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« Si vous êtes américain athée et que vous voulez devenir conseiller municipal ou juré dans un tribunal au Maryland, il vaut mieux renoncer. Cet Etat de l’est des Etats-Unis à quelques dizaines de kilomètres de la capitale fédérale Washington et à moins de 200 kilomètres de la ville de New York est l’un des sept Etats des Etats-Unis à interdire l’accès à des fonctions publiques à ceux qui ne croient pas en Dieu... et qui le disent. C’est aussi le cas dans plusieurs Etats du sud et non des moindres: l’Arkansas, le Mississippi, la Caroline du nord, la Caroline du sud, le Tennessee et le Texas. » (Slate.fr). |
Bien sûr, cette discrimination est scandaleuse et n’aurait aucune chance d’être imposée à des communautés religieuses, quelle que soit l’absurdité de leurs croyances. Elle est, de plus, en contradiction avec la constitution américaine. Pourtant, les politiciens étatsuniens se gardent bien d’intervenir car d’après une étude réalisée en juin dernier la moitié des Américains désapprouveraient le mariage de quelqu’un de leur famille avec une personne athée, et hésiteraient à voter pour un candidat à l’élection présidentielle qui ne serait pas croyant.
On pourrait rétorquer à ces esprits étroits que l’athéisme est également une croyance. En cosmologie, les physiciens et mathématiciens considèrent aujourd’hui que l’univers est infini et peut-être multiples. Dans un univers peuplé de milliards de galaxies (dont la nôtre) et chaque galaxie peuplée de milliards de soleils, il est impossible de démontrer qu’une entité transcendantale appelée Dieu existe, mais il est également impossible de démontrer qu’elle n’existe pas. (Dessin de Geluck) L’athéisme est donc une croyance au même titre que les croyances religieuses et devrait être respecté comme elles. La croyance exige toujours plus de respect que toute autre idéologie car elle ne peut se prévaloir de celui naturellement acquis par la raison.
On pourrait même avancer que l’athéisme est une croyance plus respectable que celles des religions : absence de légendes invérifiables, absence de dogmes contraignants, absence de promesses pour l’au-delà que les morts n’ont jamais pu contredire, et qui n’engagent que ceux qui les écoutent et y croient. Mais surtout, à travers l’Histoire, absence de massacres perpétrés spécifiquement en son nom, ce qui fut également le cas, me semble-t-il, des polythéismes. Certes, de nombreux massacres ont été perpétrés par des athées, mais pas uniquement au nom de leur athéisme mais au nom d’une idéologie plus vaste comme ce fut le cas pour la Révolution Française et les communismes.
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