Comme ce blog va bientôt avoir onze ans, je me rends compte que je suis amené à me répéter, et pas qu’une fois. Se répéter peut signifier bien des choses :
Que les sujets de mécontentement ou d’ironie restent toujours les mêmes, seuls changent les personnages qui jouent la comédie et la façon de jouer un répertoire vieux comme le monde.
Que les opinions que l’on a sur cette comédie restent toujours les mêmes, mais on ne sait pas alors si c’est un signe de constance ou d’obstination dans un point de vue qui n’est pas forcément le bon (mais qui peut dire quel est le bon ?).
Reste aussi l’hypothèse où la répétition s’avère être un signe de sénescence, mais je serais alors en bonne compagnie avec tous les commentateurs que je vois défiler sur les écrans ou dans la presse.
S’il existe un comique de répétition, la répétition à laquelle nous assistons depuis trois mois serait une tragi-comédie de répétition.
Elle est tragique, car ces manifestations itératives se soldent déjà par des centaines de blessés dans les rangs des « gilets jaunes » et dans ceux des forces de l’ordre.
Elle est tragique car la France en sortira forcément plus endettée qu’elle ne l’était auparavant, son économie se déglinguera davantage et ce seront les moins nantis (dont les « gilets jaunes ») qui en souffriront le plus. Mais le pire pourrait également survenir si l’Etat partait en vrille.
Pourtant, cette répétition a aussi son côté comique ou plutôt absurde car on ne sait plus pourquoi ces gens défilent obstinément en se prenant du gaz lacrymogène et des balles de caoutchouc dans la tronche. Et plus comique qu’absurde quand ces milliers de personnes se considérant comme étant le peuple, en négligeant les millions d’autres qui ne manifestent pas, ont des exigences souvent farfelues comme de réclamer la direction du pays.
Dans ce cas, le côté tragique risque de réapparaître si quelqu’un se lève pour parler au nom du peuple dans un premier temps puis pour le faire taire définitivement dans un second.