syrie

Publié le 14 Décembre 2013

La plupart des commentateurs s’étonnent du contraste entre l’attitude hexagonale de François Hollande et son attitude africaine. Pour les affaires hexagonales il lui est reproché faiblesses et atermoiements dans son souci de conciliation, alors que devant les conflits africains ses réactions furent rapides mais il est vrai qu’en cette matière une décision tardive devient inopérante.

En peu de temps la France est intervenue militairement à trois reprises sur le continent africain.

En Libye pour renverser un dictateur un tantinet dérangé, et qui s’apprêtait à se livrer à un massacre sur la première ville qui s’était révoltée. Ce fut avec Sarkozy une intervention franco-anglaise et un plein succès qui s’est soldé par la mort du dictateur Kadhafi dans des circonstances douteuses et un chaos dans le pays dont on attend avec intérêt la sortie.

Au Mali, repousser l’assaillant islamiste sur la demande du gouvernement malien et de la majorité de la population était justifié, espérons que les suites seront favorables.

En Syrie, c’est une guerre civile où le méchant s’oppose à des rebelles mais aussi à d’autres méchants. Bref c’est un merdier, mais Hollande était prêt à y aller. Retenu par les basques, il a heureusement freiné des quatre fers.

Et maintenant le Centrafrique, c’est aussi une guerre civile avec des massacres déjà bien fournis mais qui risquent de s’aggraver. Les troupes françaises y sont, elles cherchent à désarmer les fractions rivales chrétienne et musulmane, comme on enlève des jouets dangereux à des enfants turbulents. La population prise entre les fractions en sera satisfaite, mais ceux que l’on désarme seront mécontents et considèrent sans doute que l’intervention française est une resucée du colonialisme d’antan, et que si l’on ne peut pas librement s’entretuer chez soi, à quoi sert d’être indépendants. Le monde regarde avec intérêt mais sans trop se mouiller.

Le contraste entre le Hollande hexagonal et le Hollande africain n’est qu’apparent. Il est plus simple – bien qu’onéreux - d’envoyer l’armée à l’extérieur que de résoudre les problèmes intérieurs. Une intervention pour éviter des massacres ne trouve guère d’opposition, et la tâche est exécutée par des spécialistes, seule la décision est à prendre mais ne pas la prendre aurait sans doute été condamné. Soulever le petit doigt dans l’hexagone soulève des oppositions de tout bord et c’est bien plus compliqué de trancher dans le vif lorsqu’on est désarmé devant les corporatismes, les syndicats et les troublions de sa propre majorité.

On peut aussi se poser la question sur les raisons qui ont poussé Hollande à prendre ses décisions africaines.

D’abord, il n’y a là rien de nouveau : depuis la décolonisation, les gouvernements français successifs sont intervenus militairement au moins une quarantaine de fois dans leurs anciennes colonies. Les raisons humanitaires sont les plus évidentes, il ne faut pas oublier que l’on a reproché à la France de ne pas être intervenue assez tôt dans le désastre rwandais. Mais l’humanitaire n’exclut pas la préservation des intérêts français dans la région.

Dire que c’est pour son prestige personnel n’a guère de sens : après la Libye, Sarkozy n’a pas été réélu pour autant, et la popularité de Hollande n’a guère augmenté après le Mali. Quant au prestige de la France, il peut en sortir grandi, c’est le moins que les autres pays puissent lui accorder dans leur indifférence apitoyée sur le sort des Africains, à condition que l’expédition ne tourne pas au vinaigre dans un pays grand comme une fois et demi la France et dépourvu d’état.

Les mauvaises langues diront que c’est pour distraire les Français des difficultés intérieures. Je ne pense pas que les Français en oublient les impôts à payer et les chômeurs de regretter la perte de leur emploi. Il y a des distractions hors de prix qui laissent le spectateur indifférent.

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Publié le 21 Septembre 2013

Bordels saints

Au XXème siècle, l’armée française s’était parfois dotée d’un service à la personne sous la forme des bordels militaires de campagne, plus discrètement dénommés BMC. Ce sont surtout les troupes coloniales qui disposaient de ce service d’assistance, à la fois pour remonter le moral des combattants, éviter des débordements sur la gent féminine locale et prévenir des infections vénériennes en contrôlant le matériel humain. Pour ce dernier point ce fut un échec cuisant. Quoi qu’il en soit l’armée française ne se vantait guère de devoir verser  dans ce proxénétisme sous les drapeaux, même si les organisateurs n’en tiraient – en principe – aucun bénéfice et il ne serait pas venu à l’idée de l’état-major de le sanctifier.  

Or j’apprends, avec un certain étonnement, qu’il existe en Islam « la guerre sainte du sexe » ("djihad al-nikah") qui permet des rapports sexuels hors mariage avec des partenaires multiples. Cet abattage galant est considéré par certains dignitaires salafistes comme une forme légitime de guerre sainte, oxymore préféré des islamistes.

C’est le ministre tunisien de l'intérieur Lotfi Ben Jeddou qui a révélé, le jeudi 19 septembre  à la tribune de l’Assemblée nationale constituante, que des Tunisiennes partent en Syrie pour assouvir les besoins sexuels de combattants islamistes en déclarant :"Elles ont des relations sexuelles avec vingt, trente, cent djihadistes  au nom du "djihad al-nikah" puis reviennent enceintes". La presse parle de centaines de cas, mais on ne sait pas de quelle façon elles ont été recrutées.

Pour parler franc, sanctifiés ou non, il s’agit de BMC à la mode Tartuffo-musulmane. Les religions m’étonneront toujours.

Toulouse-Lautrec : « L’inspection »

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Publié le 31 Août 2013

L’ONU, dont l’action est bloquée par les alliés de la Syrie et notamment par la Russie, est impuissante devant le merdier syrien malgré le dégagement de gaz dûment constaté. Dans cette guerre civile où les Syriens se suicident en se tuant les uns les autres, intervenir est bien délicat : empêcher quelqu’un de se suicider est toujours difficile et risque d’accélérer le suicide. L’état du malade est plutôt complexe : des sunnites qui plumeraient volontiers l’alaouite, chiite dissident mais tout de même chiite, des islamistes qui aimeraient remplacer la dictature actuelle par une autre dictature agrémentée d’une charia issue du début du Moyen Âge, des rebelles plus ou moins divisés dont on ne sait pas trop ce qu’ils veulent mettre à la place du Dr Bachar el-Assad qui est en train d’administrer à son peuple une purge radicale. Ajoutons que cela se passe dans une région du monde toujours prête à exploser.

Obama avait brandi une ligne rouge, mais il s’est pris les pieds dedans car la plupart des Américains ne sont pas chauds pour revêtir à nouveau l’uniforme de gendarme du monde, pour ne  cueillir que de nouveaux déboires, en sacrifiant leurs boys, en engloutissant des fortunes, et sans récolter la moindre reconnaissance, mais en augmentant par contre le nombre de leurs ennemis.

David Cameron a trouvé une parade astucieuse pour éviter d’y aller : obtenir l’aval de la Chambre des Communes. Je pense qu’il a été soulagé par le vote en défaveur d’une intervention militaire dans le merdier sus cité. Bien que les médias considèrent qu’il s’agit d’un échec, je trouve la manœuvre impeccable et démocratique. Il peut dire à son allié américain : sorry, Barack, nous en sommes là par la volonté du peuple britannique et nous ne sortiront pas les baïonnettes.

Les Allemands n’obéiront qu’à l’ONU. Reste Hollande. Je ne dis pas la France, car il semble  qu’une majorité de Français soit contre. Alors pourquoi ne suit-il pas l’exemple de Cameron ? Il est curieux –pour ne pas dire plus – que les Présidents de la Vème République ne demandent jamais l’avis du Parlement quand il s’agit d’une chose aussi importante que de faire la guerre (hormis cas d’urgence). Hollande va décider seul, en autocrate, d’intervenir à l’extérieur du pays sans que celui-ci soit menacé, avec des conséquences imprévisibles et dans une situation économique plutôt mauvaise.

Mais me direz-vous, c’est affreux d’utiliser des gaz sur sa propre population. C’est vrai. En sachant que les bombardements sont moins efficaces mais plus cruels.  Permettre de bafouer une convention internationale, c’est un mauvais précédent, mais ce n’est pas la première fois et on protesterait, mais sans intervenir, si  le coupable était un pays puissant. C’est avant tout aux instances internationales d’intervenir, l’ennui est qu’elles fonctionnent mal, voilà le problème.  

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