L’ADN (acide désoxyribonucléique) contenu dans le noyau de chaque cellule de l’organisme porte toute l’information nécessaire à la synthèse des structures de l’organisme et à son fonctionnement. Cette double hélice moléculaire est devenue un élément du langage politique. Quand on interroge un ou une responsable politique, il est courant de l’entendre parler de son ADN : c’est dans son ADN ou ce n’est pas dans son ADN. Pourtant personne ne cherche à aller si loin dans son intimité. La conviction tend à disparaître au profit de l’ADN. L’ADN est sans doute plus convaincant que la conviction car on sait ce qu’elle vaut, alors que l’ADN est censé être immuable en programmant l’individu qu’il le veuille ou non. Non seulement les politiques parlent de leur ADN qui leur interdirait ou leur imposerait de faire ceci ou cela, mais les partis politiques ont aussi leur ADN qui programmerait leurs actions. Cependant, il est rare qu’un parti politique arrivé au pouvoir réalise le programme qui lui a permis d’y arriver mais il est parfois heureux qu’il ne l’applique pas. L’ADN programme aussi la mort naturelle et c’est peut-être là que l’utilisation du terme est valable en politique.