Nombre de préoccupations écologiques ne sont pas contestables, comme (pour ne citer que quelques exemples) le danger que représentent la fracture des schistes sous pression d’eau dans les profondeurs de la terre pour en tirer du gaz, celui des centrales nucléaires et de leurs déchets actifs pendant des décennies ou les conséquences des déforestations inconsidérées.
Mais l’écologie est devenue politique. L’ambition d’un parti est de prendre le pouvoir ou de l’influencer suffisamment pour que ses idées soient prises largement en compte.
Or, l’écologie est une idéologie. Elle a une conception du monde et de la société. C’est même une conception quasi religieuse, introduisant la notion de culpabilité, où la planète, la nature, la conservation de la biodiversité sont au moins à égalité avec l’humanité et pour certains intégristes, l’être humain et ses créations passent même après. Un écologiste responsable devrait ne pas naître ou être peu durable pour ne pas consommer les ressources de la planète et laisser sa ration d’eau, de nourriture et d’énergie aux générations futures. Car comme dans beaucoup d’idéologies il faut tout faire pour que les lendemains puissent chanter. Organiser le monde d’aujourd’hui pour le futur, c’est ça être responsable.
Si on ne peut être que d’accord avec les écologistes lorsqu’ils s’élèvent contre la destruction et la pollution de la planète quand elles n’ont comme seul motif que l’appât du gain, cela devient plus difficile à défendre lorsqu’il s’agit d’élever le niveau de vie des populations qui vivent dans la pauvreté et qui désirent rejoindre celui des écologistes.
L’écologie peut même devenir une idéologie totalitaire et la plus totalitaire qui soit. Car aucune idéologie – en dehors de certaines religions - n’a eu l’intention d’imposer à tous une façon de vivre et d’orienter les gestes de chacun : comment se déplacer, comment voyager, quoi manger, comment s’habiller (condamnation des fourrures par ex.), comment bâtir son toit, comment se chauffer, comment s’éclairer, que faire de ses déchets et même avec quoi se torcher le derrière. Un consensus qui tendrait à culpabiliser ceux qui ne le suivent pas, si on ne les oblige pas à le suivre (de nouvelles ampoules électriques, qui ne sont pas sans inconvénients, doivent ainsi remplacer les anciennes, sans danger).
N’a-t-on pas vu un maire demander à ses ouailles de signaler ceux qui n’avaient pas une attitude « citoyenne » à propos des déchets. Il ne manquait plus que la délation : la voilà.
REPONSE AUX COMMENTAIRES
L’écologie est, en effet, une science (elle a plus d’un siècle) qui étudie les rapports des vivants entre eux et avec le milieu où ils vivent. Je ne parlais pas de la science qui ne fait évidemment peur à personne, mais des conclusions que ceux qui se disent écologistes (non scientifiques) peuvent tirer d’une science probabiliste et des applications qui à leurs yeux sont indispensables à mettre en œuvre en considérant que les conclusions qu’ils en tirent sont certaines, ce qui n’est jamais le cas : la Terre a connu des changements climatiques, des catastrophes naturelles et des retournements imprévisibles, sans compter sur l’adaptabilité des vivants et notamment de l’homme. Reste que si l’on extrapole la situation actuelle, il y a de quoi se faire du souci pour les générations futures, mais une extrapolation n’est pas une certitude.
Dans mon article je pars de l’hypothèse où les écologistes auraient le pouvoir d’appliquer leurs idées et qu’ils veuillent le faire (si ce ne sont que des politiciens qui utilisent « l’écologie » que pour obtenir des postes, mon hypothèse n’a aucune valeur). Oui, je crois que l’écologie militante est une idéologie avec un caractère presque religieux (La Terre notre mère et sa biosphère dont nous sommes responsables et les hommes sont coupables de la mettre à sac pour leurs besoins immédiats. Voir les illustrations filmées). Ce qui ne veut pas dire que cette idéologie est mauvaise et sans fondement et qu’il n’est pas nécessaire de s’opposer à des actions destructrices et intéressées ou dangereuses, mais une conception globale du monde et les changements de la société qui devraient en découler ou être imposés constituent une idéologie.
Le terme totalitaire que j’ai utilisé a pu paraître choquant, parce qu’il est habituellement appliqué aux dictatures à parti unique. Ce n’est évidemment pas dans ce sens que je l’ai employé (je ne pense pas que les écologistes, déjà particulièrement morcelés, puissent constituer un parti unique !), mais dans le sens où les idées écologistes sont d’intervenir dans chacune de nos activités, d’imposer des normes et de modifier nos comportements, qu’on le veuille ou non. Le totalitarisme ne laisse pas le choix. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas souvent nécessaire d’imposer des règles lorsque celles-ci permettent de vivre en société et de protéger les individus, parfois contre eux-mêmes (comme la limitation de vitesse). Mais j’aimerais choisir mes ampoules électriques sans qu’elles me soient imposées…