Il arrive malheureusement qu’un parent, hors de lui, secoue son bébé dont les pleurs incessants ne le laissent pas dormir. Il est certain que les conditions socio- économiques défavorables et notamment celles du logement sont des facteurs prédisposant à cette maltraitance. « Le syndrome du bébé secoué (SBS) est la forme la plus grave de maltraitance et de négligence envers les enfants et la cause la plus fréquente de décès traumatique chez les nourrissons dans les pays à hauts revenus. Les formes non létales du SBS sont associées à une morbidité sévère à long terme telle que des troubles neuro-développementaux (épilepsie, déficiences motrices et visuelles, troubles du langage, déficience intellectuelle et anomalies du comportement) entraînant un handicap à vie ». Le diagnostic est évoqué devant la présence d’un hématome sous-dural.
La COVID-19 par ses confinements, la fermeture d'écoles et de crèches ont conduit des familles à une concentration prolongée de ses membres dans des locaux le plus souvent exigus et les ont obligé à vivre les uns sur les autres, une situation qui ne prédispose pas au calme et à la patience. A cela il faut ajouter la désorganisation des services sociaux.
Une étude a été réalisée par des équipes de l’hôpital Necker-Enfants malades AP-HP et de l’Inserm concernant les nourrissons de la région Île-de-France au cours des deux premières années de la pandémie de Covid-19 (2020 – 2021) par rapport à la période pré-pandémique (2017-2019). Cette étude a constaté, en relevant 99 cas et 13% de décès, que L’incidence du syndrome du bébé secoué a doublé et la mortalité associée a décuplé en région parisienne pendant la pandémie de Covid-19.
Illustration : Luca Giordano « Le jugement de Salomon »