériorités qui dépendent en amont de l'établissement de critères mais des aptitudes différentes) entre des groupes que l'on dira "ethniques" (ouille! je prends des risques).
    Un de mes amis juif religieux m'a un jour posé cette devinette: "Quelle différence y a-t-il entre un sépharade et un ashkhénaze? " Réponse: la même qu'entre Yéhudi Menuhin et Enrico Macias.
    8
    Lundi 31 Octobre 2011 à 19:14

    Je pense que les qualités intellectuelles ne peuvent se juger que sur le plan individuel. Attribuer des qualités ou des défauts intellectuels sui généris à un groupe humain risque d'être faux et dangereux. Cela voudrait dire que si l'on prend un enfant d'un groupe et si on le place dans un groupe plus évolué, il n'atteindra jamais le niveau intellectuel du groupe évolué.

    Quant à la blague du juif religieux on pourrait aussi lui dire que l'on pourrait remplacer Enrico Macias par Attali.

    9
    Mardi 1er Novembre 2011 à 09:03

    Vous avez tout à fait raison. Si la discrimination est à base "raciale" nous sommes très proche du racisme véritable. Si l'on ne considère pas ce groupe humain comme génétiquement inférieur, on lui attribue de façon globale des défauts qui sont en général à la base de la discrimination. Si par ex. un propriétaire préfère louer son bien à un groupe plutôt qu'à un autre, c'est qu'il pense qu'un individu du groupe qu'il rejette risque de lui amener des ennuis. Ce sont des préjugés, mais la question est de savoir sur quoi ils reposent : ces préjugés sont-ils fondés ou non ? De toute façon il est injuste de les appliquer à un individu donné avant de le connaître. 

    10
    Mardi 1er Novembre 2011 à 09:07

    Il me semble que vous avez plutôt bien trouvé les touches

    11
    Mardi 1er Novembre 2011 à 12:02
    Tout a été dit ou presque sur le racisme ordinaire. J'ajouterais juste qu'actuellement, il me semble que le "racisme" est plus lié au rejet d'une religion (l'islam) qu'à la couleur de la peau. Mais ce n'est que mon impression !
    12
    Mardi 1er Novembre 2011 à 13:09
    La racisme atteint la liberté et l'égalité des hommes , la discrimination raciale en est une consequence ; Toute discrimination n'a pas obligatoirement une connotation negative mais son interpretation dans ce cas là l'est souvent .Se victimiser permet de se faire entendre parfois de facon outranciere comme vous le notez dans votre billet mais cela est à mon sens une mauvaise façon de lutter pour faire disparaitre admettre la difference .
    13
    Mardi 1er Novembre 2011 à 16:30

    Dans  ce cas, on ne peut plus parler de racisme mais d'opposition entre des cultures et des moeurs. Si, par ex. un Français adopte la religion musulmane, il se trouvera en opposition avec son ancienne culture, le terme de racisme n'a plus aucun sens.

    14
    Mardi 1er Novembre 2011 à 16:37

    Le racisme aboutit évidemment à la discrimination, mais la discrimination "raciale" (la notion de races est discutable) peut avoir des causes autres que le racisme proprement dit. Je donne dans un commentaire précédent un exemple de discrimination "raciale" par crainte ou intérêt.

    15
    Leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:02
    On peut sans doute faire un amalgame entre racisme et discrimination, mais celle-ci peut être raciale aussi.
    Ex : refus d'un logement de l'appartenance à une autre race. Ce n'est pas parce que personne est considérée comme sous homme, c'est simplement parce ce que la personne est d'une race différente. D'ailleurs le racisme se fait dans les deux sens, quand on change de pays, on peut être victime de racisme. Ayant moi même été victime de propos racistes plus d'une fois dans ma vie je suis à même de faire la différence. Bien souvent les personnes racistes le sont par bêtise, je me suis déjà entendue dire cette phrase par des personnes de connaissance tenant des propos racistes envers d'autres personnes et en leur rapelant qui j'étais : "oui mais toi c'est pas pareil, on se connaît". Moralité quand on se connaît on ne voit plus la couleur de peau de son interlocuteur :)
    16
    Leonie
    Lundi 7 Janvier 2013 à 16:02
    PS - pardonnez moi, mon com est bourré de faute, à cause des doigts qui ont du mal à trouver les bonnes touches sur le clavier :)
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