“La mesure phare préconisée par le rapport [23 propositions sur le vieillissement] risque aussi d’être la plus controversée. Elle propose de créer des EHPAD destinés aux LGBT uniquement. Une telle structure permettrait de protéger des « communautés confrontées dans leur vie à l’illégalité, aux discriminations, […] à l’épidémie du VIH. ». Le rapport souligne toutefois le risque de créer des « ghettos LGBT, […] de réduction de l’individu à son orientation sexuelle ou à son identité de genre. » C’est pourquoi il propose des expérimentations tenant compte des attentes des patients, tout en précisant que le but n’est pas de généraliser cette prise en charge. Michèle Delaunay a accueilli favorablement cette proposition et envisage même de l’étendre au champ religieux”. (Source : Pourquoi docteur)
Ce rapport qui préconise la création de maisons de retraite pour les lesbiennes, les gays, les bisexuels, et les transsexuels met heureusement l’accent sur l’inconvénient de “parquer” des vieux LGBT dans de véritables “ghettos” où l’individu se retrouve réduit à sa sexualité antérieure.
Mais cela n’empêche pas les auteurs du rapport de faire cette proposition. Car pour une discrimination, c’est une discrimination, et si l’homosexuel n’a pas été stigmatisé pendant sa vie active, il le sera sur ses vieux jours. Curieusement la légalisation du mariage entre personnes de même sexe visait à faire entrer les homosexuels dans le lot commun en banalisant l’homosexualité, cette proposition va dans le sens inverse mais, comme d’habitude, pavée de bonnes intentions.
La perspective envisagée par Michèle Delaunay, ministre chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie, d’étendre le particularisme ou le communautarisme sénescent au champ religieux est également curieuse. Dans une République qui se prétend une et indivisible et laïque, voilà une idée unificatrice.
Vous me direz qu’il existe bien des maisons de retraite pour les acteurs, mais elles sont organisées par la profession et nombre de professions mettent à la disposition des résidences pour leurs retraités qui ne sont recrutés ni sur leurs opinions, ni sur leur religion, ni sur leur orientation sexuelle. Il est vrai que l’idée est au moins bonne pour ce qui concerne la cuisine qui se trouverait simplifiée : entièrement halal pour les musulmans, entièrement cascher pour les juifs pratiquants et la possibilité de manger du porc pour tous les autres, hormis les végétariens. Mais faudra-il prévoir des maisons de retraite pour les athées hétérosexuels ? Ce particularisme dont on ne tient pas compte.