• Assemblée joyeuse de meurtriers potentiels

    "A Lyon, une fête improvisée sur les Berges du Rhône rassemble quelques centaines de jeunes et d'étudiants jeudi 17 septembre, venus faire la fête et danser sans masque ni geste barrière." • (© Capture d'écran Twitter / Care_Hugo.)


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  • Quand la norme devient énormeDans un article de Benoît Duteurtre paru dans le Marianne du 18 septembre, j’apprends que l’actrice Emmanuelle Béart, la fille du chanteur Guy Béart disparu en 2015, a préfacé une édition de l’intégrale des chansons de son père (20 CD). Les plus anciens se souviennent de la chanson « Qu’on est bien dans les bras d’une personne du sexe opposé » que la fille de Guy Beart interprète dans cette édition avec Thomas Dutronc. Mais se rendant compte des paroles provocatrices que son père a osées, elles ont été transformées en : « Qu’on est bien dans les bras du genre qui nous va ». On respire, on a ainsi évité un autodafé des 20 CD, et des manifestations outrées devant la société de production. Je ne sais pas si le film de Claude Lelouch : « Un homme et une femme » ne risque pas d’être considéré comme homophobe, transphobe, voire même sexiste, l’homme étant placé dans le titre avant la femme. On vit une époque d’un genre particulier.


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  • Maître-Tartuffe

    On connaît la violence du respect pour les femmes de Tariq Ramadan, ce qui a conduit la justice à le mettre en examen pour quatre viols. Ces relations un tantinet brutales n’étaient probablement que l’expression de la passion qu’il mettait dans l’accomplissement de ses relations adultérines qu’il réprouvait cependant durement par ailleurs. Il est certain que ce Frère ne faisait pas les choses à moitié, surtout quand il ne s’agissait pas de la sienne. C’est sans doute ce que Edwy Plenel et consorts admiraient tant chez lui. Peut-être vont-ils encore admirer sa récente initiative qui élève ce Frère au rang de Maître-Tartuffe puisqu’il annonce vouloir créer un « centre de recherche et de formation » ambitieux, les matières qu’il envisage d’y enseigner touchant de nombreux domaines comme la religion, la psychologie, l'écologie, mais aussi l'éthique et celui où il s’est particulièrement illustré : le féminisme. Il ne manque pas de couilles, et comme il est prévu que son enseignement pourrait être également suivi à distance, on ne peut que conseiller à la gent féminine de s’en éloigner.

    Illustration : Charlotte Mo


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  • Démonstration par les absurdesC'est surtout ce dessin, accompagné de quelques autres, qui conduisit deux frères de religion musulmane à assassiner les douze victimes de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Cinq autres personnes furent tuées dans la même période. "Les vengeurs de Mahomet" - qui, lui aussi, n'avait  pas hésité au cours de sa vie à prendre celle des autres en demandant à ses fidèles de le faire, mais à l'arme blanche - ont ainsi fait entrer dans le réel ce qui n'était qu'une image de fiction. Tuer pour montrer que la religion de Mahomet ne tue pas.


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  • Ce qui est bien illustré par deux articles parus aujourd'hui dans le Canard enchaîné :

    Les monothéismes ont été créés par et pour les hommes

    Evidemment, quand le notaire est Dieu lui-même, faire appel à une juridiction humaine est inconvenant. Quand le président tunisien affirme de surcroît que "la loi successorale / définie par le Coran / est basée sur l'équité et la justice", on se demande s'il n'est pas influencé par les tweets de Trump en affirmant une absurdité avec aplomb.

    Les monothéismes ont été créés par et pour les hommes

    Et en Amérique du Sud, ce n'est pas la première fois que le clergé condamne davantage la fillette violée, en raison de l'avortement qu'elle a dû  subir, que le violeur, souvent un membre de sa famille. La famille c'est sacrée. Et la vie d'un foetus a plus de valeur que celle d'une fillette de dix ans. Les voies de l'intégrisme sont plus impénétrables que celles de Dieu.


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  • La marge

    Une marge se situe à la périphérie, espace ou latitude à l’extérieur du principal. Nous constatons aujourd’hui que la marge tend à devenir le principal d’un événement. Si des individus se rassemblent pour fêter ou protester, le motif du rassemblement finit par disparaître avalé par la marge. Sur un devoir, la marge sert à porter des corrections, pour un événement la marge sert à détruire : violences, incendies, agressions.

    C’est ainsi que les médias annoncent qu’en marge d’une manifestation, qui passe de plus en plus au second plan, tant et tant de voitures ont été incendiées, tant et tant de vitrines ont été brisées, tant et tant de commerces (de préférence de luxe) ont été dévalisés, tant et tant de personnes ont été interpellées. Mais à ma connaissance on dit moins combien de personnes ont été relâchées ou condamnées à quoi que ce soit, sauf pour quelques cas exemplaires. Par contre, nous avons droit à un discours musclé et sans concessions du ministre de l’intérieur, à lui de trouver une formule originale par rapport à ses prédécesseurs.

    Il est vrai qu’une marge ça ne compte pas, et comme le dit une indigéniste (victime perpétuelle de la colonisation) que l’on voit régulièrement sur les plateaux de TV, il faut comprendre la misère sociologique de tous ces acteurs désespérés de la marge, et se poser la question de la légitimité de la violence policière à leur égard. Autrement dit, la violence gratuite (bien que le pillage soit plutôt rentable) serait plus légitime que la violence policière qui tente de maintenir l’ordre et s’exerce même parfois simplement pour se défendre lorsque les forces de police subissent, et de plus en plus, des attaques ciblées.

    On ne peut que constater le nombre croissant de gens qui s'installent en marge de la société française et que la marge s'élargit en bouffant la page blanche.


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  • D’un virus à l’autreJe ne sais pas si vous êtes au courant mais ce soir le PSG doit affronter le Bayern de Munich en finale de la ligue des champions de l’UEFA. En fait, cette question est idiote car qui n’est pas au courant ? Les médias en regorgent, n’hésitant pas à parler d’évènement historique, rien de moins. Il est vrai que cela nous change un peu des conversations autour de la covid-19 et du bal masqué qui fait danser toute la planète.

    Les images des excités du football nous montrent que l’on est passé d’une hystérie à l’autre. De la fièvre déclenchée par un minuscule ballon moléculaire porté par un postillon à celle propagée par un gros ballon de cuir poussé par les pieds. On passe d’un supporter du PSG, la larme à l’œil, déclarant, la gorge serrée, qu’il attend ça depuis un demi-siècle à un commerçant des Champs-Elysées qui barricade avec anxiété la devanture de son magasin. Car le virus du football peut être aussi dévastateur que le coronavirus qui, dans son refuge cellulaire, suit également l’affaire de près et se régale à l’avance des perspectives touristiques promises par les rassemblements de furieux aussi ivres d’une défaite que d’une victoire. Voir « Le footisme, maladie universelle ».

    Défaite D’un virus à l’autre

     


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    De la victime au bourreau

    Goya : "Décapitation"

    Des conneries dangereuses volant en escadrilles au-dessus des USA risquent de venir renforcer les nôtres. C'est Peggy Sastre qui le signale dans Le Point, son regard vigilant toujours effaré par ce qu'elle voit Outre-Atlantique. Mais quand il s'agit de conneries dangereuses, l'océan est vite franchi, et les équipes susceptibles de les réceptionner sur notre sol sont déjà sur pied. Je rapporte ici son éditorial intitulé : "Le retour de la terreur".

    « Le climat politique actuel m'empêche d'exprimer mes opinions parce que d'autres personnes pourraient les juger offensantes. » Dans cette assertion d'un sondage mené par le Cato Institute et publié le 22 juillet, 62 % des Américains se reconnaissent. Une proportion en hausse depuis la dernière mouture de cette enquête, réalisée en 2017, où ils n'étaient « que » 58 %.

    Quand on s'émeut des effets socialement délétères du « politiquement correct » et, plus généralement, des atteintes à la liberté d'expression, on s'entend souvent répondre : « Vous dites ça car vous n'êtes qu'un sale vieux réac nostalgique du temps où l'on pouvait dire des trucs racistes à la machine à café et mettre une main au panier de sa secrétaire en toute impunité. » L'argument est séduisant (la preuve, il est répandu), mais peu conforme aux données disponibles. L'enquête Cato révèle ainsi que l'autocensure se moque pas mal des frontières partisanes. Si les républicains sont effectivement les plus nombreux à se réprimer (77 %), elle est autant majoritaire chez les démocrates (52 %) que chez les indépendants (59 %) et les centristes/modérés (64 %).

    Rééquilibrage

    Culture américaine oblige, l'universalité du problème est également confirmée dans les statistiques ethniques : 65 % des Hispaniques, 64 % des Blancs et 49 % des Noirs choisissent de taire leurs opinions par peur de choquer leurs congénères. La crainte n'est pas qu'une question de politesse : les sondés sont 34 % à droite, 31 % à gauche et 30 % au centre à penser qu'ils pourraient « être privés d'une opportunité professionnelle voire se faire licencier si leurs opinions politiques venaient à être connues ». Et le pouvoir économique n'est en rien une protection : l'autocensure touche 60 % des individus ayant un revenu supérieur à 100 000 dollars et 58 % de ceux chez qui il est inférieur à 20 000 dollars.

    Il en va d'une autre antienne désormais psalmodiée à l'envi : la vague contemporaine d'ostracisme pour cause d'opinions divergentes ne serait qu'un juste rééquilibrage, une manière pour les sans voix de se faire entendre. Dans une récente tribune au Monde, c'est l'argumentaire que déroule Laure Murat. Chaudement installée à son poste de professeure de littérature à l'UCLA, elle nous explique que la « cancel culture » (sorte de boycott organisé après une déclaration maladroite sur Internet) n'est que le « dernier recours d'une population sans autre voix que l'Internet » et l'« outil le plus récent d'une contestation politique de plus en plus intense, issue des minorités et de la gauche radicale américaine, s'inscrivant dans le combat des droits civiques et du féminisme, excédées par l'impunité du pouvoir et la passivité des institutions face au racisme, à l'injustice sociale, au sexisme, à l'homophobie, à la transphobie, entre autres ». C'est beau, mais c'est faux.

    Des exemples flagrants

    Si la « cancel culture » n'est effectivement qu'un mot nouveau pour désigner un phénomène sans doute aussi ancien que l'aptitude humaine à exprimer et censurer des opinions, elle a le goût de cendre des révolutions qui, plus tôt que tard, finissent par passer leurs propres enfants à la casserole, histoire d'avoir toujours un truc à grignoter. Sur Twitter, le compte EverythingOppresses liste depuis la mi-juillet des cas de « cancelling » dépassant de loin l'énième star hollywoodienne qui se flagelle pour avoir commis le très grave péché d'avoir un jour porté des tresses africaines.

    À l'heure où j'écris ces lignes, il en est à 165 occurrences, dont les 125 premières concernent le commun des mortels. Ce sont deux femmes forcées à stopper leur activité de restauration ambulante parce qu'elles y servaient de la nourriture mexicaine en étant blanches. C'est un électricien viré manu militari parce que la photo de ses doigts arrondis en « OK » a circulé sur Twitter et qu'on l'a accusé d'être un sympathisant du KKK – il est à 75 % non-Blanc et ne connaissait pas la signification suprémaciste du geste. C'est un cuisinier qu'on licencie pour une blague comportant le mot « esclave ». C'est un étudiant musulman dont on saccage la porte de sa chambre de dortoir pour avoir publié un article satirique sur ses camarades d'extrême gauche. C'est la directrice d'une école canadienne qui se retrouve sans emploi pour avoir fait jouer Le Marchand de Venise de Shakespeare dans son établissement. C'est tout et n'importe quoi, comme seules savent le faire les purges qui, pour camoufler les psychopathes en roue libre à la manette, se donnent des grands airs de salut public."

     

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  • Informations absurdes

    L'absurde est le point commun des chaînes d'informations continues. L'image se doit d'être remplie en boucle et quand l'information manque, les boucles sont de plus en plus serrées. De ce point de vue, la covid-19 est une aubaine qui n'en finit pas. Et cerise sur le gâteau, nous avons la canicule qui va achever de faire de la place dans les EHPAD sans espérer que la raréfaction transitoire de la clientèle conduise à faire baisser les prix de ces auberges de vieillesse.

    Le comique involontaire des interviews est réjouissant. Les journalistes se déplacent un peu partout en France pour demander aux gens s'il fait chaud. La personne interrogée est d'une franchise rafraîchissante en affirmant, à la surprise du journaliste qui lui tend son micro avide d'avoir l'information - "oui, il fait chaud". Le journaliste connait son métier, il va plus loin : - et que faites-vous ? La personne interrogée qui se liquéfie sur place pourrait lui répondre : - "vous me faites suer". Non, trop heureux de son quart d'heure de célébrité, l'interviewé détaille les mesures intelligentes, bien qu'attendues, qu'il prend qui dépendent de sa personnalité et du lieu où il se trouve, ce qui donne tout son intérêt à l'enquête. Cela va de - "je cherche de l'ombre" - variante : "je ferme les volets" - je prends des douches - variante : - je me baigne -. Les deux dernières réponses dénotant un certain niveau de vie. Nous n'avons pas les solutions trouvées par ceux qui dorment dans la rue, sans volets et sans douche.

    Informations absurdes

    Le "Miroir d'eau" de Bordeaux rebaptisé "Miroir d'urine" sur Google Maps.


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  • On a la cellule que l’on peut

    Près de 400 maires auraient été agressés l’année dernière. Un maire en est mort, Jean-Mathieu Michel de la ville de Signes, un an après les responsables de ce meurtre ne sont toujours pas jugés. Les choses vont sûrement changer si l’on en croit les sénateurs :

    « Le président de la commission des lois du Sénat - une institution dont le corps électoral se compose en grande majorité des élus des conseils municipaux- appelle ainsi de ses vœux “un plan gouvernemental pour la sécurité des maires”, comportant notamment la création de cellules d’accompagnement pour les élus agressés. » (huffingtonpost.fr)

    La voilà la solution : une cellule psychologique. Les maires n’auront plus aucune raison de se plaindre, ils pourront raconter le déroulement de l’agression subie (s’ils peuvent encore parler), ça soulage. Qu’importe la plaie puisque l’on a le pansement.  


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