• « Elections, piège à cons »

    Photo de Dovic Marin

    Le slogan de Mai 1968 : « élection, piège à cons », repris par Sartre, dont on connaît l’obscure clairvoyance, s’avère de plus en plus exact depuis que grandit l’abstention, car ce sont de plus en plus les cons engagés qui se rendent aux urnes avec le risque d’élire des candidats qui ont la même affinité pour la connerie. L'aggravation de l'abstention sélectionne les votants les plus motivés et peut favoriser les extrêmes.

    Les dernières élections municipales ont permis d’élire des maires de quelques grandes villes sur un programme écologiste avec environ 20% des inscrits. Les 80% de la population qui n’ont pas voté vont donc se retrouver comme des cons à subir un programme dont ils ne veulent probablement pas pour la plupart. On voit la profondeur du slogan « élection, piège à cons », car que l’on vote ou que l’on ne vote pas, on n’échappe pas au statut de con, qui, avouons-le, est un statut bien mieux partagé que celui du bon sens.

    Pour ma part, sans être engagé, je vote régulièrement, sauf aux dernières municipales de Paris sachant que Mme Hidalgo avait toutes les chances d’être élue, malgré son mauvais bilan, les macronistes qui avaient l’opportunité de remporter la mairie de Paris s’étant montrés indignes de la remporter. Je vais donc subir les lubies de l’équipe municipale au nez vert qui malgré ses oukases, qui emmerdent les Parisiens, et surtout les banlieusards, qui travaillent (et dont les socialistes se foutent complètement), promulgués et exécutés les six années précédentes nous faitt respirer un air aussi pollué, bien entretenu par les voitures de moins en moins nombreuses mais de plus en plus immobilisées. Il est vrai que le socialisme moderne s’occupe de moins en moins des pauvres et de plus en plus du sexe (« genre » si l’on tient compte de l’expansion de sa panoplie) ou de la couleur de la peau, ce qui est une dérive anatomo-hormonale du marxisme.

    C’est ainsi que le maire écologiste nouvellement élu à Lyon a pris comme une de ses premières décisions, d’imposer « l’écriture inclusive » (écartée par Edouard Philippe et par l’Académie Française), facteur primordial pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans le domaine de la stupidité, en imposant une langue désarticulée que l’on ne peut pas parler et qui ne peut être écrite que par une élite orthographique. Ce qui montre que si l’on traite irrévérencieusement les écologistes de pastèques : vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur, il me semble que le rouge est un peu pourri.


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  • Les intellectuels sont-ils anticapitalistes par ressentiment ?

    Portraits de Mao par Andy Warhol

    Les intellectuels défendant le capitalisme sont plutôt rares. Rainer Zitelmann, un historien et sociologue allemand, s’est exprimé dans Le Point le 29/06/20 sur les raisons qui pousseraient beaucoup d’intellectuels à être anticapitalistes, contre les « lois » du marché, le libre-échange, la mondialisation et bien sûr les Etats-Unis.  Un capitalisme qu’ils accusent de tous les maux de la planète, de la misère en Afrique au changement climatique.

    Je me permets quelques remarques :

    Beaucoup d’intellectuels ont été marxistes et certains le sont encore, jusqu’à défendre des régimes indéfendables et criminels. Sartre en fut le prototype, mais ils furent légion. Nous avons encore sur les plateaux et sur les ondes des bavards qui exposent leurs convictions tout en prenant soin de taire celles qu’ils défendaient jadis et qui ne sont plus présentables. Mais les Mao, Pol Pot ou Staline, que ceux qui sont encore en vie n’hésitaient pas à soutenir, sont remplacés par les régimes cubain ou vénézuélien qui leur semblent préférables au régime démocratique sous lequel nous vivons, et qu’ils accusent, sans sourciller, de dérive autocratique.

    Il n’est pas étonnant que les intellectuels soient très friands de constructions intellectuelles car ils ont toutes les armes pour les construire dans l’idéal selon les normes de la raison. Ces idéologies pensées de A à Z s’opposent au capitalisme dont l’évolution est spontanée, même si l’on s’efforce de le réguler. Cette régulation vient à posteriori, alors que l’idéologie est un a priori : une feuille de route à appliquer par l’Etat, et à insérer dans le réel quitte à le casser quand l’une ne rentre pas dans l’autre. Ainsi les intellectuels donnent un rôle prédominant à l’Etat, un étatisme qui ne peut que limiter la liberté, ce qui ne semble pas les gêner puisque la « servitude volontaire » du peuple est pour son bien. Les intellectuels savent toujours ce qui est bien pour le peuple, et cela les pousse à parler en son nom.

    Rainer Zitelmann donne une raison pour le moins originale comme une des explications de l’anticapitalisme si commun chez les intellectuels : « Les penseurs n’adhèrent pas à l’économie capitalisme car elle obéit à des règles différentes de la méritocratie scolaire »… « Afin de comprendre pourquoi les intellectuels sont fréquemment anticapitalistes, il convient de tenir compte du fait qu'ils constituent une élite ou se considèrent comme une élite et que leur anticapitalisme se nourrit de l'opposition à l'élite économique. À cet égard, il s'agit d'une compétition entre différentes élites. Si davantage d'éducation et d'enseignement supérieur ne se traduisent pas naturellement par plus de revenus et un statut plus élevé, c'est que, selon les intellectuels critiques du capitalisme, les marchés sur lesquels de tels développements sont possibles sont « injustes »… « Du point de vue de l'intellectuel, l'entrepreneur qui, peut-être, n'a pas beaucoup lu et a éventuellement été un étudiant au mieux moyen, n'a rien de comparable à lui : il n'a pas de diplôme de doctorat ni de liste de publications. » et pourtant il a « des revenus et un patrimoine supérieurs à ceux du philosophe, du sociologue, de l'expert de la culture ou des arts habilités (ce qui) entraîne un scepticisme général contre un ordre économique basé sur la compétition. » « l’injustice qui en résulte (doit être corrigée) par une redistribution massive. En enlevant aux riches ce qui ne leur revient pas, du point de vue de l'intellectuel » 

    Rainer Zitelmann considère donc que dans l’anticapitalisme des intellectuels il y aurait une part de ressentiment, disons même de jalousie assortie de mépris pour ceux qui n’auraient pas suivi un cursus universitaire, et qui ont eu néanmoins le toupet de réussir mieux qu’eux dans la compétition de la vie.

    Notons d’abord que s’ils sont contre un ordre économique basé sur la compétition, ces intellectuels ont également émergés à la suite d’une compétition. Rien n’empêche d’ailleurs les diplômés de gagner de l’argent, ce que certains font d’ailleurs. Mais les anticapitalistes partisans d’une redistribution massive oeuvrent surtout comme philosophe, sociologue, expert de la culture ou des arts, occupations qui ne prédisposent pas à faire fortune.

    Si l’analyse de Rainer Zitelmann est exact, ces intellectuels penseraient que les diplômes leur donneraient tous les droits alors qu’ils n’ont probablement pas le talent d’entreprendre ou de réussir dans le commerce. L’idéologie n’a jamais fait marcher l’économie et quand l’économie ne marche pas, il n’y a rien à redistribuer.


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  • Nous avons eu le « nous sommes en guerre » de Macron, formule martelée en début de phrase dans son discours au début de l’épidémie de covid-19. Certes, l’épidémie a provoqué plus de 30000 morts en France car il faut compter les morts par d’autres maladies dont les soins n’ont pas été assurés, mais on voit bien que Macron est trop jeune pour avoir vécu une guerre, et il ne lui déplaisait pas de jouer au chef de guerre sans avoir jamais revêtu l’uniforme. Pour ce qui me concerne, cette anaphore présidentielle, loin d‘augmenter le sérieux de son discours m’a paru l’amoindrir tant il sentait l’artificiel et la rhétorique.

    Nous avons à présent le nouveau maire de Bordeaux, l’écologiste Pierre Hurmic, ceint de son écharpe tricolore qui a décrété dès son élection « l’état d’urgence climatique » à Bordeaux. Une grandiloquence et une disproportion qui frisent le ridicule, car que compte-t-il faire ? Abaisser la température de la planète par des mesures imposées d’urgence aux Bordelais ? Changer le climat à Bordeaux ? Pour être sérieux, il faut rester modeste. Les écologistes purs et durs, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.


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  • Trans en transes

    La romancière J.K Rowling, autrice des aventures de Harry Potter, a eu le malheur de déclarer que seules les femmes ont des règles. Depuis cette déclaration particulièrement osée, elle subit une campagne d’intimidation par la meute en réseau groupant ceux qui considèrent qu’elle s’est ainsi livrée à une discrimination envers les transgenres. Pourtant le fait est avéré : les transgenres n’ont pas de règles. Il n'est plus admis qu’une vérité soit dite si elle est gêne certains.

    Dans la foulée, des employés de Hachette UK qui édite les ouvrages de J.K. Rowling ont voulu refuser de travailler sur ses romans. Il arrive ainsi de plus en plus (ce fut le cas pour l’autobiographie de Woody Allen) que des employés des maisons d’édition en exprimant leur désaccord avec les opinions d’un auteur ou leur désaveu de sa personnalité ou en brandissant des accusations même non prouvées à son égard, veulent exercer une censure, en quelque sorte privée, purement émotionnelle et subjective, en se référant à la ligne du politiquement correct du moment, et une simple rumeur est suffisante pour que ces censeurs improvisés s'opposent à l ‘édition d’un ouvrage.

    Dans nos démocraties la liberté d’expression est ainsi menacée par n’importe qui à propos de n’importe quoi. La morale, ou soi-disant telle, tend à remplacer les idées et le débat. Quand on parle de morale, on vise souvent le souci de ménager la susceptibilité des identités revendiquées aussi farfelues soient-elles.

    Pour en revenir à la déclaration de J.K. Rowling, en affirmant que seules les femmes ont des règles, elle ose dire qu’un homme transformé en femme n’en est pas une, puisque dépourvu d’utérus, ce qui conduit également à l’impossibilité de procréer. Il faut se rendre à l’évidence, chez les mammifères, dont l’homo sapiens fait partie, seules les femelles sont équipées pour procréer. Sur les campus américains où fleurissent les aberrations, on parle, pour ne vexer quiconque, de personnes pourvues ou non d'un utérus. J'ignore si l'on parle aussi de personnes pourvues ou non d'un cerveau en état de fonctionner correctement.

    Les trans changent de genre, on peut difficilement dire qu’ils changent vraiment de sexe car malgré toutes les transformations anatomo-hormonales subies, celles-ci ne sont que comportementales et de façade, l’intérieur, organique, cellulaire et génétique reste celui livré à la naissance. Un transgenre est un transgenre, ni plus, ni moins. Mais il est évident que franchir le pas de la transformation et le maintien de la transgression biologique (à moins de se contenter d'affirmer son genre en conservant sa barbe) sont difficiles, voire éprouvants, ce sont des démarches qui s’imposent donc pour ces personnes comme une nécessité, même si le résultat ne peut être qu'incomplet.

    J’espère que ma faible audience m'évitera les remontrances.

    Illustration : l'égérie de Calvin Klein (image rapportée par "Souris Donc") 


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  • La noirceur du blanc

    Depuis qu’un policier américain sadique a étouffé sous son genou un homme dont il n’avait pas respecté ses droits d’être humain, peut-être parce sa victime avait un peu plus de mélanine dans sa peau que dans la sienne, un vent purificateur ne cesse de souffler aux USA en se propageant au reste du monde.

    Une partie des politiques comme les commerçants s’évertuent, plus par intérêt que par vertu, dans une concurrence effrénée, à se montrer les plus politiquement corrects dans des initiatives antiracistes parfois surprenantes pour ne pas dire ridicules.

    L’Oréal vient de bannir « blanc », « blanchissant » et « clair » dans le langage de présentation de certains de ses produits. D’autres marques suivront probablement pour être dans le vent de cette hystérie vertueuse collective.

    Mais il reste bien du travail pour noircir le blanc et blanchir le noir, puisque le statut cutané devient plus important que celui d'être humain.

    Pour donner quelques exemples qui devraient nous engager à corriger le privilège du blanc et promouvoir le noir :

    Pourquoi au jeu d’échecs donnerait-on la priorité aux blancs pour commencer la partie ?

    Pourquoi une note musicale blanche vaudrait-elle deux temps, alors que la noire ne vaut qu’un temps ?

    Pourquoi une lessive devrait-elle laver plus blanc et pas plus noir ?

    Et prenons simplement la lumière : le spectre de la lumière blanche est composé de la somme des longueurs d’onde correspondant aux couleurs que nous percevons. Toutes. Alors que le noir, c’est l’absence de lumière reçu par l’oeil. Le noir, c’est l’absence. Un objet est vu noir lorsqu’il ne réfléchit ou n’émet pas de lumière. Intolérable.

    Il reste beaucoup à faire, notamment dans les expressions. Si le coquin "nègre en chemise" de nos pâtisseries a été à juste titre débaptisé, l'expression "broyer du noir" devrait être évitée depuis la mort George Floyd. 

    Illustration : le grand Louis Armstrong


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  • La convention citoyenne pour le climat, qui réunissait 150 personnes tirées au sort mais basée sur le volontariat (ce qui a probablement exclu celles qui ne s'intéressaient pas à l'écologie), a accouché d’une série de mesures où dominent les interdictions et les sanctions, certaines d'entre elles n'ayant rien à voir avec l'écologie. Il est probable que ces citoyens, à qui ont été confiées de lourdes responsabilités, ne connaissaient pas grand-chose sur la question en dehors des connaissances sélectionnées par le flux médiatique. Ils ont donc été sans doute fortement influencés par les experts amenés à les déniaiser. C’est ce qui arrive quand on demande à des gens qui ne connaissent pas vraiment une question d’y répondre, et ils l’ont fait jusqu’à parler d’écocide et de modification de la Constitution. Ce qui me rappelle le fameux principe de précaution que Chirac a fait introduire stupidement dans la Constitution.

    A côté de cette floraison d’interdictions et d’injonctions qui risquent de s’abattre, avec les meilleures intentions du monde, sur la société française et qui ne modifieront en aucune façon le climat à l’échelle planétaire, on voit aussi l’inverse à l’égard des institutions et notamment de la police. Mélenchon voudrait la désarmer pour qu’elle soit respectée en assurant l’ordre à mains nues, ce qui permettrait aux voyous les pillages en toute liberté. Des « antiracistes » autoproclamés réclament que la police se dispensent d’immobiliser les délinquants et même proposent l’interdiction de les poursuivre s’ils s’échappent, ce qui permettrait à la délinquance de s’épanouir enfin librement.

    La tendance est donc de contraindre le citoyen hexagonal pour régler une situation planétaire préoccupante, et qui ne préoccupe que modérément la plupart des autres pays, mais de ne pas trop gêner le délinquant des « quartiers sensibles » qui règle à sa façon le chômage endémique dans des activités parfaitement écologiques, en utilisant le plus souvent des produits naturels, et en brûlant périodiquement des voitures tant exécrées par les écologistes.


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  • Le poids de l’Histoire

    En France, les commémorations constituent une des principales activités des présidents de la République, c’est le fameux arrosage des chrysanthèmes. Une activité qui leur reste toujours même quand ils n’ont guère de pouvoir, mais qui vient inutilement alourdir leur agenda lorsqu’ils en ont. Il ne leur serait cependant pas pardonné de ne pas entretenir les chrysanthèmes déposés par le passé.

    Les commémorations servent à faire revivre l’Histoire, elles se multiplient avec le temps, leur suppression, comme leur apparition, ayant une signification politique. A l’opposé, la chute des statues et l’autodafé des œuvres d’art cherchent à la faire disparaître ou à la rendre plus convenable pour ceux à qui elle ne convient pas. Glorifier ou réviser l’Histoire montre combien l’histoire des morts pèse sur celle des vivants.

    L’enfant est innocent. Il est innocent à la fois de sa brève histoire et de celle des autres dont il est ignorant. L’enfant prend l’autre tel qu’il est, sans histoire, dans les deux sens du terme.

    Que se passerait-il si les peuples naissaient vierges de leur histoire et de celle des autres comme les enfants ? S’ils ne revivaient pas l’histoire des morts dont on leur fait un récit parfois dévoyé ? Il ne resterait qu’une vision lucide du présent. Ni orgueil, ni décadence. Ni regrets, ni culpabilité, ni revendications post-historiques.

    Serait-on encore raciste si la colonisation et l’esclavage disparaissaient des mémoires ? Ce qui conduirait aussi à l’abrogation par amnésie de l’héritage victimaire revendiqué par les descendants de ceux qui les avaient subis.

    Que deviendraient les Juifs débarrassés du poids ancestral des bûchers, des pogroms et de leur quasi extermination en Europe, peut-être ne seraient-ils plus juifs ou vus comme tels s’ils ne pratiquent pas un judaïsme orthodoxe. Et sans doute que sans l’Histoire, l’antisémitisme lui-même disparaîtrait.

    L’Histoire est comme la langue, la meilleure et la pire des choses. Elle nous fait et nous détruit. Elle est explosive, mais la faire disparaître de l’enseignement pour que les êtres humains ne soient que ce qu’ils sont est impossible : chaque pierre nous la rappelle. Et que resterait-il des religions sans leur histoire légendaire ?

    En définitive, l’Histoire est plus nocive que bénéfique (elle l'est en nous transmettant les créations artistiques et les découvertes). Elle a été souvent tragique pour les générations passées et elle fournit bien de motifs de tragédie pour les générations futures et davantage encore quand elle est dévoyée.

    Illustration : Bernard Buffet


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  • Quelques propositions Traoriennes

    Le discours d’Emmanuel Macron a pointé hier, à juste titre, le dévoiement de l’antiracisme vers le séparatisme, et son opposition au révisionnisme de l’Histoire qui juge les personnages d’hier selon les principes d’aujourd’hui, jusqu’à déboulonner les statues, débaptiser des rues ou faire disparaître des œuvres d’art.

    L’exemple vient des campus étatsuniens où le multiculturarisme a surtout abouti à culpabiliser les Américains d’origine européenne. Les « antiracistes » en France aimerait l’imposer dans le pays : « pour une République multiculturelle et postraciale ». On se demande comment une société qui réintroduit les races pourrait être « postraciale ». Ils seraient également partisans d’établir, comme aux USA, des statistiques ethniques qui permettraient « d’évaluer l’efficacité des politiques publiques et privées » pour lutter contre la discrimination dont on voit la réussite aux USA

    L’idéal républicain vise à promouvoir les personnes sur leurs compétences, il serait dommage de ne pas s’en tenir à ce critère, à condition, bien sûr, qu’il soit appliqué de façon rigoureuse, mais les « racisés » estiment qu’il ne l’est pas. Les partisans de Mme Traoré, comme Lagasnerie, assurent que la police et l’école sont les deux faces d’une même pièce ayant pour but « L’élimination sociale des Noirs et des Arabes »*. Ce drôle de philosophe estime donc que les professeurs éliminent volontairement les élèves noirs et arabes en s’opposant à leur progression ? J’avais pensé bêtement que l’école pouvait être un moyen de s’élever. Encore faut-il y travailler et même y être présent. Les exemples de réussites scolaires puis universitaires ne manquent pas parmi les Noirs et les Arabes quand ils le veulent et s’en donnent la peine.

    Les statistiques ethniques peuvent aussi mettre en évidence, à l’inverse de l’universalisme, quelques traits dominants dans les populations se disant discriminées, comme le succès dans les sports, mais aussi le taux élevé de délinquance (aux USA la proportion de Noirs dans la population serait de 13% mais ils seraient responsables de 50% des délits). Est-ce souhaitable si l‘on veut lutter contre le racisme ? Il est vrai que les sociologues contournent l'absence de statistiques ethniques par des estimations indirectes comme celle des noms et des prénoms.

    Assa Traoré a réussi à réunir des milliers de personnes contre les violences policières autour de la mort de son frère Adama survenue en 2016 après sa fuite et son interpellation, saisissant l’occasion du scandale planétaire provoqué par le meurtre aux USA de George Floyd par un policier. Il faut cependant reconnaître que 4 ans, c’est long pour avoir une décision juridique.

    S’il m’est arrivé d’entendre le discours surréaliste d’un meneur accusant la France d’être un « pays raciste esclavagiste et terroriste » lors d’une manifestation Traorienne, je n’ai pas entendu les discours d’Assa Traoré, j’ai simplement relevé des extraits rapportés dans un article de Marianne du 12/06/20 qui montrent l’aspect politique de ses revendications soutenues par des égarés d’une gauche obligée de changer de peuple après avoir été rejetée par le précédent :

    - « Toutes les techniques d’immobilisation doivent être interdites… » (et même pour certains...les poursuites !). Alors comment appréhender quelqu’un qui ne veut pas obtempérer, en fuyant ou en étant violent ? Ne pas l’immobiliser c’est lui permettre de fuir avec son butin ou sa drogue. Le droit à la délinquance en somme. Il est vrai que la famille Traoré en serait ravie.

    - En 2018 : « renverser le système ne /pouvait/ passer que par une révolution, une belle révolution pour récupérer cette France » Mme Traoré veut récupérer la France. Noble ambition comme dirait De Gaulle, dont les statues tiennent encore par leurs boulons, mais jusqu’à quand ? Certaines ont déjà été taguées.

    - Lors d’une manifestation le 26 mai 2018, elle a même indiqué la voie à suivre : « En Afrique, ils vont renverser le président, ils renversent le palais, ils entrent dans le palais. Ça se passe comme ça, en Afrique, pourquoi ça devrait pas se passer comme ça en France ? »

    C’est vrai ça, pourquoi ne pas prendre exemple sur l’Afrique ? Un bon petit coup d’Etat pour mettre au pouvoir un galonné autocrate, parfois sanguinaire, souvent corrompu jusqu’à la moelle, tellement bon pour ses compatriotes qu’il les pousse à s’expatrier en France pour avoir de meilleures conditions de vie, mais dont ils ne sont apparemment pas satisfaits à les voir manifester et exposer leurs malheurs comme le rappeur Bouba ou l’acteur Omar Sy.

    Mme Taubira (incroyable ! Une ancienne ministre noire d’un gouvernement français !), a tenu à proclamer sur les ondes que Mme Assa Traoré « est une chance pour la France ». Vraiment ? Passer par le ministère de la Justice laisse des traces.

    * Remarquons, en passant, que les Noirs ne demandent aucun compte et aucune excuse aux Arabes sur l'esclavage, plus important que celui des  Européens, auquel ils se sont livrés pendant des siècles, et qu'ils continuent à pratiquer en certains lieux.    


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  • Manifestation Place de la République le 13/06/20

    "Le Conseil d’État a levé ce samedi 13 juin l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes, imposée dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, rétablissant la liberté de manifester, dans le respect des “mesures barrières”...

    "Le juge administratif affirme donc qu’une interdiction ne pourrait être justifiée que “lorsque ces mesures barrières ne peuvent être respectées ou que l’événement risque de réunir plus de 5000 personnes”, 

    "Le juge administratif a tenu à préciser que “conformément à la loi”, toute manifestation sur la voie publique devait “faire l’objet d’une déclaration préalable” et pouvait être interdite par les autorités de police ou le préfet, “s’ils estiment qu’elle est de nature à troubler l’ordre public, y compris pour des motifs sanitaires, ou lorsque les circonstances locales l’exigent”. (Tirés du Huffpost du 14/06/20).

    J'ai la nette impression que nous vivons dans deux mondes parallèles : celui des institutions qui tournent en roue libre et sans prise véritable sur celui de la réalité. On pourrait me rétorquer que l'Etat a pu imposer la privation quasi totale de circuler pendant la période de confinement, mais plus que l'Etat, c'est la peur qui fut le moteur principal de l'obéissance. La peur a disparu et les mondes parallèles sont réapparus.

    La France peut se targuer d'être la championne mondiale dans la production des grèves et des manifestations. Les grèves ne s'exportent pas, mais par contre, les manifestations peuvent être reprises à l'étranger comme ce fut notamment le cas en 1968. Deux productions dont l'excès ne rapporte que la ruine. Le monde idéologique parallèle au monde réel  .

    Ce qui est étonnant est que la mort de deux personnes à la suite d'une interpellation par la police, celle de George Floyd dans des circonstances connues, et celle d'Adama Traoré dans des circonstances que l'on ignore, a conduit à honorer deux délinquants par des milliers de personnes et pour le premier dans de multiples pays. Une mort indue, mais purificatrice jusqu'à la quasi béatification des voyous avec l'éclosion d'une "génération Adama".


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  • Le racisme compassionnel

    Cette photo (AFP) montre l'hommage agenouillé, plutôt que par une minute de silence, rendu par les démocrates du Congrès américain à George Floyd le 8 juin 2020. Photo parue dans Slate illustrant un article de Claire Levenson qui relate "l'étrange course aux actes de contrition" qui déferle sur les USA après le meurtre par un policier d'origine européenne de cet Américain d'origine africaine. Des actes de contrition dont certains ont un lourd parfum commercial.

    En faire trop, ce n'est pas de la justice. La justice c'est l'égalité des droits et la compassion peut être aussi une forme de mépris. Yann Moix n'est pas un personnage que j'apprécie vraiment, mais je suis d'accord avec lui lorsqu'il dit dans un de ses articles récents :

    "Je me souviens de Pierre Desproges écrivant : « Quand un Noir dit qu'un Blanc est con, on dit que le Blanc est con. Quand un Blanc dit qu'un Noir est con, on dit que le Blanc est raciste. » C'était en 1985. Et c'est à méditer en 2020.

    Car la question est là : une foule noire est-elle d'abord un nombre ou une couleur ? Frapper un Noir parce qu'il est noir, c'est du racisme. Mais céder aux Noirs parce qu'ils sont Noirs, c'est pour moi la définition même du racisme. Autoriser aux Noirs une manifestation interdite parce que c'est une manifestation noire, c'est du racisme. Du racisme anti-Noir. Être plus méchant avec un Noir qu'avec un Blanc, c'est du racisme anti-Noir ; être plus gentil avec un Noir qu'avec un Blanc, c'est encore du racisme anti-Noir. Le racisme réside dans le seul fait de distinguer une couleur, de « voir » la couleur. Le racialisme est déjà du racisme."

    Comme Ben Gourion, le fondateur de l'Etat d'Israël, disait qu'Israël ne sera vraiment un Etat que lorsqu'il aura ses putains, l'absence de racisme c'est pouvoir traiter autrui de con quelle que soit son apparence et aussi le droit d'être traité de con.

     


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