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Le bruit des casseroles

Publié le par Dr WO

On parle de plus en plus du retour de Sarkozy dans l’arène politique. Plus il s’approchera de l’arène, plus tinteront les casseroles qu’il traîne derrière lui, et que ne manqueront pas de remplir les concurrents de son propre camp. Car Sarkozy ne semble pas avoir changé : il s’agite en accompagnant sa femme lors de ses concerts, par amour sans doute, mais aussi pour se faire voir en détournant une partie des applaudissements sur sa personne, qu’il tente de recueillir directement par ses conférences lucratives.

Le 6 juin dernier, il a donné une conférence au « Swiss Economic Forum » et en marge de celle-ci, devant une vingtaine de personnes, dont Adolf Ogi ex-président de la Confédération, il s’est permis de donner des leçons à la Suisse, l’engageant à entrer dans l’Union européenne et considérant qu’un pays ne pouvait pas être gouverné en changeant de président chaque année et qu’un système avec sept conseillers fédéraux est inefficace et désuet (Le Matin et le Huffington post). Donner des leçons de gouvernance à la Suisse ne manque pas de culot pour quelqu’un qui a augmenté considérablement la dette de la France sans faire de grandes réformes, et ruiné son parti sans pour autant être réélu.

Le bruit des casserolesJean-Marie Le Pen, en voilà un qui agite ses casseroles avec délectation, et n’hésite pas à en envoyer une dans les chevilles de sa fille (qui déplore la faute politique, et on la comprend, mais pas la signification du discours). Son papa ne manque pas une occasion de lâcher de temps à autre une petite crotte antisémite sous forme d’un calembour ou d’un jeu de mots, une incontinence qu’il ne faut pas attribuer à l’âge mais à sa judéo-phobie, héritière de celle du régime de Vichy et avant lui de l’Action française, phobie obsessionnelle qui ressort de la pathologie comme quand on a peur du noir (je parle de l’obscurité) ou d’un espace confiné.

Il ne veut pas que son parti soit un parti comme un autre, et il a raison : ce n’est pas un parti comme un autre car on compte une bonne « fournée » de pétainistes parmi ses membres fondateurs comme, entre autres : « Léon Gaultier, membre fondateur du conseil national du FN, était un ancien Waffen-SS: il fut également collaborateur du secrétaire général à l’information et à la propagande du régime de Vichy, Paul Marion. Pierre Bousquet, le premier trésorier du FN, était un ancien caporal SS de la division Charlemagne. François Brigneau, membre fondateur et ancien vice-président du FN, fut membre de la Milice du régime de Vichy. André Dufraisse fut l’un des premiers membres du bureau politique du FN: il combattit avec la Wehrmacht dans la Légion des Volontaires Français du régime de Vichy. » (Thomas Guénolé, Slate.fr).

Bien sûr, les dirigeants actuels diront qu’ils n’ont rien à voir avec les fondateurs du FN et que ce serait insulter leurs électeurs que de le révéler, mais la plupart vote pour ce parti sans en connaître la nature. Le père fondateur, lui, se charge de temps à autre de faire tinter cette casserole dans laquelle cuisine sa fille avec un certain succès.

Publié dans FN, Le Pen, Sarkozy

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Hollande s’en va en guerre

Publié le par Dr WO

La plupart des commentateurs s’étonnent du contraste entre l’attitude hexagonale de François Hollande et son attitude africaine. Pour les affaires hexagonales il lui est reproché faiblesses et atermoiements dans son souci de conciliation, alors que devant les conflits africains ses réactions furent rapides mais il est vrai qu’en cette matière une décision tardive devient inopérante.

En peu de temps la France est intervenue militairement à trois reprises sur le continent africain.

En Libye pour renverser un dictateur un tantinet dérangé, et qui s’apprêtait à se livrer à un massacre sur la première ville qui s’était révoltée. Ce fut avec Sarkozy une intervention franco-anglaise et un plein succès qui s’est soldé par la mort du dictateur Kadhafi dans des circonstances douteuses et un chaos dans le pays dont on attend avec intérêt la sortie.

Au Mali, repousser l’assaillant islamiste sur la demande du gouvernement malien et de la majorité de la population était justifié, espérons que les suites seront favorables.

En Syrie, c’est une guerre civile où le méchant s’oppose à des rebelles mais aussi à d’autres méchants. Bref c’est un merdier, mais Hollande était prêt à y aller. Retenu par les basques, il a heureusement freiné des quatre fers.

Et maintenant le Centrafrique, c’est aussi une guerre civile avec des massacres déjà bien fournis mais qui risquent de s’aggraver. Les troupes françaises y sont, elles cherchent à désarmer les fractions rivales chrétienne et musulmane, comme on enlève des jouets dangereux à des enfants turbulents. La population prise entre les fractions en sera satisfaite, mais ceux que l’on désarme seront mécontents et considèrent sans doute que l’intervention française est une resucée du colonialisme d’antan, et que si l’on ne peut pas librement s’entretuer chez soi, à quoi sert d’être indépendants. Le monde regarde avec intérêt mais sans trop se mouiller.

Le contraste entre le Hollande hexagonal et le Hollande africain n’est qu’apparent. Il est plus simple – bien qu’onéreux - d’envoyer l’armée à l’extérieur que de résoudre les problèmes intérieurs. Une intervention pour éviter des massacres ne trouve guère d’opposition, et la tâche est exécutée par des spécialistes, seule la décision est à prendre mais ne pas la prendre aurait sans doute été condamné. Soulever le petit doigt dans l’hexagone soulève des oppositions de tout bord et c’est bien plus compliqué de trancher dans le vif lorsqu’on est désarmé devant les corporatismes, les syndicats et les troublions de sa propre majorité.

On peut aussi se poser la question sur les raisons qui ont poussé Hollande à prendre ses décisions africaines.

D’abord, il n’y a là rien de nouveau : depuis la décolonisation, les gouvernements français successifs sont intervenus militairement au moins une quarantaine de fois dans leurs anciennes colonies. Les raisons humanitaires sont les plus évidentes, il ne faut pas oublier que l’on a reproché à la France de ne pas être intervenue assez tôt dans le désastre rwandais. Mais l’humanitaire n’exclut pas la préservation des intérêts français dans la région.

Dire que c’est pour son prestige personnel n’a guère de sens : après la Libye, Sarkozy n’a pas été réélu pour autant, et la popularité de Hollande n’a guère augmenté après le Mali. Quant au prestige de la France, il peut en sortir grandi, c’est le moins que les autres pays puissent lui accorder dans leur indifférence apitoyée sur le sort des Africains, à condition que l’expédition ne tourne pas au vinaigre dans un pays grand comme une fois et demi la France et dépourvu d’état.

Les mauvaises langues diront que c’est pour distraire les Français des difficultés intérieures. Je ne pense pas que les Français en oublient les impôts à payer et les chômeurs de regretter la perte de leur emploi. Il y a des distractions hors de prix qui laissent le spectateur indifférent.

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